‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologie (volume 2)Chapitre 148 sur 303 · IV · texte numérisé non relu

IV

VI, = De i à 0,5 millimètres.

Carotide primitive.

Brachiale.

Cubitale.

Temporale.

Auriculaire postérieure.

Sus-orbitaire.

En général, les artères affectent une direction droite et rectiligne; mais si l’organe auquel elles se rendent est une structure délicate, si le choc trop énergique de la colonne liquide peut lui être nuisible, elles s’incurvent et deviennent flexueuses. Les artères présentent encore cette disposition lorsqu’elles se trouvent dans des parties dont les mouvements sont nombreux et étendus, ou dont le volume est sujet à des variations considérables, comme les labiales, les utérines. Quand un petit nombre de troncs artériels doivent fournir des vaisseaux à des organes très étendus, soit en volume, soit en superficie, on les voit affecter des directions particulières : elles s’incurvent, leurs branches se réunissent, se divisent de nouveau, se réunissent encore et finissent ainsi par fournir un grand nombre de rameaux qui atteignent les limites les plus extrêmes des organes. C'est ainsi que se distribuent la plupart des artères des viscères abdominaux et en particulier les artères mésentériques.

Beaucoup d’artères, qui normalement sont rectilignes, présentent chez les vieillards un très grand nombre de flexuosités ; elles sont dues à l’altération des parois et à la perte de l’élasticité des vaisseaux.

Par leur situation profonde, les artères sont en général protégées contre les causes vulnérantes. Malgaigne a fait remarquer qu’aux membres on trouve cependant des vaisseaux artériels très superficiels. Il insiste surtout sur la fémorale qui, au pli de l’aine, n’est recouverte que par la peau et les aponévroses. Je ferai observer que chez les quadrupèdes la crurale est très efficacement protégée par toute l’épaisseur du membre postérieur. Il en serait de même chez l’homme s’il marchait à quatre pattes. La nature a fait de lui un bipède ; mais au lieu de modifier pour cela toute l’économie de son corps, elle s’est bornée à quelques changements nécessaires à sa nouvelle destination. C’est donc à la station bipède qu’est due la situation superficielle de l'artère fémorale dans l’espèce humaine. Il en est de même pour la sous-clavière dans le triangle susclaviculaire. Chez le quadrupède, elle est difficile à atteindre et est protégée par la direction de la tête et la disposition des épaules, qui font saillie en avant; chez l’homme, elle est superficielle et le devient d’autant plus que par leur propre poids les extrémités supérieures tendent à tomber en bas et à élargir ainsi le triangle sus-claviculaire.

Dans les membres, les artères tendent toujours à se rapprocher du sens de la flexion des articulations. Or, comme dans les membres, le sens de ce mouvement est toujours alterne et opposé (ainsi la cuisse se fléchit en avant, le genou en arrière, le pied en avant, les orteils en arrière), il en résulte que le vaisseau artériel décrit un trajet spiroïde autour des os au lieu de leur être parallèle. Cette disposition est surtout remarquable pour Yartère crurale. Ce trajet des vaisseaux artériels est en rapport avec la protection que la nature semble vouloir leur ménager. En se plaçant dans le sens de la flexion, ils évitent toutes les causes d’élongation qui leur seraient funestes, et, d’autre part, dans la flexion, ils s’éloignent d’autant plus de toutes les causes vulnérantes que le mouvement est plus prononcé. C’est précisément là la position que prennent instinctivement les membres à l’approche de tout danger extérieur.

Rapports généraux des artères. — Ainsi que nous l’avons dit, les artères sont en général profondément situées; il est rare néanmoins de les trouver en rapport immédiat avec les os ; habituellement elles en sont séparées par une couche musculaire plus

ANGÉIOLOGIE

OU moins épaisse. Quelquefois cependant elles croisent «ky contournent des pièces du squelette (crurale, sous-clavière, radiale), disposition que les chirurgiens ont utilisée pour la compression do ces vaisseaux pendant les opérations ; de même que les , médecins ont mis à profit la situation de l’artère radiale au poignet pour l’exploration du poul.«.

