‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologie (volume 2)Chapitre 202 sur 303 · ARTICLE X - DIXIÈME PAIRE - NERF PNEUMOGASTRIQUE OU NERF VAGUE · texte numérisé non relu

ARTICLE X - DIXIÈME PAIRE - NERF PNEUMOGASTRIQUE OU NERF VAGUE

Préparation. — Il nous semble nécessaire de diviser la préparation en plusieurs parties correspondantes aux trois portions de ce nerf.

1» La coupe du pharynx donne les meilleurs résultats pour l’étude de la portion tout à fait supérieure du pneumogastrique ; elle permet d’étudier les différents rameaux anastomotiques et les rapports des nerfs entre eux ; mais nécessairement elle oblige à sacrifier les anastomoses avec l’arcade des branches antérieures des deux premiers nerfs rachidiens, qui ne peut être vue que par une coupe latérale.

2“ Portion cervicale. — On commencera par inciser la peau sur la partie médiane du cou et de la mâchoire inférieure, on fendra la commissure des lèvres jusqu’au niveau de la branche montante du maxillaire, et on fera tomber sur cette incision une nouvelle section verticale passant au niveau de la saillie de la pommette. Après avoir enlevé le pavillon de l'oreille et disséqué ce grand lambeau d’avant en arrière jusqu’au delà de l’apophyse mastoïde, enlever le muscle sterno-cléido-mastoïdien à ses insertions supérieures et inférieures, sectionner le petit muscle omo-hyoïdien, retrancher les artères et les veines, faire passer deux traits de scie obliques, l’un, d’arrière en avant et de dehors en dedans, à travers la portion mastoïdienne du rocher jusque vers le trou déchiré postérieur, et le second, oblique d’avant en arriére et de dehors en dedans, à travers la grande aile du sphénoïde et le rocher jusqu’au niveau du même trou ; achever cette section au moyen delà gouge et du maillet pour dégager les nerfs qui sortent par cette ouverture, poursuivre alors le ironede la dixiéme paire elles rameaux qui en partent. Arrivé à la racine du cou, voir à droite le passage du nerf entre la veine et l’artère sous-clavière droites, et l’anse que forme le récurrent en embrassant la face inférieure de cette dernière.

Pour les nerfs du larynx, il faudra, après avoir étudié leur origine, faire l’ablation de cet organe en sectionnant les parties molles aussi haut que possible, et en enlevant la langue eu même temps. On aura soin de faire porter la section inférieure à quelque distance au-dessous du cartilage cricoïde, de manière à conserver un bout de la trachée et un morceau de l’œsophage. Après avoir enlevé les muscles superficiels et avoir étudié le laryngé externe et le laryngé supérieur, on enlèvera une partie latérale du cartilage thyroïde en faisant porter la coupe à 0”“,003 environ en dehors de la ligne médiane. On découvrira minutieusement lei muscles intrinsèques et les branches que le laryngé inférieur leur fournit, et sur la face postérieure du crico-arythénoïdien postérieur on trouvera l’anastomose de Galien immédiatement au-dessous de la muqueuse.

3» Portion thoracique. — On passera alors à l’étude des nerfs cardiaques et des rameaux bronchiques. Pour cela, on ouvrira largement le thorax et l'on procédera d’aboid à la préparation des rameaux cardiaques, on trouvera ensuite le ganglion de Wrisberg, les nerfs qui s’y rendent et ceux qui en partent (nous aurons à revenir sur celte préparation, en décrivant le sympathique). Après avoir étudié les rameaux précédents, on réclinera les poumons de dehors en dedans, de manière à découvrir leur partie postérieure, on verra la manière dont les pneumogastriques se comportent en croisant la racine des bronches, et on commencera à préparer lé plexus pulmonaire ; mais pour achever cette préparation, nous recommandons de sortir de la poitrine le cœur et les poumons.

4» Portion abdominale. — Ouvrir largement l'abdomen, sectionner d’avant en arrière le diaphragme jusqu’à son ouverture œsophagienne et rejeter latéralement et en haut les deux

NÊVROLOGIE

lambeaux, suivre le pneumogastrique gauche sur la face antérieure de l’estomac, relever le foie de bas en haut et préparer entre les deux lames de l’épiploon gastro-hépatique les branches destinées à cet organe. Soulever alors l’estomac, le rejeter vers la gauche et étudier les pneumogastrique droit, les branches qu’il fournit à la face postérieure de l’estomac et celle qui va au ganglion semi-lunaire.

