ARTICLE VII - .SEPTIÈME PAIRE - NERF FACIAL
Préparation. — La portion intra-osseuse du nerf facial doit être étudiée sur des rochers que Fou a fait tremper dans l'acide chlorhydrique jusqu’à ce qu'on puisse attaquer les os au scalpel. Si l'on procédait sur des pièces fraîches, il faudrait agir avec la gouge elle maillet en usant de précautions extrêmes.
Pour la partie de ce nerf qui peut êire appelée superficielle, on peut se servir d'une moitié de tête dont on a respecté la calotte crânienne. On enlève, avec le plus grand ménagement, la peau, au-dessous de laquelle on trouve les filets du facial. Le moyen le plus sûr de ne pas s'égarer consiste à faire une' section des parties molles, verticale et passant au-devant du conduit auditif externe. On enlève avec précaution le tissu de la i-urotide, et l'on poursuit les hranêhes nerveuses. La branche auriculaire, les filets terminaux et les anastomoses avec le
NÉVROLOGIE
frontal, le sous-orbitaire, le buccal, le menlonnier, le temporal superficiel, le plexus cervical, etc., présentent .quelques difficultés et demandent plus de soins et d’attention.
Le facial a son orifrine apparente dans la fossette sus-olivaire du bulbe. Si on le poursuit dans l’intérieur du bulbe, on voit le faisceau constitué par ses fibres se diriger en bas, en dedans et en arriére (fig. 219, 8). Gomme tous les nerfs moteurs partis de ce centre, le facial doit trouver son noyau près du raphé sur le plancher du quatrième ventricule, ainsi que nous l’avons expliqué plus haut en nous occupant de la structure du bulbe. 11 existe deux noyaux d’origine du facial ; le premier, qui lui est commun avec l’oculo-moteur externe, et que nous avons décrit plus haut, prend aussi le nom de noyau supérieur. Il ne donne en vérité que peu de fibres au facial. Les racines de ce nerf contournent ce noyau, se recourbent ensuite, sont d’abord parallèles à l’axe du bulbe et se coudent brusquement, pour se diriger en avant et en dehors, et gagner le noyau inférieur du facial, qui, ainsi que nous l’avons dit plus haut, se trouve dans l’aile grise du plancher du quatrième ventricule, continuation de la tête des cornes antérieures de la moelle.
Le facial est de plus en relation par ses fibres originelles avec des noyaux accessoires, et spécialement, d’après Schrœder Van der Kolk, avec la partie supérieure de l’olive bulbaire, qui présiderait à l’association des mouvements passionnels de la face. C’est ce qui résulte des recherches d’anatomie et de physiologie comparée du savant hollandais. Cette opinion aurait cependant besoin de preuves nouvelles, aussi nous bornons-nous à l’indiquer.
Dans son trajet intrabulbaire, le facial est en connexion avec les noyaux ou les fibres du trijumeau et de l’auditif.
Immédiatement au-dessous du point d’émergence du facial, entre son origine apparente et celle de l'auditif, se voit un petit cordon nerveux, qui naît par deux petites racines très grêles, c’est le nerf intermédiaire de Wrisberg.
Cusco avait rattaché le nerf de Wrisberg aux nerfs sensitifs. Cl. Bernard le considérait comune racine sympathique émanée du bulbe.
Les recherches de Mathias Duval font aujourd'hui considérer le noyau de ce nerf comme un ^ noyau accessoire du glosso-pharyngien. Des cas de section de la corde dans l’oreille moyenne, ou d’altération par suite de carie de la caisse prouvent en effet qu'il préside à des sensations gustatives de la pointe de la langue. 11 n’en est pas moins démontré que dans la corde se trouvent des fibres vaso-motrices pour les glandes. Ce serait donc un nerf complexe tirant son origine du noyau bulbaiie et peutêtre des cellules du ganglion géniculé.
