I. MUSCLES EXTRA-TIIORACIQUES
Préparation. — Faire une incision verticale sur la ligne médiane depuis l’extrémité supérieure du sternum jusqu’à l’appendice xiphoïde; faire une deuxième incision suivant tout le bord antérieur de la clavicule jusqu’à l’acromion , et de son extrémité externe mener une incision verticale jusqu’à l’insertion inférieure du deltoïde. L’étude du peaucier du cou qui recouvre la partie supérieure du grand pectoral devrait précéder celle de ce dernier muscle, et, dans ce
MUSCLES DU THORAX
cas, l’incision claviculaire doit être très-supcrficiellc et ne comprendre que la peau. Si, au contraire, on ne veut pas respecter le peaucier, l’incision doit comprendre toutes les couches jusqu’aux libres musculaires. Le petit pectoral et le sous-clavier sont mis à découvert par l’incision du grand pectoral ; le sous-clavier est contenu dans une gaine aponévrotique assez résistante. Pour voir le muscle grand dentelé appliqué contre la paroi latérale du thorax, il faut écarter l’omoplate de cette paroi et enlever tout le tissu cellulaire du creux de l’aisselle ; cet écartement est facilité si on a préalablement scié la clavicule à sa partie moyenne; on voit la face interne de ce muscle en renversant en dehors le bord spinal de l’omoplate ; pour cela , le sujet doit être placé comme pour la préparation des muscles du dos.
1° Grand pectoral (Fig. 66, 1).
Ce muscle, large, épais, forme une saillie triangulaire à la partie supérieure et. antérieure du thorax.
Il s’attache en dedans aux deux tiers internes du bord antérieur de la clavicule (Fig. 18, A, faisceau claviculaire) , à la face antérieure du sternum (Fig. 16, B), aux cartilages des six premières côtes, très-près du sternum pour les supérieures, plus en dehors pour les inférieures, enfin par un faisceau inférieur à l’aponévrose du grand oblique. Les faisceaux provenant des cartilages costaux forment une couche profonde , quelquefois bien distincte de la couche superficielle qui provient de la clavicule et du sternum. Ses fibres sont souvent divisées , par une ligne celluleuse, en deux portions : une portion supérieure, comprenant celles qui naissent de la clavicule et de la première pièce du sternum (1), et une portion inférieure ou sterno-costale (2). Nées de ces différentes insertions, les fibres se portent, les supérieures, obliquement en bas et en dehors, les inférieures, au contraire, en sens inverse, en s’enfonçant successivement sous les supérieures, de façon à amener une sorte de croisement au bord inférieur de l’aisselle. Ce croisement se continue sur le tendon du muscle, qui représente une sorte de gouttière aplatie, ouverte en haut, et peut être considéré comme constitué par deux lamelles , une antérieure , qui reçoit les fibres de la portion supérieure , une postérieure , qui reçoit les fibres de la portion inférieure. Ces deux lamelles se réunissent enfin pour aller s’attacher au bord antérieur de la coulisse bicipitale (Fig. 20, E). La lamelle profonde se divise et forme une sorte de gaine pour le tendon du long chef du biceps. Le tendon du grand pectoral envoie une expansion à l’aponévrose du bras.
Rapports. — Il forme la paroi antérieure du creux de l’aisselle ; son bord externe est séparé du bord antérieur du deltoïde par un interstice celluleux et quelquefois par un espace triangulaire occupé par la veine céphalique et une branche de l’artère acromio-thoracique.
Nerfs. — Il est innervé par une branche collatérale du plexus brachial.
Action. — Il porte le bras en avant en même temps qu’il le place dans l’adduction et lui imprime un mouvement de rotation en dedans. Si le faisceau sterno-claviculaire ou supérieur se contracte seul , il soulève l’épaule en arrondissant le dos et en excavant le creux qui existe entre l’épaule et la poitrine (action de porter un fardeau sur les épaules ; attitude de supplication , de peur ; contractions convulsives du frisson fébrile etc.). Si les bras sont placés horizontalement dans l’abduction, il les porte en avant et les rapproche en leur conservant la position horizontale. S’ils sont élevés verticalement, il les abaisse dans un plan antéro-postérieur. Quand le faisceau sterno-
MYOLOGIE.
costal ou inférieur se contracte seul, l’épaule est abaissée et le bras porté en dedans et en avant. S’il prend un point üxe à l’humérus, il soulève le tronc (action de grimper). Il est plus que douteux que par ses fibres costales il puisse élever les côtes et être inspirateur ; l’attitude prise par les asthmatiques a pour but principal de débarrasser le thorax du poids des membres supérieurs, de façon à donner moins de travail aux muscles inspirateurs (Fick).
H° i»etit pectoral (Fig. 6C, 4).
