‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologie (volume 2)Chapitre 196 sur 303 · ARTICLE 1. - PREMIÈRE PAIRE. - NERF OLFACTIF · texte numérisé non relu

ARTICLE 1. - PREMIÈRE PAIRE. - NERF OLFACTIF

Le nerf olfactif se trouve à la base du lobe frontal sous forme d’une bandelette grise située entre deux circonvolutions qui lui sont parallèles (flg. 187,1, et 190). Il se porte en avant et un peu en dedans, et se termine, à quelque distance du bord antérieur du lobe frontal, par un renflement connu sous le nom de bulbe du nerf olfactif, qui repose sur la face supérieure de la lame criblée de l’ethmoïde.

Le nerf olfactif présente trois racines : l’une grise, médiane et supérieure, ne se voit que lorsque la bandelette de ce nerf a été coupée et renversée en arrière ; elle semble partir des circonvolutions cérébrales et arriver au point de jonction des deux racines blanches.

La racine blanche externe, la 'plus longue, se porte en dehors, contourne le bord antérieur de l’espace perforé antérieur, et semble se perdre dans la substance blanche du lobe sphéno'idal du cerveau.

La racine blanche interne, plus large que la précédente, se porte en dedans et se dirige vers le pédoncule correspondant du corps calleux. Ces deux racines sont bien distinctes et formées d’un certain nombre de filaments isolés.

L’origine réelle du nerf olfactif est encore peu connue: son étude est hérissée de difficultés. Pour Luys, la racine blanche externe se porte en dehors pour aboutir à un amas cellulaire, qui forme son noyau, et qui est situé à la partie tout à fait antérieure de la circonvolution ' de l’hippocampe, au milieu même des fibres cérébrales. La racine interne, d’après lui, se porte en dedans, longe la commissure blanche antérieure et s’entre croise sur la ligne médiane avec celle du côté opposé. Meynert adopte cette opinion. Quand à la racine grise, elle va en haut et en dedans, et aboutit à un noyau situé sur le côté du septum lucidum.

Le cordon du nerf olfactif est mou et grisâtre ; il n’est pas entouré de névri lème.

Le bulbe olfactif est formé par un amas de. cellules et de fibres nerveuses ; il repose sur la face supérieure de la lame criblée et n’est séparée de celui du côté opposé que par l’apophyse crista-galli. De sa face inférieure partent un grand nombre de filaments, de quinze à dix-huit, qui se distribuent à la membrane pituitaire. Les uns, externes, vont à la moitié supérieure de la paroexterne des fosses nasales, les autres, internes, sont destinés à la moitié supérieure de la cloison (fig. 215, 1).

Usage. — Chez tous les animaux dont le sens olfactif est très développé, les bulbes olfactifs sont volumineux : le chien par exemple.

Dans quelques cas d’anosmie congénitale on a trouvé l’absence des nerfs olfactifs. Dans les cas de tumeurs intracrâniennes, comprimant ces nerfs, le

NÉVROLOGIE

sens de l’odorat était perdu. Il semble donc démontr<- que les nerfs olfactifs sont des nerfs sensoriels présidant à l’odorat. Magendie avait néanmoins déjà cru s’apercevoir que le sens n’est pas complètement aboli après la section du nerf olfactif. Gl. Bernard cite le fait d’une femme morte sans avoir présenté pendant sa vie des phénomènes d’anosmie, et chez laquelle on trouva cependant, à l’autopsie, une absence congénitale des deux nerfs de la première paire. Malgré des autorités si imposantes, nous ne saurions nous ranger à l’idée de ces deux physiologistes. D’une part, Magendie n’afflrme pas, il ne fait que poser un point d’interrogation, et, d’autre part, Cl. Bernard, pour démontrer que la femme Lemens Jouissait du sens de l’odorat, ne s’appuie que sur les ondit des voisins et des connaissances de cette femme,

AUTICLK II. - DEUXIÈME l’AlKE. - NEUF OFTIQUE

Le tubercule quadrijumeati antérieur fournit un cordon nerveux, dirigé en dehors, qui se réunit au corps genouillé externe ; le tubercule quadrijumeau postérieur émet un cordon semblable uni au corps genouillé interne (flg. 199, 4). Des corps genouillés partent deux faisceaux blancs, racines blanches externe et interne, se réunissant en une bandelette, bandelette optique, qui contourne la face inférieure des pédoncules cérébraux, le long du bord interne de la grande fente de Biehat (flg. 190, 7). Elle s'arrondit et se porte à la rencontre de la bandelette du côté opposé, à laquelle elle s'unit en formant une masse quadrilatère, chiasma des nerfs optiques (flg. 187, 17), que nous avons étudiée plus haut, et qui reçoit par sa partie antéro-supérieure une lamelle grise, racine grise des nerfs optiques (voy. p. 557).

Des angles antérieurs du chiasn)a partent deux cordons arrondis, ^erfs optiques, qui se portent en avant, gagnent les trous optiques, en décrivant une courbe à concavité interne (flg. 211, 4), pénètrent dans l'orbite et arrivent à la partie postérieure de la sclérotique, qu’ils traversent (flg. 212).

A son origine le nerf optique est en l'apport, par son côté externe, avec l’artère carotide interne, au moment où ce vaisseau décrit son coude ascendant eu arrière de l'apophyse clino'ide. En pénétrant dans l’orbite, le nerf de la vision se trouve placé au-dessus de l’artère ophthalmique, qui passe avec lui j:)ar le trou optique. A son entrée dans la cavité orbitaire, il reçoit un prolongement de la dure-mère, qui lui forme une sorte de névrilème adventice. Dans l’orbite, le nerf optique est entouré par le tissu graisseux intraorbitaire; sa face supérieure est croisée par l’artère ophtbalmique et, plus en avant, il est entouré par les nerfs et artères ciliaires.

Le nerf optique n’aborde pas la sclérotique par le point central du spbéro'/de oculaire, mais il traverse cette coque fibreuse à 0'",003 en dedans de l’axe visuel et à 0'",001 au-dessous. A ce niveau, il est rétréci et comme étranglé ; il perfore la sclérotique, puis la choroïde et s’épanouit dans la rétine.

Usages. — Il est inutile d’insister sur les usages de ce nerf. De nombreuses expériences, aiitsi que di.'S faits anatomo-pathologiques des plus concluants, ont démontré que le nerf optique est insensible à la douleur, mais que son irritation détermine la production de sensations lumineuses subjectives, île même que Sa section ou sa compression entraînent la cécité.

NERFS ENCÉPHALIQUES OU CRANIENS

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