ARTICLE I - MUSCLES DE L’ÉPAULE
Préparation. — Détacher le membre supérieur du tronc en sciant la clavicule. Faire une incision circulaire vers la partie moyenne du bras et faire tomber sur cette incision une incision verticale parlant de l'acromion. Comprendre dans le lambeau cutané l'aponévrose qui recouvre le deltoïde. Pour bien voir les insertions humérales des sus et sous-épineux, il faut, après avoir incisé le deltoïde, enlever la clavicule et scier l'acromion à sa base. Le petit rond est très souvent confondu avec le sous-épineux, mais leur tendons d’insertion sont toujours distincts. Le sous-scapulaire n’otfre aucune difficulté.
Les muscles de l’épaule se rendent de l’omoplate et de la clavicule à l’humérus. Un seul de ces muscles, le sous-scapulaire, est situé en avant de l’omoplate ; les autres sont situés en arrière de cet os. Ceux-ci sont divisés en deux couches : 1“ une couche superficielle, dont les fibres ont une direction générale verticale, et composée par un seul muscle, le deltoïde ; 2“ une couche profonde, à fibres transversales, composée de quatre muscles, qui sont, de haut en bas, le le sus -épineux, le petit rond et le grand rond ; cos trois derniers naissent de la fosse sous-épineuse.
1* Deltoïde
Ce muscle, épais, triangulaire, à base supérieure curviligne, s’attache en haut, vis-à-vis des insertions du trapèze, au tiers externe antérieur de la clavicule (fig. 18, C), au bord externe de l'acromion et au bord inférieur de l’épine de l'omoplate dans toute sa longueur (fig. 19, FF’) ; cette dernière insertion se fait par une aponévrose qui s’amincit en arriére et se con-
tinuç ^yec celle , qui peyêt le. sous-épineux. De là ses fibres convergent vers V empreinte deltoïdiénne de Vliumérus (flg. 20, H), où elles s’attachent par un tendon étroit en forme de V, continuation d'une aponévrose qui paraît d’abord sur la face profonde et les deux bords du muscle. Son aponévrose d’enveloppe envoie entre les fibres du muscle des cloisons qui le divisent en taisceaux distincts.
Rapports. — Il recouvre l’articulation scapulo-humérale et les muscles insérés aux deux tubérosités de l’humérus, en avant le sous-scapulaire, l’apo¬
physe coracoïde et les tendons qui s’y insèrent, en arrière les sous-épineux, petit rond et triceps. Son bord antérieur est séparé du bord supérieur du grand pectoral par un interstice celluleux qui s’élargit en haut et loge la veine céphalique et une branche de l’artère acromio-thoracique. Entre sa fa’ce profonde et la grosse tubérosité de l’humérus est une bourse séreuse sous-deltoïdienne.
Nerfs. — 11 est innervé par le nerf circonflexe. La partie claviculaire reçoit quelques filets du nerf thoracique antérieur du plexus brachial.
Action.— ïl soulève le bras; mais cette action exige la fixation préalable de l'omoplate par le grand dentelé, le trapèze et le rhomboïde. Ce soulèvement du bras peut dépasser 90». c’est-à-dire l’horizontale, tant que l’omoplate conserve sa position normale. Les diflTérents fai.sceaux peuvent agir isolément ; alors les fibres antérieures portent le bras en avant (action de croiser les bras, de porter la main sur l’épaule opposée), les postérieures
MDSCLES DD MEMBRE SÜPÉRIEDR 265
en arrière. Le point fixe peut du reste être à l’humérus ét le point mobile à l’omoplate, comme dans l’action de grimper. Le parallélisme de ses fibres au levier qu’elles doivent mouvoir est une condition désavantageuse compensée par leur multiplicité.
Su.-épineax ffig. 84. 1)
Ce muscle s’attache aux deux tiers internes de là fosse s'us-êpineuse (fig. 19, A) et à la face profonde d’une aponévrose qui converti cette fosse en une loge ostéo-fibreuse. Ces fibres donnent naissance à un tendon qui passe sous l’aeromion et la partie externe de la clavicule, se soude à la partie supérieure de la capsule articulaire et va s’attacher à la facette supérieure de la grosse tubérosité de l'humérus (fig. 20, A).
