‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologie (volume 2)Chapitre 155 sur 303 · II. Artères carotides primitives (fig. i34, 2), (I · texte numérisé non relu

II. Artères carotides primitives (fig. i34, 2), (I

Préparation, — Désarticuler le sternum, l'enlever, disséquer le sterno-masto'idien, le sec tionner un peu au-dessus de ses insertions claviculaires et préparer soigneusement les carotides de leur origine à leur division.

Les artères carodites primitives sont destinées à la tête et à la face. Elles diffèrent dans leur origine : celle du côté droit naît du tronc brachio-céphalique, celle du côté gauche provient de la crosse de l’aorte. Il en résulte une différence de longueur égale à la hauteur du tronc brachio- céphalique. De plus, ce dernier naissant sur la partie la plus élevée de la crosse aortique, et celle-ci se dirigeant en arrière et à gauche, la carotide primitive gauche se trouvera sur un plan un peu postérieur à sa congénère du côté droit. Dans la partie de leur trajet, étendu de la base du cou au bord supérieur du cartillage thyro'ide, où elles se bifurquent, les deux carotides primitives sont verticales et offrent les mêmes rapports.

11 est aisé de comprendre que la carotide gauche doit avoir des rapports spéciaux depuis son origine jusqu’à la base du cou. Dans cette portion de son étendue elle .est oblique de bas en haut et de dedans en dehors, et répond : en avant, à l’articulation sternale, dont elle est séparée par le tronc veineux brachio-céphalique gauche; en dehors, à la plèvre; en dedans, à son origine,' au tronc artériel brachio-céphalique. De la direction oblique en dehors de ces deux vaisseaux résulte une espace angulaire, dans le fond duquel se trouve la trachée. En arrière, la carotide primitive gauche répond au conduit aérien qu’elle croise, à l’œsophage et à la sous-clavière gauche.

Au cou, les rapports des deux carotides sont à peu près identiques. Elles

sont recouvertes en avant par le sterno-cléido mastoïdien correspondant ; ainsi que Richet l’a fait remarquer, l'aponévrose d’insertion faciale de ce muscle les recouvre également en haut. Dans leur partie tout à fait inférieure, les carotides sont profondes et séparées de l’insertion du sterno-cléido-mastoïdien par l’épaisseur de la clavicule et les troncs veineux; plus haut, le muscle s’en rapproche et elles n’en sont plus séparées que par le petit muscle omo -hyoïdien. La carotide primitive gauche, étant sur un plan plus postérieur que celle du côté droit, répond à l’écartement des deux chefs du sterno -mastoïdien, tandis qu’à droite l’artère est tout à fait recouverte par le faisceau sternal de ce muscle. Les carotides sont encore en rapport en avant avec l’anse nerveuse formée par les branches descendantes du grand hypoglosse et du plexus cervical. La veine thyroïdienne supérieure croise également leur face antérieure à peu de distance de leur bifurcation.

En arrière, les carotides primitives répondent aux muscles grand droit antérieur et long du cou, qui les séparent des vertèbres cervicales. Au niveau de

(*) 1) Tronc brachio-céphalique. — 2) Carotide primitive. — 3) Soas-clavière. — 4) Mammaire interne. — 5) Sus-scapulaire. — 6) Cervicale transverse. — 7) Vertébrale. — 8) Thyroïdienne intérieure. — 9) Cervicale ascendante. — 10) Thyroïdienne supérieure. — 11) Crico-thyroidienne (laryngée inférieure).

la sixième vertèbre cervicale, un peu au-dessous du point où l’artère vertébrale pénètre dans le canal des apophyses transverses, l'artère thyroïdienne inférieure croise la carotide primitive en passant en arrière d’elle. En dedans, les carotides répondent à la trachée, au larynx, au pharynx et au corps thyroïde. Ce dernier rapport varie d’étendue suivant le plus ou moins de développement de cette glande vasculaire sanguine, qui peut même les recouvrir complètement et les séparer du muscle sterno-mastoïdien. La carotide gauche répond, en outre, à l’œsophage, qui, à ce niveau, est un peu dirigée à gauche. En dehors les carotides répondent à la veine jugulaire interne. Dans l’angle curviligne formé par l’adossement de ces deux vaisseaux se trouvent en arrière le nerf pneumogastrique et le cordon du grand sympathique. A la partie inférieure du tronc carotidien, le nerf pneumogastrique se place un peu en dehors de l’artère pour gagner, à droite, la face antérieure de la sous-clavière tout auprès de son origine ; à gauche, le nerf reste parallèle à la carotide, mais situé un peu plus en dehors qu’à sa partie supérieure. Les nerfs et les vaisseaux sont contenus dans une même gaine fibreuse.

Les carotides primitives, n’émettant aucune branche collatérale, sont d’un calibre uniforme dans toute leur étendue ; au-dessous de leur division, elles présentent néanmoins un renflement plus ou moins considérable, mais constant.

Elles se divisent au niveau du bord supérieur du cartilage thyroïde en carotide interne et carotide externe, dont la direction initiale semble continuer celle du tronc générateur (Nous avons vu quelquefois la pharyngienne inférieure naître du point de séparation de la carotide primitive, qui alors se divisait en trois branches, dont deux volumineuses et une beaucoup plus grêle).

1’ Artère carotide externe (fig. 35 , 2) , (II)

Préparation. — Inciser les téguments depuis la base du cou jusqu'au sommet de la tête, en passant au-devant du pavillon de l'oreille; faire tomber sur cette incision verticale deux incisions transversales, l'inférieure circonscrivant la racine du cou jusqu'à la ligne médiane, la supérieure partageant le crâne en deux parties égales; disséquer alors les deux lambeaux quadrilatères ainsi obtenus, l'un en avant, l'autre en arriére ; enlever la parotide et procéder à la préparation des différentes branches en allant de leur origine à leur terminaison. Pour la linguale, il faudra enlever par des traits de scie une moitié de la mâchoire, de la branche montante à la symphyse. Pour l'occipitale, il faudra détacher le splénius à ses insertions céphaliques, et enfin pour la pharyngienne, il sera nécessaire de pratiquer la coupe du pharynx^

La carotide externe, un peu moins volumineuse dans l’espèce humaine que la carotide interne, s’étend du bord supérieur du cartilage thyroïde au con- (lyle de la mâchoire, où elle se divise en deux branches. Elle est située à son origine en avant et un peu en dedans de la carotide interne et n’est donc externe que par sa distribution aux parties extérieures du crâne.

