‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologie (volume 2)Chapitre 191 sur 303 · ARTICLE I - MOELLE ÉPINIÈRE ET RIILBE · texte numérisé non relu

ARTICLE I - MOELLE ÉPINIÈRE ET RIILBE

§ I — Moelle épinière

La moelle épinière est la partie rachidienne des centres nerveux. On lui assigne assez arbitrairement, comme limite supérieure, le collet du bulbe; inférieurement elle se termine en pointe au niveau de la première vertèbre lombaire. Chez le fœtus la moelle s’étend jusqu’au coccyx ; mais son accroissement n’étant pas en rapport avec celui de la colonne vertébrale, elle semble remon ter successivement jusqu’à l’âge adulte.

La moelle est cylindrique, un peu aplatie d'avant en arrière au cou et aux lombes. Son calibre n’est pas uniforme dans toute sa longueur ; elle se renfle au niveau des dernières vertèbres cervicales (de la quatrième à la sixième)

DES CENTRES NERVEDX

diminue ensuite successivement jusqu’à ce qu’elle ait repris son volume initial, se renfle une seconde fois au niveau des dernières vertèbres dorsales et se termine en pointe à la hauteur de la première lombaire. Les renflements de la moelle sont désignés sous les noms de renflement cervical et de renflement lombaire et correspondent à l’origine des nerfs des extrémités supérieures et inférieures.

D’après Sappey, le poids moyen de la moelle, débarrassée de ses enveloppes et des racines nerveuses, serait de 27 gram mes.

I. Surface extérieure. — La surface extérieure de la moelle présente des sillons longitudinaux, deux médians et deux latéraux.

Le sillon médian antérieur, caché dans l’état normal par la pie-mère, s’étend depuis l’entre-croisement des pyramides jusqu’à l’extrémité inférieure de la moelle. Il est assez peu profond, n’atteint guère que le tiers du diamètre de l’organe et est tapissé par la pie-mère. En écartant légèrement ses deux lèvres, on voit dans sa profondeur une lame blanche qui passe d’une moitié de la moelle à l’autre en les unissant. Cette lame blanche est tapissée également par la pie-mère et prend le nom de commissure blanche ou antérieure.

Le sillon médian 'postérieur , moins large, mais plus profond que le précédent, s’étend depuis le bec du calamus scriptorius jusqu’à l’extrémité inférieure de la moelle (flg. 174, 9). Il est occupé par une lame de la pie-mère et présente dans sa profondeur une commissure analogue à la précédente, mais d’une couleur grisâtre: c’est la commissure postérieure ou grise.

Ces deux sillons séparent donc la moelle en deux parties égales et symétriques, réunies par deux commissures.

536 NÉVROLOGIE

Les deux sillons latéraux sont représentés par les lignes d’insertion -des racines antérieures et postérieures des nerfs rachidiens. Le sillon collatéral antérieur n’existe réellement pas, tandis que \e postérieur est très manifeste après l’arrachemen.t des racines correspondantes et est représenté alors par une série de petits enfoncements disposés en ligne régulière.

A la partie cervicale de la moelle se trouve un nouveau sillon très rapproché du sillon médian postérieur : c’est le sillon postérieur intermédiaire ; il naît sur les côtés du calamus scriptorius et se perd au niveau des premières vertèbres dorsales (fig. 174).

Fio. 175. — Couche horizontale de la moelle (*).

En faisant abstraction de ce dernier sillon, chaque moitié de la moelle est séparée en trois cordons distincts : l’un, antérieur, compris entre le sillon antérieur et la ligne d’insertion des racines antérieures ; le second, latéral, compris entre cette ligne et le sillon collatéral postérieur et enfin le troisième, postérieur-, limité en dehors par ce dernier et en dedans par le sillon médian postérieur.

Quant au sillon postérieur intermédiaire, il limite un petit cordon, spécial à

(*) 1 ) Cornes postérieures avec leurs cellules. — 2) Cornes antérieures et leurs deux groupes cellulaires antérieur et latéral. — 3) Sillon antérieur. — 4) Sillon postérieur. — 5| Canal central de la moelle entouré par les commissures. — 6) Racines postérieures. — 7) Racines antérieures. (Réduction de la grande planche de Stilling.)

DES CENTRES NERVEUX

la région cervicale, qui se trouve entre le cordon postérieur et le sillon mé dian. Ce cordon, cordon cunéiforme, cordon dé Goll, se relie en haut aux tuberbules mamelonnés, qui ont pris le nom de 'pyramides postérieures (fig. 174, 2), et se perd en bas dans les cordons postérieurs.

La moelle épinière sectionnée transversalement présente, à la vue, une substance blanche périphérique, entourée de toute part par la pie-mère, et une partie grise, centrale. Cette dernière, dont la forme varie suivant les points où on l’étudie, offre toujours une partie transversale qui correspond aux commissures de la moelle, et deux parties latérales situées dans les deux moitiés de l’organe. Ces parties latérales, beaucoup plus développées que la partie transversale, commissurale, ont chacune deux prolongements (fig. 175) : l’un antérieur, moins allongé, mais plus large et plus épais, cornes antérieures; l’autre postérieur, plus effilé et plus allongé, cornes postérieures. Au centre de l’organe, au milieu par conséquent de la partie transversale de la substance grise, se trouve une ouverture arrondie, très petite, microscopique: c’est le canal central de la moelle qui est tapissé par l’épendyme. La substance blanche de la moelle entoure de toutes parts cette masse centrale de substance grise. On lui considère dans chaque moitié de l’axe médullaire, trois colonnes principales : 1® colonne ou cordon antérieur, limité par le sillon médian antérieur et par le sillon collatéral antérieur, émergence des racines antérieures; 2“ colonne ou cordon latéral, compris entre le sillon collatéral postérieur, autrement dit, entre l’origine des racines antérieures et postérieures des nerfs rachidiens. Ce cordon latéral correspond à la concavité externe de la substance grise ; 3® colonne ou cordon postérieur, compris entre le sillon collatéral postérieur et le sillon médian postérieur. Sil’on vient à prolonger idéalement de haut en bas le sillon postérieur intermédiaire décrit plus haut, on divise le cordon postérieur de la moelle en deux parties, l’une, principale, externe, qui conserve le nom de cordon postérieur; l’autre, petite, interne, cunéiforme, à base périphérique, qui prend le nom de cordon de Goll. Dans le cordon antérieur, on a créé une subdivision analogue, au moyen d’une ligne tout à fait idéale, qui, partant de l’extrémité antérieure du sillon médian ; antérieur, irait rejoindre l’angle interne de la corne antérieure de la substance grise. C’est à ce cordon, tout à fait problématique, que Charcot a donné le nom de cordon de Türck.