Chaque fois qu’une artère est en contact immédiat avec un os, son passage sur cette surface dure y laisse une empreinte plus ou moins profonde. Ou a dit que cette dépression est due à un travail de résorption du tissu osseux sous l’influence des battements vasculaires.

D’autres fois, les artères sont situées dans de vrais canaux osseux ('fa carotide interne dans le rocher). C’est là une disposition particulière nécessitée par la distribution de cette artère à un organe délicat contenu dans une boîte osseuse.

Au voisinage des renflements articulaires, les artères fournissent toujours un grand nombre de rameaux assez volumineux, qui, se réunissant, s’anastomosant les uns avec les autres, forment un cercle artériel autour de la jointure. C’est à un besoin de calorification que répond cette disposition. En effet, autour des articles, surtout dans le sens de l’extension, les os sont presque à découvert sous la peau (genou, coude) ; les masses musculaires ont fait place à des tendons, à des bandes fibreuses ; l’articulation est peu protégée, les causes de refroidissement très nombreuses. Le "développement du système artériel à ce niveau, jouant alors le rôle d’un calorifère à liquide chaud, vient obvier à ce désavantage naturel.

C’est à la môme cause qu'il faut attribuer les branches nombreuses que fournissent les vaisseaux artériels vers l’extrémité des membres quand les os se multiplient et quoie squelette se segmente.

Les artères, il semble presque inutile de le dire, cheminent dans les interstices musculaires ; leurs rapports avec ces agents actifs de la locomotion sont donc des plus importants. Tous les gros vaisseaux artériels côtoient un muscle auquel ils sont plus ou moins parallèles et que Cruveilhier a désigné sous le nom de muscle satellite. Le sternomastoïdien est le satellite de la carotide, ie biceps celui de l’humérale. Mais, comme dans les membres, les masses musculaires des régions opposées sont toujours séparées par des plans aponévrotiqnes qui leur fournissent des surfaces d’insertion et que, ainsi que nous l’avons fait remarquer plus haut, les artères, tendant toujours à se placer dans le sens de la flexion, sont obligées de contourner le membre, il faut que dans ce cas particulier les vaisseaux traversent les plans aponévrotiques de séparation. L’exemple le plus frappant que l’on puisse en citer est celui de la crurale, qui, passant de la région anterieure ou d'extension à la région postérieure ou de flexion, franchit un plan aponévretique. Pour éviter toute traction, toute gêne circulatoire qu’auraient pu amener les alternatives de contraction et de relâchement des fibres musculaires, la nature a établi de.s espèces de ponts fibreux au-dessous desquels passe le vaisseau. Les fibres musculaires insérées à ce niveau viennent-elles à se contracter, elles ne pourront qu’élargir l’anneau au lieu de le rétrécir. Ce simple artifice empêche tout arrêt circulatoire. Il en est de même quand, au lieu d’être insérés par leurs extrémités sur des os et de former ainsi des arcades ostéo-fibreuses, les anneaux sont complets et constitués exclusivement par des aponévroses. L’action musculaire ne pourra que les élargir et faciliter le cours du sang.

Les. aponévroses forment des gaines destinées à isoler les muscles et surtout les groupes de muscles synergiques. Eiles fournissent en outre presque toujours des dédoublements, qui embrassent dans une logo spéciale l’artère et la veine. Tantôt ie nerf est compris dans cette même loge,comme le nerf pneumogastrique au cou, tantôt et plus fréquemment il est situé dans une gaîne spéciale.

Toutes les artères un peu volumineuses sont situées au-dessous des aponévroses d’enveloppe des membres ; c’est là un point à noter pour le chirurgien.

Réunies aux veines et quelquefois aux nerfs dans une même gaîne aponévrotique, les artères forment avec ces organes un faisceau connu en anatomie chirurgicale sous le nom àe paquet vasculo-nerveux. C'est au moyen d’un t'ssu connectif lâche non infiltré de graisse que s’établit l’union entre ces cordons. Chez le vieillard, par suite de l’élongation et de la dureté des parois artérielles, ce tissu connectif lâche finit par se tasser.

s’épaissir et former une espèce de membrane quasi-séreuse, dans laquelle se meut le vaisseau.

