III. Paroi supérieure
Elle se compose de deux portions : 1“ une antérieure, dure, ostéo-fibreuse, voûte palatine ; 2° une postérieure, molle, membraneuse, voile du palais.
splanchnologie 717
1. Voûte palatine. — Elle est constituée par un squelette osseux et une muqueuse.
a. Squelette. — P’ormée par l’apophyse palatine des maxillaires supérieurs et la lame horizontale des palatins, la voûte palatine osseuse présente une suture cruciforme et les orifices inférieurs des conduits palatins antérieur et postérieur ; elle est parabolique, plus ou moins excavée suivant les sujets, et se compose d’une partie horizontale ou palatine proprement dite, et d’une partie verticale formée par l’arcade dentaire. Sa surface est rugueuse et inégale, surtout en avant et sur les côtés.
h. Muqueuse. — Cette muqueuse offre sur la ligne médiane un raphé aboutissant quelquefois à un tubercule situé au niveau de l’orifice inférieur du canal incisif ; de ce raphé partent des crêtes transversales rugueuses plus ou moins prononcées ; en se rapprochant du voile du palais, elle devient lisse et unie. Elle est remarquable par sa pâleur, son épaisseur, due tant au chorion qu’à la couche épithéliale, enfin par son adliérence intime au périoste et à l’os ; sa couche glanduleuse (glandes palatines) est plus épaisse sur la ligne médiane.
Vaisseaux et nerfs. — Les artères viennent des artères palatines postérieures, les reines accompagnent les artères: les lymphatiques vont aux ganglions faciaux profonds. Les nerfs viennent du grand palatin antérieur et tout à fait en avant du nerf naso-palatin.
2. Voile du palais. — Le voile du palais est une lame mobile musculomembraneuse, qui fait suite à la voûte palatine ; il peut se diviser en deux portions :
a. La partie antérieure ou orale, presque horizontale, appartient à la cavité buccale ; de ses régions latérales partent deux replis de la muqueuse allant se perdre sur les côtés de la langue ; ce sont les piliers antérieurs du voile du palais, qui circonscrivent l’orifice de communication de la bouche et du pharynx ou isthme du gosier. '
b. La partie postérieure ou pharyngienne , très mobile, oblique en bas et en arrière, se termine par un appendice ou luette (uvula)\ûove dans le pharynx; des bords de la luette partent deux replis, piliers postérieurs du voile du palais, qui se portent en bas et en arrière et se perdent sur les parties latérales du pliarynx ; ils circonscrivent Visthme pharyngo-nasal ou l’orifice de communication du pharynx avec l’arrière-cavité des fosses nasales. Ces piliers sont plus rapprochés l’un de l’autre que les piliers antérieurs; aussi les débordentils de chaque côté, de façon qu’en examinant le fond de la cavité buccale, on voit les quatre piliers. Le pilier antérieur et le pilier postérieur du môme côté, très rapproché! en haut, s’écartent à mesure qu’ils descendent et circonscrivent une excavation triangulaire qui loge l’amygdale. La face supérieure du voile du palais est convexe et correspond à l’arrière-cavité des fosses nasales. La face antéro-inférieure concave, lisse, continue sans ligne de démarcation avec la muqueuse de la voûte palatine, présente un raphé médian, qui fait suite au raphé de cette dernière.
Le voile du palais se compose d’une charpente musculaire et d’une muqueuse,
A, Muscles du voile du palais
Préparation. — Il sufiit, après avoir fait la coupe du pharynx, d'inciser la paroi postérieure du pharynx pour avoir en Vue la face postérieure du voile du palais. On enlèvera alors la muqueuse du voile avec précaution pour mettre à nu successivement chacun des muscles.
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SPLANCHNOLOGIE
Ces muscles sont au nombre de cinq de chaque côté ; ce sont : 1“ un destiné à la luette, le palato-staplijlin ; 2° deux supérieurs, les péristaphylins interne et externe ; deux inférieurs, le glosso-stapliylin et le pliaryngo-stapliyliii.