La carotide externe est presque superficielle à son origine * et n’est recouverte que par la peau, le peaucier et l’aponévrose d’insertion faciale du sternocléido-mastoïdien. Elle devient d’autant plus profonde qu’elle s’élève d’avantage. Située d’abord en dedans et en avant de la carotide interne, la carotide externe s’engage entre les muscles stylo-hyoïdien et digastrique, situés en avant, et les stylo-pharyngien et stylo-glosse, qui lui répondent en arrière.

Le nerf grand hypoglosse la croise en avant au même niveau ; puis elle se

(1) La position superficielle de ce vaisseau est due à ce que le sterno-mastoïdien est oblique d'avant en arriére et de bas en haut, tandis que l'artère est sensiblement verticale ; il en résulte un écartement angulaire, dans Taire duquel la carotide externe n'est plus recouverte que par les parties sus-jacentes au muscle sterno-mastoïdien.

porte un peu en dehors et en arrière, et la carotide interne, qu’elle croise, lui devient alors réellement interne. A son origine, elle répond en dedans aux parois du pharynx; un peu au-dessous de l’angle de la mâchoire, elle s’en écarte, se dirige en dehors et se place à la face interne de la glande parotide, qui d’ordinaire l’enveloppe de toute part.

Immédiatement après sa naissance et indépendamment d’un rameau destiné au sterno-mastoïdien, la carotide externe fournit six branches, dont trois se dirigent en avant, une en dedans et deux en arrière. Ces divisions sont tellement rapprochées les unes des autres, à leur origine, que la carotide externe semble se séparer en un véritable bouquet artériel, complété par la continuation du tronc primitif, dont alors le calibre est considérablement diminué.

A. Thyroïdienne supérieure (fis. 3i, 10), (IV)

C’est la première branchefournie parla carotide externe. Elle naît très près de la linguale et souvent par un tronc commun avec cette dernière.

La thyroïdienne supérieure se porte d’abord en dedans ; puis, après un court trajet, elle s’infléchit et devient descendante, s’applique sur les parois du pharynx, recouverte par les muscles omo-hyoïdien et sterno-thyroïdien, et gagne l’extrémité supérieure du lobe du corps thyroïde; elle se divise alors en trois branches terminales : l’une qui longe le bord externe do ce lobe, l’autre qui en suit le bord supérieur, et la troisième ou postérieure qui se place entre la glande et la trachée. Ces trois branches artérielles, très flexueuses, émettent un nombre considérable de rameaux, qui pénètrent le tissu de l’organe et s’anastomosent soit entre eux, soit avec les rameaux correspondants de la tyroïdienne inférieure de leur côté, ou encore avec ceux des thyroïdiennes du côté opposé.

Il est à remarquer que le volume de ces artères est en rapport avec le développement de la glande vasculaire sanguine à laquelle elles sont destinées.

Les thyroïdiennes supérieures fournissent trois branches collatérales :

1“ La sterno-mastoïdienne, artériole très grêle, qui se rend au muscle de ce nom, en passant au-devant de la carotide primitive et de la jugulaire interne.

2° La laryngée supérieure {Y), plus importante par sa distribution et par son volume, najt au niveau de l’inflexion delà thyroïdienne ; se dirige en avant et en dedans, passe sous le muscle thyro-hyoïdien, donne une petite branche qui continue son trajet sur la face antérieure de la membrane thyro-hyoïdienne et une autre qui pénètre dans le larynx en traversant cette membrane et qui fournit des rameaux à l’épiglotte, à la muqueuse et aux muscles de l’organe vocal (flg. 136, 2).

3“ La laryngée inférieure ou crico-thyroïdienne (VI). — Cette petite branche chemine sur la face antérieure de la membrane de ce nom et s’anastomose avec celle du côté opposé. Elle fournit des ramuscules, qui perforent la membrane et se répandent dans le larynx (flg. 134, 11).

B. Linguale (VI)

artère linguale naît de la partie antérieure de la carotide externe, audessus de la thyroïdienne supérieure et souvent par un tronc commun avec cette dernière. D’autres fois, elle s’unit à son origine à la faciale, qui est située au-dessus d’elle (flg. 135, 5).

ANGÉIOLOSIE

La direction de la linguale est très flexueuse ; elle se dirige d’abord un peu en haut et en dedans, en arrière du tendon du digastrique et du nerf grand hypoglosse, longe les grandes cornes de l’os hyoïde, jusque vers leur partie moyenne recouverte par le muscle hyoglosse qui la sépare du nerf hypoglosse, gagne la face inférieure de la langue et arrive ainsi jusqu’à la pointe de cet organe. Dans cette dernière partie de son trajet, elle est située entre le génioglosse qui est en dedans, le lingual inférieur qui est en dehors et le nerf lingual qui est en bas,

Fig. 13C. — Artère linguale (*).

A son extrémité elle prend le nom à! artère ranine et s'anastomose avec celle du côté opposé, en fournissant des ramuscules à la muqueuse des deux faces de la langue, ainsi qu’aux muscles intrinsèques de cet organe.

Dans son trajet, l’artère linguale fournit trois rameaux :

1" artère sus-hyoïdienne longe le bord supérieur de l’os hyoïde, placée entre les muscles génio-glosse et géuio-hyoïdien. Elle s’anastomose par des rameaux descendants avec des rameaux ascendants venus de la crico-thyroïdienne.

2" L’artère dorsale de la langue, très grêle aussi, naît du voisinage de la

(*) 1) Thyroïdienne supérieure. — 2) Laryngée supérieure. — 3) Sous-mentale. — 4) Linguale. — 5) Dorsale de la langue. — 6) Sublinguale.

grande corne de l’os hyoïde, remonte le long du muscle stylo-glosse et arrive à la base de la langue, sur laquelle elle se ramifie en donnant des ramuscules descendants à l’épiglotte (fîg. 136, 5) et à l’amygdale.

