I. MogCLES Dü PHARTNX
Ces muscles sont compris entre deux lames celluleuses. La lame externe, très mince, reçoit de l’apophyse styloïde et de l’aponévrose des muscles styliens quelques faisceaux qui maintiennent l’angle formé par la réunion des faces latérales et de la face postérieure du pharynx ; elle se continue avec l’aponévrose buceinato-pharyngienne. La lame interne, aponévrose pharyngienne, s’attache en haut à l’apophyse basilaire, en avant du long du cou, et au tubercule pharyngien {aponévrose céphalo-pharyngienne), à la face inférieure du rocher en avant du trou earotidien, à la suture pétro-sphénoïdale en dehors et en avant de la trompe d’Eustaehe {aponévrose pétro-pharyngienne)] puis elle deseend entre la muqueuse et les muscles et prend quelques insertions à la partie postérieure de la ligne mylo-hyoïdienne ; elle diminue d’épaisseur de haut en bas.
A. Muscles constricteurs du pharynx. — Ils sont au nombre de trois, appelés, suivant leur position, supérieur, moyen et inférieur; ils s’engagent les uns dans les autres comme des cornets, de façon que le bord supérieur du constricteur moyen recouvre le bord inférieur du constricteur supérieur, tandis que son bord inférieur est recouvert par le bord supérieur du constricteur inférieur. Chacun d’eux se compose de deux moitiés, qui se réunissent en arriére sur la ligne médiane, en s’insérant à un raphé aponévrotique très marqué dans le tiers supérieur du pharynx ou en s’entre-eroisant pour aller se fixer à l’aponévrose pharyngienne.
1“ Constricteur inférieur (fig. 257, 3 ; fig. 258, 7). — Ce muscle a la forme d’un losange, dont l’angle inférieur serait arrondi et l’angle supérieur très aigu. Ils’attaehe par deux digitations : 1° à V arcade fibreuse, qui réunit les deux tubercules du cartilage thyroïde (muscle thyro-pharyngien) ; 2“ au bord inférieur du cartilage cricdide sous l’articulation crico-thyroïdienne {muscle crico-pharyngien). De là ses fibres se portent obliquement en haut et en dedans dans les trois quarts supérieurs du muscle et s’entrecroisent sur la ligne médiane avec celles du côté opposé, tandis que les fibres inférieures se continuent sans interruption d’un côté à l’autre et forment un demi-anneau de fibres circulaires à la partie inférieure du pharynx. Son angle supérieur recouvre l’angle inférieur du constricteur moyen.
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SPLANCHNOLOGIE
2“ Constricteur moyen (flg. 257, 2; fig. 258, 6). — Ce muscle, losangique, s’attache au hord supérieur de la grande corne et au bord externe de la petite corne de Vos hyoïde, ai Ae là s’irradie en éventail vers de raphé médian, de façon que les fibres supérieurs sont obliques en haut et en dedans, les inférieures en bas et en dedans, les moyennes transversales. L’angle supérieur très aigu du losange empiète sur la face postérieure du constricteur supérieur; l’angle inférieur obtus est caché par le constricteur inférieur. Le stylo-pharyngien s’engage sous son bord supérieur.
3“ Constricteur supérieur {A". 257, 1 ; fig. 268, i). — Ce muscle, rectangulaire, s’attache de haut en bas : au bord postérieur et au crochet de l'aile interne de V apophyse ptérygoïde (et, d’après Sappey, à l’aponévrose terminale du péristaphylin externe ; muscle occipito-staphylin), à la partie voisine de l’os palatin, à Y aponévrose buccinato -pharyngienne , qui le sépare du buccinateur, à la partie externe de la ligne mylo-hydidienne ; enfin une partie de ses fibres se jette dans la langue (mMscie pharyngo- glosse). De ces insertions, ses fibres se dirigent transversalement vers le raphé médian du pharynx.
11 sépare le péristaphylin interne de l’externe et forme par son bord supérieur une double arcade, à concavité supérieure, au-dessus de laquelle l’aponévrose céphalo-pharyngienne est à nu.
B. Muscles élévateurs. — 1" Stylo-pharyngien (fig. 258, 9). — Ce muscle s’attache à la partie antérieure et interne de l'apophyse styldide, et donne naissance à un faisceau aplati, qui se porte en dedans et en bas et pénètre entre le constricteur supérieur et le moyen. Alors ses fibres se perdent en partie dans Y aponévrose en s’étalant sur les parois latérales du pharynx en avant du pharyngo-staphylin, tandis que les autres vont aux bords de l'épiglotte et au repli pharyngo-épiglottique (muscle pharyngo -épiglottique), ainsi qu'au bord supérieur et à la grande corne du cartilage thyroïde.
11 répond en dehors au stylo-glosse et à la carotide externe, en dedans à la carotide interne et à la jugulaire interne. Le nerf glosso-pharyngien longe son côté externe.
2“ Pharyngo -staphylin. — Ce muscle a été décrit avec les muscles du voile du palais.
U. Muqueuse du pharynx
La muqueuse du pharynx ne présente pas une teinte uniforme ; elle est d’un rouge grisâtre parsemé de taches rouges irrégulières. Sur la voûte elle est très inégale ; partout ailleurs elle est lisse et soulevée seulement çà et là par quelques saillies glandulaires. Son adhérence aux parties sous-jacentes est très lâche et se fait au moyen d’un tissu cellulaire lamelleux facilement infiltrable.
Sa structure ne diffère pas essentiellement dans les parties gutturale et œsophagienne de celle de la muqueuse buccale ; elle a comme elle un épithélium pavimenteux stratifié, seulement elle n’a que très peu ou pas de papilles. La partie nasale, au contraire, se rapproche de la muqueuse nasale en ce qu’on y trouve un épithélium vibratile (voûte du pharynx, pourtour de l’oriflce des fosses nasales et de la trompe d’Eustache).
Les glandes sont des glandes en grappe; très nombreuses dans les parties supérieures (voûte et parois latérales), où elles forment une couche de plusieurs millimètres
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d'épaisseur, elles diminuent peu à peu de haut en bas et on ne les rencontre plus que par places (taches rouges de la muqueuse).
Les follicules clos du pharynx se présentent sous deux formes : 1“ isolés ou réunis en petit nombre (follicules composés), ils se disséminent autour des orifices des fosses nasales et de la trompe, et çà et là sur les parois latérales : on trouve souvent sur la ligne médiane de la paroi postérieure, et très près do la voûte, un amas de follicules clos (amygdale pharyngienne) agminés, les follicules clos constituent les amyg-
Amygdales outonsilles (fig. 252, H).
