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III. ARTICULATIONS DES PHALANGES

Sauf la disposition des surfaces articulaires qui , au lieu d’une énarthrose, forment une articulation trochléenne où la poulie est constituée par l’extrémité supérieure de la phalange inférieure , ces articulations présentent la môme disposition que les précédentes. On y trouve, comme dans celles-ci, un ligament glénoïdien et des ligaments latéraux , seulement ces ligaments latéraux sont plus courts et l’articulation beaucoup plus serrée, de façon que tout mouvement de latéralité est impossible.

Les nerfs viennent des branches collatérales palmaires.

Mécanisme (les articulations de la main.

1° Mécanisme des articulations du poignet. — Les mouvements de la main, abstraction faite des mouvements de pronation et de supination , se passent autour d’axes perpendiculaires à l’axe de l’avant-bras et peuvent être réduits à deux : 1° un mouvement se faisant autour d’un axe transversal , allant du bord cubital au bord radial de la main , flexion et extension ; 2° un mouvement d’inclinaison latérale , se faisant autour d’un axe antéro-postérieur perpendiculaire au précédent , inclinaison radiale, inclinaison cubitale.

Mais à chacun de ces mouvements prennent part deux articulations distinctes : l’articulation radio-carpienne et l’articulation de la première rangée du carpe avec la seconde. Les axes de ces articulations sont bien tous les deux perpendiculaires à l’axe de l’avant-bras , mais ils ne sont pas parallèles entre eux ; ils se croisent et l’endroit de leur entrecroisement se trouve à peu près à la tête du grand os , véritable centre de tous les mouvements du carpe. L’axe de l’articulation radio-carpienne (A, A’, Fig. 47)

est oblique de dehors en dedans et d’arrière en avant, et peut être représenté par une ligne sortant d’un côté à l’extrémité de l’apophyse styloicle du cubitus, et de l’autre au pisiforme; il est donc situé tout entier au-dessous de l’interligne articulaire; l’axe de l’articulation carpo-carpienne B , B’ est oblique en sens inverse, c’est-à-dire de dedans en dehors et d’avant en arrière , et va de la pointe de l'apophyse du scaphoïde au dos de l’os crochu; il coupe deux fois l’interligne articulaire. De cette obliquité des axes il résulte, et on le voit facilement en jetant un coup d’œil sur la figure, que : i° pour l’articulation radio-carpienne, la main s’incline dans la flexion du côté radial , dans l’extension du côté cubital ; 2° pour l’articulation carpocarpienne , c’est l’inverse : la main dans la flexion s’incline du côté cubital , dans l’extension du côté radial.

Supposons maintenant que la flexion se fasse simultanément dans les deux articulations , les mouvements d’inclinaison latérale étant de sens opposé dans chaque articulation , se détruisent, et on aura la flexion pure, comme si elle se passait autour de l’axe X X’, diagonale des deux axes A, A’, B, B’ ; de même pour l’extension. Supposons , au contraire , que dans l’articulation radio-carpienne il y ait flexion , dans l’articulation carpo-carpienne extension, les mouvements de sens opposé, flexion et (*)

Fig. 47. — Mécanisme des articulations du poiynct (*).

(*) Projection de la première rangée du carpe. — P. Pisiforme. — S. Scaphoïde. — A, A’. Axe de l’articulation radio-carpienne. — B, B’. Axe de l’articulation de la première et de la deuxième rangée du carpe. — X , X’. Axe des mouvements de llexion et d’extension. — Y, Y’. Axe des mouvements d’inclinaison latérale.

ARTICULATIONS DU MEMHHE SUl'ERIEUR.

extension se détruiront, et il ne restera que le mouvement d’inclinaison radiale pure (somme des mouvements partiels d’inclinaison radiale propres à la flexion de la première articulation et à l’extension de la seconde), et ce mouvement se fera comme autour d’un axe unique Y, Y’, deuxième diagonale des axes des deux articulations ; de même l’inclinaison sur le bord cubital aura lieu par l’extension de la première articulation combinée avec la flexion de la seconde. Ceci explique comment les mouvements d’inclinaison latérale ne sont possibles ni dans l’extrême flexion ni dans l'extension extrême , et comment aussi la flexion et l’extension sont impossibles avec des mouvements extrêmes d’inclinaison latérale.

Dans ces mouvements les articulations radio-carpienne et carpo-carpienne forment deux véritables charnières ; car on peut faire abstraction de ces mouvements imperceptibles de rotation du carpe autour d’un axe vertical. Dans la flexion radio-carpienne le pyramidal s’écarte fortement du ligament triangulaire; il s’en rapproche dans l’extension. L’excursion de la flexion et de l’extension est de plus de deux angles droits; celle de l’inclinaison latérale, de 45° à 50°.

Muscles moteurs. — 1° Flexion cle la main: grand palmaire, palmaire grêle, cubital antérieur, huméro-radial , fléchisseurs superficiel et profond des doigts, long fléchisseur propre du pouce , long abducteur du pouce.