A l’extrémité des cornes postérieures de la substance grise, on voit, entre elle et la périphérie, une substance particulière qui affecte la forme d’un U et qui coiffe l’extrémité périphérique de la corne : c’est la substance gélatineuse de Rolando, sur l’extrémité de laquelle viennent s’implanter les racines postérieures.

IL Structure. — La moelle a été considérée longtemps comme n'étant formée que par des éléments nerveux, cellules et libres. Ce n’est qu’à la suite des travaux de Virchow sur l’épendyme du canal central, que les micrographes de l’école de Dorpat, et Bidder à leur tète (1853 à 1857), démontrèrent l’existence du tissu connectif dans ce centre. Depuis lors, cette question a été très étudiée, et voici ce qui aujourd’hui semble hors de doute.

De l’enveloppe de la moelle, pie-mère, partent des prolongements extrêmement fins, qui pénètrent dans l’intérieur de ce centre et qui, en se réunissant soit aux membranes connectives des vaisseaux, soit au tissu connectif qui sert de base à l’épithélium épendymaire, forment un réseau d’une finesse variable suivant les points et destiné à isoler les éléments nerveux. Ce tissu, qui forme la charpente de la moelle et qui porte le nom de

névroglie, est eoniparé par Bidder à une éponge dans les cavités de laquelle se trouveraient les cellules et les fibres nerveuses. Ces prolongements partis de la pie-mère sont constitués par des fibrilles connectives et élastiques, par des cellules plasmatiques et par une substance amorphe, sorte de ciment intermédiaire. Ces trabécules se dichotomisent, deviennent de plus en plus fins et délicats et divisent ainsi les colonnes de la substance blanche en une série de faisceaux de plus en plus petits. Ces prolongements connectifs vont s’appuyer sur la tunique adventice des vaisseaux médullaires. Arrivée à la subtance grise centrale, la névroglie devient de plus en plus délicate, les fibres connectives élastiques disparaissent et il ne reste que la substance amorphe et quelques cellules, myélocytes de Robin. Les cellules de la névroglie sont moins nombreuses qu’on ne l’a cru; Ranvier a démontré que les cellules à prolongements, cellules araignées de Jarkowitz, n’existent pas et ne sont qu’une illusion due à l’entre-croisement de très petites cloisons réunies en un véritable point nodal. Plus les cloisons sont délicates, moins on y trouve des fibrilles connectives et élastiques. Toute la névrolgie est constituée par du tissu connectif réticulaire.

La substance gélatineuse de Rolande est, elle aussi, constituée par un tissu connectif réticulaire d’une nature très délicate, dans lequel on ne trouve que fort peu de fibres connectives ou élastiques.

La substance blanche de la moelle est formée uniquément de fibres nerveuses et de névroglie. Ces fibres sont composées d’une petite couche de myéline et du cylindre-axe.

La substance grise présente, outre des fibres analogues très minces, un grand nombre de cellules nerveuses, variables de dimensions, suivant le lieu où on les examine. Elles sont grosses dans les cornes antérieures, beaucoup plus petites au contraire dans les cornes postérieures, et de plus, ainsi que l’a démontré Gratiolet, le volume des cellules des cornes antérieui es est en rapport avec le volume des nerfs qui en partent, ce qui fait qu’elles sont plus volumineuses dabs les renflements lombaire et cervical. Toutes ces cellules paraissent être dépourvues d’enveloppe et sont constituées, d’après Schultze, par une masse fibrillaire, avec un noyau entout é de granulations pigmentaires. Elles émettent des prolongements de nombre variable, chez l’homme de quatre à dix. Ces prolongements se subdivisent eux-mêmes et n’ont pas d’extrémité libre ; ils se continuent toujours soit avec les racines des nerfs, soit avec les cordons de la moelle, soit en s’anastomosant avec d’autres cellules plus éloignées, et forment dans ce dernier cas de véritables réseaux de fibrilles nerveuses d’une finesse excessive. Les cellules des cornes antérieures émettent toutes un prolongement non ramifié, qui semble se continuer directement avec une fibre originelle des racines antérieures ; c’est \o prolongement de Deiters; tous les autres prolongements des cellules des cornes antérieures sont ramifiés^

Les cellules nerveuses de la moelle ne sont pas disséminées dans la substance grise; elles y sont disposées par agrégats, par petites masses, formant ce que Stilling a appelé les noyaux des nerfs. Ces noyaux, à leur tour, sont tous disposés en colonnes verticales d’épaisseur variable. Ces colonnes sont : pour la corne antérieure, au nombre de trois : l’une, interne, au niveau de l’angle antérieur et interne de la corne; la seconde, antérieure, au niveau de l’angle antérieur et externe ; la troisième, externe ou postérieure, en arrière delà précédente, le long de la concavité du bord externe de la corne antérieure, près de sa jonction axec la corne postérieure. Dans les cornes postérieures ce groupement est plus compliqué. 11 existe d’abord un amas de cellules au niveau du point où la commissure grise rejoint les cornes postérieures , c’est la colonne vésiculeuse postérieure de Clarke, noyau dorsal de Stilling. Ces deux auteurs n’avaient constaté son existence qu’à la région dorsale ; c’est Schrœder van der Kolk qui démontra qu’elle se trouve dans toute l’étendue de la moelle, quoiqu’elle y soit moins développée qu’entre les deux renflements. Plus eu dehoi s et toujours dans la corne postél’ieure on voit un nouvel amas de cellules, dont le groupement est assez mal défini ; il se prolonge jusqu’auprès de la substance gélatineuse et forme ainsi, dans toute la longueur de la moelle, une cinquième colonne cellulaire, colonne cellulaire postérieure.

