I. Muscles de la langue
Ges muscles s’attachent en partie aux os (os hyoïde, maxillaire inférieur, apophyse styloide, en partie aux organes ambiants (voile du palais, pharynx); de là ils se rendent à la face profonde de la muqueuse ; enfin quelques-uns s’attachent uniquement à la muqueuse. Dans l’épaisseur de la langue se trouveune cloison fibreuse médiane, septum lingual (flg. 252, 16, et 254, 9), qui donne insertion à des fibres musculaires ; ce seifium, haut de 0"’ ,011, a une forme semi-lunaire; son bord inférieur concave répond à l’ entre-croisement des génioglosses, son bord inférieur convexe est parallèle au dos de la langue ; sa base s’attache à l’os hyoïde, sa pointe se perd dans le tissu même de la langue. Tous les muscles de la langue, sauf le lingual vertical, sont pairs.
1“ Stylo-glosse (fig. 253, 2). — Ce muscle, grêle, fusiforme, s’attache en haut à la hase et à la partie antérieure de V apophyse stylo'ide, et descend d’abord verticalement, puis un peu en dedans en se tordant sur lui-même de façon que sa face antérieure devient externe. Il atteint la langue en arrière du pilier antérieur et se divise en deux faisceaux, Tun, inférieur^ qui longe le bord de la langue et va jusqu’à la pointe se continuer avec celui du côté opposé, après avoir abandonné quelques fibres au génio-glosse, l’autre, supérieur, plus faible, qui va s’unir aux fibres de l’hyo-glosse et aux fibres transversales de la langue.
Nerfs. — Il est innervé par le rameau lingual du facial.
Action. — Ils portent la langue en haut et en arrière, élargissent sa base et la pressent contre le voile du palais dans la déglutition.
2° Jlyo-glosse {&g. 253, 7). — Ce muscle, aplati, quadrilatère, s’attache au bord supérieur de la grande corde de Vos hyoïde (cérato-glossej et à la
(*) 1) Apophyse styloide. — 2) Stylo-glosse. — 3) Glosso-staphylin. — i) Lingual inférieur. — 4) Géhio-glosse. — 6) Os hyoïde. — 7) Hyo-glosse. — 8) Génio-hyoidien. — 9) Pharyngo-glosse. — 10) Constricteur moyen du pharynx;
ORGANES DIGESTlt-S
partie voisine du corps de \’o%(basio-glossej ; il est enveloppé à ses insertions, en avant par le génio-hyoïdien, en arrière par le constricteur moyen. De là ses fibres antérieures pénètrent dans la langue entre le stylo- glosse et le lingual inférieur pour devenir antéro-postérieures sur le dos de la langue, tandis que les fibres postérieures, après avoir passé entre le stylo-glosse et le génioglosse, s’épanouissent en éventail avec une direction prédominante transversale.
Action. — Ils rapprochent la langue de l’os hyoïde et la compriment transversalement. •
3“ Glosso-staphylin. — Ce muscle a été décrit avec les muscles du voile du palais.
4“ Lingual supérieur (fig. 254, 10). — Ce petit muscle, aplati, situé immédiatement sous la muqueuse du dos de la langue, naît de la base de la petite corne de l’os hyoïde {chondro -glosse) et de la partie voisine du corps, et se porte en avant sur le dos de la langue. Un faisceau médian {muscle glossoépiglottique)ps.vi du repli médian glosso-épiglottique.
Action. — Il raccourcit la face supérieure de la langue et porte sa pointe en haut.
5® Pharyngo-glosse (fig. 253, 9). — Ce muscle se compose de faisceaux minces provenant du constricteur supérieur du pharynx. Les supérieurs longent superficiellement les bords de la langue entre le stylo-glosse en bas et le glosso-staphylin en haut; les inférieurs passent sous l’hyo-glosse et se confondent avec le lingual inférieur et le génio-glosse.
6° Lingual inférieur.{û". 253, 4 ; fig. 254, il). — Ce muscle est situé à la face inférieure de la langue au-dessous du stylo-glosse, entre le génio-glosse et l’hyo-glosse. Il s’insère en avant à la muqueuse de la pointe delà langue;
<‘)1) Face postérieure du voile du palais. — 2) Amygdale. — 3) Pilier antérieur. — 4) Pilier postérieur- — 5) Muqueuse linguale. — 6) Stylo-glosse. —7) Hyo-gloSse. — 8) Génio-glosse. — 9) Septum lin gual. — 10) Coupe du lingual supérieur. — 11) Coupe du lingual inférieur. — 12) Pharyngo-glosse. - 13) Amygdalo-glosse. — (D'après Bonamy et Beau )
SPLANGHNOLOGIE
en arrière, ses fibres se perdent, en partie en s’entre-croisant avec celles du génio-glosse, en partie en se continuant avec quelques fibres du st^’lo-glosse et du pharyngo-glosse,
Action. — Il rétracte la pointe de la langue et la porte en bas.
7" Amygdalo-glosse (fig. 254, 13). — Ce petit muscle, très mince, situé sous la muqueuse eutrele bord inférieur de l’amygdale et le bord de la langue, naît en haut de l'aponévrose pharyngienne, s'applique sur la face externe de l’amygdale, et, arrivé au bord de la langue, s'engage sous le lingual supérieur, et se porte transversalement vers la ligne médiane (Broca).
