ORGANES
la colle par l’ébullition) sont formés d'une substance d’un blanc nacré, dure, élastique, repoussant le scalpel, tout à fait dépourvue de vaisseax et de nerfs, et n’yant par suite qu’une vitalité peu active et une sensibilité nulle. Ces cartilages peuvent n’être que temporaires et précéder chez le fœtus le squelette osseux ; les cartilages temporaires O constituent le squelette cartilagineuv primitif . Dans le cas contraire, on les appelle cartilages permanents. Ces derniers peuvent se diviser en deux classes, suivant qu’ils sont ou non entourés d’une membrane fibreuse o\i périchondre (nepi, autour; zôvSpo;, cartilage). Les cartilages périchondriques (ex. cartilages costaux, cartilages du larynx), étant enveloppés d’une membrane fibreuse plus ou moins vasculaire, qui les isole jusqu’à un certain point des tissus ambiants, ont une vitalité plus active et plus indépendante ; ils se vascularisent et s’enflamment plus facilement; les cartilages sans périchondr< au contraire (ex. cartilages articulaires), sortes de parasites greffés sur les organes ambiants, n’ont pas de vie individuelle et indépendante, mais n’ont qu’une vitalité d’emprunt et toujours rudimentaire ; ils ont peu de tendance à la vascularité et à l'inflammation, et leurs maladies sont presque toujours consécutives à celles des tissus voisins.
Les fibro-cartilages sont constitués par des cellules cartilagineuses éparses dans une substance fondamentale fibreuse. Leurs caractères physiques les rapprochant à la fois du cartilage vrai et des ligaments. On les trouve surtout dans les articulations, à propos desquelles ils seront étudiés.
Les cartilages réticulés, dans lesquels la substance fondamentale est élastique, sont toujours enveloppés d’un périchondre; aussi les réflexions faites à propos des cartilages vrais périchondriques leur sont- elles applicables ; ce qui les en distingue, c’est leur couleur mate et une peau jaunâtre, et la souplesse et la flexibilité qu’ils doivent à la pt'ésenco du tissu jaune élastique.
3“ Os. — Dans les os, et plus encore dans les dents, qu'on peut en rapprocher quoiqu’elles fassent saillie à l’extérieur, la substance connective, grâce au dépôt de sels calcaires, atteint sa plus grande consistance et acquiert une dureté et une résistance qui rendent ces organes pi-opres à servir de charpente aux parties molles et à supporter les pressions les plus considérables. Les os sont des organes déjà beaucoup plus complexes que ceux que nous avons vus jusqu’ici ; ainsi, outre le tissu osseux proprement dit, ayant acquis une forme déterminée et spéciale pour chaque os, nous trouvons dans ses lacunes ou cavités médullaires, le tissu médullaire ou moelle osseuse, et à sa surface une membrane fibro-vasculaire, le périoste (itspi, autour; ottsov, os) l’enveloppant de toutes parts, sauf sur les endroits revêtus de cartilage articulaire; enfin il est pénétré par des vaisseaux nombreux et par des nerfs ; aussi leur vitalité est-elle supérieure à celle des organes précédents.
4“ Organes lymphoïdes. — Ces organes, bien étudiés seulement dans ces derniers temps, et dont la connaissance est encor incomplète sous bien des rapports, se présentent en général sous la forme d’amas d’aspect glandulaire, constitués par du tissu connectif réticulaire contenant dans ses mailles, comme élément fondamental, des globules blancs. C’est dans cette catégorie d’organes que doivent être rangés provisoirement tous les organes incertæ naturæ désignés sous le nom de glandes lymphatiques et de glandes vasculaires sanguines.
b) Organes musculaires ou muscles. — Les muscles sont des organes élastiques et contractiles formés par un tissu fondamental, le tissu musculaire, et par des tissus ou des organes accessoires, tendons ou aponévroses d’insertion rattachant les muscles aux os qu’ils doivent mouvoir, vaisseaux, nerfs, tissu connectif, etc.; ils seront décrits au début de la myologie.
c) Organes nerveux. — Ces organes sont : 1» des masses nerveuses centrales ; les unes, très volumineuses, forment un tout continu sous le nom de centre nerveux encéphalorachidien (encéphale et moelle); les autres, multiples et disséminées sur des points divers de l’organisme, constituent de petits renflements appelés ganglions \ 2» des cordons nerveux conducteurs, nerfs, ayant leur point du départ ou d’arrivée dans le centre encéphalo-rachidien ou dans les ganglions.