Les amygdales, au nombre de deux, sont situées de chaque côté du pharynx dans l’excavation triangulaire comprise entre les piliers du même côté, à la hauteur du trou dentaire. Leur forme est celle d’une amande à grand axe vertical ; elles ont 0"',02 environ de longueur sur 0"’,015 de largeur et O^jOl d’épaisseur. Leur face externe ou profonde, lisse, blanchâtre, répond à l’aponévrose pharyngienne, au constricteur supérieur et à l’amygdalo-glosse ; elle est assez éloignée de la carotide interne. Leur face interne ou libre est inégale et offre des saillies et’ des dépressions conduisant dans des lacunes, qui ne sont autre chose que les culs-de-sac des follicules composés, au nombre de dix à vingt, dont la réunion constitue l’amygdale. Leur structure doit être étudiée chez de jeunes sujets. Chez l’adulte elles sont presque toujours le siège d’altérations pathologiques qui en modifient la structure.
Les vaisseaux de l’amygdale sont très nombreux. Les artères proviennent de la pharyngienne inférieure et des palatines. Les veines forment à sa face externe un plexus tonsillaire. Les lymphatiques se jettent dans les ganglions sous-maxillaires.
Vaisseaux et nerfs du pharynx. — Les artères viennent de la pharyngienne inférieure par huit à dix rameaux, qui so détachent de sa partie interne; l’artère ptérygopalatine fournit à la voûte ; en outre quelques filets sont donnés par les artères thyroïdienne, vidienne, palatine ascendante et palatine postérieure. Les veines forment, surtout sur la paroi postérieure, un plexus à larges mailles, d’où i)artentune ou deux veines accompagnant l’artère pharyngienne inférieure et se jettent dans la veine jugulaire. Los lymphatiques vont aux ganglions rétro-pharyngiens ou péricarotidiens. Les nerfs viennent du plexus phai-yngien; la muqueuse de la voûte reçoit le rameau ptérygopalatin. Les ramifications du plexus pharyngien présentent de petits ganglions microsco-
§ III — Œsophage
L’œsophage (o'ï(?w, je porle'^'üpxyw, je mange) est un conduit allant du pharynx à l’estomac. Il a une longueur de 0'’',24 à 0"’,28 et s’étend de la cinquième vertèbre cervicale à la onzième vertèbre doi’sale. Il a la forme d’un cylindre aplati et, hors le moment du passage des aliments, il donne la sensation d’un cordon plein à cause de la rétraction de sa tunique musculaire, qui fait disparaître la lumière de son canal.
Son calibre varie dans les divers points de son trajet. Etroit à son origine (O^jOlé), il s’élargit ensuite en formant un renflement olivaire, se rétrécit de nouveau au niveau de la troisième vertèbre dorsale, s’élargit encore une fois pour se rétrécir encore (0"',012) avant d’arriver au cardia. Sauf à son origine qui ne peut dépasser O^-OIS, il est très dilatable et peut suivant ses divers points acquérir par la distension des dimensions allant de 0'",019 à 0'",035 (Mouton, Thèse de Paris, 1874).
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Sa direction est rectiligne, à part quelques inflexions légères ; d’abord sur la ligne médiane, il s’incline un peu à gauche, puis à la partie supérieure du thorax se porte à droite, et se replace enfin sur la ligne médiane pour subir une dernière inflexion à gauche avant de traverser le diaphragme.
Rapports. — 1“ .4 m cou, il est en rapport en avant avec la trachée et à gauche avec le nerf récurrent, le corps thyroïde et l’artère thyroïdienne inférieure; en arrière avec le rachis, sur les côtés avec l’artère carotide primitive et la veine jugulaire interne. 2“ Dans le thorax, il est situé dans le médiastin postérieur et répond; en avant, à la trachée, à la bronche gauche, à la crosse de l’aorte, au péricarde et médiatement à l’oreillette gauche ; en arrière, au rachis jusqu’à la quatrième vertèbre dorsale, puis à l’aorte, qui est placée d’abord à sa gauche, puis en arrière de lui; sur les côtés, il répond, à droite au médiastin postérieur dans toute sa hauteur, à gauche à l’aorte et à la partie inférieure du médiastin postérieur. Les nerfs pneumogastriques, situés d’abord sur ses parties latérales, se placent, le gauche en avant, le droit en arrière de l’œsophage. Il traverse enfin l’orifice œsophagien du diaphragme, auquel il adhère par des fibres musculaires et des tractus celluleux, et presque immédiatement au-dessous, se continue avec l’estomac. Un tissu cellulaire lâche le rattache aux parties voisines.
Conformation, intérieure. — Ses parois, épaisses d’environ 0'",002, se composent de deux tuniques, lâchement unies entre elles, une tunique musculaire et une muqueuse. Cette dernière, de couleur blanchâtre, présente des plis longitudinaux, qui donnent à la lumière du canal, sur une section transversale, l’apparence étoilée.
La muqueuse possède un épithélium pavimenteux stratifié et quelques glandes en grappe très clair semées, sauf au cardia, où elles forment un anneau serré, La partie profonde de la muqueuse possède une couche longitudinale de fibres lisses.
La tunique musculaire, qui forme les trois quarts de l’épaisseur totale des parois, comprend deux couches, une couche externe de fibres longitudinales, une couche interne de fibres aimulaires. Les fibres longitudinales proviennent en grande partie d’une membrane élastique attachée à la crête postérieure du cartilage cricoïde. Ces fibres reçoivent deux faisceaux de renforcement : le premier, long de 0'",01 sur O"», 001, de large, naît de la bronche gauche (muscle broncho-œsophagien), le second, long de 0™,02 sur 0™,005 de large, du feuillet gauche et, suivant Gillette, des deux feuillets du médiastin postéiieur (muscle pleur o-œsophagien). 11 en reçoit en outre de très fins de la paroi postérieure de la trachée, de l’arc de l’aorte, du diaphragme {Gillette, descnption et structure de la tunique musculaire de l’œsophage ; Journal de V anatomie, 1872). [.es fibres musculaires de l’œsophage sont striées dans la partie cervicale, lisses dans la moitié inférieure de la partie thoracique; dans le milieu on trouve un mélange des doux espèces de fibres. Les muscles pleuro et broncho-œsophagien sont des muscles lisses.
Vaisseaux et nerfs. — Les artères viennent : au cou, de la thyroïdienne inférieure ; dans le thorax, de l’aorte (artères œsophagiennes), des bronchiques et des intercostales au-dessous du diaphragme, de la diaphragmatique inférieure et de la coronaire stomachique. Les veines vont dans les veines correspondantes et dans la veine azygos. Les lymphatiques se jettent dans les ganglions profonds et inférieurs du cou et dans ceux du médiastin postéiieur. Les nerfs viennent du nerf récurrent et du imeumogastrique et forment un plexus qui enlace l’œsophage.