Le mvî pneumogastrique ou nerî vague a son origine apparente sur le sillon latéral du bulbe, au dessous du glosso-pharyngien et au-dessus des racines bulbaires du spinal.

Pour son origine réelle, nous renvoyons à ce que nous avons dit plus haut de celle du glosso-pharyngien, parce que les deux noyaux moteur et sensitif que nous avons décrits sont communs à ces deux nerfs et à la portion bulbaire du spinal.

Le pneumogastrique sort du bulbe par un certain nombre de racines distinctes, qui se réunissent successivement de manière àformer un faisceau aplati et triangulaire, dont la base est au bulbe. Ainsi constitué, le cordon nerveux se dirige en haut et en dehors, entre le glosso-pharyngien qui est en avant et le spinal qui est en arrière ; il gagne le trou déchiré postérieur, à travers lequel il sort du crâne par une ouverture ostéo-fibreuse, qui lui est commune avec le spinal. Dans ce trajet intra-crânien, le pneumogastrique est enveloppé par une gaine arachnoïdienne commune aux trois nerfs des neuvième, dixième et onzième paires. Le canal ostéo-flbreux, qu’il traverse dans le trou déchiré, se trouve en arrière et en dehors de celui du glosso-pharyngien, en dedans et en avant de l’origine de la jugulaire interne.

Le, long trajet du pneumogastrique, étendu du crâne à l’estomac, au foie et au ganglion semi- lunaire, permet de lui considérer trois parties: cervicale, thoracique, abdominale. Nous étudierons successivement les rapports du nerf dans ces trois régions, les anastomoses avec les nerfs voisins, les branches collatérales qu’il fournit, et enfin sa terminaison.

1“ Portion cervicale. — Au dessous du trou déchiré postérieur et souvent même dans l’intérieur de ce trou, le pneumogastrique présente un premier ganglion, ganglion jugulaire, d’un petit volume, d’une forme ovoïde, auquel viennent aboutir les anastomoses parties du tronc du facial, du ganglion d’Andersch, ainsi que des filets émanés du tronc du spinal. Immédiatement audessous de ce premier ganglion, le pneumogastrique se renfle de nouveau en une masse beaucoup plus longue, fusiforme, mesurant en général 0"’,025 à 0"',03 de longueur ; on lui a donné le nom de plexus gangli forme. Dans ce second renflement viennent se jeter la branche interne du spinal, des filets du grand hypoglosse, un. ou deux rameaux venus de l’arcade formée par les branches antérieures des deux premières paires cervicales et enfin des rameaux du ganglion cervical supérieur.

Le plexus gangliforme est situé en arrière de la carotide interne, en dedans, en avant et un peu au-dessus du ganglion cervical supérieur du grand sympathique. Il est contourné en pas de vis par le tronc de l’hypoglosse, qui d’abord répond à son côté postérieur, puis à son côté externe et enfin à son côté antérieur.

Au-dessous de ce second renflement, le pneumogastrique descend à peu près verticalement, en dedans du cordon du sympathique dans l’angle curviligne formé par la carotide interne et la jugulaire interne. Le nerf est contenu dans la gaine des vaisseaux et offre avec les muscles prévertébraux les mêmes rapports que ceux-ci.

NERFS ENCÉPHALIQUES OU CRANIENS

2° Portion thoracique. — A la racine du cou, en raison même de la différence que présente la disposition des troncs artériels à droite et à gauche, le pneumogastrique droit passe entre l’artère et la veine sous- clavière en les croisant verticalement, tandis que celui du côté gauche descend parallèlement entre les artères carotide primitive et sous-clavière gauche, pour croiser, dans la partie supérieure du thorax, la face antérieure de la crosse de l’aorte au moment où celle-ci Se dirige en arrière et à gauche.

A partir de ce point, les différences de rapports des deux pneumogastriques s’accentuent de plus en plus.

Le nerf du côté droit se dirige en bas et en arrière vers l’œsophage, se place dans le sillon qui sépare ce conduit d’avec la trachée, fournit au niveau de la bifurcation de celle-ci des filets nerveux, qui s’anastomosent avec ceux venus du pneumogastrique gauche pour former le plexus pulmonaire, gagne le bord droit, puis la face postérieure de l’œsophage et pénètre avec lui dans l’abdomen à travers l’ouverture œsophagienne du diaphragme.