Des parties latérales de la substance grise partent des fibres qui vont aboutir dans la substance blanche; ce sont les fibres irradiées de Stilling, que Schrœder van à^r

DES CENTRES NERVEUX a de fibres marginales et auxquelles il assigne

a trajet ulté-

Kolk décrit sous le n rieur fort compliqué.

III. Texture. — La moelle est constituée par un axe central gris, formé de différentes colonnes cellulaires, dans lesquelles les cellules sont réunies en noyaux séparés, quoique reliés les uns aux autres dans toute la longueur de la colonne. Autour de cet axe se groupent les fibres blanches formant les cordons médullaires antérieur, latéral et postérieur. Pendant longtemps on a cru que les fibres nerveuses remontent directement jusque dans le cerveau, à travers la moelle, et que celle- ci est l'ensemble des filets nerveux se rendant des extrémités à l’encéphale. Cette opinion, battue en brèche par Stilling et Wallach, fut soutenue longtemps par Kdlliker ; mais ce micrographe se vit contraint de l’abandonner devant les résultats si probants des mensurations de Volkmann. Au reste en admettant l'opinion ancienne, il faudrait que les racines des nerfs rachidiens fussent verticales et ascendantes dans l’épaisseur de la moelle, tandis qu'elles y sont transvei’sales.

Etudions séparément les cordons antérolatéraux et les cordons postérieurs et voyous comment s’y comportent les fibres nerveuses.

Cordons aniéro- latéraux. — Les racines antérieures viennent toutes aboutir aux cellules nerveuses des différents noyaux qui forment les colonnes cellulaires antérieures et latérales de la substance grise ou, pour être plus exact, les fibres de cos racines ne sont que des prolongements de ces cellules. Ces dernières émettent encore d’autres prolongements qui probablement les unissent : 1“ aux cellules du même noyau; 2® aux cellules du groupe homologue du côté opposé (ces prolongements passent à travers la commissure antérieure) ; 3“ aux cellules de groupes situés au-dessus ou au-dessous dans la même colonne du même côté; 4® aux organes encéphaliques. Cette dernière anastomose est très importante et se fait de la manière suivante. Toutes les cellules des différents noyaux qui forment les colonnes antérieures et latérales ne sont pas en connexion directe avec l’encéphale ; mais comme elles sont anastomosées entre elles, il est aisé de comprendre qu’un petit nombre de fibres ascendantes doit suffire pour communiquer à tout le groupe l’excitation cérébrale.

Les fibres les plus internes des cordons antérieurs s’entre-croisent dans toute la longueur de la moelle avec celles du côté opposé: cet entre-croisement forme en partie la commissure blanche, dont une autre partie est constituée par les prolongements des grosses cellules des cornes antérieures, qui vont aux cellules des mêmes cornes du côté opposé.

Cordons postérieurs. — Les fibres des racines postérieures, en pénétrant dans les cornes postérieures, se divisent en deux gi'oupes de fibres : 1® les unes, externes, pénètrent par le bord externe dans la substance gélatineuse de Rolande, montent ou descendent dans l’intérieur de cette substance et se recourbent ensuite pour gagner les cellules des cornes postérieures ; 2® les autres, internes, beaucoup plus nombreuse.^, traversent la substance gélatineuse et s’éparpillent tout le long de son bord interne; il en est qui vont directement aux cellules de la colonne de Glai'ke; d’autres au contraire, qui remontent dans le cordon blanc postérieur, ou même dans la substance grise, pour gagner des

in médian postérieur ; — 1) Cordon antéro-interne ; — 2) eur; — x. Commissure blanche (libres décussées); ca. 1res; — GP. Cornes postérieures; — RP. Racines posté.

e de médecine et de chirurgie pratiques, t. XXITI, ar.

NÉVROLOGIE

cellules situées plus haut dans la corne postérieure ; il en est enfin qui semblent descendre dans les mêmes parties des centres médullaires, pour gagner des cellules situées plus bas.

Schiff a démontré par ses expériences physiologiques qu'il doit exister cependant un paquet de fibres remontant directement de la périphérie jusqu’aux centres cérébraux, en passant exclusivement par la substance blanche, sans communiquer avec la substance grise de la moelle. Ces fibres font partie des cordons postérieurs, et président, très probablement, à la transmission directe des impressions tactiles.

.\insi toutes les fibres des nerfs rachidiens s’arrêtent aux cellules ganglionnaires de la moelle, à l’exception d’un faisceau des racines postérieures, qui monte directement vers l'encéphale par le cordon blanc postérieur.

Schrœder van der Kolk admettait une décussation des fibres des cordons postérieurs dans toute l’étendue de la moelle, de telle sorte que les fibres de ces racines ne remontent pas tout droit vers l’encéphale, mais bien par le faisceau blanc du côté opposé ; en d’autres termes, il admettait que les prolongements ascendants ou cérébraux-médullaires des cellules des cornes postérieures s’entre-croisent dans toute la longueur de la moelle et passent aussitôt après leur origine dans le côté opposé.