Les veines suivent en général la même direction que les artères. Au tronc, à la racine des membres, à la tête, il n’existe qu’un seul tronc veineux satellite du vaisseau artériel. Aux segments inférieurs des membres, il y en a toujours deux. On a cherché à trouver des lois générales pour exprimer les rapports de ces vaisseaux entre eux. Toutes celles qui ont été formulées par Serres et par Malgaigne sont soumises à tant d’exceptions qu’il n’y a plus Heu d’en tenir compte. Nous reviendrons sur ce sujet en parlant du système veineux.

Au tronc, on peut dire que, pour les plus gi-os vaisseaux, le côté droit du corps est affecté au système veineux et le côté gauche au système artériel. Nous nous empressons de faire observer que nous ne généralisons pas, que nous ne voulons dire autre chose que ceci, c’est que les veines caves sont à droite, tandis que la crosse de l’aorte se dirige à gauche, et que l’aorte descendante occupe également ce côté du corps. 11 résulte de cette disposition que les branches artérielles qui se dirigent de gauche à droite sont toutes plus longues que celles qui sont destinées à la moitié gauche du tronc.

Lorsque les artères ne sont accompagnées que d’une seule veine, elles sont en général situées plus profondément que celle-ci et, comme le fait remarquer fort justement Sappey, « les grosses artères passant sur le côté interne de l’axe des membres dans le trajet spiroïde qu’elles décrivent autour de cet axe, on voit que les veines adjacentes ne peuvent être superficielles sans se placer à leur côté interne. » Quand deux veines satellites accompagnent une artère, cette dernière est toujours située entre les doux et est d’ordinaire enlacée par les branches de communication qu’elles s’envoient réciproquement.

Les nerfs cérébro-rachidiens ont des rapports moins intimes avec les artères, quoique cependant ils affectent une direction générale analogue à celle de ces vaisseaux ; leur trajet esfc toujours beaucoup plus rectiligne que celui de ces derniers ; aussi les crois. nt-i!s souvent (médian au bras). Los nerfs sont plus superficiels que les artères et que les veines; de telle sorte que l’on trouve, en général, de la peau vers la profondeur; 1“ le nerf, 2“ la veine, 3“ l’artère. Dans les segments inférieurs des membres (avant-bra^, jambe) les nerfs sont toujours, par rapport à l’axe du membre, en dehors des artères.

Quant aux nerfs sympathiques, ils accompagnent directement les vaisseanx, qu’ils enlacent de leurs anaÿomoses et avec lesquels ils gagnent la p'rofondeur des organes. 11 est démontré aujourd’hui qu’une grande partie de ces filets nerveux sont destinés à agir sur les vaisseaux eux-mêmes. Ce sont les nerfs vaso-moteurs.

Plus on s’éloigne du centre circulatoire, plus les organes sont texposés aux causes do réfrigération, plus aussi les artères fournissent de branches multipliées qui enveloppent les parties d'un réseau vasculaire. Voyez les nombreuses ramifications artérielles qui entourent les oreilles, le nez, les mains, les pieds, etc ; elles se trouvent là surtout dans un but de calorifieation.

Le volume des artères qui pénètrent un organe est en rapport avec l’activité de cet organe; de plus, la distribution des ramuscules artériels varie suivant l’organe, de telle sorte que, par les progrès de l’histologie, l’on pourra peut-être plus tard reconnaître un tissu à la simple inspection de la disposition de ses vaisseaux.

Les artères communiquent très fréquemment entre elles; c’est à ces communications que l’on a donné le nom à' anastomoses. Elles permettent l’arrivée du sang dans un organe par voie détournée et indirecte, quand par une cause quelconque la voie directe est interrompue tO. Ces voies collatérales ont été désignées sous différents noms, d’après la manière dont se fait la communication.