§ I — Estomac
L’estomac, ventriculus, représente une dilatation du canal alimentaire in^ termédiaire à l’œsophage et à l’intestinj et située dans l’hypochondre gauche et
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la région épigastrique (voy. flg. 271, 41). Sa forme est celle d’un ovoïde dont la grosse extrémité serait tournée en haut et à gauche. Sa direction n’est pas transversale, mais fortement oblique en bas, à droite et en arrière. Gomme conformation extérieure (fig. 259, A), examiné à l’état de distension modérée, il présente : 1“ deux faces, l’une antéro-supérieure, l’autre postéro-inférieure; 2» deux extrémités par lesquelles il se continue avec le reste de l’intestin, l’une œsophagienne, cardia (2), l’autre duodénale, ‘pylore (4) ; 3“ deux bords, correspondant aux vaisseaux de l’organe et aux replis péritonéaux qui le rattachent aux parties voisines : un bord supérieur, petite courbure (6), à concavité supérieure et droite, allant directement du cardia au pylore ; un bord inférieur, grande courbure (7), convexe, beaucoup plus étendu. Toute la ' partie de l’estomac située à gauche du cardia porte le nom de grosse tubérosité ou grand cul-de-sac (8) ; la partie qui avoisine le pylore offre ordinairement une dilatation, petite tubérosité, petit cul-de-sac, ou antre du pylore (5), séparées souvent du reste par un étranglement circulaire.
Les dimensions de l’estomac sont très variables : à l’état de vacuité il est contracté et représente un cylindre dépassant à peine le diamètre du gros intestin; à mesure qu’il se remplit, sa dilatation se produit, mais elle se fait surtout aux dépens de la grande courbure et du grand cul-de-sac, tandis que la petite courbure ne varie pas. La distance du cardia au pylore est d’environ ()"',12; la longueur totale de l’estomac, à l’état de distension, est de O™ ,30 à 0™,35; sa capacité, plus grande chez les hommes que chez les femmes, varie dans des limites impossibles à préciser.
Rapports (fig. 271). — Les cinq sixièmes de l’estomac sont placés à gauche, et le sixième restant (région pylorique) à droite de la ligne médiane ; le grand cul-de-sac et la plus grande partie du corps sont situés dans l’hypochondre gauche, le reste du corps et un petit segment de la région pj'lorique dans l’épigastre. Le cardia répond à l’extrémité interne des sixième et septième cartilages costaux gauches et à la onzième vertèbre dorsale ; le pylore se trouve à la hauteur du corps de la première vertèbre lombaire, mais le grand cul-desac d’une part, et le petit de l’autre, dépassent l’un en haut, l’autre en bas ces deux niveaux, La face antérieure est en rapport avec le diaphragme, et, par une petite étendue plus large à gauche, avec la paroi abdominale ; la face postérieure recouvre le pancréas et les vaisseaux spléniques, la troisième portion du duodénum, l’artère et la veine mésentériques supérieures et le côlon transverse. Le grand cul-de-sac répond à la rate, à la partie supérieure du rein gauche et au diaphragme; la petite courbure embrasse le lobe de Spigel; la grande, surtout dans l’état de distension, s’accole à la paroi abdominale antérieure et au diaphragme. Les rapports des deux faces, du grand cul-de-sac, etde la grande courbure, sont du reste plus ou moins étendus suivant l’état de distension de l’organe, qui, en même temps qu’il se dilate, se redresse en tour nant de bas en haut autour d’un axe fictif allant du cardia au pylore. L’estomac est rattaché aux parties voisines par des replis péritonéaux, qui seront décrits avec le péritoine.
C on for ‘mat ion intérieure, — L’épaisseur des parois de l’estomac est d’environ 0"',003 ; mais cette épaisseur n’est pas uniforme ; au minimum à la grosse tubérosité, elle augmente à mesure qu’on se rapproche du pylore. Ges parois se composent de trois tuniques isolables par la dissection et qui sont de dehors en dedans : 1° une tunique séreuse, dépendance du péritoine, et qui manque
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au niveau des deux courbures; elle adhère intimement à la couche suivante ; 2“ une tunique musculaire ; 3° une muqueuse lâchement unie à la précédente.
Examinée à l’intérieur, la muqueuse stomacale a une couleur blanc-grisâtre, qui devient rosée ou rouge-vif au moment de la digestion, sauf dans la région pylorique, et un aspect velouté. Elle présente des plis flexueux irréguliers effacés dans l’état de distension, et des sillons qui circonscrivent des espaces polygonaux de 0''’,002 à 0'”,008 de largeur ; c’est Y état mamelonné pris longtemps pour un état pathologique. Au cardia la limite des deux muqueuses est indiquée par une ligne dentelée; au pylore elle est formée i)ar un repli, valmtle pylorique, à peu prés circulaire, plus abrupte du côté de l’intestin grêle et dont l’orifice est ordinairement central. La muqueuse stomacale est toujours recouverte d’une matière grisâtre, filante (mucus), composée de cellules à pepsine et de débris épithéliaux. Sa consistance, assez ferme à l’état .normal, s’altère très vite après la mort.
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Structure. — Tunique musculaire (fig. 259). — Elle se compose de trois plans de fibres qui sont, en allant de l’extérieur vers l’intérieur, des fibres longitudinales, des fibres annulaires et des fibres obliques. Les deux premières sont les analogues de celles qu’on rencontre dans les autres parties du tube intestinal ; les troisièmes sont spéciales à l'estomac. Toutes sont des fibres lisses.
lo libres longitudinales (flg. 259, A). — Elles proviennent des fibres longitudinales de l’œsophage et s’irradient dans toutes les directions en se perdant bientôt sur les deux faces de l’estomac; une partie de ces fibres forme un faisceau épais, qui suit la petite courbure (6). Près du pjdore les fibres longitudinales reparaissent et forment une couche continue (10). A ce niveau -on trouve sous la séreuse et intimement unies à elle des bandelettes fibreuses, ligaments pyloriques, agents de l’étranglement qui sépare l’antre du pylore du reste de l'estomac. Los fibres longitudinales ouvrent le pylore elle cardia.
2» Fibres circulaires (fig. 259, B, 2, 3). — Elles forment une couche non interrompue sur toute l’étendue de l’estomae. Au pylore elles s’aecumulent en un véritable sphineter, sphincter pylorique (4) contenu dans la valvule du meme nom. Lo cardia n’a pas de sphincter.