Fio. 84. — Muscle sus-épineux, «
Nerfs. — 11 est innervé par le nerf sus-scapulaire du plexus brachial.
Action. — 11 est abducteur et légèrement rotateur en dedans de l’humérus; mais il a surtout pour effet de renforcer la capsule et de maintenir la tête humérale appliquée contre la cavité glénoïde.
3’ Sous-épineux (fig. 83, 3)
Ce muscle, épais, large, triangulaire, s’attache à toute la fosse sous-épineuse (fig. 19, B), sauf une bande osseuse étroite séparée du reste par -une crête, qui longe le bord axillaire de l’omoplate ; il prend en outre des insertions à la face profonde d’une aponévrose qui recouvre le muscle. Ses fibres forment deux faisceaux, un supérieur, venant de la face inférieure de l’épine de l’omoplate, un inférieure, beaucoup plus volumineux, venant de la fosse
(') A. Muscle sus-épineux, vu d’en haut — B. Le sus-épineux a été enlevé peur moiilrer le tendon de la longue portion du biceps. — 1) Muscle sus-épineux. — 2) Tendon de la longue portion du biceps.
— 3) Son insertion à la partie supérieure de la cavité glénoïde. — 4) Ligament acromio-coracoidien. — 5) Fosse sus-épineuse. — 6) Acroinion. — 7) Facette claviculaire. — 8) Grosse tubérosité de l’humérus.
— 9; Petite tubérosité de l’humérus. - 10) Apophyse coracoïde. — 11) Echancrure coracoidionne et
MYOLOGIE
sous-épineuse; ils se réunissent en un tendon aplati, qui va s’attacher à la facette moyenne de la grosse tubérosité de l'humérus (Sg. 20, B).
Rapports. — Recouvert par le deltoïde et le trapèze, il recouvre la partie postérieure de la capsule, avec laquelle il contracte des adhérences ; son bord inférieur est séparé du petit rond par un interstice celluleux souvent à peine apparent.
Nerfs. — Il est innervé par la branche sus-scapulaire du plexus brachial.
Action, — Il est rotateur de l’humérus en arrière et en dehors.
«• Petit Rond (fig, 83, 3)
Ce petit muscle s’attache, dans la fosse sous-épineuse (fig. 19, G), aux deux tiers supérieurs de la bande osseuse étroite qui longe le bord axillaire, en confondant plus ou moins ses insertions avec celles des sous épineux (ce qui les fait réunir en un seul muscle par plusieurs anatomistes). De là ses fibres se portent sur un tendon qui se soude en partie à la capsule et va s’attachera la facette inférieure de la grosse tubérosité de l'humérus (fig. 29, G).
Nerfs. — 11 est innervé par une branche du nerfs circonflexe.
Action. — 11 a la même action que le sous-épineux.
S- Grand Rond (fig. 83, 5)
Ce muscle, épais, très fort, s’attache à la partie inférieure et externe de la fosse sous-épineuse (fig. 19, D), prés de l’angle inférieur de l’omoplate, au-dessous du précédent. De là ses fibres se portent obliquement en haut et en dehors sur un tendon aplati, large de 0"’,04 environ qui va se fixer à la lèvre postérieure de la coulisse bicipitale (fig. 20, G).
Rapports. — Le grand rond a des rapports intimes avec le grand dorsal (voy. fig. 62) ; ce dernier est d’abord placé en arrière du grand rond, puis il le contourne de façon que son tendon est placé en avant de celui du grand rond, dont il est séparé par une bourse séreuse. A son insertion humérale, le grand rond est recouvert en arrière par la longue portion du triceps, qui passe entre son bord supérieure et le bord inférieur du petit rond ; en avant, il est en rapport avec le coraco-brachial et la courte portion du biceps.
Nerfs. — Il est innervé par une des branches sous-scapulaires inférieures du plexus bi'achial.
Action. — 11 est congénère du grand dorsal.
