III. Branches pariétales
Artères intercostales aortiques (IV) et ar tèr es lomb aires (IV. V) (fig. 130, 4, et 14)
Préparation. — Après avoir ouvert l'abdomen et le thorax, on enlèvera tous les viscères. On fera bien alors de retrancher une gi ande partie des côtes gauches, de façon à conserver in-
(*) 1) Aorte. — 2) Mésentérique supérieure. — 3) Mésentérique inférieure. — 4) Première colique gauche. — 5) Deuxième colique gauche. — 6) Troisième colique gauche, dont la disposition est anormale sur ce sujet. — 7) Grande arcade entre les premières coliques droite et gauche.
ANGÉIOLOGIE
tact le côté droit du troue. Disséquer alors soigneusement les artères intercostales jusqu’à leur extrémité ; avoir soin de ménager l'origine de la branche postérieure de ces vaisseaux ; la poursuivre entre les muscles du dos, et si l’injection a pénétré suffisamment, ouvrir le canal rachidien par la face postérieure et étudier les petits ramuscules spinaux.
Les branches artérielles destinées aux parois latérales du tronc se divisent en intercostales et en lombaires. Elles sont toutes situés dans les espaces intercostaux ou dans les espaces qui sépareraient les apophyses transverses des vertèbres lombaires (apophyses costiformes) si on les supposait prolongées jusqu’à leur réunion avec la ligne blanche. Les artères intercostales et lombaires décrivent donc aussi des demi- circonférences, qui entourent le tronc et se réunissent par leurs anastomoses près de la ligne médiane.
Toutes les artères des parois latérales du tronc ne proviennent pas de l’aorte : ce vaisseau n’est, en effet, en rapport avec la colonne vertébrale que depuis la troisième vertèbre dorsale jusqu’à la quatrième lombaire. Les artères des deux premiers espaces intercostaux et celle qui passe entre l’apophyse transverse de la quatrième lombaire et le bord supérieur de l’os coxal proviennent ; les premières, de là sous-clavière, et la dernière, de Viléo -lombaire, branche de l’hypogastrique. On voit même quelquefois la sous-clavière fournir des branches jusqu’aux troisième et quatrième espaces intercostaux.
Les artères intercostales aortiques varient dans leurs rapports à gauche et à droite ; cette différence est due à ce que, dans le thorax, le plan de l’aorte répond au côté gauche du corps des vertèbres. Nées de la partie postérieure de l’aorte, à peu de distance de leurs congénères du côté opposé, les intercostales gauches remontent un peu en haut, gagnent le bord inférieur de la côte, se logent dans la gouttière de cet os, en avant du muscle intercostal externe, se divisent, au niveau du bord interne du ligament transverso-costal supérieur, en deux branches : l’une postérieure, branche dorso-spinale (VI), plus grêle, sur laquelle nous reviendrons plus loin, l’autre antérieure, intercostale proprement dite, qui continue la direction du tronc primitif.
La branche intercostale proprement dite passe bientôt en arrière des fibres du muscle intercostal interne et est comprise alors entre les deux plans musculaires de l’espace qu’elle parcourt. Vers le milieu de cet espace, elle s’infléchit un peu en bas, quitte la gouttière de la côte et vient enfin s’anastomoser avec les branches de la mammaire interne, ou de l’épigastrique, ou encore de la diaphragmatique inférieure.
Dans ce long trajet elle fournit :
1“ En arrière, au moment de passer entre les deux muscles intercostaux, une branche fort longue, qui gagne le bord supérieur de la côte située au-dessous, le longe et s’épuise en rameaux destinés au périoste, à l’os et aux muscles ;
2“ Au niveau de l’angle antérieur des côtes, des branches assez grêles, qui perforent le muscle intercostal externe et vont, par un trajet récurrent, communiquer avec des branches de la mammaire externe venue de l’axillaire.
■ La branche intercostale fournit également des ramuscules aux muscles, au tissu sous-pleural, aux ganglions lymphatiques situés en dedans de l’angle postérieur des côtes, au périoste, à l’os, etc,
Les artères intercostales aortiques droites, plus longues que celles du côté gauche, n’en diffèrent que par les rapports delà première partie de leur trajet. Appliquées à leur origine sur la face antérieure des corps vertébraux, elles sont nécessairement croisées en cet endroit par l’œsophage, le canal thoracique, la grande veine azygos et le cordon du sympathique.