3® Fibres obliques (fig. 259, B, 5). — Celles-ci, situées immédiatement sous la muqueuse, forment une anse, dont la concavité embrasse le côté gaucho du cardia, et dont les branches se portent obliquement et à droite vers la grande courbure sur les deux faces de l’estomac. Ces fibres, par leur contraction, peuvent partager l'estomac en deux parties ; 1“ une partie inférieure et gauche, correspondant au grand cul-de-sac, réser- • voir où s’accumulent les matières alimentaires ; 2® une partie supérieure, constituant un canal qui longe la petite courbure et permet aux liquides de passer directement de l’œsophage dans le duodénum sans séjourner dans l'estomac. 11 en est de môme des liquides (bile, etc.) qui refluent du duodénum 'dans l’œsophage.
Muqueuse. — La muqueuse stomacale (fig. 260), épaisse d’environ O^jOGl, se compose de trois couches ; une couché glanduleuse, une couche musculeuse, une couche fibreuse.
1“ Couche glanduleuse. — C’est la plus superficielle et la plus épaisse, puisqu’elle a près de O'^jOOl .
Si, après avoir debarrasse la muqueuse du mucus qui la recouvre, on l'examine à la loupe, ôn aperçoit de petites fossettes qui lui donnent un aspect criblé, fossette.î séparées par des saillies ou crêtes, qui près du pylore prennent un développement assez considérable, villosités lamelleuses pyloriques. Dans chaque fossette on trouve deux à huit orifices glandulaires.
Les glandes àe l’estomac (fig 261), sauf quelques petües glandes en grappe situées près du pylore, sont toutes des glandes en tube. Ces tubes s ont ordinairement simples, rectilignes, parallèles, serrés étroitement les uns contre les autres ; ils se composent d’une membrane propre et d’un épithélium. 11 en est de deux espèces, des glandes d suc gastrique et des glandes mucipares .
1® Les glandes à suc gastrique (fig. 261, B) existent sur toute la surface de l’estomac, sauf la région pylorique; elles contiennent des cellules dites à pepsine, arrondies, volumineuses (0”.014), avec un noyau évident et un contenu granulé,
(•) a) Glandes. — b) Couche musculaire de la muqueuse. — c) Tissu sous-muqueux traversé par des vaisseaux coupés en travers. — d} Fibres musculaires circulaires. — ej Fibres longitudinales coupées en travers. — f; Tériloine. Grossissement = 50 diamètres (KOlliker;.
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qui remplissent presque entièrement la lumière du canal ; la partie du tube voisine de la surface de la muqueuse est seule tapissée d’épithélium cylindrique. Autour du cardia elles sont plutôt composées, c’est-à-dire formées par plusieurs tubes débouchant dans un canal excréteur commun; 2“ les glandes mucipares (fig. 261, A) ne se rencontrent que dans l’antre du pylore ; elles sont tapissées dans toute l’étendue du canal par un épithélium cylindrique.
Fig. 2C1. — Glandes composées de Vestomac de l'homme {').
Les recherches récentes de Rollett, Heidenhain, etc., ont montré que ces glandes contiennent deux espèces de cellules ; 1“ des cellules volumineuses accolées à la membrane propre du tube glandulaire qu’elles soulèvent , ce sont les cellules à pepsine des auteurs {cellules de revêtement d'Heidenhain, cellules délomorphes de Rollett); 2“ des cellules plus petites, intérieures aux précédentes {cellules principales d’Heidenhain, cel~ Iules adélomorplies de Rollett).
D’après Frey, les glandes à suc gastrique se composent de quatre segments qui présentent les caractères suivants, en allant de l’embouchure vers le cul-de-sac glandulaire : 1“ l’embouchure, stomach-cell des Anglais, fossette stomacale des Allemands, dé pression tapissée par l’épithélium cylindrique simple; 2“ une portion dans laquelle les cellules sont plus larges, plus basses, plus granuleuses; S’ un segment tapissé par une couche continue de cellules à pepsine ; 4" le cul-de-sac glandulaire dans lequel se trouvent alors les deux espèces de cellules, cellules principales d’Heidenhain, et cellules a pepsine, dans la situation décrite plus haut.
L’épithélium qui tapisse la muqueuse dans l’intervalle des orifices glandulaires est un épithélium cylindrique simple.
Le tissu interstitiel, intermédiaire aux glandes ou constituant les saillies et les villosités, est formé par une substance connective homogène ou fibreuse, prenant souvent le
(*) A) Glande mucineuse de la partie pylorique. — B) Glande à sue gastrique de la région pylorique. - Grossissement = 100 diamètres (Kolliker).
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caractère du tissu connectif réticulé. On y trouve des follicules clos, disséminés très irrégulièrement et soulevant la muqueuse comme de petites granulations arrondies.
2° Couche musculaire. — Elle est très mince et composée de fibres lisses transversales (internes) et longitudinales (externes) accolées immédiatement aux culs-de-sac glandulaires.
3“ Couche fibreuse. — C’est une couche de tissu connectif (tissu sous-muqueux) reliant la muqueuse à la tunique musculaire ; elle sert de support aux vaisseaux et aux
l'estomao sur «ne section verticale {*).
Fig. 263. — Capillaires superficiels de la mu~ queuse stomacale (*■).
Vaisseaux et nerfs. — Les artères (fig. 262 et 263) viennent des artères coronaire stomachique, pylorique, gastro-épiploïques et des vaisseaux courts. Elles donnent naissance à un réseau qui se distribue dans la couche fibreuse et d’où partent des rameaux allant d’une part à la tunique musculaire, de l’autre à la muqueuse. Les glandes sont entourées par deux réseaux capillaires très fins communiquant entre eux, l’un profond correspondant aux culs-de-sac, l’autre superficiel aux orifices glandulaires. C’est de ce dernier seul que partent les radicules veineuses pour se rendre à un réseau veineux à mailles lâches placé dans la couche sous-muqueuse et qui donne naissance aux veines satellites des artères. Les lymphatiques constituent, outre le réseau sous-séreux, deux réseaux, l’un superficiel, situé à la base de la couche glandulaire entre elle et la couche musculaire de la muqueuse, l’autre profond dans le tissu sous-muqueux. D’après Loven, ce réseau enverrait des irradiations en cul-de-sac jusqu’à la partie superficielle de la muqueuse. Les vaisseaux se rendent à de petits ganglions situés le long de la petite et de la grande courbure. Les nerfs viennent du pneumo-gastrique et du grand sympathique et forment dans le tissu sous-muqueux un plexus pourvu de ganglions microscopiques ; leur terminaison est inconnue. ^
§ "V. — Intestin grêle
L’intestin grêle représente un tube cylindrique ou plutôt un cône très allongé à base supérieure allant du pylore au gros intestin, dont le sépare la valvule iléo-cæcale. Il se divise en deux portions, le duodénum et Vintestin grêle proprement dit, divisé souvent lui-même en jéjunum et iléum, distinction tout à fait inutile. (•) (•*)
(•) a) Petite artère du plexus dans le tissu sous-muqueux. — tj Capillaires formant un réseau autour des glandes en tube. — r) Capillaires plus volumineux formant un réseau superficiel autour des orifices des glandes. — v) Veine. — Grossissement = 30 diamètres (Brinton).