11 est démontré aujourd’hui qu’il n’y a d’ entre-croisement des fibres des cordons postérieurs dans la moelle que pour une partie de ces cordons.

Ces questions ds texture, difficiles au premier abord, deviennent plus faciles à saisir par quelques considérations physiologiques.

Les noyaux des nerfs de la moelle sont des centres de motricité. Les muscles d’un même groupe sont unis dans leur action ; ainsi tous les muscles fléchisseurs de l’avantbras sur le bras se contractent en même temps, sans qu’il nous soit possible de faire agir isolément le biceps ou le brachial antérieur. Ces muscles sont régis par le même groupe de cellules motrices. Or ce groupe est en relation avec le centre volitif situé dans l’encéphale, par un petit nombre de fibres qui excitent à elles seules toutes les cellules anastomosées entre elles, du groupe fléchisseur de l’avant-bras. Mais les noyaux des nerfs sont de plus en relation avec d’autres noyaux plus éloignés, qui peuvent être excités également et subsidiairement par le même effet volitif, d’où résultera une plus grande complication dans l’association des mouvements.

Les fibres des racines postérieures se divisent en trois faisceaux, dont l’un remonte vers l’encéphale; c’est le cordon des fibres tactiles, qui forment de véritables nerfs sensoriels au même titre que les nerfs optiques, acoustiques et olfactifs et qui doivent être en relation plus spéciale avec des parties plus élevées des centres nerveux, l^e deuxième faisceau s’arrête aux cellules des cornes postérieures et paraît être plus particulièrement en rapport avec les impi essions. douloureuses, qui sont transmises à leur tour aux organes encéphaliques par l’intermédiaire des prolongements ascendants des cellules des cornes postérieures. Les fibres qui, soit directement, soit indirectement, vont des racines postérieures aux cellules des cornes antérieures sont les fibres excito-motrices ou réflexes. C’est à elles que Jaccoud a donné le nom de système intermédiaire des fibres de la moelle. On comprend dès lors comment une impression périphérique peut produire un mouvement inconscient et involontaire, puisque ces fibres se portent aux centres de motricité sans passer par le centre encéphalique, destiné à percevoir les impressions et à s’en rendre compte. Il existe en outre, dans les cordons de la moelle, des fibres radiculaires du grand sympathique, des fibres trophiques allant aux ganglions sympathiques et probablement d’autres fibres trophiques venant de ces ganglions et servant de vaso-moteurs aux vaisseaux sanguins de la moelle.

§ II — Bulbe rachidien

La partie de la moelle comprise entre l’extrémité inférieure de l’entre- croisement des pyramides et le bord inférieur de la protubérance annulaire porte le nom de bulbe rachidien. Sa forme est celle d’un cône tronqué à sommet inférieur. 11 repose sur la gouttière basilaire, dont il imite la direction oblique

DES CENTRES NERVEÜX

de haut en bas et d’avant en arrière, et forme avec la moelle, qui est verticale, un angle obtus à sinus dirigé en avant. La longueur du bulbe est de 0'’‘,03 et répond à l’espace compris entre la partie moyenne de l’apophyse odontoïde et la partie moyenne de la gouttière basilaire. On peut y considérer quatre faces, antérieure, latérales et postérieure, une base et un sommet.

Le sommet du bulbe se continue avec la moelle épinière par une partie légèrement rétrécie, qui a pris le nom de collet du hulbe.

La base est nettement limitée en avant et se continue au dessous du bord inférieur de la protubérance dont elle est séparée par un sillon semi-circulaire; en arrière, elle se confond avec la face postérieure de la protubérance et fait, comme elle, partie du plancher du quatrième ventricule.

La face antérieure du bulbe nous olfre à considérer d’abord un sillon médian antérieur, continuation de celui de la moelle épinière. Il est peu profond dans le tiers supérieur du bulbe, reprend sa dimension primitive dans ses deux tiers supérieurs et se termine au niveau du bord inférieur de la protubérance par une petite fossette profonde, trou borgne de Vicq d'Azyr. Sur les côtés de ce sillon se trouvent deux cordons blancs, 'pyramides antérieures, qui semblent continuer les cordons antérieurs de la moelle; ils sont un peu renflés en haut et entre-croisés en bas sur la ligne médiane. Get entre-croisement ou décussation, sur lequel nous reviendrons en nous occupant de la structure du bulbe, se fait par le passage de plusieurs faisceaux de fibres d’un côté à la pyramide du côté opposé. C’est à cette décussation, qui répond au tiers inférieur du bulbe, qu’est due la moindre profondeur du sillon médian à ce niveau. On a décrit chaque pyramide comme ayant la forme d’un prisme triangulaire à face interne plane, en rapport avec le sillon médian, à face externe en rapport avec la face interne des olives, et à face antérieure, périphérique, convexe. Entre chaque pyramide et le bord inférieur de la protubérance se voit l’origine apparente du nerf oculo-moteur externe.

Faces latérales. — La face latérale du bulbe comprend les parties situées entre les pyramides et la ligne d'émergence des nerfs glosso-pharyngien et pneumogastrique, ligne qui continue le sillon collatéral postérieur de la moelle en formant le sillon latéral du bulbe.

Immédiatement en dehors des pyramides antérieures existent, dans la moitié supérieure du bulbe, deux éminences ovalaires à grand axe longiftidinal, dont la forme est nettement délimitée : ce sont Ips olives ou corps olivaires. Leur extrémité inférieure est recouverte quelquefois par des fibres curvilignes transversales, fibres arciformes. Au-dessus de leur extrémité supérieure, au contraire, se voit toujours un enfoncement, une Aéçre&sion, fossette sus-olivaire, qui la sépare du bord inférieur de la protubérance. En dedans, les olives sont séparées des pyramides par un sillon, dans lequel se trouvent les racines du nerf grand hypoglosse. Au-dessous des éminences olivaires et un peu en arrière d’elles, se voit une tache grise qui a pris le nom de tubercule cendré de Rolando, et qui n’est que l'extrémité de la tête de la commissure postérieure vue par transparence à travers quelques fibres blanches qui la recouvrent.