2° Extension de la main : premier et deuxième radial externe, extenseur commun des doigts, extenseur propre du petit doigt, cubital postérieur, court extenseur et long extenseur du pouce , extenseur propre de l’index.

3° Inclinaison radiale : grand palmaire, premier et deuxième radial externe, long abducteur du pouce, long et court extenseur du pouce.

4° Inclinaison cubitale : cubital antérieur, cubital postérieur.

2° Mécanisme de V articulation carpo-mètacarpienne. — Le deuxième et le troisième métacarpien sont à peu près immobiles sur le carpe ; le quatrième présente déjà une assez grande mobilité plus prononcée encore pour le cinquième ; ce dernier forme avec la facette interne de l’os crochu une véritable articulation en selle , et sa surface articulaire , convexe d’avant en arrière, concave transversalement, a une disposition inverse de celle du premier métarcarpien ; il y a là une sorte d’ébauche du mouvement d’opposition.

L’articulation trapèzo -métacarpienne jouit d’une très-grande mobilité ; elle a deux espèces de mouvements, qui se passent autour de deux axes perpendiculaires l’un à l’autre, adduction et abduction d’une part, flexion et extension de l’autre. 1° Adduction et abduction : l’axe de rotation est à peu près antéro-postérieur et traverse l’extrémité supérieure du premier métacarpien ; dans ce mouvement l’extrémité supérieure convexe de l’os glisse transversalement sur la facette concave du trapèze dans un plan tangent à la face dorsale du deuxième métacarpien ; l’excursion de ce mouvement, très-faible, d’environ 35°, est limitée du côté de l’adduction par la rencontre des deux métacarpiens, du côté de l’abduction par la résistance de la capsule. 2° Flexion et extension : la concavité du premier métacarpien glisse sur la convexité du trapèze autour d’un axe passant transversalement par ce dernier os; la position oblique du trapèze , par rapport aux autres os du carpe, fait que dans la flexion le premier métacarpien se place vis-à-vis des autres ( opposition du pouce). Dans ce mouvement, dont l’excursion est d’environ 45° , les surfaces articulaires ne sont pas exactement concordantes ; dans la flexion les surfaces des deux os s’écartent en arrière ; dans l’extension le métacarpien déborde la partie postérieure du trapèze.

Muscles moteurs de V articulation trapèzo-métacarpienne. — 1° Flexion: court abducteur, court fléchisseur du pouce, opposant.

2° Extension : long extenseur et court extenseur dupouce.

3° Adduction : court adducteur du pouce.

4° Abduction: long abducteur du pouce.

BEAUNIselBoUCUAHU. 1-

ART UROLOGIE.

3° Mécanisme des articulations métacarpo-phalangiennes. — Elles représentent des énarthroses, dont certains mouvements sont limités parla présence des ligaments latéraux. 1° La flexion et Y extension se passent autour d’un axe transversal, passant par la tête du métacarpien en avant des insertions supérieures des ligaments, latéraux; ces mouvements sont limités par la résistance de ces ligaments dont la partie glénoïdienne est tendue dans l’extension, la partie phalangienne dans la flexion; leur excursion, très-variable suivant les individus, dépasse toujours un angle droit; 2° Y adduction et Y abduction , limitées aussi par la résistance des ligaments latéraux , se font autour d’un axe antéro-postérieur ; 3° en outre, la laxité de la capsule permet de légers mouvements de rotation autour d’un axe vertical.

Muscles moteurs. — a) Première phalange du pouce. — 1° Flexion : court abducteur, court fléchissour, court adducteur et long fléchisseur du pouce.

2° Extension : long et court extenseur du pouce.

3° Adduction : court adducteur du pouce.

4° Abduction : long abducteur du pouce.

b) Premières -phalanges des quatre derniers doigts. — 1° Flexion : interosseux , lombricaux, fléchisseur superficiel et profond.

2° Extension : extenseur commun des doigts.

3° Adduction (par rapport à l’axe de la main) : interosseux palmaires.

4° Abduction : interosseux dorsaux.

4° Mécanisme des articulations des phalanges . — A cause de la forme en poulie des surfaces et de la disposition serrée des articulations , il n’y a que deux mouvements possibles , flexion et extension , autour d’un axe transversal passant en avant de l’insertion supérieure des ligaments latéraux; ce sont donc de véritables charnières ; la partie antérieure de ces ligaments limite l’extension ; la partie postérieure la flexion.

Muscles moteurs des deuxièmes phalanges. — a) Deuxième phalange du pouce. — 1° Flexion : long fléchisseur du pouce.

2° Extension : long extenseur du pouce, court adducteur, court abducteur et court fléchisseur du pouce.

h) Deuxièmes phalanges des quatre derniers doigts. — 1° Flexion : fléchisseur superficiel.

2° Extension : interosseux , lombricaux, extenseur commun des doigts (accessoirement).

Muscles moteurs des troisièmes phalanges. — 1° Flexion : fléchisseur profond. 2° extension : interosseux , lombricaux.

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