6" Sous-scapulaire (fig. 85, 5)
Ce muscle, épais, triangulaire, remplit à lui seul la fosse sous-scapulaire. Il s’attache à toute l’étendue de cette fosse (fig. 19, L) : i“ aux crêtes obliques qui la traversent, par des aponévroses donnant naissance à trois ou quatre faisceaux charnus ; 2“ aux dépressions comprises entre ces crêtes par des fibres musculaires formant quatre ou cinq faisceaux situés entre les précédents et dont la base est tournée vers le bord spinal. Toutes ces fibres, auxquelles viennent souvent s’en joindre d’autres provenant du tendon de la longue portion du triceps, constituent un tendon qui se soude à la capsule et va s’attacher à la petite tubérosité de V humérus 20, D) ; les fibres les plus superficielles
de ce tendon dépassent cette insertion et convertissênt en canal ostéo-fibreux la gouttière bicipitale.
MÜSCLES Dü MEMBRE SUPÉRIEUR
Un prolongement de la synoviale articulaire se glisse entre le tendon et la concavité de l’apophyse coracoïde ; on trouve quelquefois à cet endroit une bourse séreuse distincte. Une autre bourse séreuse existe entre la face antérieure du sous-scapulaire et les tendons des muscles qui s’insèrent à l’apophyse coracoïdo (flg. 83, B, 9).
Fig. 85. - Muscles de l’épaule, face antérieure «.
par les branches sous-scapulaires supérieures et inférieures
ir en dedans de l’humérus ; en outre, il l’abaisse et le porte 3 la partie antérieure de la capsule articulaire.
ARTICLE II - MÜSCLES Dü BRAS
Ces muscles sont au nombre de quatre, et appartiennent, trois à la région antérieure, le biceps, le coraco-brachial et le brachial antérieure ; un à la ré-
Nerfs. — du plexus Action, dans l’addt
MYOLOGIE
1 Biceps
Ce muscle, allongé, superficiel, est divisé supérieurement en deux portions ou chefs, la longue portion et la courte portion.
La longue 'portion (fig. 84, 2, 3), naît de la partie supérieure du rebord de la cavité glénoïde (fig. 19, J) par un tendon qui se continue avec le bourrelet glénoïdien ; ce tendon, situé dans la cavité articulaire, contourne la tête de l’humérus en dehors et en avant, se place dans la coulisse bicipitale convertie en eaijal par des fibres aponévrotiques, et, au sortir de cette coulisse, constitue un ventre charnu, qui se réunit à celui de la courte portion. Celleci naît du sommet de V apophyse coracoïde (fig. 19, K), par un tendon aplati commun avec celui du coraco -brachial situé en dedans de lui. Le corps charnu unique, résultant de l’union de ces deux chefs, descend le long du bras et à sa partie inférieure donne naissance à un tendon aplati (fig. 86, B, 9), qui s’enfonce entre le brachial antérieur et le court supinateur et s’attache à la moitié postérieure de la tubérosité bicipital (fig. 21, P), en se tordant un peu sur lui -même. De la face antérieure de ce tendon se détache, au-dessus du pli du coude, une expansion aponévrotique qui se dirige en dedans et en bas et se jette dans l’aponévrose anti-brachiale.
Rapports. — L’artère humérale, dont il constitue le muscle satellite, longe son bord interne. Le tendon du long chef est accompagné dans la coulisse bicipitale par un prolongement de la synoviale, qui l’engaîne et descend plus ou moins bas ; une bourse séreuse existe sous l’apophyse coracoïde, entre les tendons réunis du biceps et du coraco-brachial et le sous-scapulaire; enfin une bourse séreuse distincte se rencontre à son insertion inférieure, entre son tendon et la moitié antérieure de la tubérosité bicipitale.
Nerfs. — 11 est innervé par le nerf musculo-cutané.
Action. — Il agit sur trois articulations : radio-cubitale, huméro-cubitale, scapulo-humérale. Pour la première, il est supinateur; ce mouvement est très énergique, car dans la pronation son tendon s’enroule autour du radius perpendiculairement à l’axe de l’os; pour la deuxième, il fléchit l’avant-bras sur le bras ; pour la troisième enfin, il élève le bras et le poite en avant. En outre, par son expansion fibreuse, il est tenseur de l’aponévrose antibrachiale, et par le tendon de sa longue portion il maintient, dans la rotation en dehors, la tête de l’humérus appliquée contre la cavité glénoïde.
