GRAND SYMPATHIQUE
Les rameaux de communication des paires crâniennes (sauf les nerfs sensoriels, olfactif, optique, acoustique) se dirigent vers les rameaux ascendants du sympathique ; leurs fibres descendent ensuite le long de ceux-ci pour gagner le ganglion cervical supérieur. On avait dit, jusque dans ces derniers temps, que jamais les racines du sympathique ne peuvent naître isolément de la moelle et 1 du bulbe et qu’elles proviennent toujours d'un tronc nerveux émané de ces centres ; mais cette proposition nous semble devoir être abandonnée depuis que les expériences physiologiques de Cl. Bernard ont démontré que le nerf de Wrisberg est une de ces racines dont le ganglion géniculé forme le renflement ganglionnaire. Les rami communicantes des nerfs crâniens (fig. 248) ne sont autre chose que les anastomoses de ces nerfs avec les branches du sympathique, soit dans le voisinage du sinus caverneux pour les nerfs moteurs oculaires et ophthalmiques de Willis, soit par le ganglion de Casser pour les autres branches du trijumeau, soit au niveau du trou déchiré postérieur pour les troncs qui sortent par cette ouverture. 11 est aujourd’hui démontré que les rami communicantes ne sont pas formés uniquement par des filets se rendant des nerfs cérébro- rachidiens aux ganglions du sympathique, mais que, de plus, ils renferment des fibres qui partent des ganglions et vont se jeter dans les nerfs rachidiens avec lesquels ils se distribuent.
Branches efférentes des ganglions sympathiques. — Les ganglions sympathiques émettent des branches efférentes nombreuses. La plupart d'entre elles gagnent les vaisseaux artériels sur lesquels elles s’appliquent ; elles les enlacent et les accompagnent jusqu’à leurs divisions les plus fines. 11 en est d’autres, au contraire, qui par un trajet assez direct se portent vers de nouveaux amas ganglionnaires désignes sous le nom de ganglions médians du sympathique. De ces derniers renflements (ganglion de Wrisberg, ganglion semi-lunaire) sortent de nombreux filaments nerveux, multipliés presque à l’infini, qui vont constituer des plexus entourant les vaisseaux artériels, et accompagnent leurs divisions les plus fines jusque dans l’intimité des organes. Les branches efférentes des ganglions sympathiques ne sont pas uniquement formées de fibres nerveuses nées dans' B les cellules de ces ganglions ou de fibres rachidiennes qui s’y sont amorties; il est d’autres fibres, irio. «iS.— Tronc Un sympathique gauche provenues de la moelle, qui ne font que traverser avec tes rami communicantes (*).
(•) t, 1, 1) Tronc du sympathique avec ses ganglions. — 4, 2) /taïut communicantes an dos. — 3, 3) Sami communicantes aux lombes. — ■ 4, 4) Rami communicantes à la région sacrée. — 5) Arcade de réunion de la partie inférieure des deux sympathiques. — 6) Grand 'splanchnique avec ses différentes racines. — 7) Petit splanchnique.
Beaunis et Boucbahd 44
NÊVROLOGIE
le ganglion et qui atteignent les organes en partageant le trajet des filets sympathiques ; ce feit paraît surtout se vérifier pour les nerfs splanchniques.
Structure. — Les ganglions du sympathique sont entourés d’une enveloppe de tissu connectif pénétrant dans leur intérieur et formant des cloisonnements extrêmement fins, entre lesquels se trouvent les cellules et les fibres nerveuses. Les cellules sont en général un peu plus petites que celle des ganglions des nerfs rachidiens. Elles sont variables de forme ; les imes, bipolaires, sont les plus nombreuses, d’autres sont unipolaires, et enfin il s’y trouve aussi des cellules apolaires. Très rares dans la plupart des ganglions sympathiques, les cellules apolaires sont cependant, d’après Luschka, beaucoup plus nombreuses dans le ganglion intercarotidien. Les cellules unipolaires donnent évidemment naissance à des éléments spéciaux sans connexion préalable avec la moelle. Quant aux cellules bipolaires, on dirait que la fibre nerveuse rachidienne y pénètre pai’ une extrémité pour en ressortir par le pôle opposé. La plus grande difficulté de l’étude de ces ganglions réside précisément dans la connaissance des rapports des fibres avec lès cellules nerveuses.
Les branches efférentes des ganglions sympathiques, nerfs du sympathique, ont été désignées sous le nom de nerfs gris à cause de leur couleur ; on leur a encore donné le nom de nerfs mous, quoique cependant leur consistance ne soit pas inférieure à celle des nerfs rachidiens. Ils sont formés d’éléments identiques à ceux qui constituent ces derniers, mais contiennent de plus des fibres particulières, pâles, presque amorphes, munies d’un certain nombre de noyaux ovales, fibres de Remak. Ce ne sont pas là, ainsi que l’a cru le savant anatomiste dont ils portent le nom, des éléments nerveux spéciaux au sympathique : ce ne sont, comme le dit Morel, que des dépendances du tissu connectif nucléolé qui forme la gangue des ganglions nerveux.