Entre les olives et le sillon latéral du bulbe on trouve un cordon blanc ne mesurant à la périphérie guère plus de 0"',001 de largeur : c’est le faisceau intermédiaire du bulbe, qui continue une partie des fibres du cordon latéral de la moelle. A sa partie postérieure, ce faisceau est séparé du bord inférieur de la protubérance par une fossette, fossette latérale du bulbe dans laquelle se trouve l’émergence des nerfs facial et auditif.

Les fibres arciformes, curvilignes, à concavité supérieure, qui existent audessous des olives, sont très variables dans leur groupement et leur nombre, suivant les sujets; tantôt elles forment un groupe unique qui entoure l’extrémité inférieure des corps olivaires et des pyramides ; tantôt, au contraire, elles sont disposées en deux groupes recouvrant les extrémités supérieure et inférieure de ces deux saillies. Dans ces deux cas, on les voit arriver jusqu’au sillon médian.

La face ^postérieure du bulbe, comprise entre le sillon latéral et le sillon médian postérieur, est arrondie dans son tiers inférieur et aplatie dans ses deux tiers supérieurs. Les cordons qui la forment sont au nombre de deux pour chaque côté ; l’un principal, cordon postérieur, l’autre accessoire, cordon de Goll. Dans le tiers inférieur du bulbe, ces quatre cordons sont réunis et séparés sur la ligne médiane par le prolongement du sillon médian postérieur : le bulbe est alors arrondi comme dans la moelle. Dans les deux tiers supérieurs, au contraire, les deux cordons d’un côté s’écartent angulairement des deux cordons du côté opposé et laissent à nu la surface grise centrale du bulbe. Cet écartement présente l’aspect d’une excavation triangulaire de couleur grise, qui fait partie du plancher du quatrième ventricule. L’angle aigu à sommet inférieur que forment les cordons médullaires en s’écartant, a pris le nom de hec du calamus scripiorius, et sera décrit avec le quatrième ventricule. C’est au niveau de ce point que s’arrête le sillon médian postérieur.

I.e cordon principal de la face postérieure du bulbe n’est autre que le cordon postérieur de la moelle. A partir du point où ces cordons s’écartent, c’està-dire au niveau du bec du calamus, il prend le nom de corps restiforme. Il se porte alors en haut, en dehors et en avant et paraît se diviser en deux faisceaux : l’un qui vient du cervelet et constitue en partie le pédoncule cérébelleux inférieur, l’autre qui remonte vers le cerveau par le plancher du quatrième ventricule.

Nous avons vu qu’à la région cervicale la moelle épinière présente, sur chaque côté du sillon médian postérieur, un faisceau blanc, accessoire, limité par le sillon postérieur intermédiaire, qui le sépare des cordons postérieurs. Ce petit cordon, cordon de Goll, s’écarte de son congénère au niveau du bec du calamus, se renfle alors en une saillie mamelonnée, pyramide postérieure, et va se perflre dans les corps restiformes correspondants.

Structure et texture. — Le bulbe est constitué, de même que la moelle, par des fibres nerveuses et des cellules nerveuses contenues dans une gangue de tissu connectif réticulaire. Les parties blanches sont formées exclusivement de fibres ; les parties grises, de cellules et de fibres analogues. Les cellules forment des noyaux de nerfs semblables à ceux de la moelle, mais mieux isolés ; elles émettent aussi des prolongements, qui les unissent aux cellules du même noyau, aux cellules de noyaux voisins, aux cellules des noyaux homologues du côté opposé, aux nerfs dont elles forment les parties élémentaires, et enfin à l’encéphale. Mais dans le bulbe le groupement de ces noyaux diflfère de celui que nous avons décrit dans la moelle. Pour s’en rendre compte, il faut étudier la disposition du canal central épendymaire. Dans la moelle, ce canal occupe la partie centrale de l’organe ; à la partie inférieure du bulbe, il se porte un peu en arrière et bientôt, au niveau du calamus, il s’élargit par l’écartement des pyramides postérieures et des cordons de Goll de manière à constituer le quatrième ventricule. Les cornes postérieures de la substance grise se sont donc également écartées et sont venues se placer non plus en arrière des cordons antérieurs, mais en dehors d’eux. 11 en résulte que les noyaux cellulaires de ces cornes ne se trouvent plus en arrière, mais en dehors des

DES CENTRES NERVEUX

noyaux des cornes antérieui-es. Dans la moelle, la substance grise entourait le cana central comme un anneau; dans le bulbe, au contraire, la commissure grise a disparu, e la substance grise forme une lame étalée au-devant du quatrième ventricule, dont elle constitue en partie le plancher. Dans la moelle épinière, les cornes grises antérieures situées en arrière des coi’dons antérieurs, n’étaient recouvertes que par une assez mince couche de fibres blanches ; dans le bulbe, ces cornes ont suivi le mouvement du canal central et se sont portées en arrière sur le plancher du quatrième ventricule ; les cordons antérieurs sont devenus plus épais et renferment une grande quantité de fibres entrecroisées sur la ligne médiane, dans la commissure blanche considérablement augmentée. Cette commissure prend le nom septum médian ou raphé de Stilling.

t'To. 178. — Coupe de ta partie inférieure ■ du bulbe rachidien au niveau de l'entrecroisement des pyramides ((•) **).