Le pneumogastrique gauche, après avoir croisé la face antérieure de la crosse aortique, passe verticalement en arrière de la branche gauche, fournit les rameaux du plexus pulmonaire, gagne le côté antérieur de l'œsophage, sur lequel il s’applique, et arrive dans l’abdomen en passant par l’ouverture œsophagienne du diaphragme.

3“ Portion abdominale. — Arrivé dans l’abdomen, le pneumogastrique gauche ou antérieur se termine sur la face antérieure de l’estomac et dans le foie. Les branches destinées à ce dernier viscère cheminent entre les feuillets de l’épiploon gastro-hépatique et gagnent le sillon transverse.

Le nerf Vague du côté droit ou postérieur, dans sa portion abdominale, fournit quelques rameaux à la face postérieure de l’estomac et vient aboutir au ganglion semi-lunaire droit, qu’il aborde par son extrémité interne, tandis que dans l’extrémité externe du même ganglion vient se jeter le nerf grand splanchnique, branche du sympathique. Par leur réunion au ganglion semi-lunaire, ces deux nerfs forment ensemble une arcade à concavité supérieure, qui est décrite sous le nom à’ anse mémorable de Wrisberg.

Les anastomoses que le pneumogastrique reçoit ou envoie sont :

1“ Un rameau du ganglion d’Andersch, qui aboutit au ganglion Jugulaire (voy. Glosso-pharyngien) ;

2“ Un rameau du facial, rameau delà fosse jugulaire, que nous avons décrit plus haut (voy. Facial); il vient aussi se jeter dans le ganglion jugulaire. A ce rameau s’accole toujours un filet émané du pneumogastrique, qui chemine en sens inverse, se porte en haut et en dehors, croise le tronc du facial dans l’intérieur de l’aqueduc de Fallope et lui abandonne une branche. Il pénètre alors dans l’épaisseur de l’apophyse masto'ide et se divise en deux branches, dont l’une est destinée à la membrane du tympan, tandis que l’autre va s’épuiser dans la peau de la paroi supérieure du fond du conduit auditif externe. Il est difficile, après les expériences de Cl. Bernard, de nier que ce filet, rameau auriculaire, ne vienne du pneumogastrique ; c'est à lui, en effet, que le facial doit sa sensibilité à la sortie du trou stylo-mastoïdien ;

3“ Quelques filets que le tronc du spinal envoie au ganglion jugulaire ;

4“ La branche interne du spinal, qui au-dessous du trou déchiré postérieur

>’ÉVROLOGIE

(•) 1) Nerf lingual. - 2) Corde du tympan. — 3) Nerf glosso-pharyngien. - 4) Ganglion d’Andersch. - 5) Nerf pneumogastrique. — 6) Ganglion jugulaire — 7) Nerf spinal. - 8) Ganglion cervical supérieur. — 9) Arcade formée par les branches antérieures des deux premières paires cervicales.

— 10) Nerf grand hypoglosse. — 11) Nerf laryngé supérieur. — 12) Branche interne du spinal.— 13) Branche externe du spinal. — 14) Anastomose du grand hypoglosse avec le plexus gangliforme.

— 15) Anastomose de l’arcade des deux premiers nerfs cervicaux avec le plexus gangliforme. — 16) Anastomose de cette arcade avec le grand hypoglosse. — 17) Rameaux pharyngiens du pneumogastrique. — 18) Rameaux pharyngiens du glosso-pharyngien. — 19) Rameaux pharyngiens du ganglion cervical supérieur.

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se détache du tronc de la onzième paire, se porte en avant et en bas et se jette dans le plexus gangliforme ; elle s’unit au nerf pneumogastrique, et forme les branches pharyngiennes, laryngée externe et laryngée inférieure de ce nerf (fig. 224, 12)

5“ Au moment où le grand hypoglosse contourne le plexus gangliforme ; il lui abandonne deux ou trois filets, qui s’y perdent (fig. 224, 14) ;

6° Quelques rameaux constants, mais de nombre variable, qui tirent leur origine de l’arcade formée par les branches antérieures des deux premiers nerfs rachidiens ; ils aboutissent au bord postérieur du plexus gangliforme (fig. 224,15);

7“ Des filets anastomotiques, variables de nombre et de direction, parlent du ganglion cervical supérieur (sympathique), situé presque parallèlement au plexus gangliforme, dans lequel ils se jettent ;

8“ Dans son trajet au cou, le pneumogastrique reçoit encore quelques filets des ganglions cervicaux moyen et inférieur, ainsi que le premier ganglion dorsal (sympathique).

