‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologie (volume 2)Chapitre 192 sur 303 · ARTICLE II - ENCÉPHALE · texte numérisé non relu

ARTICLE II - ENCÉPHALE

L’encéphale comprend : 1“ le cerveau, 2“ le cervelet, 3° l’isthme de V encéphale ou moelle allongée.

Les anatomistes sont dans l’habitude de rattacher le bulbe à l’isthme de l’encéphale; nous avons préféré le décrire après la moelle épinière, et présenter ainsi la continuation de leurs parties constituantes. Pour être logique, il faudrait poursuivre la marche des fibres de la moelle jusqu’au point où elles s’arrêtent, mais des parties nouvelles venant sans cesse s’ajouter à celles que nous avons dé^à étudiées, il nous semble préférable de revenir à la méthode ancienne, de décrire successivement le cerveau et le cervelet, et de terminer par l'isthme destiné à relier d’abord ces deux centres entre eux et à les unir tous les deux au bulbe et à la moelle.

§ I — Cerveau

Le cerveau est cette partie des centres nerveux qui couronne comme un dôme l’axe cérébro spinal. 11 se trouve en avant et au -dessus du cervelet, dont il est séparé par la lame de la dure-mère, appelée tente du cervelet, et se relie à l’isthme de l’encéphale par les pédoncules cérébraux.

Sa forme est celle d’un segment d’ovo'ide à grand axe antéro-postérieur et à grosse extrémité située en arrière.

Son poids moyen chez l'homme est, d’après Gruveilhier, de 1250 grammes, et dépasse de beaucoup celui du cerveau des plus grands mammifères. Le cerveau du dauphin, de la baleine et de l’éléphant l’emportent cependant en poids absolu sur celui de l’espèce humaine. Mais, ainsi qu’on l’a fait remarquer, la différence entre les chiffres est très faible, et si l’on tient compte du poids du corps de ces animaux comparé à celui de l’homme, on voit que la proportion qui existe entre le cerveau et la masse du corps est infiniment supérieure chez ce dernier. D’autre part, un nouvel élément dont on n’a jusqu’à présent tenu aucun compte dans ces évaluations, c’est la présence du tissu connectif dans la structure de ce centre. Il faudrait donc, pour avoir des données certaines, connaître la quantité relative de ce tissu dans le cerveau de ces vertébrés et la comparer à celle du cerveau humain. Pour se rendre compte du rapport qui existe entre le poids du cerveau et l’intelligence, il faudrait également pouvoir apprécier ce nouvel élément, ce qui n’a pu encore être fait.

La densité du cerveau parait être en moyenne de 1030, celle de l’eau étant 1000. Elle doit varier, suivant la proportion d’éléments connectifs qui se trou-

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vent dans son tissu, ou encore suivant la quantité de graisse qui peut infiltrer ses cellules nerveuses.

I. Conformation extérieure. — Le cerveau se compose de deux hémisphères symétriques, reliés entre eux par des paities médianes. Il est bien constaté aujourd’hui que l’asymétrie des deux hémisphères n’est pas une cause absolue de trouble intellectuel, comme le pensait Bichat, et tout le monde sait que ce grand homme fournit lui-même, après sa mort, le plus éclatant démenti à cette opinion ; les hémisphères de son cerveau étaient en effet asymétriques.

Les hémisphères cérébraux présentent un grand nombre de circonvolutions, disposition qui permet de loger une bien plus grande quantité de substance nerveuse dans un espace donné. Les lobes, ‘plis et circonvolutions sont dus, d’après Duret, non à des territoires vasculaires, mais bien à des influences physiques, et le plissement du cerveau serait dû à la résistance du crâne et au mode de rayonnement des fibres de l’expansion pédonculaire. Je me rattache d’une manière absolue à cette opinion. Les circonvolutions sont formées d’une substance grise extérieure et d’une surface blanche intérieure, entourée par la préeédente. Nous reviendrons sur la question de structure des circonvolutions en étudiant la structure du cerveau en général. Les deux hémisphères sont parfaitement séparés dans leur tiers antérieur et postérieur, mais, dans leur tiers moyen, ils se trouvent unis par deux lames, l’une supérieure, blanche, épaisse, corps calleux, l’autre, inférieure, grise et mince, qui fait partie de la base du cerveau.

La surface extérieure du cerveau se divise en surface swpérieure ou convexe et surface inférieure ou hase du cerveau.

Surface inférieure. — Elle répond aux parois antérieures, latérales et postérieures de la voûte crânienne, depuis la région orbitaire jusqu’à la protubérance occipitale interne. Sur la ligne médiane antéro-postérieure, elle est divisée en deux moitiés symétriques, par une fente profonde qui répond à la faux du cerveau. Cette scissure interhémisphérique comprend en avant et en arrière toute la hauteur du cerveau, mais dans sa partie moyenne elle est occupée dans sa profondeur par le corps calleux, qui réunit les deux hémisphères. La faux du cerveau occupe toute la hauteur de cette scissure, sauf en avant et en bas, où les deux hémisphères peuvent se mettre en contact l’un avec l’autre. Chaque hémisphère doit donc présenter une surface externe convexe, se reliant, par sa circonférence, à la base du cerveau, une surface interne, verticale, et une surface inférieure, qui fait partie de la base du cerveau.

Les circonvolutions cérébrales ont été très étudiées dans ces derniers temps, ainsi que les différentes scissures ou sillons qui les séparent. On n’est pas arrivé encore à une description absolument méthodique, comprenant les circonvolutions dans toute leur étendue. Aussi sommes-nous obligé de les décrire sous trois faces ; 1“ circonvolutions de la face externe ; 2“ circonvolutions de la face interne; 3“ circonvolutions de la base. Quoi qu’il en soit, tous ces replis cérébraux se continuent évidemment sur les trois faces de l’hémisphère ; pour nous, elles partent toutes d’un point commun, la circonvolution du corps calleux, qui, ainsi que nous le verrons plus loin, commence en avant et en bas, au niveau de l’espace perforé antérieur, ou mieux, à l’extrémité antérieure de l’insula et se termine en arrière et en bas à l’extrémité inférieure de l’hippoeampe, en décrivant ainsi une grande ellipse, interrompue seulement au niveau du point où le pédoncule cérébral pénètre dans les noyaux du cerveau.

NÉVROLOGIE

1“ Circonvolutions de la face externe des hémisphères (fig. 183 et 184).— L’attention a été portée sur elles surtout depuis les travaux sur les localisations cérébrales, et la découverte des centres moteurs de la surface des hémisphères.

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