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feuillet moyen du blastoderme et pouvant se transformer les uns dans les autres, ils ont une fonction de remplissage et de soutien et forment une sorte de masse dans l’épaisseur de laquelle sont enfouis les tissus musculaires et nerveux et dont les surfaces et les cavités sont limitées par les tissus épithéliaux. La substance fondamentale de presque tous ces tissus, sauf dans certains cas de transformation chimique (transformation élastique), donne de la colle par l’ébullition. Ce groupe comprend les tissus muqueux, cartilagineux, connectif proprement dit et osseux :
1° Tissu muqueux ou gélatineux. — 11 représente le tissu connectif embryonnaire, et chez l’adulte ne se rencontre que dans le corps vitré. 11 se compose de cellules arrondies ou à prolongements anastomosés, séparées par une substance intercellulaire diffluente.
2° Tissu cartilagineux. — La substance fondamentale qui emprisonne les cellules de cartilage, très rare dans les premiers temps du développement (corde dorsale), devient par la suite très abondante. Elle est hyaline, transparente, amorphe, quelquefois finement granulée, d’autres fois fibreuse ; enfin elle peut se transformer chimiquement en substance élastique. Sous ce rapport, le tissu cartilagineux se divise en trois espèces secondaires basées sur les différences que présente la substance fondamentale: i° cartilage vrai ou hyalin, dans lequel la substance fondamentale est hyaline et donne de la colle par l’ébullition ; 2“ cartilage réticulé, dans lequel elle est formée par de la substance élastique ; 3° fibro-cartilage, dans lequel elle est formée par du tissu fibreux. Ces variations de la substance fondamentale sont en rapport avec des variations physiques de consistance et d’élasticité du cartilage. Le tissu cartilagineux précède presque partout, dans la formation du squelette, l’apparition du tissu osseux. Sa vitalité est en général très peu active, et ses fonctious se bornent à la mise en jeu de ses propriétés physiques d’élasticité et de résistance à la pression.
3» Tissu connectif proprement dit. — On trouve dans ce tissu des cellules, des éléments dérivés ou fihres et une substance intercellulaire. Celle-ci se présente sous des aspects très variables : tantôt homogène, tantôt fibrillaire ou sous forme de membranes, elle peut offrir dans son intérieur des lacunes ou des espaces insterstitiels de grandeur et de configuration différentes, qui paraissent constituer l’origine des radicules lympha ■ tiques (sinus ou lacunes lymphatiques) et dans lesquels on trouve des globules analogues aux globules blancs. Enfin, elle peut subir la transformation élastique et devenir insoluble dans l’eau bouillante et l’acide acétique. Ce tissu connectif, dont la vie physiologique chez l’adullc est à peu près nulle à l’état normal, peut, sous l’impulsion de causes morbides, reprendre une activité extrême de ses éléments cellulaires ; aussi est-il le tissu germinatif et le terrain par excellence de la plupart des productions pathologiques. Ce tissu se divise en trois espèces secondaires :
Tissu connectif ordinaire. — Sa substance fondamentale est parsemée de cellules plasmatiques plus ou moins nombreuses, foi’mant ou non un réseau anastomique. Tantôt il est compact, figuré comme dans les ligaments, et a pour usage principal la résistance à la distension (tissu fibreux ordinaire) ; tantôt il est lâche, sans forme, et ses filaments entre-croisés circonscrivent des mailles qui contiennent des capillaires et des vésicules adipeuses ; il permet le glissement des parties les unes sur les autres ou remplit leurs instei’stices (tissu cellulaire ordinaire, tissu cellulaire sous-cutané et insterstitiel). C’est lui qui, avec les capillaires et les fibres nerveuses qu’il accompagne dans les organes, forme ce que Bichat appelait le parenchyme de nutrition. Le tissu médullaire, qui constitue la moelle des os, peut être considéré comme un tissu composé se rattachant au précédent, mais caractérisé par sa richesse en capillaires sanguins et surtout par la présence de cellules arrondies, cellules médullaires, analogues aux cellules embryonnaires et aux jeunes cellules connectives.
