DES CAPILLAIRES
Les Capillairps établissent la communication entre les extrémités artérielles et veineuses. Ce sont des vaisseaux 'excessivement étroits,. perceptibles seulement au microscope et dont la disposition et le calibre varient suivant les orf^anes. Leurs parois sont extrêmement minces et permettent aux liquides nutritifs ainsi qu’aux produits de décomposition organique de les traverser pour constituer ainsi l’échange des matériaux qui caractérise la nutrition.
On a soulevé, il y a quelques années, la question de savoir s’il n’existe pas des communications plus directes entre les veines et les artères par de petits vaisseaux beaucoup plus gros que les capillaires. Cl. Bernard a signalé leur existence dans le foie du cheval ; Hyrtl a cru pouvoir leur attribuer les battements observés par Wharton Jones dans les veines de chauve-souris, et Sucquet a décrit de pareils vaisseaux (mesurant en moyenne 0,001 millim.) dans les membres et la tête de l’homme. Mais H. Müller contredit l’opinion de Hyrtl et prouve que les pulsations veineuses des ailes de chauve-souris ne sont nullement isochrones avec les battements artériels, et que les communications entre les veines et les artères admises par Hyrtl ne sont dues en réalité qu’à une erreur d’optique. Henle, de son côté, attaque les résultats de Sucquet ; il pense qu’il faut les attribuer au mode d'injection. Hoyer, de Varsovie, a repris la question en 1874, et a constaté l’existence de vaisseaux quatre à cinq fois plus gros que les capillaires, qui font communiquer directement les ramuscules de l’artère auriculaire postérieure avec les veinules correspondantes.
La transition entre les artères et les veines se faisant d’une manière insensible, les capillaires ne présentent point de limites précises. On peut donc, comme Gh. Robin, lès distinguer en trois variétés : 1“ vaigseaux dont la lumière ne mesure que 0™'",005, formés d’une substance amorphe avec quelques noyaux longitudinaux ; 2“ vaisseaux de0""",03 de largeur avec quelques noyaux transversaux extérieurs aux noyaux longitudinaux ; 3“ vaisseaux de û"’‘",6 à 0'""’,15, dans lesquels quelques fibres connectives extérieures viennent former un rudiment de tunique adventice. Ces derniers vaisseaux sont en réalité des vaisseaux de transition artériels ou veineux. Pour Morel, il ne faut entendre, sous le nom de capillaires, que les vaisseaux à membrane amorphe dans laquelle sont enchâssés plus ou moins de noyaux suivant que le capillaire est plus ou moins gros. C’est à cette manière-de voir que nous nous rattachons. Très fins dans le poumon, les glandes, la substance grise des centres nerveux (0"''",006 et au-dessous), ils atteignent jusqu’à 0'""',01 dans le périoste et 0'”“,022 dans la moelle osseuse. Taschaloff a constaté l’existence de renflements fusiformes en plusieurs endroits d’une paroi à double contour des capillaires ; ces renflements
(1) Cl. Bernard (loc. cit,). — Hyrtl, The natural Hiblory Reoiew. — Sucquet, D'une circulation dérivative dans les membres et dans la tête chez l’homme, 18(52. — H. Müller, Würzb. naturwissensch, Zeitschrift, III. — Henle, Jahresbericht pour 1869.