3“ Uartère sublingale, d’un volume plus considérable que les deux précédentes, provient du point où l’artère linguale quitte l’os hyoïde pour gagner la face inférieure de la langue. Elle continue le trajet de ce vaisseau et chemine entre le génio-glosse et le mylo-hyoïdien, fournit des ramuscules nombreux à ces muscles et au génio -hyoïdien, contourne la glande sublinguale, lui donne des artérioles et vient au-dessous du filet de la langue s’anastomoser avec celle du côté opposé (fig. 136, 6).

Assez fréquemment on voit provenir cette artère de la sous- mentale, branche de la faciale.

G. Aktèrk faciale (fig. 134, 6), (IV)

Plus volumineuse que la précédente, l'artère faciale remonte d’abord obliquement en avant, en haut et en dedans, recouverte par le nerf grand hypo glosse, les muscles digastrique et stylo-hyoïdien ; elle s’applique ensuite sur la face externe de la partie postérieure delà glande sous-maxillaire et s’y ci’euse un sillon. La faciale gagne ainsi le bord inférieur du maxillaire, sur lequel elle se réfléchit au niveau du bord antérieur du masséter, et arrive à la face en se dirigeant vers l’angle des lèvres. Dans cette partie de son trajet, elle est recouverte par le peaucier et la peau, et repose en dedans sur le muscle buccinateur. Jusque auprès de la commissure labiale, l’artère faciale était oblique en dedans et en haut ; à ce niveau elle s’infléchit et devient beaucoup plus directement ascendante pour gagner l’angle interne de l’œil, où, réduite à un très petit calibre, elle s’anastomose à plein canal avec la nasale, branche de l’ophthalmique (flg. 135, 15). A partir de la commissure labiale jusqu’à sa terminaison, la faciale est à peu près sous-cutanée et se trouve au-devant des muscles élévateurs superflciels et profonds de la lèvre.

Outre un grand nombre de branches destinées aux muscles, à la peau, à la glande sous-maxillaire et à la parotide, ainsi que des rameaux anastomosés avec la buccale, la sous-orbitaire et la transverse de la face, l’artère faciale fournit, à partir de son origine :

palatine ascendante o\x inférieure, qui passe entre les muscles styloglosse et stylo-pharyngien, s’infléchit un peu en dedans et en haut, s'applique sur les constricteurs moyen et supérieur du pharynx, et se termine en plusieurs rameaux très grêles, qui se distribuent aux muscles du voile du palais, à la muqueuse palatine et à la trompe d’Eustache. Elle s’anastomose avec la palatine supérieure et les branches terminales de la pharyngienne inférieure.

Dans son trajet, la^ palatine inférieure fournit des rameaux à la base de la langue et à l’amygdale. Ils s’anostomosent avec des branches de la dorsale de la langue.

2“ La sous-mentale. — Très variable par son volume et son origine, cette artère longe la face interne de la mâchoire inférieure, se place entre le mylohyoïdien et le ventre antérieur du digastrique, fournit à ces muscles et arrive sur la face antérieure de la symphyse du menton pour s’anastomoser avec les rameaux de la dentaire inférieure (fig. 136, 3).

On voit quelquefois la sous-mentale fournir la sublinguale, dont, plus rarement, elic provient elle-même.

ANGÉlOI-OaiE

3“ La coronaire labiale inférieure (V), qui part de la faciale un peu audessous de la commissure, gagne la face profonde de la lèvre intérieure, recouverte par le triangulaire des lèvres et l’orbiculaire, et s’anastomose avec celle du côté opposé, après avoir fourni un très grand nombre de rameaux ascendants et descendants.

4° La coronaire labiale supérieure (V) (flg. 135, 13). — Cette branche naît quelquefois par un tronc commun avec la précédente ; plus souvent elle provient isolément de la faciale au niveau même de la commissure. Elle est assez volumineuse et chemine, très rapprochée de la muqueuse, en arrière du muscle orbiculaire, jusqu’à la ligne médiane, où elle s’anastomose avec sa congénère du côté opposé. De cette communication partent deux rameaux qui remontent jusqu’à lacloison du nez, qu’ils longent d’arrière en avant, et qui viennent sur le sommet de cet organe se diviser en un grand nombre de ramuscules, qui s’anastomosent avec ceux de l’aile du nez.

5“ La branche naso-lombaire (flg. 135, 14), qui gagne le cartilage de l’aile du nez et fournit des rameaux situés le long des bords supérieur et inférieur de ce cartilage jusqu’à la ligne médiane, où ils communiquent avec leurs congénères du côté opposé et avec les ramuscules de l’artèi’e de la cloison, venue de la coronaire labiale supérieure.

D. ARTÊKE OCCIPITALE ( f i g . 1 35 , 8 6 1 9 ) , (IV)

Née de la face postérieure de la carotide externe, au même niveau que la faciale, Y artère occipitale, située en dedans du nerf grand hypoglosse, longe la face interne du ventre postérieur du muscle digastrique ; puis, vers le sommet de l’apophyse mastoïde, elle s’infléchit en arrière et passe entre le splénius et les muscles petit oblique etgrand complexes, auxquels elle fournit des rameaux. Arrivée au bord supérieur du splénius, elle s’incurve à angle droit, se dirige en haut, devient sous-cutanée et se divise en deux branches : l’une inférieure, plus petite, qui s’anastomose avec l’auriculaire postérieure ; l’autre supérieure, plus volumineuse, qui remonte sur le crâne, fournit un grand nombre de branches, qui communiquent avec celles du côté opposé et avec les rameaux de la temporale superficielle.

Dans ce trajet, l’occipitale émet :

1“ Un rameau sterno -mastoïdien supérieur. Il se comporte comme celui qui provient de la thyroïdienne supérieure.

2“ Une artère mastoïdienne, qui pénètre dans le crâne par le trou de ce nom et va à la dure-mère.