Les cordons antérieurs de la moelle (fig. 176), arrivés au niveau du collet du bulbe, semblent se diviser en plusieurs faisceaux qui paraissent s’entre-croiser, sur la ligne médiane, avec ceux du côté opposé à la façon des doigts des deux mains entre-croisés. En raison de cette décussation des pyramides, l’on admettait que les fibres des cordons antéiieui's du côté droit de la moelle remontaient vers l’encéphale par le côté gauche du bulbe et réciproquement. C’est Mistichelli qui le premier, décrivit cette disposition. Le siège de cet entre-croisement se trouve à envii'on 0"',02 au-dessous du bord inférieur de la protubérance et mesure à peu près 0“‘,008 de longueur.

(•) 1) Pyramides antérieures. - 2) Olives. - 3) Kaisceaux entre-croisés. - k) Faisceau externe uou

(••) 1, 2, 3) Cordons autéro-interne, antéro latéral et postérieur; — CA, RA. Cornes et racines antérieures. — CP, RP. Cornes et racines postérieures ; — R' A'. Segment central de la corne antérieure, dont la tête (CA) a été détachée. — n, entre-croisement des cordons latéraux allant former les pyranddes (PP') ; — NP. Noyau des pyramides postérieures ; — a et j), sillons médians antérieur et postérieur. (Mathias Duval. Ouv. cité.)

NÉVROLOGIE

Quant aux pyramides, Stilling les considérait comme étant des parties nouvelles provenant de la substance grise et venant renforcer les cordons antérieurs, dont, d’après lui, les fibres passaient à la partie profonde des pyramides. Schroder van der Kolk, au contraire, ne voyait dans les pyramides que la continuation des cordons antérieurs, et son opinion était adoptée par tout le monde jusqu’en 1876, où parut un remarquable travail fait en commun par Sappey et notre ami Mathias Duval. D’après ces auteurs la décussation n’appartient en aucune manière aux cordons antérieurs qui, s'étant entrecroisés dans toute la longueur de la moelle, en y formant la commissure blanche, n’ont plus besoin de s'entre-croiser dans le bulbe. A ce niveau, ces cordons se portent en dehors, en arrière et en haut, en contournant les cordons latéraux et les cordons postérieurs et en séparant le cordon postérieur d’avec le faisceau latéral, le corps restiforme et le cordon de Goll, qui les recouvrent en partieàla face postérieure du bulbe. Arrivés au niveau du plancher du quatrième ventricule, les cordons antérieurs s'adossent sur la ligne médiane, recouverts par la lame grise du plancher de ce ventricule, gagnent la protubérance et enfin le pédoncule cérébral. Par leur projection en arrière et en dehors, les cordons antérieurs constituent ainsi une véritable boutonnière, une sorte d’anneau, embrassant les cobdons latéraux et les cordons postérieurs.

Le cordon latéral de la moelle forme le faisceau latéral ou intermédiaire du bulbe. 11 ne fait saillie sur no. 17». - uoupe au. outoe au niveau ae , a parue Pa>’t>e périphérique du bulbe que par

supérieure de t'entre-eroisement des pyramides une très petite partie, située entre le (partie sensitive). jjord externe de l’olive et le bord anté¬

rieur du corps restiforme. On lui assigne une forme prismatique et triangulaire et on décrit sur lui : une face interne eu rapport avec celle du côté opposé, une face antérieure recouverte par la pyramide, et une face postérieure qui fait saillie sur le plancher du quatrième ventricule. On a beaucoup agité la question de savoir si ces faisceaux s'entre-croisént à ce niveau. Valentin, Longet, Cruveilhier admettent cette décussation ; Hirschfeld la nie et Sappey se range à peu près à son avis. Pour les micrographes, l’entre- croisement des faisceaux intermédiaires ne fait aucun doute. Luys dit que les fibres passent successivement les unes après les autres du côté opposé à celui d’où elles proviennent. Pour Sappey et Duval, les cordons latéraux, arrivés au bulbe, se divisent en deux parties l’une faisceau latéral du ÔMlôe, plus petite, remonte directement sans aucun entre-croisement, en recouvrant en dehors et en arrière les cordons antérieurs qui se sont recourbés ; l’autre partie des cordons latéraux s’incline en avant, remonte dans la boutonnière des cordons antérieurs et s’entre-croise successivement par faisceaux distincts avec ceux du côté opposé, en formant ce qu’on appelait jusqu’ici la décussation des pyramides; ce sont donc les cordons latéraux qui constituent la plus grande partie des pyramides antérieures.

Les cordons postérieurs de la moelle se divisent en deux parties dans le bulbe : l’une qui chemine dans le plancher du quatrième ventricule de même que le faisceau intermédiaire, l’autre qui se porte au cervelet.

On a considéré, jusque dans ces derniers temps, les corps restiformes et les cordons

(*) a elp. Sillons médians antérieur et postérieur. — CA. Tète de la corne antérieure. — C'Y'. Base de la corne antérieure (noyau de l’hypoglosse) ; H. Fibres radiculaires de l'hypoglosse. - 1, 2, 3) Cordon antéro-interne, antéro-latéral (ceux-ci presque disparus par le fait de la décussation précédente) (flg. 178) et postérieur. — œ, œ. Fibres venant des cordons postérieurs et s’entre-croisant en œ. — PP'. Pyramides (partie motrice constituée par la décussation précédente (fig. 178). — NB. Noyau des corps restiformes.

DES CENTRES NERVEUX

pyramidaux postérieurs comme la continuation des cordons postérieur de la moelle ; d’après Stilling, c’est là une erreur : ces faisceaux ne se rendent pas du bulbe au cervelet, mais suivent le trajet inverse, et se recourbent bientôt en fibres transversales qui parcourent l’intérieur du bulbe. Ce fait anatomique explique pourquoi Brown-Séquard, après avoir sectionné une moitié du bulbe, trouva la partie centrale du corps restiforme insensible. Mais il y a, cependant, ainsi que l'a démontré Stilling, une partie des cordons postérieurs de la moelle surtout leurs fibres les plus antérieures, qui se rendent au cervelet et contribuent a former une partie des pédoncules cérébelleux inférieurs.

