IL MUSCLES INTERCOSTAUX
Préparation Elle n’offre aucune difficulté ; ces muscles sont à découvert par l’ablation des
muscles précédents. Les sous-costaux ne peuvent être vus que par l’intérieur du thorax sur les côtés du rachis.
Ces muscles complètent les parois thoraciques et remplissent les vides des espaces intercostaux. Ils forment pour chaque espace deux couches : l’une externe , intercostaux externes , l’autre interne , intercostaux internes ; chacune de ces couches n’occupe pas toute la longueur de l’espace intercostal ; ils manquent dans une certaine étendue, les intercostaux externes en avant, les intercostaux internes en arrière. A ces muscles s’en ajoutent d’autres qui les complètent, aux intercostaux externes les sur-costaux , aux intercostaux internes les sous-costaux.
4° Intercostaux externes (Fig. 71, 15; Fig. 63, 18).
Ces muscles s’attachent en haut à la l'evre externe de la gouttière du bord inférieur de la côte supérieure , et en bas au bord supérieur de la côte qui est au-dessous. Leurs insertions commencent en arrière, 1° en haut, près de la tubérosité de la côte supérieure; 2° en bas, près de l’angle de la côte. Les fibres sont donc obliques en bas et en dehors, ou mieux, s’écartent en bas du rachis, considéré comme axe. En avant, pour les espaces intercostaux supérieurs, ils se terminent à 0m,015 à 0m, 025 du cartilage costal; puis à partir de la septième côte ils empiètent sur l’espace intercartilagineux, et aux deux derniers espaces atteignent l’extrémité des côtes. Ces muscles diminuent d’épaisseur d’arrière en avant.
2° Sur-costaux (Fig. 63, 19).
Ces muscles, au nombre de douze de chaque côté, triangulaires, sont situés à la partie postérieure du thorax, en dedans des insertions postérieures des intercostaux externes, avec lesquels leur bord externe se confond. Ils s’attachent en haut au sommet de V apophyse transverse , et en bas s’élargissent et
MUSCLES DU THORAX
se rendent au bord supérieur et à la face externe de la côte inférieure. Les inférieurs sont plus distincts des intercostaux que les supérieurs; ils sont souvent renforcés par des faisceaux sautant une côte, longs sur-costaux.
3° Intercostaux internes (Fig. 71, 16).
Ces muscles s’attachent en haut à la lèvre interne de la gouttière costale, et en bas au bord supérieur et à la face interne de la côte inférieure ; ils présentent une obliquité en sens inverse de celle des intercostaux externes , et atteignent en avant le sternum; en arrière, au contraire, ils s’arrêtent à l’angle des côtes. Plus minces que les intercostaux externes , ils augmentent d’épaisseur d’arrière en avant; dans leur partie libre ils sont recouverts par une simple lamelle aponévrotique. Le premier intercostal s’irradie delà première à la deuxième côte, ce qui lui donne un aspect différent des suivants (Fig. 66, 6).
4° Sous-costaux (Fig. 91, 13).
L’espace laissé libre entre le bord postérieur des intercostaux internes et le corps des vertèbres est rempli en partie par des muscles rubanés, larges de 0m,03 à 0m,04, allant d’une côte à l’autre en sautant une côte intermédiaire et ayant la direction des intercostaux internes ; en bas ils sont très-rapprochés du rachis.
Nerfs. — Les intercostaux et sous-costaux sont innervés par les nerfs intercostaux, les sur-costaux par les branches postérieures des nerfs thoraciques.
Action. — L’action des intercostaux a donné lieu à des controverses sans fin , qui ne sont pas encore terminées. La discussion des principales opinions émises dépasserait les bornes d’un livre élémentaire p). Pour nous tous ces muscles sont inspirateurs ; mais ils n’agissent que lorsque la première côte a été fixée ; le doute ne paraît guère exister que pour la partie des intercostaux internes recouverte par les intercostaux externes , et comme c’est la plus faible et la moins épaisse , cela n’a pas une très-grande importance. Les sur-costaux sont des inspirateurs énergiques. Les intercostaux jouent encore le rôle de ligaments élastiques destinés à maintenir la tension de l’espace intercostal et à l’empêcher de se bomber, soit en dedans soit en dehors, sous la pression extra-thoracique de l’air extérieur dans l’inspiration , ou sous la pression intra-thoracique dans l’expiration.