1“ Anastomoses par inosculation — Ce sont celles dans lesquelles deux grosses hranebes s’unissent bout à bout, soit directement, soit par arcades. Ce genre d’anasto-

(•) C’est ainsi que l'on explique un grand nombre d’anomalies artérielles. Que, par exemple, pour une cause quelconque, le tronc de Y obturatrice soit chez le fœtus frappé d'un arrêt de développement, l'anastomose de l'épigastrigve avec cette artère se développera, et alors l'obturatrice semblera naître de l'épigastrique et non pas de l'iliaque interne.

ANGÉIOLOGIE

moses offre une facilité remarquable à la circulation collatérale. Les arcades se trouvent surtout dans le mésentère, où elles sont très nombreuses, ce qui tient à la nécessité de répartir sur une grande surface une quantité de sang comparativement minime, amenée par un pédicule assez étroit.

2“ Anaslomes par convergence ou à angle plus ou moins aigu. — Deux branches se rejoignent deux à deux et en forment une troisième unique ; ainsi les deux vertébrales s'unissent et forment le tronc basilaire. Il est assez difficile de s’expliquer cette particularité, qui semble être propre aux centres nerveux ; nous la retrouvons en effet dans Vartére spinale antérieure,

3“ Anastomoses par communication transversale. — Entre deux artères situées à peu de distance l’une de l’autre et à peu près parallèles, s'étend un tronc transversal perpendiculaire à ces deux vaisseaux (l) (cérébrales antérieures et communicante antérieure).

4“ Nous adopterons une dernière classe d’anastomoses, que Sappey propose d’appeler mixte ou composée. C’est celle dans laquelle une branche artérielle se divise en deux rameaux, qui vont communiquer, l’un avec un rameau situé au-dessus, l’autre avec un rameau situé au-dessous. Supposez ainsi quatre vaisseaux situés autour d’un organe arrondi, il résultera de ces anastomoses un cercle artériel (cercle artériel de l'iris).

On comprendra facilement qu’en combinant ces différentes espèces d’anastomoses, il sera possible de former autant de variétés qu’on le voudra.

Pour les membres, les voies collatérales ainsi formées établissent des communications entre les vaisseaux du segment supérieur et ceux du segment inférieur. C’est à la connaissance de cette disposition anatomique que la chirurgie doit la conquête de l’hémostasie par les ligatures. Il se produit alors ce que nous avons dit se produire pour les cas d’anomalie d’origine de Yobturati-ice. Les anastomoses s’élargissent par l’afflux du sang, et la vie du membre est entretenue. Nous avons vu que les troncs vasculaires des membres se placent toujours du côté de la flexion; chose remarquable, les voies collatérales, au contraire, sont en général situées du côté de l’extension.

Les anastomoses permettent d’arrêter le cours du sang dans un vaisseau, sans que pour cela la vitalité du membre soit compromise; mais comme toute médaille a son revers, ce sont elles aussi qui font souvent le désespoir des chirurgiens par la facilité avec laquelle elles ramènent l’hémorragie dans les cas de blessures aMérielles, surtout à l'avant-bras et à la main.

Les artères se terminent par des capillaires, qui eux-mêmes donnent naissance aux veines. Les capillaires sont des vaisseaux innombrables et microscopiques qui font partie de la trame intime de nos tissus ; nous n’avons pas à nous en occuper ici.

Dans les organes caverneux et érectiles, le mode de terminaison des artères n’est pas le même que dans les autres tissus. Elles fournissent des ramuscules qui se recourbent, s’enroulent en tire-bouchon, et de leurs extrémités partent un grand nombre de vaisseaux microscopiques qui s’abouchent dans des sinus veineux. Ce sont les artères hélicines décrites d’abord par Millier et étudiées ensuite par Kôlliker.