Ce muscle, mince, triangulaire, s’attache en bas à la face externe des troisième, quatrième et cinquième côtes (Fig. 16, I), par des languettes aponévrotiques qui donnent naissance aux fibres charnues ; celles-ci se réunissent et vont s’insérer par un tendon aplati au bord antérieur de V apophyse coracoïde , près de son sommet (Fig. 19, O). Il fait partie de la paroi antérieure de l’aisselle.
Nerfs. — Il est innervé par une branche collatérale du plexus brachial.
Action. — Il abaisse le moignon de l’épaule et soulève l’angle inferieur de l’omoplate, qu’il écarte des parois thoraciques. En prenant son point fixe à l’omoplate, il peut élever les côtes et être inspirateur.
3° Sous-clavier.
Ce petit muscle, très-grêle, arrondi, situé sous la clavicule, s’attache en dedans, par un tendon conique, au cartilage de la première côte{ Fig. 16, F), et en dehors, à la partie externe de la face inférieure de la clavicide (Fig. 18, F).
Rapports. — Il est séparé de la première côte par les vaisseaux axillaires et le plexus brachial.
Nerfs. — Il est innervé par une branche collatérale du plexus brachial.
Action. — Il applique solidement l’extrémité interne de la clavicule contre le sternum, et assure ainsi la coaptation des deux surfaces articulaires, que le poids du membre supérieur tend à chaque instant à écarter l’une de l’autre. Il ne peut avoir l’action inspiratrice qu’on lui attribue , car il est incapable de produire l’élévation de la première côte.
41° Grand dentelé (Fig. 71, 11, 12, 13, 14).
Ce muscle , très-large , situé sur les parties latérales du thorax , s’étend des huit premières côtes (Fig. 16, H) au bord spinal de V omoplate (Fig. 19, N). Ses attaches aux côtes se font par neuf digitations disposées suivant une ligne dentelée à concavité postérieure. Ces digitations constituent trois faisceaux distincts : les deux premières (11) naissent de la première et de la deuxième côte et forment un petit muscle épais allant s’insérer à la partie supérieure du bord spinal de l’omoplate ; les deux suivantes (12, 13) s’insèrent à la deuxième côte (qui donne ainsi naissance à deux digitations) et à la troisième , et constituent une lame musculaire très-mince, qui va s’attacher à presque tout le bord spinal de l’omoplate; enfin, les digitations suivantes se réunissent et forment un corps charnu épais (14), qui s’attache à l’extrémité inférieure du bord spinal de l'omoplate. Les insertions costales descendent souvent, jusqu’à la neuvième et même la dixième côte.
MUSCLES DU THORAX
Fig. 71. — Muscles de la région lalèrale et profonde du tronc (*)•
(*) 1) Clavicule. — 2) Sterno-mastoïdien. — 3) Scalène antérieur. — 4,5) Scalène postérieur. 6) Omohyoïdien. — 7) Angulaire de l’omoplate. — 8) Bord spinal de l’omoplate (l’omoplate a été enlevée, à 1 exception d’une bande osseuse très-étroite longeant le bord spinal). — 9) Naissance de l’épine de 1 omoplate le long du bord spinal. — -10) Angle inférieur de l’omoplate. — 11) Digitations supérieures du grand dentelé. 12) Ses digitations moyennes. — 13, 14) Ses digitations inférieures. — 15) Intercostaux externes. — 16) Intercostaux internes. — 17) Grand oblique de l’abdomen. — 18) Petit dentelé postérieur et inférieur. — 19) Crète iliaque.
MYOLOGIE.
Rapports. — Ce muscle forme la paroi interne du creux axillaire. Ses digitations inférieures sont sous-cutanées et, dans la contraction du muscle, font saillie sous la peau.
Nerfs. — Il est innervé par le nerf thoracique inférieur du plexus brachial.
Action. — Il applique le bord spinal de l’omoplate contre le thorax conjointement avec le rhomboïde et lui donne ainsi une fixité favorable aux mouvements du bras ; en outre , il tire l’omoplate en avant et intervient , par exemple , dans l’action de traîner un fardeau derrière soi. Ses faisceaux inférieurs, qui sont les plus forts et les plus nombreux, portent en avant l’angle inférieur de l’omoplate et élèvent le moignon de l’épaule; ainsi ils agissent quand on porte un fardeau sur les bras. Le faisceau supérieur est antagoniste de l’inférieur sous ce rapport, et il abaisse le moignon de l’épaule; mais à cause de son infériorité de volume , l’action totale, du muscle est une élévation du moignon. L’action inspiratrice attribuée au grand dentelé lorsqu’il prend son point fixe à l’omoplate est tout à fait hypothétique; le faisceau supérieur seul , par la direction de ses fibres , pourrait être inspirateur et encore trèsfaiblement.