INTRODUCTION
B. Organes limitants. — Ces organes limitants sont constitués par des membranes ayant toutes pour •caractère général d’être revêtues d’épithélium. Ces membranes se présentent sous trois formes dilférentes, auxquelles correspondent trois groupes d’organes: membranes vasculaires, membranes tégumentaires, membranes glandulaires.
a) Membranes vasculaires. — Dans ce premier groupe, la membrane limitante se dispose en canaux élastiques (artères, veines, lymphatiques), canaux dont la fece interne ou épithéliale est en contact avec les liquides, sang, lymphe, chyle, qui circulent dans leur intérieur ; ils jouent le rôle purement physique de conducteurs hydrauliques.
b) Membranes tégumentaires. — Dans ce deuxième groupe, la membrane limitante est largement étalée, et quand la forme canaliculée existe, comme à l’intestin, elle n’est que secondaire, tandis que dans le groupe précédent elle est essentielle. En effet, leur usage principal est une fonction de revêtement, de protection ; leur face épithéliale en contact avec les milieux extérieurs air, aliments, substances étrangères, avec les produits de sécrétion, avec les transsudations des cavités intérieures du corps, constitue entre ces matières et les tissus sous-jacents une barrière vivante qui, dans ce double courant de l’extériBur à l’intérieur et de l’intérieur à l’extérieur, laisse passer certains principes, interdit le passage à d’autres et règle suivant les lois physiologiques les échanges de la nutrition. Outre cette action vitale élective, elles agissent comme agents protecteurs contre les causes mécaniques, pressions, frottements, etc., comme l’épiderme cutané .
1“ Les séreuses représentent les organes tégumentaires les plus simples: une membrane fibreuse plus ou moins riche en vaisseaux et en nerfs, et une couche simple d’épithélium pavimenteux étalée à sa surface, telle est leur structure. On les rencontre en général partout où des organes frottent les ims contre les autres, sous forme de sacs sans ouverture, adhérant aux deux surfaces frottantes par un tissu cellulaire sous-séreux : leur face épithéliale est tournée du côté de la cavité de la séreuse ; habituellement cette cavité est réduite à zéro et n’existe que virtuellement, de façon que la couche épithéliale est en contact avec elle-même ; d’autres fois on trouve dans cette cavité une petite quantité d’un liquide clair ou filant (sérosité synovie). Les séreuses sont de trois espèces; les unes, séreuses proprement dites, forment des sacs sans ouverture ‘ tapissant d’une part la face interne des grandes cavités du corps (feuillet pariétal) et enveloppant d’autre part les organes contenus dans ces cavités (feuillet viscéral); ces deux feuillets sont continus l’un avec l’autre, c’est-à-dire que, d’im des points de la paroi, le feuillet pariétal se réfléchit pour aller envelopper les organes et fornae ainsi un repli contenant les vaisseaux et les nerfs qui se rendent à ces organes. Les séreuses de la deuxième espèse, synoviales ou séreuses articulaires, appartiennent exclusivement aux articulations et forment, chez l’adulte du moins, non plus des sacs clos, mais de,; manchons allant d’un os à l’autre et contenant dans leur cavités un liquide filant comme du blanc d’œuf, la synovie. La troisième espèce enfin (bourses muqueuses) contient de petites séreuses plus ou moins parfaites existant en nombre variable partout où se passent des frottements entre des parties molles et des partes dures {bourses muqueuses musculaires, synoviales tendineuses, bourses muqueuses sous-cutanées).
2° Peau.— La peau ou tégument externe, beaucoup plus compliquée comme structure, à la fois organe de protection et organe tactile, recouvre toute la surface extérieure du corps, sur laquelle elle se moule en se continuant avec les muqueuses au niveau des ouvertures naturelles. La couche épithéliale, épiderme (èiti, sur; SépiJiz, peau) au lieu d’être simple, est stratifiée, comme cornée à sa .surface et pourvue d’appendices particuliers, poils, et ongles. La membrane fibreuse sous-jacente, derme, épaisse, résistante, élastique, riche en vaisseaux et en nerfs, est réunie aux organes profonds par un tissu connectif aréolaire, lâche, permettant des glissements. Enfin, elle contient de nom-
W Une seule exception existe chez l,i femme, chez laquelle la cavité péritonéale cotnmuiiique avec l'eilérieur par l’ouverture abdominale de la trompe utérine.