H. Abtère AURICULAIHE POSTÉllIEURE (fig. 135, 10), (V)

Elle prend son origine immédiatement au-dessus de la précédente sur la face postérieure delà carotide externe, chemine en dedans du ventre postérieur du digastrique et de la partie inférieure de la parotide, se loge dans le sillon auriculo-mastoidien et devient ensuite superficielle. U auriculaire postérieure est alors appliquée immmédiatement sur la partie mastoïdienne du temporal, sur laquelle elle se partage en : rameau inférieur ou mastoïdien, qui s’anastomose par ses branches avec l’occipitale et la temporale superficielle, et en rameau supérieur ou auriculaire, qui se subdivise lui- même en deux rameaux, dont l’un plus considérable est destiné à la face interne du pavillon, tandis que l’autre traverse le tissu fibreux qui réunit l’hélix au cartilage de la conque et

vient se ramifier dans la rainure située entre l’iiélix et l'anthélix. Ges deux rameaux communiquent ensemble sur le bord libre de l’hélix.

L’artère auriculaire postérieure fournit d’ordinaire la branche stylo-mas tdidienne, qui s’engage par le trou de ce nom dans l’aqueduc de Fallope et s’y anastomose avec une branche de la méningée moyenne, après avoir fourni à la caisse du tympan et à l’oreille interne.

Pour ne rien omettre, signalons encore des rameaux parotidiens fournis par l’auriculaire.

F.Abtère phakyngiennk inférieure (V)

Cette branche assez grêle naît de la partie interne de la carotide externe, entre celle-ci et la carotide interne. Elle remonte sur les parois du pharynx et arrive jusqu’à la base de l’apophyse basilaire, où elle s’infléchit en avant, en décrivant une arcade, qui s’anastomose sur la muqueuse pharyngienne et la trompe d’Eustache avec les palatines supérieure et inférieure et avec la pharyngienne supérieure ou ptéry go-palatine.

Outre les rameaux pharyngiens qu'elle donne dans son parcours, la pharyngienne inférieure fournit toujours une branche méningienne, qui croise en avant la jugulaire interne et se divise en deux rameaux, qui pénètrent dans le crâne en passant, l’un par le trou déchiré postérieur, et l’autre à travers la substance fibro-cartilagineuse du trou déchiré antérieur. Ces deux rameaux se distribuent à la dure-mère.

Après le départ de toutes les branches que nous venons d’énumérer, la carotide externe, fort diminuée de volume, monte entre les muscles styliens et gagne la face internede la glande parotide. Tantôt, et c’est le casle plus fréquent, cette glande l’entoure complètement ; tantôt, au contraire, elle ne lui offre qu’une gouttière, dans laquelle se loge le vaisseau. Triquet a trouvé l’artère complètement isolée du tissu glandulaire et entourée d’une simple gaine connective ; il ne m’a jamais été donné d’observer une pareille disposition.

AiTivée au -dessous du condyle de la màehoire, la carotide externe se divise en deux branches terminales : la temporale superficielle et la maxillaire interne,

G. Artère temporale superficielle (fig. 13û, H), (IV)

artère temporale superficielle, moins volumineuse que la maxillaire interne, se dirige en haut et un peu en dehors et gagne l’intervalle compris entre l’articulation temporo -maxillaire et le conduit auditif externe. Recouverte jusque-là par la glande parotide, cette artère devient superficielle au niveau de l’arcade zygomatique et chemine entre la couche sous-cutanée et l'aponévrose temporale. Elle se divise bientôt en deux branehes terminales, dont Tune, antérieure ou frontale, visible sous la peau, s’infléchit en avant et va par ses rameaux s’anastomoser avec les branches frontales de Tophlhalmique et avec ses congénères du côté opposé, en fournissant en outre quelques ramuscules à la paupière supérieure,

La branche postérieure ou pariétale se répand en divisions nombreuses dans la région de ce nom ; ses rameaux antérieurs communiquent avec la frontale; les rameaux moyens gagnent le sommet du crâne et s’anastomosent avec ceux du côté opposé; les rameaux postérieurs se dirigent en arrière et en haut pour communiquer avec l’occipitale et l’auriculaire postérieure.

. La temporale superficielle fournit dans son parcours :

1“ Des rameaux parotidiens ;

ANGÉIOLOGIE

2° V artère transversale de la face, qui longe le bord supérieur du canal de Sténon et s’anastomose vers le milieu de la joue avec la faciale et la sous-orbitaire (fig. 135, 12) ;

3° Des rameaux auriculaires antérieurs,({\xi gagnent le tragus, cheminent sur sa face externe et s’anastomosent sur le pavillon avec les rameaux de l’auriculaire postérieure ;

4“ La temporale moyenne, qui naît au-dessus de l’arcade zygomatique, plonge, à travers l’aponévrose temporale, dans la profondeur du muscle crotaphyte et s’anastomose avec les artères temporales profondes.

H. Aktbre maxillaire interne (fig. 137, 5), (III)

Préparation. — Inciser le cuir chevelu sur la ligne médiane du crâne ; couper la jieau du cou Iraiisversalement en passant au niveau de l’os hyoïde ; sur ces deux incisions en faire tomber une verticale qui les divisera en deux parties à peu près égales et qui passera au-de vant du conduit auditif externe.

Pre'parer les muscles masséter et temporal comme pour letude de la myologie, et enlever soigneusement la parotide. Détacher par deux traits de scie l’arcade zygomatique en la lais-" sant adhérente au masséter, et renverser le tout de haut en bas jusqu'aux insertions inférieures de ce muscle, tout en ménageant l’artère massétérine.

Sectionner le temporal à son insertion coronoïdienne, le renverser de bas en haut en détachant attentivement ses fibres de la fosse temporale, et suivre les artères temporales profondes jusqu’à leur extrémité. Faire alors une section de la branche montante de la mâchoire analogue à celle représentée par la figure 137 et qui consiste à ne laisser que la moitié posté • rieure de cette branche eu enlevant la moitié antérieure au moyen de traits de scie, l’un vertical, l’autre horizontal. On pourrait aussi sectionner complètement cette branche et l’enlever ; mais l’avantage qu’on en retirerait dans cette première partie de la préparation ne serait pas comparable à celui que donne la section osseuse que nous indiquons et qui permet de conserver les insertions des muscles ptérygoïdiens.