Parti de la fossette sus-olivaire, le facial se porte en haut, en avant et en dehors avec le conduit auditif interne. Il est accompagné par le nerf auditif, qui se trouve en arrière et au-dessous de lui, et qui présente une gouttière à
r) I) Sillon de la face antérieure ilu pont de Varole. - 2) Sillon du quatrième ventricule. -3) l‘yramides. — 4) Fibres superlicielles transversales de la protubérance. — 5) Fibres transversales proftmdes de la protubérance. — 6) Noyau du facial. — 7) Nerf oculo-moteur externe. — 8) Nerf facial. — D) Nerf acoustique. — 10) Cellules appartenant au novau inférieur du Trijumeau (portion sensitive). - (D’après Stillinfr).
NERFS ENCÉPHALIQUES OU CRANIENS
concavité supérieure pour le recevoir. Entre ces deux troncs nerveux chemine le nerf de Wrisberg. Ces trois nerfs réunis arrivent au fond du conduit auditif interne et se séparent. Le facial et le nerf de Wrisberg se portent un peu en avant et pénètrent dans l'aqueduc de Fallope ; après un trajet de 4 à 5 millimètres perpendiculaire à l’axe du rocher, ils présentent un ganglion, ganglion géniculé, dans lequel se perd le nerf de Wrisberg (fig. 220, 2). Au delà du ganglion, le facial s’infléchit, devient parallèle à l’axe du rocher, et après un trajet de O^jOl de longueur, se recourbe de nouveau, se dirige en bas presque verticalement, sort du crâne par le trou stylo-masto'idien, s’infléchit encore une fois pour gagner obliquement en avant et en bas le bord parotidien de la mâchoire et se diviser en branche temporo- faciale et branche cervico-faciale.
Dans ce trajet compliqué, le facial suit, comme on le voit, toutes les inflexions de l’aqueduc de Fallope, et répond, dans l’intérieur de ce canal, directement à la substance osseuse et à l’artère stylo-masto'idienne. En dehors du crâne il est entouré, jusque auprès de sa division, par le tissu do la glande parotide.
Fig. 220. — Facial de l'aquedvc (‘).
Les deux racines du nerf de Wrisberg sont, jusque vers le milieu du conduit auditif interne, accolées l’une au bord inférieur du facial, l’autre au bord supérieur de l’auditif. Elles se joignent alors, et semblent au premier abord établir une anastomose entre les deux nerfs précédents, quoiqu’elles en soient indépendantes.
Le ganglion géniculé est un renflement de la forme d’une pyramide triangulaire, situé sur le sommet du premier coude du facial et accolé à ce nerf au niveau de l’hiatus de Fallope. 11 présente trois angles : l’un, qui constitue son sommet, émet le nerf grand péfreux superficiel; l’autre, Tpostérieur, reçoit le nerf de Wrisberg, et le troisième antérieur, fournit le nerf petit pétreux superficiel. Sa structure est celle de tous les ganglions nerveux : il est composé de cellules et de fibres nerveuses.
Le facial émet des branches collatérales, qui naissent, les unes dans l’aqueduc de Fallope, les autres en dehors du trou stylo-masto'idien.
(•) )) Ganglion de Gasser. — 2) Premier coude du facial et ganglion géniculé. — 3) Nerf grand pé-
otique. — 6) Nerf du muscle du marteau, dont on voit le tendon qui s’insère d cet osselet. — 7) Corde du tympan. — (D’après Arnold).
NÉVROLOGIE
1“ Nerf grand pétreux superficiel (flg. 222 et 220, 3). — Né du sommet du ganglion géniculé, ce nerf se porte directement en dehors à travers l’hiatus de Fallope, se loge dans la gouttière qui se trouve sur la surface antérieure du rocher, gouttière qui fait suite à l’hiatus, reçoit le nerf grand pétreux profond, venu du rameau de Jacobson, branche du glosso-pharyngien (fig. 222, 10), glisse au-dessous du ganglion de Gasser, traverse la substance fibro -cartilagineuse du trou déchiré antérieur, rencontre le filet carotidien destiné au ganglion de Meckel, se réunit à lui, traverse le canal vidien d’arrière en avant et aboutit au ganglion sphéno-palatin. Le petit tronc formé par la réunion du nerf grand pétreux superficiel avec le filet sympathique du ganglion de Meckel porte le nom de nerf vidien (fig. 214, 3). Pour Longet, le nerf grand pétreux superficiel traverserait seulement le ganglion et formerait le nerf palatin postérieur destiné aux muscles palato-spaphylin et péristaphylin interne.