D'après Stein, ces artères se termineraient par de petits tubercules munis d’une fente s'ouvrant dans un sinus veineux. Cette fente serait munie d’un faisceau musculaire lisse, annulaire, véritable sphincter. Mais, d’un autre côté, il existerait des tractus musculaires lisses, venus des trabécules connectives voisines, tractus musculaires longitudinaux qui, par leur contraction, dilateraient la fente artérielle. Si cette description était exacte, elle expliquerait le mécanisme, inexpliqué jusqu’ici, de l’érection.

Structure des artères. — L’épaisseur des parois artérielles est en général propor tionnelle à leur calibre. Il a été fait quelques recherches à ce sujet par Donders et Jansen, par Kôlliker, par Gimbert et par Henle. D’après Gimbert les parois artérielles

fl) L’on ne saurait trop admirer combien la nature a multiplié les sources de la circulation cérébrale et combien elle a accumulé les communications entre les vaisseaux de la base de ce centre si important.

DD CΆR

s'épaississent toujours au voisinage de leurs divisions. Les éléments anatomiques qui entrent dans la composition intime des vaisseaux artériels ne sont bien connus que depuis les progrès de l’histologie.

Une tunique externe formée de tissu conjonctif et de fibres élastiques, — une tunique moyenne constituée par du tissu musculaire lisse mêlé à une plus ou moins grande quantité de fibres élastiques, — une tunique interne, à base fondamentale élastique aussi et limitée en dedans par un endothélium : telle est la composition générale des parois artérielles.

Reprenons maintenant chacune de ces couches et étudions-les en détail.

1“ Dans les artères vides, la tunique interne est toujours légèrement plissée dans le sens longitudinal et dans le sens transversal ; pendant la vie, au contraire, elle est lisse. La couche endothéliale qui la limite vers la lumière du vaisseau est constituée par des éléments fusiformes renflés au niveau de leur noyau volumineux; au-dessous de cette couche très mince se trouve « un feuillet amorphe, de nature élastique, percé de nombreuses ouvertures très variables de forme et de diamètre et contenant une certaine quantité de fibres élastiques, qui sont dirigées perpendiculairement à l’axe du vaisseau tb; » c’est la lame fenêtrée. En dehors d’elle existe une troisième couche de la tunique interne, beaucoup plus grande que les deux précédentes ; elle est formée de fibres élastiques dirigées dans le sens de la longueur du vaisseau. Dans les artères d’un certain volume l’on trouve, immédiatement au-dessous de l’endothélium, des couches d’un tissu particulier, formées de lamelles pâles à noyaux allongés parallèles à l’axe du vaisseau (dans les grosses artèi es ces noyaux disparaissent). Kolliker Iqur donne le nom de lames striées. Henle et, après lui, Remakles ont considérées comme formées d’épithélium vieux et transformé.

2“ La tunique moyenne, de beaucoup la plus épaisse et la plus importante des trois tuniques artérielles, est jaune dans les gros vaisseaux, et rougeâtre dans ceux d'un calibre inférieur. Elle varie de structure suivant les artères que l’on considère. Dans celles qui mesurent un millimètre ou deux de diamètre, on la trouve presque exclusivement constituée par des éléments musculaires lisses transversalement dirigés et formant plusieurs couches concentriques. Si l’on examine au contraire des vaisseaux plus volumineux, les éléments contractiles se mêlent à des fibres de tissu élastique transversalement disposées par couches régulières entre les fibres- cellules et anastomosées de manière à former des réseaux. En remontant vers les artères d’un volume plus considérable encore, la fibre musculaire continue à disparaître, et dans les carotides et les iliaques, par exemple, elle n'entre plus que pour un tiers dans la constitution de la tunique moyenne. Dans l'aorte, les fibres-cellules sont très rares et ont cédé la place à l’élément élastique.

Gerlach a montré que, dans l’aorte, la moitié interne de la tunique moyenne est plus riche en éléments musculaires que l’externe.