Creuser alors avec la gouge et le maillet la face externe de la mâchoire à partir du trou mentonnier pour découvrir l’artère dentaire et ses branches. Ouvrir l'orbite par sa face externe au moyen de la scie et mieux de la gouge et du maillet; enlever le globe oculaire et préparer la sous-orbitaire.

Disséquer soigneusement toutes les branches de la maxillaire interne depuis son origine jusqu'au moment où elle gagne le trou sphéno-palatin. Enlever alors la partie supérieure de la branche du maxillaire, retrancher une grande partie du muscle ptérygoïdien externe et préparer la sphéno- épineuse jusqu’au trou de ce nom, que l’on élargira avec le ciseau.

Sectionner alors les os du crâne par une ligne horizontale partant à deux travers de doigt au-dessus de l’arcade sourcilière et atteignant la ligne médiane par ses deux extrémités; faire tomber sur cette ligne horizontale un trait de scie vertical qui reste à un centimètre en dehors de la ligne médiane. On trouvera au-dessous la dure-mère et les branches de la méningée.

Faire les mêmes sections osseuses sur le côte opposé du crâne, ouvrir la dure-mérj et en • lever le cerveau, ce qui permettra de voir l’artère méningée moyenne dans toute son étendue. Diviser alors la tête en deux rajiliés latérales et laisser la cloison nasale adhérente au côté qui ne sert pas pour la préparation; préparer les branches de la sphéno-palatine; agrandir le trou de ce nom de dedans en dehors et rechercher les branches vidienneet ptérygo-palatine, que l’on poursuivra dans leurs canaux osseux à l’aide de la gouge et du maillet.

Vartère maxillaire interne s’infléchit en avant aussitôt après son origine, et s’engage en dedans du col du condyle. Elle se dirige par un trajet très flexueux, d'arrière en avant, de dehors en dedans et un peu de bas en haut vers le trou sphéno-palatin, à travers lequel sa terminaison, connue sous le nom ài artère sphéno-palatine, pénètre dans les fosses nasales, auxquelles elle se distribue.

Dans la majorité des cas, l’artère maxillaire interne passe entre les deux muscles ptérygoïdiens, d’autres fois entre le ptérygoïdien externe et le tem poral ; puis, au fond de la fosse zygomatique, au niveau de la tubérosité du

maxillaire supérieur, elle s’engage entre les deux faisceaux du ptérygoïdien externe.

Elle émet un très grand nombre de branches. Nous en décrirons quinze, en y comprenant la branche terminale.

1“ Ty mp unique . — Cette petite artériole, découverte par Lauth, remonte obliquement en haut et en arrière, passe par la scissure de Glaser et va à la caisse du tympan.

2® Petite méningée. — Très grêle également, pénètre dans le crâne par le trou ovale et se distribue à la partie voisine de le dure-mère.

3“ Artère méningée moyenne ou artère gphénQrépineuse (fig. 137, 6). — Cette branche, la plus volumineuse de toutes celles maxillaire interne, se porte en'haut après avoir passé au-dessous du muscle ptérygoïdien externe et pénètre dans le crâne par le trou petit rond ou sphéap-épieeux. Aussitôt après son entrée dans la cavité de l’encéphale, elle s’infléclrit à angle droit, se dirige en dehors et se divise en deuxbranches, terminales comprises dans l’épaisseur de la dure-mère. Elles font relief sur la face externe de cette membrane et correspondent aux sillons osseux connus sous le nom de nervures de la feuille du figuier (fig. 136, 17). E’une de ees brainclies termluales est antérieure et se distribue à toute la partie antéro-supérieaye de la dure-mère j elle arrive jusqu’au sinus longitudinal supérieur, s’anastomose avec celle du côté opposé, et donne toujours quelques rameaux qui pénètrent dans l’orbite à travers la fente sphénoïdale ; ils communiquent avec la lacrymale.

La branche postérieure de la sphéno-épineuae se porte en arriére et se distribue à la partie postérieure de la dufe-mère.

La méningée moyenne fournit toiujeurs un ccytain nombre de rameaux collatéraux très grêles. Nous ferons remarquer ; 1” des ramuscules destinés au ganglion de Gasser ; 2“ un rameau qui p%ètrc dans l’hiatus de Fallope et qui s’anastomose avec la stylo-moatoïdienne.

4“ Artère temporale profonde postérieure (dg. 137, 12). — Elle naît près de la précédente, remonte yerticalement entre le ptérygoïdien externe et le temporal, gagne la face profonde de ce dernier muscle et s’anastomose avec la temporale moyenne.

5° Artère temporaire profonde antérieure (fig.. 137, 13), — Elle tire son origine beaucoup plus en avant que la précédeipte, gagne également la face profonde du muscle temporal et s’anastomose avec la temporale moyenne. Quand les injections sont bien réussies, on VOid'qwolqoo® rameaux de cette artère passer à travers les trous de Tapophyse orbitaire du malaire et s’anostomose dans l’orbite avec la lacrymale.

'ir Artère dentaire inférieure 137,7). — Elle naît tout auprès delà temporale profonde postérieure, se dirige en bas et en dehors, gagne la face externe du ligament sphéno-maxillaire, pénètre dans le canal dentaire, qu’elle parcourt dans toute son étendue, et se divise en deux branches. L’une, plus petite ou rameau incisif , continue le trajet intra-osseux de l’artère dentaire inférieure et se distribue aux dents incisives ; l’autre, plus volumineuse, sort par le trou mentonnier et s’anastomose avec la coronaire labiale inférieure et la sous-mentale.

La dentaire inférieure fournit : 1° un peu au-dessus de son entrée dans le canal dentaire, un rameau long et assez grêle, qui reste appliqué sur la face

BeAUR[S kt Boucbabd.

8® Artère buccale (flg. 137, 9). — Elle part de la maxillaire interne immédiatement au-dessous du bord inférieur du muscle ptérygoïdien externe, croise le ptérygoïdien interne et s’applique sur la face externe du buccinateur, sur lequel elle se ramifie en s’anastomosant par ses branches terminales avec la faciale et l’alvéolaire.

