‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologie (volume 2)Chapitre 208 sur 303 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Le grand sympathique, système nerveux de la vie organique de Bichat, a été considéré comme un système nerveux spécial, n'ayant que des connexions avec le système cérébro-spinal, mais en différant par sa structure et ses fonctions. Les recherches physiologiques modernes, de même que les découvertes anatomiques, obligent, ainsi que nous le verrons par l'étude de l’origine de ce nei'f, à renoncer à cette manière de voir, et ne permettent plus de l’envisager que comme une dépendance du système cérébro-spinal.

Le tronc du grand sympathique est constitué par une chaîne ganglionnaire située de chaque côté de la colonne vertébrale. De chaque ganglion part un rameau qui l’unit aux renflements situés au-dessus et au-dessous. Ce cordon de réunion peut être simple, comme on le voit d’habitude dans les régions lombaire et dorsale, ou double et triple, comme à la région cervicale. Le nombre des ganglions est en général égal à celui des nerfs rachidiens ; il en existe d’ordinaire douze au dos, cinq aux lombes et six au sacinim; mais au cou l’on n’en trouve que trois et même deux. Les éléments ganglionnaires semblent s’être réunis, s’être groupés de manière à former deux masses plus volumineuses suppléant par leur volume à leur infériorité numérique. Dans le crâne, la chaîne ganglionnaire se continue et les différents renflements, que nous avons décrits plus haut sous les noms de ganglion ophthalmique, ganglion de Meckel, ganglion otique, ganglion géniculé, ne sont en réalité que les correspondants des ganglions sympathiques. A la partie inférieure du sacrum, au-devant du coccyx, les deux troncs du sympathique se rapprochent et s’unissent sur la ligne médiane do manière à constituer une arcade à concavité supérieure. Là ne serait cependant pas, d'après Luschka, la terminaison inférieure du sympathique. De cette arcade partiraient, d’après lui, des rameaux qui se porteraient en bas, en longeant les branches de l’artère sacrée moyenne

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et qui aboutiraient à la glande coccygienne, dont les éléments seraient des cellules nerveuses. Son opinion, adoptée assez généralement, a été battue en brèche par J. Arnold ; cet auteur ne voit dans les éléments de la glande coccygienne que des dilatations des rameaux de l’artère sacrée moyenne et non des cellules nerveuses, de telle sorte que les fibres nerveuses qui s’y rendent ne seraient que des branches efférentes de la partie terminale du grand sympathique, et, par suite, des vaso-moteurs de ces rameaux artériels. — On a dit qu’à la partie supérieure, dans le crâne, les deux sympathyques s’anastomosent de la même manière ; ainsi formulée, cette proposition n’est pas exacte, car les deux troncs ne s'unissent pas sur la ligne médiane ; mais comme leurs branches efléi entes, ainsi que nous le verrons plus loin, accompagnent les vaisseaux artériels qu'ils enlacent, et comme l’artère communicante antérieure unit largement les deux artères cérébrales antérieures, il en réselte que les rameaux des deux sympathiques s’anastomosent sur la ligne médiane en accompagnant l’artère communicante.

Les ganglions qui font parlie du tronc du sympathique sont tous d’une couleur gris rougeâtre; ils sont la plupart fusiformes et allongés; quelques-uns sont bien biftirqués à leur extrémité ; d’autres ont l’aspect d’un croissant à bords déchiquetés (ganglion cervical inférieur). Ils sont situés sur le côté latéral de la colonne vertébrale, les uns au niveau du trou de conjugaison par lequel sortent les branches antérieures des nerfs rachidiens correspondants, les autres dans l’intervalle compris entre deux trous de conjugaison.

Le cordon nerveux qui réunit ces différents ganglions est d’une couleur grisâtre; il descend à peu près verticalement. Dans la région dorsale le tronc du sympathique est situé tout à fait sur la partie latérale des corps vertébraux, à peu de distance du trou do conjugaison ; dans les régions lombaire et sacrée, il se rapproche davantage du plan médian et est plus éloigné de ces trous.

Le tronc du sympathique répond au cou ; en arrière, aux muscles prévertébraux et à l’aponévrose qui les recouvre; en avant, à la veine jugulaire interne; en dedans, au pneumogastrique et à l’artère carotide. Au thorax, celui du côté droit passe entre l’artère et la veine sous-clavière, et contourne le col.de la première côte; celui du côté gauche est parallèle à l’artère sous-clavière gauche et gagne bientôt l’aorte, dont il longe la face postérieure. Les deux troncs du sympathique croisent verticalement les nerfs et les vaisseaux intercostaux, en passant au-devant d’eux, et sont fixés sur la tête des côtes par le feuillet pariétal des plèvres ; dans ce trajet, ils répondent au côté postérieur des veines azygos. Ces nerfs passent plus bas à travers le diaphragme pour arriver dans l’abdomen ; celui du côté droit accompagne souvent l’aorte dans son passage à travers ce muscle; celui du côté gauche en traverse le pilier correspondant. Dans l’abdomen, le grand sympathique est situé en arrière du péritoine ; il suit le bord antérieur du psoas et accompagne l’aorte et la veine cave inférieure. Dans le bassin, il passe au-devant du plexus sacré et croise par conséquent la face antérieure du muscle pyramidal, en longeant les deux côtés du rectum et en se rapprochant de plus en plus de l’artère sacrée moyenne.

Chaque ganglion du grand sympathique reçoit des branches afférentes et émet des branches efférentes.

Racines du sympathique (branches afférentes des ganglions). — Les branches afférentes des ganglions, rami communicantes (fig. 248), forment les racines du sympathique. Elles partent de la moelle, du bulbe et du prolongement cérébral de l’axe rachidien. Toutes les branches antérieures des nerfs rachidiens fournissent un rameau nerveux qui se jette dans le ganglion correspondant; et donnent de plus une division au ganglion situé au-dessus, de telle manière que chaque paire rachidienne est en connexion avec deux ganglions sympathiques. Dans la région cervicale, où les ganglions sont moins nombreux, les racines se groupent de telle sorte que les quatre premières paires cervicales envoient leui-s rami communicantes au ganglion cervical supérieur, les deux dernières au ganglion cervical inférieur et les cinquième et sixième au ganglion cervical moyen quand il existe, ou au cordon de réunion quand ce ganglion fait défaut.

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