Les branches collatérales du pneumogastrique peuvent être divisées, suivant leur origine, en branches cervicales et dorsales.

§ I — Branches cervicales

1“ Rameaux ‘pharyngiens. — Des rameaux, au nombre de deux, trois ou quatre, partent de la partie supérieure du plexus gangliforme, se portent en bas et en avant, contournent la carotide interne en passant en dehors d'elle (fig. 224, 17) et vont sur le côté externe du pharynx s’anastomoser avec des rameaux venus du glosso- pharyngien (fig. 224, 18) et du ganglion cervical supérieur (fig. 224-, 19) pour ' constituer le plexus pharyngien. Ce plexus forme des mailles très irrégulières et très allongées, dont les rameaux terminaux se perdent dans les muscles et la muqueuse du pharynx.

Des rameaux pharyngiens du pneumogastrique partent des filets qui vien nent aboutir au plexus intercarotidien et au ganglion de ce nom (fig. 228, 9).

2“ Nerf laryngé supérieur. — Ce nerf nait du côté interne du plexus gangliforme, et se porte en bas et en dedans en passant entre la carotide interne et les parois du pharynx. Il décrit alors une courbure à concavité antérieure, devient ensuite à peu près horizontal et longe le bord inférieur de la grande corne de l’os hyoïde.

Un peu plus loin, le nerf laryngé supérieur passe entre le muscle thyro-hyoïdien et la membrane du même nom, traverse cette membrane (fig. 225, 8), et se divise en branches nombreuses destinées à la muqueuse de la portion sus-glottique du larynx. Parmi ces branches, les unes sont ascendantes et vont à la muqueuse des deux faces de l’épiglotte et à celle de la base de la langue jusqu’auprès du trou borgne (fig. 225, 4); d’autres sont transveisales ou légèrement descendantes et vont à la muqueuse des replis ary-épiglottiques et à celle de l’ouverture supérieure du larynx. Un de ces derniers filets, connu sous le nom de rameau de Galien, descend sur la face postérieure du muscle cricoarythénoïdien postérieur, immédiatement au-dessous de la muqueuse, et va

NÉVROLOGIE

s’anastomoser avec un filet ascendant venu du laryngé inférieur (fig. 225, 5).

Le laryngé supérieur, à quelque distance au-dessus de la grande corne do l’os hyoïde et quelquefois en dedans de la carotide interne, fournit un rameau assez grêle, nerf laryngé externe (fig. 225, 2), qui se porte en bas, en avant et en dedans sur la face externe du muscle constricteur inférieur du pharynx, lui abandonne quelques filets et gagne le muscle crico-thyroïdien. Il innerve ce muscle, traverse ensuite la membrane crico-thyroïdienne et va se distribuer à la muqueuse de la partie sous-glottique du larynx et à celle du ventricule do la glotte.-

3“ Nerf laryngé inférieur ou nerf récurrent. — L’origine de ce nerf diffère à droite et à gauche. Celui du côté droit naît au devant de l’artère sous-

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clavière, contourne ce vaisseau d’avant en arrière et de bas en haut en formano une anse à concavité supérieure, qui l’embrasse, remonte alors sur la partit latérale de l’œsophage et passe au-dessous du bord inférieur du muscle constricteur inférieur, pour aboutir à la partie postérieure du larynx, où il s’engage dans la gouttière que forment les cartilages criooïde et thyroïde (flg. 225, 6, 6).

Le nerf laryngé inférieur du côté gauche est plus long et un peu plus volumineux que son homologue. Il naît plus bas et embrasse la crosse de l’aorte, de la même manière que celui-ci embrasse la sous-clavière (fig. 226, 2). Il remonte alors dans l’angle curviligne que forment la trachée et l’œsophage, s’engage sous le constricteur inférieur comme celui du côté droit, et suit le même trajet. Il est à remarquer que de ces deux nerfs, l’un, celui du côté droit, est appliqué sur la face latérale de l’œsophage, tandis que celui du côté gauche répond au bord antéro -latéral de ce conduit. Les branches que donnent les nerfs récurrents sont : a) des rameaux trachéens et œsophagiens multiples (flg. 225, 7, 8) ; h) des fllets au muscle constricteur inférieur du pharynx ; e) un filet anastomotique avec le rameau de Galien, venu du laryngé supérieur; d) des rameaux à tous les muscles intrinsèques du larynx, saufle crico -thyroïdien ; celui qui est destiné au muscle ary-arythénoïdien passe d’ordinaire au-dessous du tendon du muscle crico-arythénoïdien postérieur (flg. 225, 10).

