Muscles intehosseux
Les muscles interosseux sont situés dans chaque espace interosseux, au nombre de deux par espace, et divisés en dorsaux et palmaires. Gomme il y a quatre espaces interosseux, il devrait y avoir huit muscles interosseux ; mais on élimine habituellement le muscle court adducteur du pouce, à cause de ses insertions spéciales, ce qui réduit à sept le chiffre total des interosseux : quatre dorsaux, trois palmaires.
Ces petits muscles vont des faces latérales des métacarpiens à la partie latérale et supérieure des premières phalanges et aux tendons de Textenseur commun (voy. flg. 22 et 23, leurs insertions aux os) ; par leur contraction ils inclinent latéralement ces phalanges, et, par suite, portent le doigt correspondant en dedans et en dehors.
Les lois suivantes permettront de se reconnaître facilement dans leurs insertions et, dans leur action, ces lois sont basées sur les rapports de ces muscles avec l’axe de la main passant par le médius et le troisième métacarpien (vov.
ôg. 92).
1“ Loi d’insertion des interosseüx. — Les interosseux dorsaux sont ahduc ■ teurs par rapport à l’axe de la main, c’est-à-dire qu’ils éloignent le doigt correspondant de cet axe ; les interosseux palmaires sont adducteurs,
2» Loi d’insertion des interosseux.
— Les interosseux dorsaux s’insèrent :
1» en haut, aux faces latérales des deux métacarpiens de l'espace qu'ils occupent, savoir : à toute la face latérale du métacarpien supportant le doigt qu’ils sont destinés à mouvoir, et à la moitié postérieure de la face latérale du métacarpien opposé du même espace ; 2“ en bas, au côté de la première phalange le plus éloigné de l’axe delà main. — Les interosseux palmaires s’attachent : 1“ en haut, à la moitié antérieure de la face latérale du métacarpien qui sup porte le doigt qu’ils sont destinés à mouvoir, par conséquent à un seul métacarpien; 2° en bas, au côté de la première phalange le plus rapproché de l'axe de la main.
Il en résulte les conséquences suivantes ; 1° les interosseüx dorsaux sont plus volumineux ; seuls visibles à la face dorsale de la main, ils sont encore visibles à la face palmaire, à côté des interosseux palmaires ; leur insertion supérieure sefait toujours par deux chefs entre lesquels s’engagent les artères perforantes;
(*} Les ligues pleines indiquent les interosseux, dorsaux, les lignes ponctuées les interosseux paL maires.
2® le médius, ne pouvant subir que des mouvements par lesquels il est écarté de l’axe de la main, a deux interosseux dorsaux et pas d’interosseux palmaire (voy. lig. 92) ; l’index et l'annulaire ont chacun un interosseux dorsal et un interosseux palmaire; le petit doigt n’a qu'un interosseux palmaire.
Ces muscles portent le nom de premier, deuxième, troisième, quatrième interosseui dorsal, et de premier, deuxième, troisième interosseux palmaire, en comptant du pouce vers le petit doigt. Les insertions supérieures se font par des fibres musculaires; les insertions inférieures se font, par un tendon aplati, à la partie latérale de la base des premières phalanges, suivant une ligne transversale ; ce tendon contracte des adhérences avec la capsule de l’articulation métacarpo-phalangienne et envoie une expansion fibreuse triangulaire au bord correspondant du tendon de l’extenseur, expansion dont une partie se confond, s’il y a lieu, avec l’expansion d’un muscle lombrical ; en outre, un faisceau va s’attacher à la phalangette en se confondant avec les languettes latérales du tendon de l’extenseur commun.
D’après Morel, le troisième interosseux dorsal et tous les interosseux palmaires n’auraient pas d’insertion inférieure au squelette et se confondraient complètement avec le tendon de l’extenseur commun (Bulletin de la Société des sciences de Nancy, 1876).