9“ Artères 't^tèrygdidiennes (fig. 137, 10). — Grêles et variables dans leur

(*) 1) Carotide externe. — 2) Temporale superficielle. — 3) Auriculaire antérieure. - 4) Temporale moyenne. — 5) Maxillaire interne. — 6) Méningée moyenne. — 7) Dentaire inférieure. — 8) Massiétèrine. — 9) Buccale. — 10) Ptèrygoïdienne. — 11) Alvéolaire. — 12) Temporale profonde postérieure. — 13) Temporale profonde antérieure. — 14) Sous-orbitaire. — 15) Maxillaire interne s’engageant dans la profondeur. — 16) |Faciale anastomosée avec la buccale. — 17) Branches de la méningée

402 ANGÊIOI.OGIE

interne du maxillaire inférieur dans la gouttière mylo-hyoïdienne et arrive jusqu’au muscle de ce nom, auquel il se distribue ; 2° dans toute l’étendue du conduit osseux, des rameaux dentaires destinés aux racines des dents, dont ils parcourent le canal central.

7® Artère massètèrine (fig. 137, 8). — Elle nait aussi à peu de distance du col du condyle de la mâchoire, s’incline en bas et en dehors et passe dans l’échancrure sigmoïde du maxillaire pour se distribuer à la face profonde du masséter.

nombre, ces artérioles proviennent de la partie de la maxillaire interne comprise entre les deux muscles ptérjgoïdiens. Elles se distribuent à ces muscles.

10» Artère alvéolaire (fig. 137,11). — Elle décrit des flexuosités nombreuses sur la tubérosité du maxillaire supérieur, contourne cette saillie osseuse et vient se perdre dans les gencives et le rebord alvéolaire de la partie postérieure de cet os. Sur la tubérosité du maxillaire, elle fournit deux ou trois rameaux qui pénètrent dans les canaux osseux et vont se distribuer aux petites et aux grosses molaires ; d’autres ramuscules vont à la muqueuse de l’antre d’Highmor.

il I ii

AKGÉIOLOGIE

le canal sous-orbitaire, qu’elle parcourt, et vient dans la fosse canine se diviser en un grand nombre de rameaux, qui communiquent avec la coronaire labiale supérieure, 1". nasale, la naso-lombaire et la transverse de la face.

Elle fonrnit ;

ij Avant de pénétrer dans le canal sous-orbitaire, une branche longue et grêle, qui pénètre dans l’orbite, s’applique sur la face externe de cette cavité et va s’anastomoser avec la lacrymale.

2) Vers la partie antérieure de son trajet intra-osseux, un rameau dentaire antérieur qui se loge dans le canal osseux particulier et se distribue aux dents incisives et canines.

12® Artère palatine descendante (fig. 138, 1). — Elle naît dans le fond do la fosse zygomatique, se porte verticalement en bas dans le canal palatin postérieur, et fournit alors deux ou trois petites branches, qui passent par des conduits osseux particuliers et arrivent au voile du palais.

A l’extrémité inférieure du canal palatin postérieur, l'artère palatine des cendante s’infléchit à angle droit, parcourt la voûte du palais d’arrière en avant et s’anastomose dans le canal palatin antérieur avec la terminaison de la sphéno- palatine.

Elle est beaucoup plus rapprochée de l’os que de la surface libre de la muqueuse et fournit des rameaux aux gencives et aux glandules.

13® Artère vidienne. — Elle parcourt d’avant en arrière le canal de ce nom et se distribue au pharynx et à la trompe d’Eus-tache (fig, 138, 4).

lk° Artère pharyngienne supérieure ou ptèr y go -palatine. — Elle s’engage dans le canal ptérygo-palatin et se ramifie sur le pharynx Elle s'anastomose avec la palatine ascendante et la vidienne '(138, 3).

Artère sphéno~palatine {^%. 138, 5). — Cette artère constitue la branche terminale de la maxillaire interne. Elle pénètre dans les fosses nasales par le trou sphéno palatin et se divise aussitôt en deux branches : Y interne, destinée à la cloison ; Y externe, qui se ramifie sur les cornets et les méats.

La branche interne longe la face conrespondante de la cloison et arrive au canal palatin antérieur, dans lequel elle pénètre pour s’anastomoser avec la terminaison de la palatine descendante (138, 7).

La branche externe se divise en rameaux de nombre variable, qui se répandent sur les cornets et dans les méats. Leurs divisons pénètrent encore dans les cavités qui viennent s’ouvrir dans ces derniers, telles que le canal nasal, les cellules ethmoïdales, le sinus maxillaire.

Les deux branches de la sphéno-palatine fournissent dans les fosses nasales un très grand nombre de divisions destinées à la membrane de Schneider; leurs ramuscules les plus antérieurs communiquent avec les artérioles venues de la nasale antérieure, branche de l’ethmoïdale antérieure (fig. 135, 6).

2° Artère c«rotide interne (II)

A son origine, Y artère carotide interne est située en dehors et en arrière de la carotide externe. Ges deux vaisseaux sont alors accolés l’un à l’antre et semblent continuer ainsi la direction du tronc génératenr (fig. 135, 3); bientôt la carotide interne se porte légèrement en dedans et en avant, tandis que l’externe s’incline en dehors. Après cette sorte d’entre-croisement, la carotide interne remonte verticalement jusqu’à la base du crâne pour pénétrer dans le canal inflexe du rocher.

Dans ce trajet, elle est en rapport : en avant avec les muscles styliens, et plus haut avec le ptérigoïdien interne, dont la sépare une couche de tissu cellulaire ; en dedans avec les parois latérales du pharynx, dont elle reste toujours distante d’au moins 0"’,01 ; en arrière avec les muscles prévertébraux, et en dehors avec la veine jugulaire interne. Les nerfs pneumogastrique et grand sympathique longent sur son côté postéro -externe; le glosso-pharyngien et le grand hypoglosse lui sont d’abord postérieurs, la contournent ensuite pour passer entre elle et la veine jugulaire interne.