1° Palato-stapliyUn{ûg. 250, 13). — Ce petit muscle, situé immédiatement sous la muqueuse de la face postérieui-e du voile, s’étend de Vépine nasale postérieure à la pointe de la luette. Les deux muscles de droite et de gauche sont souvent réunis en un seul faisceau (azygos avulæ).
Nerfs. — Il est innervé par des filets pharyngiens du pneuniogaslrique et par le grand nerf pétreux superficiel.
Action. — Il est releveur de la luette.
2“ Péristaphylin interne (h (fig. 250, 14). — Ce muscle nait par un tendon de la face inférieure du rocher en avant du canal carotidien (fig. 14, J) et du hord inférieur de l’extrémité postéro- externe du cartilage de la trompe d' Eustache. De là il se porte en bas, en avant et en dedans, dans une gouttière que lui offre le cartilage de la trompe, puis derrière le péristaphylin externe, s’aplatit peu à peu en s’élargissant, et se termine en éventail dans toute la hauteur du voile, en se continuant sur la ligne médiane avec celui du côté opposé ; -ses faisceaux s’entre-croisent avec des fibres du pharyngo-staphylin.
Nerfs. — 11 est innervé par le nerf palatin postérieur (filets du grand nerf pétreux superficiel) et par des filels pharyngiens du pneumogastrique.
Action. — 11 élève le voile du palais.
3“ Péristaphylin externe (fig. 251, 10, 11). — Ce muscles’attache : Dà la fossette scaphoïde de l’apophyse ptérygoide et à la partie voisine de la grande aile du sphénoïde suivant une ligne oblique en avant et en dedans (fig. 14, E) ; 2“ au tiers externe de la paroi membraneuse de la trompe d' Eustache, à laquelle il est soudé intimement à son bord postérieur. Il constitue un faisceau aplati, situé en dedans du ptérygoïdien interne, et qui descend verticalement le long de l’aile interne de l’apophyse ptérygoïde (10). Il donne bientôt naissance à un tendon, qui, au niveau du crochet de cette aile interne, change de direction, se réfléchit (11) dans la concavité de ce crochet accompagné j)ar une bourse séi-euse de glissement, s’épanouit en une aponévrose (12) étalée dans le voile du palais, dont elle forme la charpente flbreuse, et se fixe en avant à une crête transversale située en arrière du canal postérieur. Une partie do ses fibres se perd en dehors dans l’aponévrose du pharynx.
Nerfs. — 11 est innervé par le nerf du ptérygoïdien externe du maxillaire inférieui'.
Action, — Il est tenseur du voile du palais et surtout de sa partie orale; il agit dans le temps qui précède immédiatement la déglutition. Il est en même temps dilatateur de la trompe, et c’est grâce à lui que la trompe s’ouvre à chaque mouvement de déglu-
phylin interne. — 15) Péristaphylin externe. — 16) Pharyngo-staphylin. — 17) Ses faisceaux profonds.
- 18) Ses faisceaux superficiels. — 19) Ses faisceaux accessoires. - 20) Stylo-pharyngien. — 21) l'aisceau hyoïdien des stylo-pharyngien et constricteur moyen. — 22) Stylo-glosse. —23) Stylo-hyoïdien.
- 24) Constricteur supérieur. — 25) Constricteur moyen. — 20) Constricteur inférieur. — 27) Aponévrose pharyngienne. — 28) Lingual supérieur. — 29) Attache des' fibres circulaires de Pœsophage. — 30) Arythènoïdien postérieur. — 31) Crico-arythénoïdien externe. — 32) Ptérygoïdien externe. — 33) Ptérygoïdien interne.
(t) Pétro-salpingo-slaphylin.
(2) Sphéno-staphyliü. ,
SPLANCtlNOLOGIE
4® Glosso-staphylin. — Ce muscle, mince, situé dans l’é^jaisseur des piliers antérieurs du voile du palais, se continue en bas avec les fibres transversales du dos de la langue sous le lingual supérieur, et en haut se perd dans le voile du palais et sur la face antérieure de la luette.