2° Nerf petit pétreux superficiel. — Ce petit filet nerveux part de l’angle antérieur du ganglion géniculé (fig. 220, 4), sort de l’aqueduc par un petit orifice spécial situé au-dessous de l’hiatus de Fallope, chemine dans une gouttière qui se trouve au-dessous de celle du nerf grand pétreux, se réunit au nerf petit pétreux profond du rameau de Jacobson (fig. 222, 11), passe à travers un pertuis situé entre les trous ovale et petit rond et aboutit au ganglion otique (fig. 220, 5).
3® Nerf du muscle de l'étrier. — Petit filet extrêmement grêle, qui part du facial dans la portion verticale de l’aqueduc de Fallope, se dirige en haut et en avant, pénètre dans la pyramide par un pertuis particulier et se termine dans le muscle de -l’étrier.
4" Corde du tympan. — Le nerf qui porte ce nom naît du facial à quelques millimètres au-dessus du trou stylo-mastoïdien, se porte en haut et en avant (fig. 220, 7), à travers un petit conduit osseux spécial, qui s’ouvre dans l’oreille moyenne, en dedans de la membrane du tympan et sur le bord postérieur de cette membrane et décrit une courbe à concavité inférieure en passant entre le manche du marteau et la longue branche de l’enclume. La corde du tympan sort de l’oreille moyenne par un petit conduit oblique en bas et en avant, signalé par Hiignier, s’ouvrant au-dessus de la scissure de Glaser, reçoit souvent une petite branche du ganglion otique et se termine à angle aigu dans le lingual au niveau du bord postérieur du muscle ptérygoïdien interne (fig. 217, 7). Mais là n’est pas sa terminaison; ainsi que l’avait déjà dit Longet et que l’ont démontré les expériences de Cl, Bernard, la corde du tympan reste accolée au lingual jusqu’à quelque distance au-dessus du ganglion sous-maxillaire et se divise en deux parties. L’une accompagne ce nerf jusqu’à sa terminaison et est peut-être, comme le veut Denonvilliers, destinée au muscle lingual supérieur ; l’autre aboutit au ganglion sous-maxillaire. Le rôle physiologique de la corde du tympan permet d’admettre, avec Cl. Bernard, que ce nerf provient non pas du facial, mais du ganglion géniculé et par suite du nerf de Wrisberg.
5“ Rameau anastomotique entre le facial et le pneumogastrique. — Ce rameau provient du facial au même niveau que la corde du tympan, mais sur un point diamétralement opposé, arrive par un conduit osseux dans la fosse de la veine jugulaire, longe la paroi. antérieure de cette fosse et aboutit au ganglion jugulaire du pneumo-gastrique. A ce l'ameau se trouve accolé un autre
NERFS ENCÉPHALIQUES OU CRANIENS G19
filet nerveux, qui marche en sens opposé et qui se porte du nerf vague au facial en suivant le mênie trajet; nous y reviendrons en décrivant le pneumo-gastrique. La réunion de ces deux filets a été décrite sous le nom de rameau de la fosse jugulaire. C’est aux filets que le facial reçoit du pneumo- gastrique qu’il doit sa sensibilité récurrente dans le canal spiroïde du rocher.
Anastomose avec le glosso-'pharyngien. — Le filet nerveux qui forme cette anastomose passe par un petit conduit osseux particulier, se dirige de dehors en dedans, longe la fosse jugulaire et aboutit au nerf glosso-pharyngien, immédiatement au-dessous du ganglion d’Andersch.
7» Rameau du mus de digastrique. — Il naît du facial immédiatement audessous du trou stylo-mastoïdien (fig. 217, 8), se réunit à un rameau semblable du glosso-pharyngien, en décrivant une arcade de laquelle partent des filets qui se rendent aux muscles digastrique (ventre postérieur), stylo-hyoïdien et stylo -pharyngien.