Assez fréquemment on voit la carotide interne décrire une courbure à la région supérieure du cou. D’après certains auteurs, cette courbure pourrait être assez grande pour mettre le vaisseau en rapport immédiat avec la face externe de l’amygdale. Nous avons toujours vu l’artère rester à distance de la tonsille, de telle sorte que son voisinage ne pouvait être gênant pour l’ablation de cette glande.

A la base du crâne, la carotide pénètre dans le canal du rocher, où elle est entourée par les filets ascendants du ganglion cervical supérieur du grand sympathique. Elle s’engage ensuite dans le sinus caverneux, qu’elle parcourt d’arrière en avant en décrivant deux courbures comprises dans le plan vertical. (C’est au moment où nous étudierons ce sinus que nous décrirons les rapports de l’artère et des nerfs qui le traversent.) Arrivée au niveau de l’apophyse clinoïde antérieure, la carotide interne se recourbe de bas en haut et d’avant en arrière, traverse la dure-mère et se divise au niveau de l’extrémité interne de la scissure de Sylvius en : 1“ artère cérébrale antérieure artère cérébrale moyenne ou Sylvienne ; 3“ artère communicante ‘postérieure ; 4“ artère du plexus choroïde.

Dans le long trajet étendu de sa naissance à sa division, la carotide interne fournit : 1» dans le sinus caverneux des ramuscules au corps pituitaire ; 2" au niveau de l’apophyse clinoïde antérieure une branche très importante par sa distribution et ses nombreuses divisions, c’est l’artère ophthalmique.

A. ARÏÈRK OPUTHALMIQUE (fig. 139, 3), (V)

Préparation . — Ouvrir l’orbite par son plancher supérieur ; enlever avec soin le tissu graisseux orbitaire, dans le milieu duquel il faut poursuivre les branches de l’ophthalmique. Une autre coupe, que Ton peut exécuter et qui serait celle dont il faudrait se servir si Ton voulait faire une pièce sèche, consiste à faire sauter au moyen de traits de scie toute la paroi externe de Torbite ; pour les préparations d’étude, nous préférons la première manière de procéder, à cause de la plus grande facilité qu’elle laisse pour ménager les rapports. Pour les ethmoïdales, il faudra pratiquer une coupe antéro-postérieure de la tête.

Cette artère naît de la convexité delà courbure que décrit la carotide interne en dedans de l’apophyse clinoïde antérieure. Elle est située d’abord au côté externe et inférieur du nerf de la vision et pénètre avec lui dans l’orbite en passant par le trou optique. Elle se place ensuite au côté interne dü muscle droit externe, croise le nerf optique de bas en haut, de dehors en dedans et d’arrière en avant, en passant entre lui et le muscle droit supérieur, longe le bord supérieur du grand oblique et au niveau de la poulie de ce musclese divise en deux branches terminales : la nasale et la frontale interne.

Artère nasale. — Ce rameau passe au-dessus du tendon de l’orbiculaire, fournit une petite branche qui se distribue à la partie supérieure de la racine dunez, ainsi que des ramuscules destinés au sac lacrymal et au muscle

406 ANGÉIOLOGIE

orbiculaire et s’anastomose à plein canal avec la terminaison de la faciale (fig. 135, 15).

Artère frontale interne. — Elle remonte obliquement sur le front, s’anastomose avec la sus-orbitaire et avec des branches du côté opposé et s’épuise par deux rameaux dans la peau du front et dans le muscle frontal.

Dans son trajet, l’artère ophthalmique fournit un très grand nombre débranchés collatérales.

1“ Artère lacrymale (fig. 139, 5). — Cette artère naît de l’ ophthalmique au niveau du trou optique. Elle communique d’ordinaire près de son origine avec des rameaux de la méningée moyenne, qui traversent la fente sphénoïdale ; puis elle se place en dehors du muscle droit externe, dont elle longe le bord supérieur, et arrive ainsi à la glande lacrymale. Après avoir fourni des ramuscules à cette glande et s’être anastomosée avec un rameau orbitaire de la sous-orbitaire, la lacrymale s’épuise dans la paupière supérieure.

^Artère centrale delà rétine. — Cette artériole est très petite et ne s’injecte que très rarement parles procédés ordinaires. Elle nait de l’ophthalmiqùe avant le coude que décrit cette artère en passant au-dessus du nerf optique, plonge aussitôt dans le centre de ce nerf et arrive à la rétine, sur laquelle elle se ramifie. Chez le fœtus, un de ses rameaux traverse le coi*ps vitré et arrive à la capsule du cristallin.

L’artère centrale de la rétine se divise sur la pupille en deux branches, qui se subdivisent bientôt à leur tour. Souvent la division du tronc de l'artère centrale se fait déjà dans l’épaisseur du nerf optique, et alors elle apparaît sur la papille divisée en deux ou quatre rameaux.

3“ Artère sus-orbitaire ou frontale externe{ï\". 139,11). — Née de l’ophthalmique au moment où elle croise le nerf optique, cette artère remonte au dessus des muscles droit supérieur et élévateur de la paupière, longe leur face supérieure et arrive au trou sus-orbitaire. Elle se recourbe alors sur le front et se termine dans les téguments et les muscles de cette région en s’anastomosant avec la temporale superficielle et la frontale interne.

Assez souvent on voit la sus-orbitaire fournir des artérioles connues sous le nom de ciliaires antérieures. Ces petits vaisseaux longent la sclérotique, qu’ils perforentau voisinage de la cornée, et aboutissent au grand cercle de l’iris.

Quand les ciliaires antérieures ne proviennent pas de la sus-orbitaire, elles tirent leur origine de la musculaire inférieure.

4“ Artères ciliaires courtes ou choroidiennes (fig. 139, 6). — Il en oxsiste habituellement deux, l’une au-dessus, l’autre en dehors du nerf optique. Ces artérioles se divisent aussitôt en un très grand nombre de branches, de quinze à vingt d’après Sappej', qui entourent le nerf de la vision, perforen t obliquement la sclérotique st se ramifient sur la choroïde.