Tissu élastique. — Dans ce tissu, la substance fondamentale a subi la transformation élastique et se présente tantôt sous forme de membranes homogènes, quelquefois percées de trous irréguliers (membranes fenêtrées), tantôt sous forme de lames ou de ré-
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seaux élastiques ; il est ordiaairement mélangé en proportions variables au tissu connectif proprement dit. Son nom même indique ses propriétés et ses fonctions. On l’appelle encore tissu jaune à cause de sa couleur.
Tissu réticulaire ou réticulum. — Ce tissu n’est autre chose qu’un réseau anastomotique de cellules plasmatiques, dont les cellules se sont atrophiées peu à peu, de façon qu’il ne reste plus qu'un réseau de trabécules élastiques de grosseur variable, et que les points d’entre-croisement de ces trabécules sont occupés par des nodosités remplaçant les éléments cellulaires primitifs. Ces trabécules circonscrivent des mailles ou des espaces contenant ou bien des globules blancs, comme dans les glandes lymphatiques, ou bien des éléments d'une autre espèce, comme dans les centres nerveux.
4o Tissu osseux. — Dans ce tissu la substance intercellulaire, par sa combinaison intime avec les sels calcaires, acquiert une très grande dureté; elle est creusée de deux espèces de cavités et de canaux ; les unes très petites, cavités osseuses, communiquent entre elles par des canalicules très fins, canalkules osseux, et servent à loger les cellules osseuses et leurs prolongements ; les autres plus larges ont tantôt la forme des canaux anastomosés et conteanent des vaisseaux (canaux de Havers), tantôt celle de cavités irrégulières, communiquant toutes entre elles et contenant la moelle des os (cavités médullaires). Le tissu osseux, dans lequel sont creusés les canaux de Havers, est plus dur et plus compact que celui dans lequel sont creusées les cavités médullaires ; le premier a reçu le nom de tissu compact, le second celui de tissu spongieux. Dans le tissu compact les cellules osseuses sont rangées par séries concentriques autour d’un canal de Havers comme autour d’un axe (fig. 5.1 ; dans le tissu spongieux elles sont plus irrégulièrement disposées et en général parallèles aux parois osseuses des cavités médullaires. Cette substance fondamentale a une disposition stratifiée ou lamelleuse due à son mode de production .
c) Tissu musculaire. — Ce tissu n’a pas de substance fondamentale et sous ce rapport se rapproche des tissus épithéliaux ; cela est surtout sensible sur les petites artères, où l’on voit les fibres cellules accolées étroitement l’une à l’autre sans intervalle appréciable ; mais, à un degré plus élevé, il vient s’interposer, entre les éléments fondamentaux (fibre musculaire primitive) des éléments accessoires, capillaires, nerfs, tissu connectif, qui en remplissent les interstices. On distingue deux espèces de tissu musculaire, suivant la nature des fibres musculaires entrant dans sa composition : le tissu musculaire lisse et le tissu musculaire strié. Dans le tissu musculaii^ lisse les fibres lisses forment par leur réunion des cordons ou faisceaux aplatis ou arrondis, entourés d’une gaine de tissu connectif et qui s'agglomèrent pour constituer des faisceaux plus volumineux, parallèles ou entrecroisés. Dans le tissu musculaire strié, les fibres primitives, en général parallèles les unes aux autres, sont séparées des fibres voisines par du tissu connectif contenant des capillaires sanguins, et se groupent en faisceaux primitifs, secondaires et tertiaires de plus en plus volumineux, entourés de gaines connectives.
d) Tissu nerveux. — Ce tissu se présente sous deux aspects : substance grise et substance blanche. La substance grise résulte de l’accumulation de cellules nerveuses entremêlées de fibres nerveuses et de tissu connectif réticulaire servant de support aux capillaires. Cette substance grise constitue les parties fondamentales de l’encéphale, de la moelle, des ganglions, et les véritables centres réflexes où aboutissent et d’où partent les tubes conducteurs. On ne sait rien de précis sur la substance fondamentale interposée entre les cellules. La substance blanche est formée par la juxtaposition ou l’entre-croisement de fibres nerveuses sans mélange de cellules, et avec addition de tissu connectif et de capillaires. Cette substance blanche purement conductrice (centripète ou centrifuge) se trouve dans les centres nerveux et dans les nerfs proprement dits.