Quant à la partie des cordons postérieurs de la moelle qui se prolonge dans le plancher du quatrième ventricule, on n’est pas encore fixé sur son trajet ultérieur. Stilling, et Schrœder van der Kolk admettent qu’elle se termine dans le bulbe.

Pour Sappey et Duval, les corps restiformes ne sont pas la continuation des cordons postérieurs; ils proviennent du cervelet et forment les pédoncules cérébelleux inférieurs. D’autre part, les cordons de Goll, arrivés au bec du calamus, s’inclinent en dehors et en haut et longent, comme nous l'avons vu, le bord interne des corps restiformes, sans s'entre-croiser ; il n’en est pas de même des cordons postérieurs, qui, au niveau du bulbe, glissent en avant de la moitié postérieure de la boucle formés par le recourbement des cordons antérieurs, et se trouvent donc compris dans la 1 outonnière constituée par ces cordons. La partie recourbée des cordons antérieurs sépare donc, à ce niveau, comme déjà nous l’avons dit, les cordons postérieurs d’avec les corps restiformes, les cordons de Goll et le faisceau latéral du bulbe. Les cordons postérieurs l’emontent alors dans la profondeur du bulbe, s’entre-croisent sur la ligne médiane et vont aboutir au pédoncule cérébral, dont ils forment la partie postérieure.

Quant aux corps restiformes, constitués par les fibres des pédoncules cérébelleux inférieurs, ils aboutissent au bulbe, où leurs fibres se dissocient; les unes pénètrent dans la profondeur de ce centre nerveux ; les autres glissent à sa surface et gagnent les sillons médians, sous le nom de fibres arciformes. Quel que soit leur trajet, toutes ces fibres arciformes viennent dans l’épaisseur du bulbe s’entre-croiser sur la ligne médiane avec celles du côté opposé, et constituer ainsi le raphé médian.

Le lieu de terminaison du faisceau des cordons postérieurs qui remonte directement

(‘) P. P. Pyramides; — C. C. Plancher du 4' ventricule ; — H. Fibres radiculaires du nerf grand hypoglosse; — N H. Noyau classique du grand hypoglosse. N'. H'. Noyau accessoire (moteur) des nerfs mixtes; — P N. Noyau sensitif des nerfs mixtes (glosso-pharyngien pneumo-gastrique, spinal); —

NR. Noyau des corps restiformes; — CP. Substance gélatineuse de Rolande (tète de la corne postérieure) ; — T. Racine ascendante du trijumeau; — M. Fibres radiculaires du nerf pneumo-gastrique; —

OI. Lame grise olivâtre; — R. Noyau juxta-olivaire interne. — T. Noyau juxta-olivaire externe; — XX. Raphé.

Beaums et Bocchard

NÉVROI.OGIE

vers l’encéphale, sans s’arrêter aux cellules des cornes postérieures, faisceau sensoriel tactile, paraît avoir échappé jusqu’ici à la sagacité des anatomistes.

La substance grise de la moelle éprouve des modifications en pénétrant dans le hulbe; d’abord, en raison de l’écartement des cordons postérieurs, cette substance apparaît à découvert et forme le plancher du quatrième ventricule. D’autre part, les cordons postérieurs eu s'écartant, repoussent très fortement en dehors les cornes postérieures de la substance grise, et surtout leur extrémité externe, leur tête; de telle sorte que les cornes postérieures se trouvent à peu près sur un même plan transversal que le canal central élargi qui est devenu la cavité du quatrième ventricule. La partie centrale, ou base de la colonne postérieure remonte, dans le plancher du quatrième ventricule ; mais elle est également déjetée on dehors par la formation de en ventricule, et elle formé ainsi une colonne grisâtre qui remonte dans le bulbe et la protubérance. Nous la retrouverons en étudiant le plancher du quatrième ventricule, et l'origine réelle des nerfs crâ-

Nous avons vu que les cordons postérieurs s’infléchissent en avant pour aller s’entrecroiser et constituer la partie profonde des pyramides antérieures ; mais, pour ce faire, les fibres nerveuses de ces cordons s’unissent au milieu de la substance grise des cornes postérieures, et séparent nettement la tête de ces cornes d’avec leur base, de manière à en faire deux colonnes grises, isolées l’une de l’autre par un faisceau blanc, constitué [lar les fibres des cordons postérieurs. La colonne formée par la tête des cornes postérieures est tout à fait externe; elle fait saillie à la surface extérieure du bulbe et prend à sa partie inférieure le nom de tubercule de Rolande ; elle remonte vers la protubérance dans laquelle elle s’épuise.

La substance grise des cornes antérieures n'est pas déjetée en dehors ; mais elle subit, elle aussi, des modifications considérables. En effet, les fibres des cordons latéraux, se portant en avant et en haut, pour s’entre-croiser et former la décussation des pyramides, sont obligées de passer au milieu de la masse grise centrale des cornes antérieures, elles séparent la base de ces cornes d’avec leur tête d’où résultent deux colonnes grises formées, l’une par la base, qui se trouve tout à fait centrale le long du raphé médian, l’autre, par la tête, qui est plus antérienre et plus externe.