Un seul de ces muscles mérite une mention particulière par son volume et le passage de l’artère radiale entre ses deux faisceaux d’insertion : c’est le premier interosseux dorsal ; c’est lui qui forme la saillie oblonguc, visible sur le dos de la main au côté externe du métacarpien de l’index. La présence de cette saillie est du reste le meilleur moyen de retrouver immédiatement les deux formules de l’action et de l’insertion des interosseux.
Nerfs. — Ils sont innervés par le nerf cubital.
Action. — Outre leur action abductrice et adductrice étudiée plus haut, les interosseux sont fléchisseurs des premières phalanges et extenseurs des deux dernières.
Mouvements des doigts
11 faut distinguer dans les mouvements des doigts les mouvements isolés des phalanges et des doigts, et les mouvements associés de plusieurs doigts.
Les mouvements indépendants et isolés des phalanges présentent quelques particularités : les mouvements de la première et de la deuxième sont tout à fait indépendants les uns des autres ; mais il n’en est pas de même de ceux de la deuxième et de la troisième, qui s’associent presque inévitablement. Ces mouvements des phalanges peuvent s’associer de differentes manières, et certaines de ces associations nous sont plus familières que d’autres, soit naturellement, soit par l’habitude, et sont utilisées dans les arts manuels, le dessin, l’écriture, etc. C’est ainsi que les deux mouvements exécutés dans l’acte d’écrire résultent l’un d’une association des mouvements d’extension de la première phalange et de flexion des deux dernières (action simultanée de l’extenseur commun et des fléchisseurs), l’autre d’une association des mouvements de flexion de la première phalange et d’extension des deux dernières (interosseux et lombricaux).
L’indépendance des mouvements de flexion et d’extension des différents doigts est loin d’être absolue. Des conditions anatomiques (union des tendons par des brides fibreuses, absence de séparation des faisceaux musculaires, etc.) opposent de grands obstacles à cette indépendance. Cependant l’index jouit d’une indépendance presque complète. Il y a du reste sous ce rapport de très grandes variétés individuelles, dues à des dispositions acquises et surtout à l’exercice.
Le tableau suivant résume les mouvements des doigts :
Aponévroses du
ip érieur
Le muscle sous-scapulaire est recouvert par une lamelle mince, qui s'attache aux bords de la fosse sous-scapulaire et qui mérite à peine le nom d’aponévrose. A la partie postérieure de l’omoplate, les aponévroses sont plus fortes et complètent les gaines ostéofibreuses du sus-épineux d’une part, du sous-épineux et du petit rond de l’autre. Le deltoïde est contenu dans une gaine aponévrotique, dont le feuillet profond est constitué par la partie sous-deltoïdienne de l’aponévrose sous-épineuse, et le feuillet superficiel par une lame insérée en haut à la clavicule, à l’acromion et à l’épine de l’omoplate et se perdant en bas dans l’aponévrose brachial.
B. APONÉVROSE BRACHIALE (fig. 93)
Cette aponévrose, très forte en arrière, plus mince en avant, est la continuation de l’aponévrose axillaire et des aponévroses de l’épaule, et reçoit en autre des fibres de renforcement des tendons du grand pectoral et du deltoïde. De sa face profonde sc détachent deux cloisons intermusculaires, l’une interne allant au bord interne de l’humérus, l’autro externe à son bord externe. Ces cloisons interceptent avec l’huméras deux gaines; l’une postérieure pour le triceps (B), l’autre antérieure A, subdivisée elle-même en deux gaines secondaires, une superficielle pour le biceps et le coraco-brachial, une profonde pour le
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brachial antérieur. L’aponévrose brachiale offre trois ouvertures principales : la plus importante, interne, semi-lunaire, située au-dessous du milieu du bras, donne passage à la veine basilique et au nerf cutané interne ; les deux autres sont externes et donnent passage l'une, située au tiers inférieur du bras, à la branche cutanée externe du nerf radial, l'autre tout à fait en bas, à la branche cutanée du nmsculo-cutané.