(•*) Les capillaires ont été injectés. — Grossissement = 60 diamètres (Brinton).
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1‘ Duodénum
Le duodénum (duodeni, douze, douze travers de doigt) commence au pylore et se termine à gauche de la deuxième vertèbre lombaire. Il a 0'",20 à 0™,30 de longueur sur 0"', 037 de largeur; son calibre du reste n’est pas égal partout, et il présente à son origine une dilatation sacciforme. 11 se compose de trois parties formant un fer à cheval à concavité gauche, qui embrasse la tète du pancréas. La première portion (fig. 271), située à la hauteur de la première vertèbre lombaire, se porte horizontalement à droite et en arrière, à droite du rachis et de la veine cave inférieure et est couverte par le foie et la partie postérieure de la vésicule biliaire. La deuxième descend obliquement en dedans et à droite des deuxième et troisième vertèbres lombaires, en avant du rein droit; elle reçoit les canaux cholédoque et pancréatique. La troisième portion se dirige de droite à gauche en avant du corps de la troisième lombaire, de la veine cave inférieure et de l’aorte, en montant obliquement de façon à atteindre presque la hauteur de la première vertèbre lombaire.
Le duodénum a une très grande fixité, due d’abord aux replis péritonéaux qui le rattachent au foie (ligament hépato-duodénal), puis au tissu cellulaire qui l’unit intimement à la veine cave inférieure et à l’aorte, enfin à un petit muscle lisse, muscle suspenseur du duodénum. C’est un faisceau mince naissant du tissu cellulaire qui entoure le tronc cœliaque et qui se perd dans les fibres longitudinales de la troisième portion du duodénum (Treitz). Le péritoine ne recouvre que la partie antérieure du duodénum.
2° Intestin grêle ou J éjuno-iléon
L’intestin grêle se compose à' anses ou circonvolutions très mobiles les unes sur les autres ; elles forment une masse flottante qui occupe tout l’espace de la cavité abdominale laissé libre par les organes plus fixes, et en particulier la partie moyenne et l’excavation du petit bassin. Ces anses sont rattachées à la paroi abdominale postérieure par le mésentère, repli du péritoine qui contient les vaisseaux et les nerfs de l’intestin ; sauf la ligne d'insei’tion du mésentère, hile ou bord concave de l’intestin, toute la périphérie de ce tube est libre et lisse. L’iléon, qui constitue la partie la plus déclive de l’intestin grêle, se termine dans la fosse iliaque droite en s’abouchant dans le cæcum.
La longueur de l’intestin grêle oseille dans des limites très étendues (4 à 8 mètres) ; son diamètre, qui décroît régulièrement de haut en bas, est de 0"',03 en moyenne.
On trouve quelquefois à 0'",5 de l’extrémité inférieure un diverticule, diverticule de l'iléon, sorte d’appendice ou cul-de-sac plus ou moins long, vestige' du conduit existant dans la vie embryonnaire entre l’intestin et la vésicule ombilicale.
Conformation intérieure. — Les parois de l’intestin grêle, dont l’épaisseur ne dépasse pas O™, 001, se composent, en allant de l’extérieur vers l’intérieur, des tuniques suivantes : tunique séreuse, tunique musculeuse et muqueuse.
1“ La séreuse, très mince (0'"'",07), formée par le péritoine, est très incomplète sur le duodénum ; elle entoure à peu près complètement sa première
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portion, mais elle ne recouvre la deuxième qu’en avant et en dehors, et la troisième en avant seulement ; pour l’intestin grêle proprement dit, elle tapisse toute sa surface, sauf l’insertion du mésentère. Elle est intimement soudée à la tunique musculaire.
2“ La tunique musculaire, composée de fibres lisses, diminue d’épaisseur du pylore au gros intestin ; elle comprend une couche externe de fibres longitudinales, et une couche interne plus épaisse de fibres circulaires.
3“ La muqueuse, molle, délicate, se déchirant facilement, a une couleur gris-rosé pâle qui devient rouge dans la digestion ; cette rougeur est ordinairement plus prononcée autour des follicules solitaires et des plaques de Payer. Elle présente sur sa face libre des replis transversaux, valvules conniventes ; des filaments très fins, bien visibles sous l’eau, et qui lui donnent un aspect velouté, villosités; des soulèvements légers, sous forme de grains ou de plaques, visibles surtout par transparence et dus à des follicules clos (follicules solitaires et 'plaques de Payer) ; enfin une multitude à' orifices ylandulaires peu près invisibles à l’œil nu.
Les valvules conniventes commencent dans la deuxième portion du duodénum, sont d’abord très nombreuses, puis diminuent peu à peu et cessent enfin tout à fait à O”, 50 environ de la terminaison de l’intestin grêle. Ce sont des replis transversaux perpendiculaires à l’axe de l’intestin ; ils forment rarement un anneau complet et n’occupent d’ordinaire que la moitié ou les deux tiers de sa périphérie. Ils ont donc la forme d’un, croissant, dont les deux extrémités se terminent en pointe, dont le bord convexe est adhérent à l’intestin, et le bord concave libre dans sa cavité ; la hauteur de leur partie moyenne ne dépasse pas 0“,004 à 0"’,005 ; beaucoup de ces replis sont obliques et communiquent par des prolongements. Quand l’intestin est affaissé, ils se recouvrent en s’imbriquant ; quand il est turgescent, ils se redressent et interceptent des gouttières transversales. Ces valvules sont constituées par la muqueuse repliée sur elle-même, et ont par suite la même structure que celle-ci.
Les follicules solitaires se présentent à l’œil nu sous l’aspect de grains arrondis, mous, blanchâtres, de 0'”,0005 à 0"’,004, disséminés très irrégulièrement dans toute l’étendue de la muqueuse et en nombre très variable. Quand ils sont très volumineux, ils débordent la muqueuse et arrivent jusque dans le tissu cellulaire sous-muqueux ; ordinairement, à leur niveau, la face libre de la muqueuse offre l’aspect d’un orifice ombiliqué dû simplement à la saillie des villosités autour du follicule clos.