B. Tissus épithéliaux sans substance intercellulaire appréciable ni possibilité d'interposition d'éléments différents. — Ces tissus sont formés par l’accolement des
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cellules épithéliales ou de leurs dérivés ; cet accolemeut est très intime, de façon qu’il n’y a pas de substance intercellulairc appréciable, mais simplement une sorte de matière unissante, démontrable par certains réactifs, qui la dissolvent en dissociant les cellules, ou la colorent d’une façon différente des cellules elles-mêmes (nitrate d’argent). Ces tissus revêtent la périphérie du corps, de manière que l’organisme est limité de tous côtés par une surface épithéliale ; ils revêtent aussi ses cavités intérieures, qu’elles soient closes (vaisseaux, séreuses) on en communication avec l’extérieur (tube digestif, etc.), et les replis de ces cavités (glandes). Les cellules épithéliales sont toujours appliquées sur une membrane sous-jacente, de nature connective, qui sert do support à des vaisseaux et à des nerfs et favorise la nutrition et l’activité fonctionnelle de répithéliuni dont elle est recouverte. Les cellules présentent donc toujours une face profonde adhérant à la membrane sous-jacente, une face libre tournée vers l’extérieur, des faces latérales contiguës à celles des cellules voisines. Une même étendue de surface pourra donc être couverte par un nombre très variable de cellules %)ithéliales, suivant que ces cellules perdront en hauteur pour gagner en superficie, ou gagneront en hauteur pour perdre en épaisseur, et dans le premier cas, la quantité du tissu épithélial étant moindre, l’activité des phénomènes de nutrition sera aussi beaucoup plus faible que dans le (second cas ; aussi l'épithélium (cylindrique indique-t-il une vitalité beaucoup plus énergique que l’épithélium pavimenteux.
Les cellules épithéliales, qui n’ont jamais do substance intercellulaire interposée entre leurs faces contiguës, peuvent présenter, soit du côté de leur face libre, soit du côté de leur face adhérente, des sécrétions qui épaississent sur ces faces la membrane d’enveloppe. Dans le premier cas, la réunion de ces épaississements partiels constitue une membrane continue recouvrant toute la face libre d’un groupe de cellule (membrane cutieulaire); dans le second cas, elle constitue une membrane appliquée entre la face profonde des cellules épithéliales et la membrane connective sous-jacente (membrane basilaire, basement membrane des auteurs anglais). C’est cette membrane qui, poulies épithéliums glandulaires, forme ce qu'on a appelé la jnemèrane propre des glandes.
11 y a deux groupes de tissus épithéliaux : les tissus épithéliaux proprement dits, ou épithélium, et le tissu glandulaire .
a) Épithélium. — L’épithélium peut être simple ou stratifié. Vépithelium simple est celui dans lequel on ne trouve qu’une seule couche de cellules épithéliales ; il peut, du reste, être classé, d’après la forme des cellules épithéliales qui entrent dans sa composition, en épithélium pavimenteux, cylindrique et vibratile. L'épithélium stratifié, au contraire, se compose de plusieurs couches superposées de cellules, et par suite présente une bien plus grande épaisseur. Ordinairement, les cellules des diverses couches n’ont pas toutes la môme forme et la même vitalité. On y retrouve, du reste, les mêmes divisions que dans l’épithélium simple ; il peut être pavimenteux, cylindrique ou vibratile ; et cette classification se fait d’après la forme des cellules de la couche supei-ficielle.
Les tissus des ongles, des poils, du cristallin, de l’émail, ne sont que des dérivés du tissu épithélial, mais tout à fait transformés et surtout ayant perdu en grande partie l’activité vitale des formations épithéliales.