8® Rameau du muscle stylo-hyoïdien. — Il se détache du facial au même niveau que le précédent et très souvent par un tronc qui lui est commun avec ce dernier (fig. 217, 8), se porte en bas, en dedans et en avant et aboutit au muscle stylo -hyoïdien,
9“ Rameau auriculaire postérieur. — Ce nerf prend naissance au niveau du trou stylo-mastoïdien (fig. 221, 4), se réfléchit sur la face externe de l’apophyse mastoïde en se portant en haut et en arrière, reçoit les filets du plexus cervical et se divise en rameau inférieur ou horizontal, qui se perd dans le tnuscle occipital, et en filets supérieurs ou ascendants, destinés aux muscles auriculaires postérieur et supérieur.
10» Rameau des muscles stylo-glosse et glosso-staphylin ou rameau lingual de Hirschfeld. — Son origine a lieu soit au niveau du trou stylo-mastoïdien, soit un peu au-dessus de cet orifice (*>. Use dirige vers le côté externe du muscle stylo-pharyngien, reçoit du glosso-pharyngien des filets qui traversent le muscle précédent, se loge entre l’amygdale et le pilier antérieur du voile du palais, gagne la base de la langue en passant en dedans du nerf lingual, s’anastomose avec des filets terminaux du glosso-pharyngien et se divise en rameaux destinés à la muqueuse et en rameaux qui se perdent dans les muscles stylo-glosse et glosso-staphylin. Les rameaux destinés à la muqueuse viennent jusqu’à la partie antérieure de k langue.
Les branches terminales du facial sont : la branche temporo ■ faciale et la branche cervico-faciale.
1® Branche temporo- faciale. — Cette branche est plongée, à son origine, dans l’épaisseur de la parotide ; elle se porte de bas en haut et d’arrière en avant, reçoit au niveau du col du condyle deux rameaux assez volumineux (fig. 221, 6) venus de l’auriculo-temporal et se divise en branches secondaires, qui s’anastomosent en arcades à convexité antérieure, dont l’assemblage porte le nom de plexus sous -parotidien. De ces arcades partent des filets nombreux et divergents, qui sont :
a) Les rameaux temporaux. — Ils remontent à peu près verticalement
W Dans ce dernier cas, il sort souvent de l'aqueduc par un petit canal particulier dont l'ouverture extérieure se trouve immédiatement en dedans de l'apophyse styloïde.
NERFS ENCÉPHALIQUES OU CRANIENS
b) Les rameaux frontaux. — Ils se dirigent vers l’apophyse orbitaire externe, s’anastomosant avec des filets du temporal profond antérieur et du frontal externe (flg. 221, 16), passent sous le muscle frontal et se terminert dans ce muscle et le sourcilier
c) Los rameaux palpébraux, — Ces rameaux gagnent l'angle externe des paupières, passent sous l'orbiculaire et vont les uns à la demi- circonférence supérieure, les autres à la demi- circonférence inférieure de ce muscle;
d) Les rameaux sous-orbitaires. — Ils longent le bord supérieur du canal de Sténon et se divisent en filets destinés aux muscles zygomatiques, élévateurs propre et commun de la lèvre supérieure, Iransverse du nez, myrtiforme, canin et pyramidal. Ces rameaux répondent à la face postérieure des muscles et s’anastomosent, au-dessous des élévateurs de la lèvre, avec la division du nerf sous-orbitaire en constituant un plexus remarquable, plexus sous-orbitaire (fig. 221, 14);
v) Les rameaux buccaux, — qui cheminent au-dessous du canal de Sténon, passent au-devant du masséter, s’anastomosent par quelques-unes de leurs branches avec le nerf buccal sur la face externe du buccinateur (flg. 221, 13), fournissent à ce muscle, à la moitié supérieure de l’orbiculaire des lèvres et au muscle triangulaire de la lèvre inférieure.