Les nerfs récurrents, surtout celui du côté gauche, rarement celui du côté droit, fournissent encore des rameaux cardiaques, qui vont se joindre aux rameaux cardiaques nés directement du pneumogastrique et du sympathique, pour former le plexus cardiaque et aboutir au ganglion de Wrisberg.

§ II — Branches thoraciques

1“ Rameaux cardiaques. — Il en est qui naissent de la portion cervicale du pneumogastrique ; d’autres proviennent de sa portion thoracique ; leur nombre est variable. Les premiers sont assez longs et obliques de haut en bas et de dehors en dedans ; ceux du côté droit croisent la sous-clavière, ceux du côté gauche la crosse de l’aorte (flg. 226, 3) ; ils aboutissent au ganglion de Wrisberg et au plexus cardiaque. Dans leur trajet, ces rameaux s’anastomosent toujours et s’accolent quelquefois aux nerfs cardiaques venus du sympathique. Les rameaux cardiaques, nés de la portion thoracique pneumogastrique, sont au nombre de deux ou trois et vont, avec les précédents et des rameaux du même nom venus du récurrent, se perdre dans le ganglion de Wrisberg et le plexus cardiaque. Nous décrirons ce ganglion et les branches qui émanent avec la portion thoracique du grand sympathique.

20 Rameaux 'pulmonaires. — Ges rameaux sont très nombreux ; les uns naissent au-dessus de la bifurcation de la trachée et se portent sur la face antérieure des bronches; d’autres, beaucoup plus nombreux, tirent leur origine du pneumogastrique au moment où ce nerf croise la face postérieure des bronches, entre la face antérieure de l’œsophage et la paroi postérieure de l’oreillette gauche, et se rendent à la face postérieure des canaux bronchiques. Cette différence dans la disposition des fllets pulmonaires les a fait diviser en rameaux pulmonaires antérieurs et rameaux pulmonaires postérieurs ; mais cette division est sans aucune importance.

Tous les rameaux pulmonaires antérieurs et postérieurs s’anastomosent, ceux du côté droit avec ceux du côté gauche et de plus avec des rameaux venus des

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quatre premiers ganglions dorsaux du sympathique, pour former un plexus considérable, plexus pulmonaire, divisé par les auteurs en plexus pulmonaire antérieur et plexus pulmonaire postérieur. Les rameaux de ce plexus communiquent ensemble, en entourant la racine des bronches et toute la circonférence de ces canaux aériens. Du plexus pulmonaire partent : a) des filets destinés à la partie inférieure de la trachée ; b) des filets œsophagiens ; c) des filets péricardiques, et d) des filets bronchiques de beaucoup les plus nombreux, qui accompagnent les bronches dans l’intérieur du poumon, tout en conservant leur disposition plexiforme. (Pour leur distribution ultérieure, voy. Poumon.)

3“ Rameaux œsophagiens. — Chez l’homme, ces rameaux sont extrêmement nombreux ; ils embrassent la surface de l’œsophage et forment le plexus œsophagien, dont l’intrication des filets est des plus compliquées. D’après Kollmannt*), le pneumogastrique droit est un peu plus volumineux au delà de ce plexus qu’au moment où il y pénètre, ce qui tendrait à établir qu’il reçoit des troncs nerveux voisins plus de filets qu’il n’en abandonne au plexus œsophagien.