Les plaques de Payer dont le nombre, très variable, est de vingt à vinglcinq en moyenne, n’existent que dans la partie inférieure de l’intestin grêle, et sont d’autantplus nombreuses etplus volumineuses qu’on se rapproche de la valvule iléo-cæcale. Elles sont arrondies ou elliptiques et alors trois ou quatre fois plus longues que larges, et leur grand axe est dans ce cas parallèle au grand axe de l’intestin ; elles peuvent atteindre 0"’,05 de longueur et même plus. Elles sont toujours situées du côté de l’intestin opposé au mésentère. Leur surface n’est pas lisse, mais a un aspect criblé (plaques gaufrées) et dépasse à peine le niveau de la muqueuse.
Structure de la muqueuse (flg. 264). — La muqueuse intestinale se compose de quatre couches qui sont, de dedans en dehors : une couche épithéliale, le derme muqueux, une couche musculaire, une couche cellulaire ou sous-muqueuse.
A. Couche épithéliale. — Moulée sur les inégalités du derme muqueux, elle est for-
SPLANCHNOLOGIE
mée par une couche simple de cellules épithéliales cylindriques. Ces cellules présentent à leur face libre un épaississement, de sorte que l’épithélium paraît recouvert d’une membrane mince (fig. 1, XV, B), Cette membrane oifre des stries allant de la face libre à la face épithéliale, stries sur la nature desquelles on n’est pas encore fixé (pores canaliculés ?).
de ViniesHn grêle (*)
B. Derme muqueux. — Cette couche, très importante et très complexe, est formée par une charpente de tissu connectif réticulé plus ou moins infiltré de globules blancs et présente comme détails de structure: 1“ des saillies ou villosités; 2“ des glandes, glandes de Lieberkühn et de Brunner; 3o des follicules clos, follicules solitaires et plaques de Payer.
a) Villosités (fig. 264, 10). — Elles occupent toute l’étendue de l'intestin grêle, mais sont beaucoup plus nombreuses dans la partie supérieure. Ce sont de petits prolongements filamenteux de la muqueuse, dont la longueur varie entre Omi» ,5 et Omni, 7, et dont la forme, lamelleuse dans le duodénum, est pyramidale, conique, cylindrique ou
(•) Coupe longitudinale et verticale de la muqueuse intestinale (demi-schématique). — 1) Séreuse.
— 2) Fibres musculaires longitudinales. — 3) Fibres circulaires. — 4) Tissu sous-muqueux. — 5) Couche musculaire de la muqueuse. — 6) Couche glandulaire. — 7) Follicule clos. — 8) Glandes de Lieberkühn.
— 9) Corona tubulorum. — iO) Villosité. - 11) Revêtement épithélial. — 12) Fibres lisses de la villosité. — 13) Chylifère central. — 14) Réseau lymphatique de la muqueuse. — 15) Réseau lymphatique sous-muqueux. - 16) Artère. - 17) Branche artérielle de la villosité. - 18) Réseau capillaire de la villosité. — 19) Réseau capillaire entourant les glandes. — 20) Réseau périglandulaire superficiel. — 21) Veine qui en part. — 22) Veine de la villosité. - 23) Tronc veineux. - 24) Plexus nerveux myentèrique. — ÿo) Nerfs de la muqueuse.
ORGANES DIGESTIFS
en massue dans le reste de l’intestin. Comme texture, elles sont formées comme le derme muqueux par du tissu réticulé, dans lequel on trouve des fibres lisses longitudinales qui leur donnent leur contractilité, et recouvertes par l’épithélium intestinal. A leur centre est un canal lymphatique (13), chylifère central, terminé supérieurement en culde-sac et allant s’ouvrir en bas dans le réseau lymphatique de la base des villosités. A la périphérie de la villosité, immédiatement sous l’épithélium, est un riche réseau capillaire sanguin.
Letzerich avait décrit entre les cellules épithéliales des villosités des organes particuliers, déjà entrevus par Gruby et Delafond ; c’étaient des vacuoles inter-épithéliales, ouvertes du côté de la cavité intestinale et communiquant à l’autre extrémité avec un réseau aboutissant au chylifère central. 11 expliquait ainsi l’absorption de la graisse dans l’intestin. D’après les recherches plus récentes de E. Schultzo, etc., ces organes ne sont autre chose que des cellules , cellules caliciformes (fig. 265) ouvertes du côté de l’intestin ; leur fond es tapissé par une couche de protoplasma granuleux entourant un noyau ; le corps de la cellule contient une masse muqueuse colloïde, qui se déverse dans la cavité de l’intestin.
b) Glandes. — 1“ Glandes de Lieberkühn (fig. 264, 8) : elles existent dans toute l’étendue de l’intestin grêle ; ce sont des glandes en tube simples, dont la hauteur est mesurée par l’épaisseur du derme muqueux à partir de la base des villosités. Elles sont disposées parallèlement les unes à côté des autres et tellement rapprochées qu’il ne reste guère que la place des vaisseaux. Elles s’ouvrent à la surface de la muqueuse dans l’intervalle des villosités ; autour des follicules solitaires, elles se disposent circulairement en forme de couronne, eorona tubulorum. Elles se composent d’une membrane propre mince, homogène, et d’un épithélium cylindrique. Elles sécrètent le suc intestinal. 2“ Glandes de Brunner ; ces glandes n’existent que dans le duodénum ; très nombreuses dans la première portion, elles diminuent peu à peu pour cesser tout à fait à la fin de la troisième. Elles sont situées dans la couche cellulaire sous-muqueuse. Ce sont des glandes en grappe ayant la même structure que les glandes de la cavité buccale ; elles sécrètent un liquide alcalin. D’après des recherches récentes, elles se rapprocheraient comme structure des glandes pyloriques.
c) Follicules clos (fig. 264, 7). — Le tissu connectif réticulé de la muqueuse contient à l’état normal une certaine quantité de globules blancs ; ces globules peuvent augmenter de nombre et former alors une véritable infiltration diffuse ; mais ordinairement ils s'accumulent en plus grande quantité en certains endroits ; ces infiltrations partielles circonscrites donnent naissance à des granulations arrondies plus ou moins distinctes à leur périphérie du tissu réticulé ambiant ; ce sont les follicules clos ; isolés, ils constituent les follicules solitaires ; agminés, les plaques de Payer. Dans l’intervalle des follicules clos des plaques de Payer on trouve des villosités et des glandes de Lieberkühn.
C. Couche musculaire delà muqueuse (fig. 264, 5). — Son épaisseur est très faible; elle se compose de fibres lisses longitudinales.
D. Couche cellulaire sous-muqueuse (fig. 264, 4). — Cette couche, qui réunit la muqueuse à la tunique musculaire, est formée par un tissu connectif fibrillaire lâche, servant de support aux vaisseaux et aux nerfs.