Les artères lombaires ressemblent, par leur disposition, aux intercostales ; toutefois, comme l’aorte abdominale est sensiblement dans le plan médian, il n’y a pas de différence entre les lombaires des deux côtés. Situées à leur origine, en arrière des piliers du diaphragme et des arcades d’insertion du psoas, ces artères se divisent bientôt en deux branches : l’une antérieure, l’autre ■postérieure, dorso-spinale.
La branche antérieure,p\viS gvêle que la dorso-spinale, passe en arrière du psoas et du carré lombaire et se divise en deux rameaux, logés, l’un entre le transverse et le petit oblique, l’autre entre ce dernier muscle et le grand oblique. Elles arrivent ainsi sur les parois abdominales jusqu’à leur partie moyenne et s’anastomosent avec des rameaux de l’épigastrique, qui joue, par rapport aux téguments de l'abdomen, le même rôle que la mammaire interne remplit par rapport à ceux de la poitrine.
Les branches dorso- spinales, qu’elles soient plus grêles que les antérieures, comme dans les intercostales, ou plus volumineuses, comme dans les lombaires, naissent toutes au niveau du bord interne du ligament transversocostal supérieur, tout auprès du trou de conjugaison, et se bifurquent :
1“ Le rameau dorsal ou musculo-cutané se porte en arrière, donne une branche externe, qui s’épuise entre les muscles sacro -lombaire et le long dorsal, et une interne destinée au transversaire épineux. Ces deux branches envoient des ramuscules à la peau de cette région ;
2“ Le rameau spinal pénètre par le trou de conjugaison, donne des petites divisions aux vertèbres et une branche ndédullaire, qui longe les racines nerveuses, les suit jusqu’au cordon de la moelle et fournit une division à la face antérieure et une à la face postérieure de ce centre nerveux. Ces divisions émettent elles-mêmes chacune un ramusoule ascendant et un descendant, qui s’anastomosent avec des ramuscules semblables venus des artérioles situées au- dessus et au-dessous. Nous aurons à revenir sur cette disposition en étudiant les artères spinales, branches de la vertèbre.
D’après des recherches très intéressantes publiées en 1863 par Turner (‘), il existerait un réseau anastomotique considérable sous-péritonéal entre les artères pariétales et les artères viscérales. Ce plexus dont les branches sont très fines communiquerait avec les artères rénales, surrénales, pancréatico-duodénales, avec les coliques par l’intermédiaire du mésocôlon, avec la mésantrique supérieure et la splénique, et enfin avec la spermatique. Ces communications entre les artères pariétales et viscérales, ainsi que celles qui existent en bien plus grand nombre encore entre les veines pariétales et viscérales peuvent être d’une grande utilité pour expliquer certains phénomènes de physiologie pathologique, — En 1865, le môme auteur a décrit un plexus analogue qui dans le médiastin se ferait entre des ramuscules des intercostales et de la mammaire interne. De ce réseau partent d’après lui des divisions très fines qui gagnent les poumons et font ainsi communiquer les artères viscérales (bronchiques) avec les artères pariétales.
§ II. — Branches ascendantes de l’aorte
Ces branches sont destinées à la tête et aux membres supérieurs. Ainsi que nous l’avons déjà dit plus haut, l’aorte fournit, à gauche, deux troncs, l’un
U) Turner, British o,nd foreign medico-chirurg . Review. 1863.
AN6ÉI0L06IE
céphalique, la carotide primitive gauche ; l’autre brachial, la sous-clavière gauche. A droite, au contraire, ces deux troncs sont réunis à leur origine en un seul, le tronc brachio -céphalique. Nous rappelons aussi qu’en raison môme de la direction de la crosse aortique, la première division qui en naît doit se trouver forcément sur un plan plus antérieur que la seconde, et celle-ci également sur un plan plus antérieur que la troisième.
Entre l’origine du tronc brachio- céphalique et celle’ de la carotide primitive gauche, se trouve quelquefois une petite artère connue sous le nom de thyroïdienne de Neubauer. Cette branche, qui n’existe que rarement, monte verticalement, appliquée sur la surface antérieure de la trachée, recouverte par les plexus veineux thyro'idiens. Elle arrive ainsi jusqu’à l’isthme de la glande et s’y distribue.