2' Coraco-brachial (fig. 85, 8)
Ce muscle, peu volumineux, s’attache au sommet de l'apophyse coracoïde (fig. 19, K) avec la courte portion du biceps; celte insertion se fait par une aponévrose mince, qui donne naissance auxifibres charnues. Bientôt les deux muscles se séparent et le coraco-brachial va s’attacher par un tendon aplati à la face interne de l’humérus, au niveau de son tiers moyen (fig, 20, I).
Rapports. — Recouvert par le deltoïde et le grand pectoral, il e.it en rapport en arrière avec le sous -scapulaire dont son tendon est séparé par une bourse séreuse déjà mentionnée pour le biceps, plus bas avec les tendons du grand dorsal et du grand l’ond. L’artère humérale longe sa face interne. 11 est traversé par le nerf musculo-cutaué (muscle perforé de Cassérius).
Nerfs. — Il est innervé par le nerf musculo-cutané.
Action. — 11 élève le bras et le porte en même temps en avant et en dedans.
3* Brachial antérieur
Ce muscle, large, épais, s’attache par des fibres charnues aux deux faces et au bord antérieur de l’humérus (fig. 20, J), et aux aponévroses intermusculaires interne et externe, à partir de l’empreinte deltoïdienne. Delà ses fibres se portent sur un tendon qui paraît sur le bord interne du muscle et va s’attacher, suivant une ligne oblique en bas et en dehors, à des rugosités de la partie interne et inférieure de l'apophyse coronoide (fig. 21, M). Quelques fibres musculaires profondes vont s’attacher à la paroi antérieure de la capsule articulaii’e du coude, qu’il recouvre immédiatement.
Nerfs. — Il est innervé par le nerf musculo-cutané.
Action. — Il est fléchisseur de l’avant-bras sur le hi[as. En outre, il protège et soutient la partie antérieure de la capsule articulaire et forme en avant un véritable ligament actif.
4° Triceps brachial
Ce muscle très volumineux, occupe toute la région postérieure du bras et se divise supérieurement en trois chefs, un long, deux courts, qui se réunissent pour aller s’insérera l’olécrâne.
1® La partie moyenne ou longue portion s’attache à V excavation triangulaire située au haut du bord axillaire de l'omoplate, sous la cavité glénoïde (fig. 19, M), par lin tendon soudé à la partie inférieure de la capsule et qui envoie une expansion à la face antérieure du tendon du grand dorsal. Le ventre charnu qui en résulte subit une sorte de torsion, par laquelle sa face externe devient antérieure et son bord interne postérieur.
2® La partie externe ou vaste externe s’insère par une aponévrose forte à l’humérus, au-dessous de la gouttière radiale (fig. 20, O), suivant une ligne oblique partant de l’extrémité inférieure de la grosse tubérosité et se dirigeant vers le bord externe, au tiers moyen duquel elle se termine. Ses fibres se ren • dent sur la face antérieure et sur le bord externe de l’aponévrose qui fait suite à la longue portion.
3® La portion interne ou vaste interne s’attache à toute la partie de la face postérieure de l’humérus située au-dessous delà gouttière radiale (fig. 20, P). Ses fibres vont, les unes en dedans, les autres en dehors, et s’attachent à la face antérieure et anx bords de l’aponévrose de terminaison du triceps.
Le tendon terminal, très fort et recevant des fibres charnues jusqu’à son insertion inférieure, s’attache à la partie supérieure et postérieure de l'olé-< crâne (fig. 21, A).
Rapports. — Entre le vaste interne et le vase externe passent dans la gouttière radiale le nerf radial et l’artère humérale profonde. Entre son tendon et la partie supérieure de l’olécrâne se trouve une bourse séreuse, distincte primitivement du cul-de*sac sus-olécrânien de la synoviale articulaire.
Nerfs. — Il est innervé par le nerf radial.
Action. — 11 est extenseur de l'avant-bras sur le bras. En outre, la longue portion maintient solidement la tête humérale appliquée contre la cavité glénoïde dans l’abaissement du bras par l'action du grand dorsal et du grand pectoral.
MYOLoatË