5“ Artères ciliaires longues ou iriennes (fig. 139, 7). — L’une naît en dedans, Eautre en dehors du nerf optique. Elles gagnent la sclérotique, la traversent obliquement, cheminent entre elle et la choro'ide et arrivent au grand cercle de l’iris, qu’elles abordent par son diamètre transversal. Elles se divisent alors en branches ascendante et descendante, qui s’anastomosent avec celles du côté opposé et forment ainsi le grand cercle artériel de l’iris, à la formation duquel contribuent également les ciliaires antérieures, que par ce motif on a désignées à juste titre sous le nom de •petites iriennes.

6° Artère •musculaire supérieure (fig. 139, 8). — Née de la partie supé • rieure de l’ophthalmique, cette branche se distribue aux muscles droits supérieur, élévateur de la paupière, droit inférieur et grand oblique.

Elle manque souvent et est alors remplacée par des rameaux de la sus -orbitaire.

7" Artère musculaire inférieure. — D’une origine variable, cette branche se distribue aux muscles droit inférieur, droit externe et petit oblique.

Artère echmoïdale postérieure (fig. 139,9). — Elle nait de l’ophthalmique en dedans du nerf optique, passe entre les muscles grand oblique et droit interne, traverse le trou orbitaiue interne postérieur et se distribue à la dure-

Par d’autres branches très grêles, qui passent à travers la lame criblée de l’ethmo'ide, cette artère fournit des ramuseules à la partie supérieure de la pituitaire.

ANGÉIOLOGIH

9® Artère ethmoïdale antérieure (fig. 139, 10). — Son volume dépasse d’ordinaire celui de la précédente. Elle gagne le trou orbitaire interne antérieur, s'engage dans le canal osseux qui lui fait suite et arrive sur les côtés do l’apophyse crista-galli. Elle pénètre ensuite dans les fosses nasales et se divise en deux branches, l’une externe pour les méats et les cornets, l’autre interne pour la cloison. Ces deux branches s’anastomosent avec celles de la sphénopalatine (flg. 138, 6).

10“ Artère palipébrale inférieure. — Elle tire son origine à peu près au niveau dé la poulie de réflexion du grand oblique, se porte en bas derrière le tendon de l’orbiculaire, passe au-dessous de ce tendon et se ramifie dans la paupière inférieure ejn s’anastomosant avec la faciale et la sous-orbitaire. Elle fournit toujours un rameau au canal nasal.

11“ Artère 'palpébrale supérieure. — Née au même niveau que la précédente, cette artériole se dirige d’abord en bas, puis se réfléchit en passant audessus du tendon de l’orbiculaire et se distribue à la paupière supérieure, en ' communiquant avec un rameau palpébral venu de la temporale superflciefle,

B. CÉRÉBRALE ANTÉRIEURE (fig. 140, 83 et 24), (IV)

Préparation. — Pour étudier les branches terminales de la carotide interne, il faut ouvrir le crâne, sortir soigneusement le cerveau, puis avec des ciseaux fins et tranchants enlever les membranes qui entourent les vaisseaux. On profitera de la même pièce pour étudier le tronc basilaire, et les branches qu'il fournit. Il est bon de remarquer qu’il faut de préférence choisir un sujet jeune pour l’injection de ces vaisseaux; chez les vieillards, un certain nombre de ces artères sont toujours plus ou moins athéromateuses, et l'efifort nécessaire pour faire pénétrer le liquide les rompt souvent.

L'artère cérébrale antérieure naît de la partie antérieure de la carotide interne, se dirige en avant et en dedans, passe au-dessus du nerf optique pour gagner le sillon interhémisphérique antérieur, à la partie la plus reculée duquel elle communique largement avec celle du côté opposé par une anastomose transversale, connue sous le nom de communicante antérieure (fig. 140, 25). Après avoir émis cette branche très remarquable par sa brièveté et son volume, la cérébrale antérieure chemine, profondément située, entre les deux hémisphères cérébraux, se réfléchit sur le bec du corps calleux et parcourt la face supérieure de cette commissure d’avant en arrière.

Les branches qu’elle émet sont :

1“ Des rameaux à la tête du strié, à l’infundibulum et à la partie antérieure du chiasma ;

2“ Des rameaux cérébraux destinés au lobe antérieur sur lequel ils se ramifient ;

3“ Des rameaux calleux d’un volume très grêle, destinés au corps calleux.

C. Artère cérébrale moyenne od sylvienne (fig. 140, 22), (III)

Plus volumineuse que la précédente, cette artère se porte d’abord de dedans en dehors pour gagner la scissurede Sylvius, dans laquelle élis se loge et qu’elle suit dans toute son étendue. Elle fournit de petites artérioles très grêles, qui passent à travers la substance perforée antérieure pour gagner le corps strié, et surtout des branches plus volumineuses, qui se répandent sur le lobe moyen, sur la partie postérieure du lobe antérieur et sur le lobe de l’insula.

Dès son origine, la sylvienne donne des petites branches aux deux premières

portions du noyau lenticulaire ; un peu plus loin, elle en fournit à la troisième portion de ce noyau, à la portion moyenne du corps strié et à l’avant-mur,

D. Artère ooMMumcvNTis posrÉRiauRB (fig. HO, 80), (Y))

Cette artère se porte horizontalement en arrière et un peu en dedans pour aboutir à la cérébrale postérieure. Elle établit ainsi une anastomose remarquable entre les artères destinées à l’encéphale.

La communicante postérieure est située au-dessous de la bandelette optique, qu’elle croise, et vient s’ouvrir dans la cérébrale postérieure immédiatement en dehors des tubercules mammillaires.

Elle fournit au tubercule antérieur de la couche optique, h la queue du corps strié et à la commissure molle.

Cette quatrième division terminale de la carotide interne est d'un volume très grêle. Elle se porte en arrière pour pénétrer dans le ventricule latéral par la grande fente de Bichat et se distribuer au plexus choroïde, qu’elle contribue à former.

Elle donne de plus, à la circonvolution do l’hippocampe, à la partie inférieure du ventricule latéral, au plexus choroïde du môme ventricule, aux tubercules quadrijumeaux et à la partie postérieure de la couche optique.

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