2“ Branche cervico-faciale (fig. 221, 3). — Logée également à son origine dans la parotide, cette branche se porte en bas et en avant et reçoit du plexus cervical un ou plusieurs rameaux anastomotiques, qui se joignent à elle vers l’angle de la mâchoire. Elle se divise en :
a) Rameaux buccaux inférieurs. — Ils se dirigenten avant entre le masséter et la parotide et les uns vont au buccinateur et à la moitié inférieure de l’orbiculaire, tandis que les autres s’anastomosent avec les rameaux du nerf buccal (fig. 221, 13).
b) Rameaux mentonniers. — Ils longent le bord inférieur de la mâchoire, passent au-dessous du muscle triangulaire des lèvres, fournissent à ce muscle, au carré, à la houppe du menton, à la partie inférieure de l’orbiculaire et s’anastomosent avec les rameaux mentonniers du dentaire inférieur (fig. 221,12).
c) Rameaux cervicaux. — Ils sont destinés aupcaucier, à la face profonde duquel ils cheminent dans la' région sus-hyo’idienne. Ces rameaux s’anastomosent avec le plexus cervical (lig. 221, 10).
Usages du facial. — Le facial préside aux mouvemenls delà face ; son action dans l’espèce humaine peut être bilatérale ou unilatérale. C’est ainsi que dans les mouvements passionnels de la face, la colère par exemple, les deux côtés de la face se contractent simultanément; d’autres fois, au contraire, la volonté nous pei’met de ne conti’acter que les muscles d’un seul côte. Il en est de même pour les muscles orbiculaires des paupières : tantôt, ils se contractent simultanément, comme dans le clignotement; tantôt, au contraire, grâce à la volition, nous pouvons ne fermer qu’un seul œil. Celte dilférence d’action est peut-être en rapport avec la double origine du facial par deux noyaux. D’après Van der Kolk, si chez les animaux herbivores, surtout chez l’âne, le noyau inférieur d’origine du facial est si peu développé, c’est que chez ces quadrupèdes l’expression passionnelle de la face fait à peu près complètement défaut. Quant à
NÉVROLOGIE
l’action du nerf facial sur les organes des sens, elle est indirecte, et n’est due qu’à la paralysie des muscles qui les entourent. Chez les animaux qui ne respirent que par le nez, la section des deux nerfs de la septième paire entraîne la mort pas asphyxie. Cette terminaison n’est due qu’à la paralysie des muscles dilatateurs des ailes du nez. Nous n’insistons pas davantage, et nous renvoyons à l’étude magistrale que Claude Bernard O a faite de ces questions. Quant au nerf de Wrisberg, cet illustre professeur a démontré son insensibilité; il a prouvé que si le facial est sensible dans le canal spiroïde, c’est au filet du nerf vague (rameau de la fosse jugulaire) qu’il doit cette sensibilité, qui n’existe pas au-dessus du point où se fait cette anastomose. En dehors du trou stylo-mastoïdien, le facial devient plus sensible encore, grâce à l’anastomose qu’il reçoit du nerf auriculo-temporal.
ARTICLE Vlll - HUITIÈME l’AlRE - NERF AUDITIF'
Le nerf auditif \ia\\.àe lafossette latérale du bulbe, immédiatement au-dessous de l’origine apparente du facial, dont il est séparé par le nerf de Wrisberg. Son origine réelle semble se faire par deux faisceaux : l’un postérieur, constitué par les barbes du calamus, l’autre antéro-latéral, qui paraît venir du pédoncule cérébelleux inférieur. Stilling a nié l’existence d’un noyau spécial pour le nerf auditif; mais Schrœder en décrit un situé sur le plancher du quatrième ventricule. M. Duval l’a étudié et décrit dans ces derniers temps (fig. 181, AC). Ce noyau est composé de grosses cellules, d’où partent des fibres qui se rendent les unes au corps restiforme et au cervelet (la relation entre le cervelet et le nerf auditif reste pleine d’obscurité), d’autres vont au travers du raphé médian gagner le noyau opposé et d’autres encore se rendent au noyau du facial (action réflexe sur le muscle de l’étrier et, par l’intermédiaire du petit pétreux superficiel et du ganglion optique, sur le muscle du marteau, tensor tympani). Pour les fibres qui forment les barbes du calamus, d’après Duval elles forment la seconde racine de l’auditif, partent du noyau de ce nerf, contournent le corps ^e^tiforme et vont se joindre au tronc nerveux (fig. 18i, A G e). Or, dans le bulbe, les noyaux moteurs sont rapprochés de la ligne médiane, ainsi que nous l’avons dit plus haut. 11 en résulte que, d’après Van der Kolk, il est de CCS fibres qui sont destinées à établir des réfiexes entre le nerf de l’audition et les noyaux moteurs, et il croit que c’est par cet intermédiaire que, lorsque par un bruit soudain et violent nous sommes saisis d'effroi, nous nous mettons en position de défense instinctive et involontaire. Ces recherches, comme au reste tous les travaux de Schrœder van der Kolk, sont fort intéressantes, elles nous expliquent des points obscurs et délicats ; mais ce qui nous arrête et nous empêche de les admettre sans restriction dans ce dernier cas, c’est qu’elles ne nous rendent aucun compte de la liaison qui doit exister entre la périphérie des hémisphères (centre intellectuel) et les noyaux de l’auditif, liaison par laquelle s’expliquerait la manière dont se produisent les phénomènes de mémoire, de compréhension et d’intelligence à la suite des impressions acoustiques.