Action. — Il soulève la base de la langue et rétrécit la partie correspondante du pharynx.
8“ Génio-glosse (fig. 253, 5). Ce muscle, épais, triangulaire, rayonné, accolé à celui du côté opposé sur la ligne médiane, s’insère par un fort tendon à V apophyse géni supérieure] de là il donne naissance à une série de feuillets divergents, dont les antérieurs, verticaux, s’attachent à la pointe de la langue, les postérieurs, horizontaux, à sabase et au corps de l’os hyoïde, de façon que le muscle dans sa totalité représente un triangle dont la pointe est à l’apophyse géni, et dont la base curviligne est mesurée par toute la longueur de la face dorsale de la langue (fig. 252, 14). Au-dessous du septum lingual les faisceaux internes du génio- glosse d’un côté s’entre -croisent avec ceux du muscledu côté opposé (fig. 254). Quelques fibres internes de ce muscle se rendent à l’épiglotte (levator epiglotlidis). Le génio-glosse forme la masse charnue de la langue et est reçu, comme dans une coque musculaire, dans une gouttière ouverte en bas, constituée parla plupart des muscles précédents.
Action, — Les fibres hyoïdiennes tirent en avant l’os hyoïde ; les fibres antérieures portent la langue en arrière et la font rentrer dans la cavité buccale. Si les deux muscles se contractent en totalité, la langue est abaissée et comprimée dans le sens vertical.
9° Lingual transverse (fig. 254). — Ce sont des fibres transversales naissant des deux faces du septum lingual et se portant à la muqueuse des bords de la langue.
Action. — Il effile la langue, l’allonge et fait sortir sa pointe de la bouché.
1D'> Lingual vertical. — Ces fibres, qui n’existent guère que dans la pointe et vers les bords, vont de la face inférieure à la face supérieure de la langue.
Disposition des fibres musculaires dans l'intérieur de la langue. — Toutes ces fibres, une fois arrivées dans l’intérieur de la langue, sont très difficiles à suivre à cause de leur intrication. On peut cependant distinguer trois directions principales : 1“ des fibres verticales, provenant du génio-glosse et du lingual vertical ; 2“ des fibres transversales, provenant superficiellement de l’hyo- glosse, du faisceau supérieur du stylo-glosse, du glosso-staphylin et de l’amygdalo-glosse, et profondément du transverse ; 3° des fibres longitudinales, fournies par les linguaux supérieur et inférieur, le stylo-glosse, les faisceaux antérieurs de l’hyo-glosse, et à la pointe de la langue par les fibres antérieures du génio-glosse.
Les fibres musculaires de la langue sont des fibres striées, mais offrant des ramifications et des anastomoses et s’entre-croisant fréquemment les unes avec les autres. Elles se terminent à la face profonde de la muqueuse ou de la couche glandulaire sous-muqueuse, là où celle-ci existe.
ORGANES DIGESTIFS
Net- fs. — Les muscles de la langue sont innervés par l’hypoglosse, à l’exception du stylo-glosse et du glosso-staphylin, innervés par le rameau lingual du facial, et du pharyngo-glosse, innervé lui-même par le plexus pharyngien. La langue reçoit, en outre, un rameau de la corde du tympan.
Momemenis de la langtie. — La langue à l’état de repos est large, molle et remplit complètement la cavité buccale. Les mouvements qu’elle exécute sont de deux espèces : extrinsèques et intrinsèques.
1“ Mouvements extrinsèques. — Ce sont des déplacements en totalité de l’organe, amenés en grande partie par des déplacements correspondants de l’os hyoïde. Ces mouvements, au nombre de quatre, sont accomplis par les muscles suivants : 1° élévation : stylo- hyoïdien, digastrique, constricteur moyen, mylo-hyoïdien, stylo-glosse, glossostaphylin ; 2“ abaissement ; muscles sous-hyoïdien et hyo-glosse ; l'excursion du mouvement de hant en bas est de 0>»,035 environ; 3“ mouvement en avant; génio-byoïdien, génio-glosse, mylo-byo'ïdien, ventre antérieur du digastrique ; 4“ mouvement en arriére: constricteur moyen, omo-hyoidien, ventre postérieur du digastrique et tous les muscles élévateurs, sauf le mylo-hyoïdien; l’excursion du mouvement d’avant en arrière a un peu plus de 0™,01.
2» Mouvements intrinsèques. — Us consistent en des changements de forme et sont produits par les muscles suivants : 1° allongement : lingual transverse; 2» raccourcissement ; fibres longitudinales; 3» aplatissement et élargissement dans le sens transversal : fibres verticales; 4» rétrécissement dans le sens transversal : fibres transverses ; 5» mouvements de latéralité ; stylo-glosse et fibres longitudinales d’un seul côté; 6» excavation de la face dorsale de la langue s'incurvant en gouttière: action combinée des fibres internes des génio-glosses qui fixent la partie médiane de la langue et des stylo-glosscs, lingual supérieur et glosso-staphylin, qui relèvent ses bords. On pourrait multiplier presque à l'infini ces mouvements partiels, dont l’analyse est souvent très difficile et parfois impossible. Parmi ces mouvements intrinsèques, il en est dans lesquels la langue prend un point fixe et s’arc-boute contre des parties solides de la cavité buccale (ex. : déglutition, production de consonnes explosives, etc.).