(*) P.P. Pyramides; — Pr. Pr. Fibres transversales de la protubérance ; entre les couches diverses de ces fibres sont irrégulièrement stratifiés des amas de substance grise; — ME. ME. Racines du nerf moteur externe ; — M. Noyau commun du moteur oculaire externe et du facial; — FT. Fasciculus tfres (portion verticale de l'anse du facial) ; — FI. Noyau inférieur ou facial (dans lequel prennent naissance les fibres radiculaires qui vont former le fascicalus teres) ; CP. Substance gélatineuse de Rolande (Tête de la corne postèreure) ; — T. Racine ascendante du trijumeau ; — -V'C. Substance grise du plancher du 4” ventricule (Noyau de l’acoustique) ; — A'C. Tronc du nerf acoustique ; — Sa racine externe; — i. Sa racine interne; — CR. Corps r estiforme.

DES CENTRES NERVEUX

Toutes ces différentes colonnes grises sont beaucoup moins continues que les colonnes grises de la moelle, car elles sont entrecoupées et fasciculées par les fibres arciformes que nous avons dit plonger en partie directement dans la substance du bulbe dont elles constituent le raphé par leur entre-croisement.

Parties nouvelles que Von trouve dans le bulbe. — Les parties qui se trouvent dans le bulbe et qui ne se rencontrent pas dans la moelle sont des fibres transversales et des amas cellulaires (fig. 177).

Les fibres transversales se trouvent sur les côtés du septum médian et s’y entrecroisent sous des angles variés. Elle proviennent soit des différents noyaux des nerfs du bulbe qu’elles unissent à leurs homologues du côté opposé, soit des amas cellulaires qui constituent l’olive et le noyau de Stilling, soit en grande partie des corps re'stiformes et des cordons pyramidaux postérieurs. Outre ces fibres transversales, on trouve dans le bulbe les fibres arciformes et des fibres corticales, qui entourent toute la périphérie du bulbe. Elles paraissent provenir uniquement des corps restiformes et des cordons pyi-amidaux postérieurs. Toutes ces fibres transversales réunissent les deux moitiés latérale du bulbe et semblent destinées à assurer l'action bilatérale propre à cette partie des centres nerveux (Mouvements de la respiration, de la phonation, de la déglutition, de la langue, mouvements passionnels de la face).

Les amas cellulaires propres au bulbe sont d’abord les noyaux des nerfs qui en émanent, noyaux que nous étudierons à propos de l’origine des nerfs crâniens, et d’autres masses analogues, qui ne sont peut-être que des noyaux accessoires, l’olive et le noyau de Stilling.

Volive est une masse ellipsoïde formée d’une couche blanche de fibres nerveuses, entourant une lame de substance jaunâtre, plissée sur elle- même, qui ])résente une forme irrégulièrement ovoïde, à grand axe dirigé en dedans et en arrière et ouverte à son extrémité interne. C’est le corps dentelé ou rhomboîdal de Volive. On l’a comparé à une bourse dont l’ouverture regarderait en dedans et en arrière.

L’intérieur de ce noyau ou corps dentelé est formé par de la substance blanche. La lame jaunâtre plissée est constituée par une grande quantité de petites cellules multipolaires. Les fibres qui partent de ces cellules ont des directions fort variées ; les unes sont transversales, passent à travers le raphé et font communiquer les deux olives ; d’autres remontent vers le cerveau; d’autres enfin vont aboutir au noyau du nerf hypoglosse et peut-être à celui du facial. Ces dernières ont été décrites par Len-

hossek sous le nom àe pédoncule des olive . i.-, a. ,82. Coupe trauieers.Ue a.xléro-posté On trouve aussi dans le corps dentelé des fibres Heure d'une moitié du Imlbe, ou niveau de qui le traversent sans contracter aucune con- ta partie moyenne des otives (•). nexion avec ses cellules.

Sur le côté interne de rolive.se voit un petit noyau analogue et de même forme, noyau de Stilling. Cet anatomiste l’avait rattaché aux pyramides antérieures et le considérait comme leur noyau ; il semble démontré qu’il n’est qu’une dépendance de l’olive.

Vaisseaux du bulbe. — Dureta fort bien étudié les artérioles qui vont au bulbe ; il les divise en : 1” aitères radiculaires, destinées aux racines nerveuses; elles se bifurquent

(•) 1) Raphé médian. - 2) Pjrainid.-. - 3) Corps dentelé de l'olive. - 4) .Corps restiforme. - 5) Noyau de l’hypoglosse. — 6) Noyau du nerf vague. — 7) Racines intra-bulbaires de ce nerf. — 8, 8) Tronc du pneumo-gastrique. — 9) Tronc de l'hypoglosse. — 10) Fibres transversales unies au noyau du nerf paeuino-gastrique — U) Fibres coinmissurales entre les noyaux di s nerfs homologues des deux cités. Elles vont au raphé et s’entre-croiseut. — 12) Fibres allant du corps dentelé au noyau de l’hypoglosse. — D’après Schrœder van der Kolk.

NÉVROLOGIE

en deux ramuscules dont l’un accompagne la racine nerveuse vers la périphérie, dont l'autre remonte dans le bulbe vers les noyaux d’origine du nerf qu’elle accompagne ; 2» artères médianes, ou des noyaux des nerfs, qui proviennent : les unes de la spinale antérieure et vont aux noyaux du spinal, de l’hypoglosse et du facial inférieur ; d’autres dites sous-protubérantielles vont aux noyaux du pneumo-gastrique, du glosso-phai’yngicn et de l’auditif; d’autres enfin passent au travers des fibres delà protubérance, vont au noyau du facial supérieur des oculo-moteurs commun et externe et du pathétique; 3® artères des autres parties du bulbe: celles qui viennent de la vei’tébrale et des spinales antérieures vont à la pyramide et à l’olive ; celles qui viennent de la cérébelleuse inférieure vont aux faisceaux latéral et intermédiaire, au corps restiforme, à la face inférieure du bulbe, au lobule médian, à la valvule de Vieussens, à la face postérieure du lobe latéral du cervelet et à la toile choroïdienne.

Page 1