Luys décrit des cellules nerveuses infiltrées au milieu des fibres delà racine de l’auditif; de ces cellules partent, d’après lui, des prolongements qui se ren-
(*) Cl. liernard, Leqons sur la physiologie et la pathologie du système nerveuse, Paris, 1858, tome II.
NERFS ENCiipHALIQOES OU CRANIENS
dent à la couche optique et spécialement à un noyau gris situé dans la partie la plus postérieure de ce centre. De ce noyau partent, à leur tour, des fibres destinées à se perdre dans les hémisphères.
nerf auditif, à sa sortie du bulbe, se porte en dehors, en avant et un peu en haut au-dessous du facial, pour lequel il présente une gouttière à concavité supérieure. Entre les deux troncs nerveux se trouve le nerf de Wrisberg. L’auditif pénètre avec le facial dans le conduit auditif interne ; ces deux neris sont entourés d’une même gaine arachnoïdienne, qui les accompagne jusqu’au fond du conduit auditif. Arrivés à ce point, les deux nerfs se séparent l’un de l’autre : le facial passe dans l’aqueduc de Fallope, ainsi que nous l’avons vu ; l’auditif se divise en deux branches : l’une antérieure, cochléenne, se porte directement en avant et est destinée au limaçon ; l’autre postérieure, vestihulaire, gagne en dehors et en arriére le vestibule et les canaux semi-circulaires. Leur trajet ultérieur sera étudié avec l’organe de l’ouïe.
Usages. — Ce nerf est destiné à transmettre les impressions acoustiqui s. Il n’est pas uniquement sensoriel, car il présente aussi quelques traces de sensibilité.
ARTICLE IX - NEUVIÈME PAIRE - NERF GLOSSO-PIIAR YNGIEN
Préparation. — Pour étudier les branches que fournit le glosso-pharyngien au-dessous du ganglion d’Andersch, voyez la préparation indiquée pour la portion cervicale du pneumogastrique. La même pièce pourra servir pour ces deui nerfs, pour le grand hypoglosse et le
ganglion cervical supérieur - Il est nécessaire, au contraire, pour étudier le ganglion d’.An-
dersch et les branches qui en parlent, de faire une préparation spéciale. Pour cela, on conr.mencera par pratiquer la coupe connue, dans les amphithéâtres, sous le nom de coupe du pharynx (elle sera indiquée au chapitre qui traitera de ce conduit). On usera de ménage • ments au niveau du trou déchiré postérieur, de manière à laisser intacte la veine jugulaire, qu’on décollera avec précaution, et au-devant de laquelle on recherchera l’anastomose du facial avec le glosso-pharyngien. On isolera le ganglion d’Andersch et on trouvera l’origine du rameau de Jacobson. 11 faudra alors, à l’aide de la gouge et du maillet, attaquer le rocher et enlevant sa paroi externe et en mettant à nu le promontoire, sur lequel on pourra suivre les branches du rameau de Jacobson; pour bien voir les anastomoses des pétreux profonds avec les pétreux superficiels, il faudra encore enlever la paroi supérieure de l’oreille moyenne. — L’exécution de cette préparation est très délicate, elle demande de grands soins et une grande habitude de la gouge et du maillet. Pour la faciliter, nous croyons devoir recommander de petites gouges très fines, qui ont l’avantage de ne pas faire d’éclats, mais qui ont l’inconvénient de rendre la préparation plus longue. — On peut encore, comme pour la portion intrarocheuse du facial, faire tremjier pendant quelques jours le temporal dans l’acide chlorhydrique, ce qui permet alors d’attaquer l’os avec le scalpel.