Nerfs. — 11 est innervé par le glosso-pharyngien (probablement par une anastomose provenant du facial).
Action. — 11 est constricteur de l’isthme du gosier.
(•) i) Sinus sphénoïdal. - S) Artère carotide interne. - 3) Trompe d'Eustache. - 4) Trompe d’Eustache du côté droit, ouverte. — 5) Partie osseuse de la trompe débouchant dans la 6) Caisse du tympan. — 7) Membrane du tympan. — 8) Conduit auditif externe ouvert. — 9) Crochet de Taile interne de l’apophyse ptérygoïde. — 10) Partie verticale»du péristaphylin externe. — 11) Sa portion réfléchie.
ORGANES DIGESTIFS
Pharyngo-staphylin (îig.2hÇ), 16). — Ce muscle, situé dans l’épaisseur des piliers postérieurs du voile du palais, est large et membraneux. Ses insertions supérieures, multiples, se font ; 1“ par divers faisceaux entre-croisés avec ceux du péristaphylin interne aux bords de la luette et à l'aponévrose du voile du palais (18) ; 2“ au tendon du péristaphylin externe \ 3® au fiord inférieur de l'ouverture postérieure des fosses nasales ; 4° au cartilage de la trompe (19). De là ses libres se portent : 1® les unes, celles qui proviennent des points Axes, à la ligne médiane du pharynx, depuis le bord inférieur du constricteur supérieur jusqu’à la hauteur des cartilages aryténoïdes ; 2" les autres, celles qui proviennent des points mobiles (luette et voile) au lord postérieur et à.la grande corne du cartilage thyroïde.
Nerfs. — 11 est innervé par le glosso-pharyngien (filets anastomotiques du facial) et peut-être par les filets pharyngiens du pneumogastrique.
Action. — On peut considérer ce muscle comme composé de deux ordres de fibres : les premières, ayant leur point fixe en haut, constituent une anse musculaire dont la convexité correspond à la paroi postérieure du pharynx, et les extrémités aux parties latérales de l’ouverture des fosses nasales ; elles élèvent le pharynx ; les secondes représentent une anse musculaire dont la convexité répond au voile du palais et les extrémités fixes aux bords du cartilage thyroïde ; elles abaissent le voile du palais. Toutes les deux ont pour action commune de rapprocher l’un de l’autre les piliers postérieurs et de fermer l’isthme pharyngo-nasal.
li. Muqueuse du voile du palais
Cette muqueuse, lisse et unie, a des caractères différents sur les deux faces du voile. Sur la face postérieure, elle a les caractères de la muqueuse nasale ; elle est mince, peu adhérente ; son épithélium est vibratile. Sur la face antérieure où elle continue la muqueuse palatine, elle est épaisse, adhérente et recouverte d’un épithélium pavimenteux stratifié. Sur les bords du voile, à la pointe de la luelte, et sur les piliers antérieurs, elle est unie aux parties sous-jacentes par un tissu cellulaire très lâche.
Glandes, — Des glandes en grappe, continuant celles de la voûte palatine, forment sous la muqueuse de la face antérieure une couche épaisse (jusqu’à Om ,006) qui diminue vers les bords libres du voile ; sur la face postérieure, elles sont très clair semées. On trouve sur cette face quelques follicules clos faisant saillie sous la muqueuse.
Vaisseaux et nerfs. — Les artères viennent des palatines supérieure et inférieure ; les artères linguale et pharyngienne fournissent quelques branches aux piliers. Les veines de la face postérieure se jettent dans le plexus ptérygoïdien ; celles de la face antérieure, plus nombreuses, dans la veine pharyngienne. Les lymphatiques, disposés aussi en deux réseaux, vont aux ganglions qui occupent la bifurcation de la carotide primitive. Les nerfs de la muqueuse et des glandes sont fournis par les nerfs palatins postérieurs et par des filets du pneumogastrique et du glosso-pharyngien .