b) Tissu glandulaire. — Les cellules glandulaires, au lieu de s'étaler superficiellement en membranes, comme les cellules épithéliales ordinaires, pénètrent plus ou moins profondément dans les tissus sous-jacents, en formant des culs-de-sac d’où partent des cnls-de-sac secondaires plus ou moins nombreux, plus ou moins étendus, plus ou moins ramifiés, de manière à former par leur agglomération une masse compacte, constituée par des culs-de-sac glandulaires venant s'ouvrir médiatement ou immédiatement à la surface d’une membrane épithéliale. La face profonde des cellules glandulaires est séparée des tissus sous-jacents par une membrane amorphe , homogène, assez résistante, qui n’est probablement qu’un produit de sécrétion des cellules glandulaires : c’est la membrane propre des glandes. Cette membrane propre peut se présenter sous deux formes diffél entes, auxquelles correspondent deux classes do glandes :
1" Elle peut former une vésicule close, arrondie, tapissée à sa surface interne d’épi-
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thélium glandulaire (vésicule glandulaire de la thyroïde, follicule de de Graaf de l’ovaire). Dans ce cas, le produit de sécrétion ne peut sortir que de deux façons : ou par déhiscence, c’est-à-dire par la rupture de la vésicule glandulaire (follicule de de Graaf), ou par résorption, les principes de sécrétion une fois produits étant repris au fur et à mesure par le sang ;
2» Elle peut former un cul-de-sac ouvert du côté de la surface épithéliale, cul-de-sac qui tantôt est arrondi et volumineux à son fond, rétréci en goulot près de son ouverture (friande en grappe), et qui tantôt présente le même calibre dans toute son étendue (glande en tube). Dans ce cas (sécrétions ordinaires), le produit de sécrétion s’épanche par l’ouverture du cul-de sac glandulaire, soit directement à l’extérieur sur une surface épithéliale, soit dans un conduit dit canal excréteur, s’ouvrant lui-même au dehors et commun à plusieurs culs-de-sac glandulaires.
Les tissus mixtes, dans lesquels aucun élément anatomique n'est fondamental par rapport à des éléments accessoires comme les tissus dos artères, des veines, des lymphatiques et le tissu érectile, seront décrits à propos de l’angéiologie ou de la splanchnologie.
Organes. — Les tissus, par leur agglomération, constituent ce qu’on appelle les organes ou des masses ayant une forme et une fonction déterminée. Ou peut diviser les organes en deux grands groupes : les uns, massifs, pleins, sont situés profondément et représentent la masse principale du corps, comme les os, les muscles, les centres nerveux ; les autres, superficiels ou du moins limitants, sont formés par des membranes revêtues d’épithélium et tantôt étalées à la surface du corps et des cavités intérieures (membranes tégumentaires), tantôt enroulées en canaux (membranes vasculaires), tantôt repliées sur elles-mêmes on masses)compactes et profondes (membranes glandulaires).
A. Organes profonds ou massifs. — Nous y trouvons d'abord tout un groupe d’organes appartenant aux tissus connectifs, les organes fibreux (ligaments, membranes fibreuses, etc.), les cartilages et les fibro-cartilages, les os et peut-être aussi les organes lymphoïdes (glandes vasculaires, sanguines et lymphatiques) ; puis viennent les muscles et enfin les organes nerveux.
a) Organes connectifs.
1' Organes fibreux. — Ils constituent tantôt des cordons (ligaments ou tendons), reliant les 08 entre eux ou les os aux muscles, tantôt les membranes enveloppant les muscles ou les masses musculaires (fascias), ou ratachant les muscles aux os (aponévroses d’insertion), ou entourant différents organes (périoste, dure-mère, etc.). Tous ces organes sont formés de tissu fibreux presque pur, dans lequel le tissu jaune élastique se trouve en plus ou moins grande quantité. Leur couleur est blanc mat, nacrée, quelquefois jaunâtre si le tissu élastique y entre en proportion notable. A quelques exceptions près (périoste), leur vitalité est peu énergique, tant à cause du petit nombre de leurs éléments cellulaires que de leur pauvreté en nerfs et en vaisseaux ; leur sensibilité est presque nulle. Ils agissent surtout par leur résistance à la distension, soit comme agents de traction sur les os (tendons et ligaments), soit comme agents de compression (aponévroses de contention des muscles).
2“ Cartilages et fibro-cartilages. — On les rencontre partout où il y a nécessité d’une élasticité assez grande unie à une résistance notable. C’est ainsi qu’on les trouve autour des cavités qu’ils maintiennent béantes ou qu'ils ramènent à leur forme naturelle (larynx, nez, etc.), sur les surfaces articulaires des os, où ils luttent contre la pression réciproque qui amènerait l’usure de ces surfaces. Dans le cartilage vrai (cartilage hya^^ lin), c’est la résistance qui domine; dans le cartilage réticulé, c’est l'élasticité ; le fibro*cartilage est intermédiaire entre le tissu fibreux et le cartilage vrai.
Les cartilages vrais {anea substance intercellulaire amorphe, homogène, donnant de