Le glosso-pharyngien émane du bulbe au niveau du sillon latéral, qui prolonge en haut le sillon collatéral postérieur de la moelle. Ce nerf est situé, à son origine apparente, entre l’auditif et le pneumogastrique. De même que le pneumogastrique et le spinal, le glosso-pharyngien est en réalité un nerf mixte; il a par conséquent deux noyaux, l’un, moteur, plus petit, qui se trouve dans les parties antéro -latérales du bulbe, et qui appartient à la continuation de la tête de la corne antérieure de la moelle ; le second, noyau sensitif, est situé sur les côtés du plancher du quatrième ventricule, dans l’aile grise, continuation des cornes postérieures.
Aussitôt après son origine apparente, le glosso-pharyngien se porte en avant et en dehors pour gagner le trou déchiré postérieur. Il est entouré par une gaine arachnoïdienne, qui lui est commune avec le pneumogastrique et le spinal.
NÉVROLOGIE
Il sort du crâne par la partie la plus interne du trou déchiré postérieur, en passant par un petit conduit spécial ostéo-flbreux, en avant du pneumogastrique et du spinal. A ce niveau le glosso-pharyngien se coude à angle droit et se rende en un ganglion, ganglion d' Andersch (flg. 215, 6). 11 descend alors en bas et en avant, passe avec le spinal et l’hypoglosse entre la carotide interne, qui est en dedans, et la jugulaire interne, qui est en dehors, contourne la carotide interne, lui devient antérieur (flg. 224, 3), passe entre les muscles stylo-pharyngien et stylo-glosso, s’applique sur les côtés du constricteur supérieur du pharynx, sur la face externe de l’amygdale et gagne, en remontant, la muqueuse du tiers postérieur de la langue, dans laquelle il se termine (flg. 224, 8). Dans ce trajet, le glosso-pharyngien décrit une courbe à concavité antérieure.
Le ganglion d' Andersch (flg. 215, 6) est un petit renflement grisâtre ; ovoïde, de 0"',002 à 0"’,003 de longueur. Il est situé dans une petite dépression que l’on trouve sur la face inférieure du rocher entre l'origine du canal caroti dien et le golfe de la veine jugulaire.
•’IG. 222. — Rameau de Jacobson (d’après Arnold) (•).
De ce ganglion naît \q rameau de Jacobson. Ce petit nerf très gi éic part de la partie antérieure du ganglion, gagne aussitôt un petit canal osseux, qui se dirige en haut et en dehors pour s’ouvrir dans la caisse du tympan. Le rameau de Jacobson se place alors dans une gouttière que lui présente le promontoire, se dirige en haut et se divise en six branches. Les deux premières se portent en arrière et vont, l'une à la muqueuse du pourtour de la fenêtre ronde, l’autre à celle du pourtour de la fenêtre ovale (flg. 222, 6 tt 7). Les deux branches suivantes sont ascendantes et forment l’une, l’interne, lé grand nerf pétreux profond, qui passe par un petit orifice situé sur la face supérieure du rocher près de l'hiatus de P’allope, pour s’unir au grand nerf pétreux superficiel (flg. 222, 10); la seconde, l’externe, le petit nerf pétreux profond, passe également par un orifice osseux situé non loin du précédent et s’unit au petit pétreux superficiel à peu de distance de la naissance de celui-ci (flg. 222, 11). Les filets terminaux du rameau de Jacobson, filets antérieurs, vont l’un en haut
(*) 1) Tronc du facial. — 2) Oraud nerf pétreux superficiel. — 3) l*etU nerf pétreux superficiel. — 4) Tronc du glosso-pharyngien. — 5) Hameau de Jacobson. — fi) Branche de la fenêtre ovale. — 7} Branche de la fenêtre ronde. — 8) Branche de la trompe d'Eustache. — 9) Branche anastomotique avec le grand sympathique. — 10) Grand nerf pétreux profond. — 11) Petit nerf pétreux profond.