§ III — Branches abdominales ou terminales

1“ Pneumogastrique gauche ou antérieur. — Arrivé au niveau de la face antérieure du cardia, l’on voit souvent ce nerf former une aovle Ae plexus cardiaque, qui se présente quelquefois sous la forme d’une plaque nerveuse à mailles arrondies et serrées, mais qui peut affecter aussi d’autres formes et n’être même qu’une sorte de demi-anneau assez peu distinct. Après ce plexus, que Valentin a cru devoir subdiviser en un certain nombre de plexus secondaires, le nerf vague du côté gauche gagne la face antérieure de l’estomac et so divise en branches destinées à cet organe et en branches qui vont au foie. Les premières branches stomacales, accompagnent les divisions de l'artère coronaire stomachique et s’anastomosent avec les rameaux du sympathique qui enlacent ces divisions artérielles. Parmi ces branches, il en est qui se dirigent tout à fait à droite, vers l’artère pylorique, et qui semblent l’accompagner jusqu’au plexus hépatique et au plexus cystique. Kollmann a démontré, contrairement à Valentin et à Sappey, que ces filets ne font que s’accoler d’abord aux rameaux sympathiques pour s’en détacher bientôt et retourner au petit cul-de-sac de l’estomac. Les branches hépatiques du pneumogastrique gauche se dirigent de gauche à droite et cheminent entre les deux lames de l’épiploon gastro-hépatique. Kollmann a voulu se rendre compte du rapport de quantité qui exista entre le nombre des filets que le pneumogastrique gauche envoie au foie et celui de ses filets stomacaux ; il résulte de ses calculs que les premiers sont aussi nombreux que les seconds.

2“ Pneumogastrique droit ou postérieur. — Ce nerf est situé d’abord sur le côté postérieur du cardia, et abandonne quelques rameaux (un tiers de ses fibres, d’après Kollmann) à la face postérieure de l’estomac. La majeure partie du pneumogastrique droit va ensuite aboutir au ganglion semi-lunaire droit, qu’il aborde par sa partie interne, tandis que le grand splanchnique, branche du sympathique, vient se jeter dans l’extrémité externe du même ganglion. La

(1) Kollmann, Ueher den Verlauf der Lungenmagennerven in der Bauchhôhle. Leipzig, 1860. Avec deux planches photographiées.

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réunion de ces deux anastomoses forme, avec cette masse nerveuse, une arcade dite anse mèmorahle de Wrisberg, Outre cette branche destinée au ganglion semi-lunaire, le pneumogastrique droit semble fournir des rameaux extrêmement ténus, qui se rendent directement au pancréas, à la rate, au plexus rénal, en s’anastomosant avec des rameaux du sympathique ; quelques-uns semblent même aller, à travers le mésentère, jusque sur l’intestin grêle. Pour quelques auteurs allemands, les filets que le pneumogastrique droit envoie au ganglion semi-lunaire ne feraient que s’y accoler, pour gagner de là les organes splanchniques en s’anastomosant avec des rameaux du sympathique. Cette complication de description nous semble d’autant plus minutieuse que nous ne pensons pas qu’il soit possible, même au microscope, d’élucider cette question, en raison du mélange inextricable des fibres nerveuses.

Usages du pneumogastrique. — I/étude de la physiologie de ce nerf n’est pas encore assez complète pour qu’il nous soit possible de la retracer en quelques lignes ; il nous faudrait un chapitre tout entier pour relater et discuter toutes les opinions émises en ces derniers temps seulement. Nous renvoyons aux travaux de Sédillot, de Cl. Bernard, de Schiff, de Brown-Séquard, etc., et nous nous bornons à faire remarquer que la motricité que possède le pneumogastrique ne semble pas lui être propre, qu’elle appartient à ses anastomoses et surtout à celles qu’il reçoit du spinal. C’est, en effet, la branche interne de ce nerf qui forme les rameaux destinés à innerver les muscles du larynx et du pharynx, et cependant Cl. Bernard a fait observer qu’en irritant le pneumogastrique dans le crâne, on obtient des mouvements du larynx et du pharynx, quoique l’anastomose avec le spinal n’ait pas encore eu lieu. Quant à l’action du nerf vague sur le cœur, nous croyons démontré aujourd’hui, malgré les critiques de Moleschott, que c’est à lui qu’il faut attribuer la régularisation des battements, qui s’accélèrent considérablement quand on vient à le sectionner, qui se retentissent au contraire quand on l’irrite. Il est donc un nerf d’arrêt (Hemmungsnerv) àn cœur. Dans la respiration, il semble être ehargé de transmettre une sensation inconsciente qui réagit sur les cordons latéraux du bulbe et de la moelle, en excitant ces nerfs ehargés d’imprimer la motricité aux muscles respirateurs. Cette sensation lui est peut-être fournie par la proportion trop considérable d’acide carbonique contenue dans le sang au moment où l’inspiration est devenue nécessaire.

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