C) Cellules ealiciformes de l'intestin grêle du chat. - t. Renêlement épithélial. — a) Ouverture des cellules caliciformes. — 6) Contour des cellules caliciformes. — c) La face libre des cellules cylinriques ordinaires.
2. — Cellule caliciforme isolée. - a) Ouverture. — r) Noyau. — p) Prolongement. — (Ranvier.)
SPLANCHNOLOGIE
Vaisseaux et nerfs. — Les artères viennent de l’hépatique (duodénum) et de la mésentérique supérieure. Elles constituent dans le tissu sous-muqueux un réseau, d’où partent des artérioles d’une part pour la muqueuse, de l’autre pour les tuniques musculaire et séreuse. Les glandes de Lieberkühn sont entourées d’un réseau capillaire serré analogue à celui des glandes stomacales. Dans les follicules clos les capillaires forment des anses, dont la convexité correspond au centre du follicule. Les veines suivent les artères ; elles ont la même disposition que dans la muqueuse stomacale.
Lymphatiques. — Les follicules clos sont entourés par un réseau lymphatique, comme un ballon par son filet ; les chylifères des villosités s’ouvrent dans un réseau situé à la base des villosités autour des oriflces glandulaires ; un autre réseau très fin se trouve entre la partie profonde de la couche glandulaire et la couche musculaire de la muqueuse; les vaisseaux émergents de cos divers points se rendent tous dans un réseau à larges mailles et à vaisseaux volumineux situé dans le tissu sous-muqueux. Les lymphatiques qui en partent se rendent aux troncs situés à l’insertion du mésentère, soit directement, en traversant la tunique musculaire, soit médiatement par l’intermédiaire d’un j’éseau lymphatique placé entre la couche des fibres annulaires et la couche des fibres longitudinales (Auerbach). Le chyle aurait donc deux voies ditférentes d’écoulement, suivant l’état de contraction de la tunique musculaire de l’intestin.
Les nerfs proviennent du plexus solaire. Ils constituent deux plexus : l’un, situé dans le tissu sous-muqueux et destiné surtout à la muqueuse ; l’autre, plus mince, situé entre les fibres circulaires et les fibres longituninales et destiné à la tunique musculaii’e (p’exus myentérique d' Auerbach) ; tous deux contiennent de petits ganglions raicrosco-
§ VI. — Gros intestin
Lo gros intestin s’étend de la valvule iléo-cæcale à l’anus. Il monte d'abord verticalement depuis la fosse iliaque droite jusqu’à la face inférieure du foie, là il se recourbe (courbure hépatique) pour se porter transversalement à gauche; arrivé au-dessous de la rate, il se recourbe de nouveau (courbure splénique), descend verticalement vers la fosse illiaque gauche, s’y infléchit en S (S iliaque), puis se porte on bas et à droite en s'enfonçant dans le bassin en avant du sacrum et du coccyx, et se termine enfln à l’anus. Il décrit ainsi une ligne courbe comparée à un point d’interrogation (?) et circonscrit en partie l’intestin grêle. Ce dernier ne se continue pas canal à canal avec le gros intestin, mais il vient se jeter sur lui perpendiculairement ou plutôt un peu obliquement et à une petite distance de son origine; il en résulte un cul-de-sac situé au-dessous de l’insertion de l’intestin grêle et faisant avec lui un angle aigu ; c’cst le cæcum. La partie qui fait suite au cæcum ou côlon se divise en côlon ascendant, côlon Iransverse et côlon descendant, et se termine en bas, après avoir foi’mé l’S iliaque, au niveau de l’articulation sacro-iliaque gauche ; enfln la dernière partie du gros intestin est le rectum.
La longueur totale du gros intestin est de 1"',50 environ; son calibre, plus considérable que celui de l’intestin grêle, n’est pas uniforme dans les diversesparties de son trajet; la plus grande largeur (0"',08) correspond au cæcum; il diminue ensuite jusqu’à la partie supérieure du rectum, se dilate de nouveau (ampoule rectale) pour se rétrécir enfln près de l’anus.
!■ Cæcom
Le cæcum a une longueur de 0"’,25 à 0",09. Sa forme n’est pas régulièrement cylindrique, mais il présente des bosselures analogues à celles qui se
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trouvent sur le cOlon ; on y voit aussi le commencement des trois ligaments du côlon. Il est légèrement oblique de haut en bas et de droite à gauche. Placé dans la fosse iliaque droite, il est en rapport en avant avec la paroi abdominale, en arrière avec le fascia iliaca. Sa partie postérieure, inférieure et gauche donne attache à un diverticule creux, appendice iléo-cæcal ou verlong de 0“,05 a 0"’,08, flexueux ou tordu en spirale. Il est plus ou moins complètement enveloppé par le péintoine.'
2° C61on
Le côlon (xioXum, j’empêche), offre des bosselures disposées sur trois séries longitudinales et séparées par trois bandes ou rubans musculaireslongitudinaux, dw eôfow,- les bosselures de chaque série sont séparées par
des sillons transversaux; sur le côlon descendant, il n'y a plus que deux séries de bosselures et deux ligaments; à la fin de l'S iliaque, elles disparaissent tout à fait.
Les rapports du côlon varient pour ses différentes portions ; 1® le côlon ascendant répond en arrière au carré des lombes et au bord externe du rein droit, en dehors et en avant à la paroi abdominale ; 2“ le côlon transverse forme un arc faiblement convexe en bas, arc du côlon, situé sous la grande courbure de l’estomac et séparé de la paroi abdominale par le grand épiploon ; 3“le côfowdescendaw#, plus long que le côlon ascendant, a du reste les mêmes rapports. Le côlon transverse est seul enveloppé par le péritoine, qui ne fait que recouvrir les deux tiers antérieurs des deux autres parties. La fixité de ces deux dernières est par suite beaucoup plus grande que celle du côlon transverse et de l’S iliaque.
3° Rectum
Le rectum a une longueur de P“,25 environ. Il commence à l’articulation sacro-iliaque gauche, se porte en bas et à droite jusqu’à la troisième vertèbre sacrée, puis suit la courbure du sacrum en se portant d’abord un peu à gauche, puis à droite ; il revient ensuite sur la ligne médiane et, arrivé à la pointe du’ coccyx, se porte en arrière pour se terminer à l’anus. Il est donc infléchi dans le sens latéral et dans le sens antéro-postérieur. Jusqu’à la deuxième vertèbre sacrée, il est enveloppé par le péritoine, qui lui forme un mesorectum ; dans sa deuxième portion, jusqu’à la deuxième vertèbre sacrée, le péritoine ne fait que le recouvrir en avant et sur les côtés ; enfin, dans le reste de son étendue, il est tout à fait libre.