NERFS ENCÉPHALIQUES OU CRANIENS
et en avant à la muqueuse delà trompe d’Eustache (fig. 222, 8), l’autre presque directement en avant, à travers la paroi du canal carotidien, aux branches du ganglion cervical supérieur qui accompagnent la carotide (flg. 222, 9).
Le rameau de Jacobson fournit donc trois branches destinées à des anastomoses et trois branches qui vont à des muqueuses.
Au-dessous du trou déchiré postérieur, le glosso-pharyngien reçoit un rameau anastomotique du pneumogastrique ; ce filet est très grêle et dirigé de haut en bas et d’arrière en avant
De la partie inférieure du ganglion d’Andersch part un filet qui se dirige en bas vers le rameau carotidien du ganglion cervical supérieur; il forme souvent un petit tronc commun avec un rameau semblable venu du pneumogastrique.
Nous avons décrit plus haut (voy. Facial) un rameau du facial qui se porte en dedans, en contournant la paroi antérieure de la veine jugulaire interne, et qui établit une anastomose avec le glosso-pharyngien. Ce rameau aboutit à ce nerf immédiatement au-dessous du ganglion d’Andersch.
Le glosso pharyngien fournit, ensuite successivement :
1” Immédiatement au-dessous du trou déchiré et du ganglion, le rameau des muscles digastrique et stylo -hyoïdien. Ce petit nerf se dirige en bas et en avant, fournit quelques filets non constants au stylo-pharyngien, en arrière duquel il passe, et se termine dans le stylo-hyoïdien et le ventre postérieur du digastrique, en s’anastomosant avec les filets que le facial envoie à ces muscles ;
2° Le filet du muscle stylo-glosse, qui naît au niveau du point où le glossopharyngien passe entre les muscles styliens. Il traverse le stylo-pharyngien sans lui abandonner de rameaux et s’unit au filet lingual du facial pour gagner avec lui les muscles stylo-glosse et glosso-staphylin et se terminer sur le dos de la base de la langue en s’anastomosant avec les ramifications terminales du glosso-pharyngien ;
3° Les rameaux carotidiens. — Ces rameaux sont au nombre de deux ou de trois ; ils naissent à des hauteurs différentes et se dirigent en bas vers la bifurcation de la carotide primitive (fig. 223 , 8). Ils s’anastomosent avec des filets analogues venus du pneumogastrique et du ganglion cervical supérieur, forment un plexus dit intercarotidien, au milieu duquel on trouve un ganglion, ganglion intercarotidien (voy. Grand Sympathique) ;
4“ Les rameaux pharyngiens. — De nombre et d’origine variables, ces rameaux se portent en bas et en dedans vers les côtés du pharynx (fig. 223,
12 et 224, 18), s’unissent à des filets semblables venus du pneuomgastrique,du spinal et du grand sympathique et constituent le plexus pharyngien (voyez Pneumogastrique) ;
5° Les rameaux tonsillaires. — Ils naissent au moment où le glosso-pharyngien contourne la face externe de l’amygdale, sont assez nombreux, s’anastomosent entre eux en formant un petit plexus tonsillaire et se perdent enfin dans la muqueuse des amygdales, des piliers et de la face inférieure du voile du palais.
A la base de la langue, le glosso-pharyngien se place à égale distance de la partie moyenne et du bord de l’organe, se divise en plusieurs branches, qui se subdivisent à leur tour et fournissent des rameaux nombreux, anastomosés
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NÉVROLOGIE
NERFS ENCÉPHALIQUES OU CRANIENS
entre eux de manière à constituer le plexus lingual, dont les filets terminaux sont destinés à la muqueuse du tiers postérieur de la langue. Autour du foramen cæcum, on voit les filets d’un côté s’unir à ceux du côté opposé, en formant le plexus circulaire du trou borgne signalé par Huguier et par Valentin.
Usages. — Le glosso-pharyngien est un nerf mixte, chargé de transmettre deux espèces de sensations : l’une sensorielle et gustative, l’autre de sensibilité générale ; par ses filets moteurs il détermine des contractions' dans les muscles constricteurs du pharynx et stylo-pharyngien. Après sa section, l’irritation de son bout central détermine des contractions par mouvements réflexes.