Dans les artérioles, qui ne mesurent que 1/20 à 1/30 de millimètre, la fibre-cellule est remplacée par des espèces de fuseaux très courts qui, d’après Morel, « indiquent que dans ces vaisseaux le tissu musculaire persiste à l’état embryonnaire »

"è^ljatunique externe se compose d’une couche d’épaisseur variable de tissu conjonctif entremêlé de fibres élastiques fines. Cette lame est plus dense dans la partie qui confine à la tunique moyeime ; les couches externes se perdent en général insensiblement dans le tissu cellulaire ambiant.

En se rapprochant des capillaires, toutes ces tuniques tendent à disparaître. C’est d’ahord l’élément élastique dont on ne retrouve plus aucime trace; puis, à son tour, l’élément musculaire fait défaut, et enfin il ne reste plus qu’tme seule membrane amorti) Morel et Villemin, Traité élémentaire d'histologie humaine, normale et pathologique. 2' édition. Paris, 1864.

(*) Tous les éléments musculaires trouvés jusqu’à présent dans les artères sont disposés suivant des couches circulaires ; ils ne peuvent donc que faire contracter activement le vaisseau. L'anatomie n'a pu, jusqu'à ce jour, démontrer l’existence d'agents actifs de dila-

Beaukis et Boocuâ

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phe offrent quelque ressemblance avec le sarcoleimne des muscles striés et dans laquelle se trouvent fixés des noyaux ovales dont le nombre diminue avec le diamètre de ces petits vaisseaux. Ces noyaux sont-ils de nature contractile? les expériences physiologiques semblent le démontrer.

11 ne faudrait pas croire que la proportion des différents éléments constitutifs des artères ne dépende que du calibre de ces vaisseaux, autrement dit que deux artères d'un même calibre prises dans n'importe qu'elle région soient identiques par leur structure.

M. le docteur Gimbert, dans un travail intéressants s’est occupé de ce sujet (l). Le rôle physiologique des parties auxquelles sont destinés les vaisseaux artériels modifie leur structure et leur texture.

Nous allons exposer aussi rapidement que possible les conclusions auxquelles cet anatomiste est arrivé.

La tunique moyenne des artères varie d’épaisseur suivant les différentes régions, d’une manière quelquefois assez brusque. De plus, l’épaisseur de cette tunique étant la même dans deux art'jres différentes de même calibre, ses éléments constitutifs, fibres musculaii-es lisses et fibres élastiques, peuvent varier de proportions.

La tunique externe présente des modifications analogues ; tantôt son épaisseur augmente, tantôt elle diminue dans des artères du même calibre ; tantôt les fibres con- > nectives qui entrent dans sa structure l’emportent en preportion sur les fibres élastiques, et réciproquement.

Gimbert divise le système artériel, au point de sa texture, en différents groupes: 1” aorte; 2° artères des membres ; 3» de la face ; 4“ des organes cérébraux ; 5“ des viscères et des parois splanchniques.

Dans les artères des membres, les modifications de texture des tuniques se font d’une manière lente et insensible, surtout au membre supérieur.

Il faut remarquer cependant que c’est au niveau de l'anneau des adducteurs que la tunique externe de la fémorale contient la proportion la plus considérable de fibres élastiques. La tunique moyenne des artères du membre inférieur présente quelquefois, mais pas toujours paraît-il, une augmentation d’épaisseur au niveau des bifurcations.

«, artères de la face, la faciale surtout, aussitôt

^'d'unT artère “collatérair^des oNgine, la tunique moyenne possède une

doigts (d’après Gimbert) (* (••)'). grande richesse en fibres musculaires lisses ; ces éléments tendent bientôt à disparaître, et déjà au niveau des coronaires labiales ils sont en grande partie remplacés par les fibres élastiques. La tunique externe contient également un grand nombre de fibres de cette nature.

Dans les artères cérébrales, comme le dit l’auteur, tout converge vers une seule propriété, la contractilité. La tunique moyennne est très musculaire, et les artérioles ellesmêmes conservent très longtemps celte richesse en éléments contractiles.

Les artères des organes et des parois splanchniques sont .très remarquables ; l’épais-

(*) O, a, a, a) Ces vaisseaux anastomosés dans la tunique externe.