IV — Pakoi ixfkrieurk do Plancher de la cavité buccale
Cette paroi peut se diviser en deux étages :
1“ Un étage inférieur, constitué par un plan musculaire tendu de la ligne niylo-hyoïdieniie du maxillaire inférieur à l’os hyoïde (mylo-hyoïdien et génio-
— 12) Aponévrose du voile du palais. — 13) Ptérygoïdien interne.— 14) Ptérygoïdien externe, — 15) Os hyoïde. — 16) Stylo-hyoïdien. — 17) DigaStrique. — 18) Mylo-hyoïdien. — 19) Gènio-hyoïdien. (Nota. La coupe du côté droit est sur un plan antérieur à celle du côté gauche;)
Beadnis et Bouchard 46
SPLANGHNOLOGIE
hyoïdien), plan doublé à l’extérieur par le ventre antérieur du digastrique, l’aponévrose cervicale et la peau ;
2» Un étage supérieur formé par la langue.
Préparation, — Pour étudier la muqueuse, extraire la langue avec l'os hyoïde, le larynx et la partie médiane du maxiliaire inférieur. Pour les muscles, enlever tout un côté du maxillaire inférieur, en respectant les insertions du génio-glosse, et isoler chaque muscle jusqu'à son entrée dans la langue. La dissection des fibres musculaires dans l'intérieur de la langue est très difficile et ne peut être faite que sur des langues durcies par la coclion, l’alcool, etc. Des coupes en divers sens sont très utiles pour étudier la direction des fibres musculaires.
La langue est un organe à la fois de motilité (articulation des sons), de mas tication, etc., et de sensibilité soit générale (tactile), soit spéciale (gustative). Fixée par sa base à l'os hyoïde et au maxillaire inférieur, elle est libre dans la cavité buccale par sa face supérieure, ses bords .et son extrémité antérieure.
Conformation extérieure. — La langue a deux faces, deux bords, une base et un sommet ou pointe.
1“ Face supérieure oü dorsale. — Elle est horizontale dans sa moitié antérieure; dans sa moitié postérieure elle descend presque verticalement (flg. 252) pour rejoindre le corps de l’os hyoïde et l’épiglotte, à laquelle elle est rattachée par trois replis glosso-épiglotliques, un médian et deux latéraux interceptant deux petites fossettes. Dans le rapprochement des mâchoires, cette face est en contact avec la voûte palatine et le voile du palais, et la cavité buccale est à peu près réduite à 0. Elle est divisée en deux portions par deux rangées de saillies formant par leur réunion un V ouvert en avant; c'est le V lingual; la pointe du V située à la réunion du quart postérieur et des trois quarts antérieurs de la langue correspond à un cul-de-sac assez large, /orameM cæcum ou de Morgagni ; la partie postérieure du V lingual est inégale et présente des saillies aplaties et volumineuses pourvues d’un orifice; la partie antérieure au V a un aspect villeux dû à des papilles nombreuses, qui seront décrites plus loin ; un sillon médian la divise en deux moitiés.
2° Face inférieure. — Elle n’est libre que dansson tiers antérieur ; un sillon médian continu à celui de la face dorsale la divise et se prolonge en arrière dans un repli muqueux, frein ou filet; de chaque côté du filet se trouve une saillie mamelonnée, sur laquelle .s’ouvre le canal de Wharton et plus en dehors la saillie bleuâtre des veines ranines.
3“ Les bords de la langue s’amincissent d’arrière en avant.
4" La hase est rattachée à l’épiglotte par les replis glosso-épiglottiques, et au voile du palais par les piliers antérieurs.
5“ La pointe, partie la plus mince de la langue, offre, par la réunion des deux sillons supérieur et inférieur, un vestige de bifidité.
Conformation intérieure. — La langue se compose d’une charpente musculaire et d’un revêtement muqueux, auxquels s’adjoignent des vaisseaux et des nerfs.
ORGANES DIGESTIFS
SPLANGHNOLOGIE