(••) A. Tunique externe. — B. Tunique moyenne. — C. Tunique interne. — On voit dans la tunique externe la coupe de deux vasa vasorum, et d la périphérie de la tunique moyenne les branches ner-

seur de leur tunique moyenne varie beaucoup, mais elle est toujours inférieure à celle de l'artère dont elles proviennent. Ainsi, dans le tronc coeliaque elle est de O"'»', 16 et dans l’aorte de O"'™,?? ; mais dans la splénique elle augmente et est de 0'”,2 ; la honteuse interne, quoique d’un calibre plus petit que la mésentérique, possède une tunique moyenne plus épaisse que celle-ci, etc. La tunique externe de ces artères est très épai.sse et surtout très riche en éléments élastiques. On dirait qu’ici c'est l’élasticité qui doit l’emporter sur la contractilité.

Dans certains organes : le cerveau (Ch. Robin), la rate (His), les capillaires artériels sont entourés d’une sorte de gaine accessoire distante de 1 à 3 centièmes de millimètre du vaisseau et contenant un liquide avec des noyaux et des granulations. Nous reviendrons sur cette disposition en nous occupant des lymphatiques.

Les artères reçoivent elles-mêmes des vaisseaux nourriciers, connus sous le nom de vasa vasorum. Ces ramuscules, capillaires presque toujours, proviennent, soit des vaisseaux voisins, soit du tronc même de l’artère à laquelle ils sont destinés. Dans ce dernier cas « ils abandonnent le vaisseau d’origine et n’y reviennent qu’après avoir acquis leur indépendance. » Quoi qu’il en soit, les vasa vasorum rampent d’abord dans le tissu cellulaire ambiant pour aboutir enfin à la tunique externe des artères. Ils s’y distribuent, d’après Gimbert, en formant d’abord un plexus ou réseau superficiel circonscrivant des mailles irrégulièrement quadrilatères ou ovales, mais non circulaires, comme le dit Kôlliker, et un réseau profond à mailles plus étroites. Dans cette der-

(*) C, C. Vaisseaux capillaires. — N. Nerf vaso-moteur. — G, G, G. Ganglions qui forment lee branches nerveuses au niveau des anastomoses des capillaires artériels. — R. Fibre de Remak isolés

ANGÊIOLOGIE

nière partie de leur trajet les capillaires sont ilexueux et prennent une forme hélicoïde comparable à celle des artères hélicines des corps caverneux (Gimbert). Cette forme serait en rapport, d’après lui, « avec les efforts incessants de distension et de retrait que subissent ces tissus. »

Les vasa r>asorum (fig. 122) se terminent-ils dans la tunique externe, ou pénètrentils dans les tuniques moyenne et interne? Pour Bichat et Henle, ils arrivent jusqu’à la face interne de la tunique moyenne; pour Kolliker et Morel, ils n’atteignent que la face externe de cette tunique. Nous nous rattachons à cette opinion. Weber, Ch. Robin et Gimbert soutiennent, au contraire, qu’ils ne dépassent jamais la tunique" externe.

Quant aux nerfs, ils constituent les nerfs vaso -moteurs. Luschka prétend avoir vu leurs terminaisons arriver jusque dans la tuniquq interne ; il nous semble plus probable qu’ils n’atteignent que la membrane contractile, avec laquelle il est évident qu’ils doivent avoir des rapports, ce que démontre la figure 113. Nous reviendrons au reste sur ce sujet dans le livre cinquième, qui traitera de la Névrologie. Pour les petites artérioles et les capillaires, le tronc nerveux vaso-moteur est toujours en rapport de grosseur avec le calibre de ces vaisseaux : il les suit, se divise comme eux et chemine toujours appliqué sur leur tunique externe, qui lui sert de soutien.

Dans la fig. 114, on voit, au niveau des anastomoses des capillair es artériels, les nerfs se renfler en ganglions (G), desquels partent de nouveaux filets, qui se répandent sur les capillaires et se terminent en pointes. Ils sont alors réduits à l’état de fibres de Remak isolées (R).

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