Rapports. — 1“ La troisième portion répond, chez l’homme (fig. 312), au bas-fond de la vessie et à la prostate, dont le sépare un tissu cellulaire lâche ; plus bas, comme elle se porte en arrière, elle s’écarte de la partie membraneuse de l’urètre (triangle recto-urétral) . Chez’ la femme (fig. 333), elle répond au vagin, auquel elle est soudée intimement pour former la cloison recto- vaginale, puis s’en éloigne (triangle recto-vaginal/, 2® la deuxième portion est séparée de la vessie chez l’homme, de l’utérus et du vagin chez la femme, par le cul-de-sac qui résulte de la réflexion du péritoine sur ces organes, cul-desac où viennent se placer les circonvolutions de l’intestin grêle.
Conformation intérieure du gros intestin. — Les parois du gros intestin ont 0"*,015 d’épaisseur au niveau des ligaments du côlon, 0'",001 au niveau
SPLANCHNOLOGIE
des bosselures. Elles se composent, comme l’intestin grêle, de trois tuniques : la séreuse, la tunique musculaire et la muqueuse.
1“ La Séreuse, beaucoup plus incomplète que sur l’intestin grêle, sera décrite avec le péritoine.
ÏI[
Fio. 266. — Partie inférieure du rectum et de l’anus, incisée longitudinalement (*).
2° La Tunique musculaire offre deux couches : des fibres longitudinales et des fibres circulaires : 1® fibres longitudinales. Ces fibres, sur le cæcum, le côlon ascendant et le côlon transverse, sont accumulées eu trois bandes longitudinales, et il n’en reste plus que quelques-unes très clair-semées au niveau des bosselures; ces bandes sont plus courtes que la longueur du gros intestin ; au niveau du côlon descendant, elles se réduisent à deux, enfin, sur le rectum, elles entourent toute la périphérie de l’intestin, tout en laissant çà et là quelques lacunes. Quant à leur terminaison, elles se perdent en partie dans l’aponévrose pelvienne, en partie par de petits tendons élastiques (fig. 266, 5) qui traversent le sphincter externe pour se rendre dans le tissu cellulaire sous-cutaué de l’anus (Luschka). Une partie de ces fibres rectales va former deux faisceaux aplatis, larges de 0'”,004, situés sous le releveur de l’anus, et qui se rendent à la face antérieure du coccyx {muscle recto- coccygien de [Treitz); 2“ fibres circulaires. Elles s’accuniulent à la partie inférieure du rectum et constituent là un sphincter, spàzweier interne (fig. 266,3), haut de 0”, 03 et épais de O^jOOT.
3® Muqueuse. — La muqueuse du gros intestin a une couleur jaune rou-
(*) (La muqueuse a été enlevée à droite.) — I. Peau de l’anus. — II. Partie anale de la muqueuse. — III. Muqueuse du rectum. — 1) Colonnes du rectum. — 2) Valvules et lacunes de Morgagni. — 3) Sphincter interne de l’anus. — 4) Sphincter externe. — 5) Tendons terminaux des fibres longitudinales.
dilatations. — 8) Branches de communication des plexus sous-muqueux et des plexus veineux périrectaux. (D’après Luschka). k
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geâtre pâle. Elle présente des plis irréguliers, qui s’effacent par la distension; dans le cæcum et le côlon, elle offre des saillies longitudinales qui répondent au ligament du côlon, et des replis falciformes qui répondent aux sillons transversaux de la face externe; ces replis circonscrivent des enfoncements, cel-. Iules du gros intestin, qui peuvent par la distension former de véritables poches. Cette face interne, dépourvue de villosités et de valvules conniventes, a, surtout sur le rectum, un aspect criblé dû à des orifices glandulaires.
Valvule iléo-cæcale ou de Bauhin. — Cette valvule, examinée du côté du cæcum, offre deux lèvres saillantes : l’une supérieure, falciforme, plus longue; l’autre inférieure, demi-circulaire, plus courte ; elles interceptent une boutonnière à bords minces dirigée transversalement d’avant en arrière et dont les extrémités ou commissures donnent naissance à deux replis ou freins, appartenant surtout à la lèvre supérieure et se perdant sur les parois du gros intestin. Du côté de l’intestin grêle, cette valvule représente une sorte d’entonnoir dirigé en haut et à droite. Elle permet le passage des matières de l’intestin grêle dans le gros intestin et s’oppose au passage des matières du gros intestin dans l’intestin grêle, à moins que la pression ne soit trop forte. Elle est formée par une invagination de l’intestin grêle dans le gros intestin, mais seulement d’une partie de ses tuniques ; chaque lèvre est formée par un repli de la muqueuse et par les fibres circulaires ; les fibres longitudinales et la séreuse n’y prennent pas part.
Muqueuse du rectum. — La surface interne du rectum ne présente plus les cellules et les replis de la muqueuse du côlon ; mais on trouve à sa partie supérieure un plissement analogue à celui de l’estomac, et au niveau du sphincter interne des plis longitudinaux réguliers, donnant à la coupe de l’intestin un aspect étoilé. A la réunion du tiers moyen et du tiers inférieur se voit un pli transversal falciforme de la muqueuse, valvule de Houston.
Structure de la muqueuse du gros intestin. — La muqueuse du gros intestin comprend les mêmes couches que celle de l’intestin grêle : 1“ V épithélium est cylindrique; 2" le derme muqueux ne présente pas de villosités ; cependant çà et là, surtout à la partie supérieure,- on, trouve quelques papilles. Les glandes tubuleuses y sont aussi nombreuses que dans l’intestin grêle, mais beaucoup plus volumineuses. Les follicules clos y sont plus nombreux ; on les trouve surtout accumulés en très grande quantité dans le cæcum et l’appendice iléo-cæcal,maisilsn’y présentent pas la forme de plaques de Payer; d» la couche musculaire de la muqueuse, et 4» le tissu cellulaire sous-muqueux n’offrent rien de particulier.
Vaisseaux et nerfs du gros intestin. — Les artères viennent pour le cæcum, le colon ascendant et la moitié droite du côlon transverse, de la mésentérique supérieure; pour la moitié gauche du côlon transverse, le côlon descendant et le rectum, de la mésentérique inféi-ieure. Elles ont du reste la même disposition que dans l’intestin grêle. Les reines suivent les artères. Les lymphatiques ont la même disposition que dans l’intestin grêle, sauf leur développement moins considérable. Les nerfs viennent du grand sympathique, et pour le rectum, en outre, du plexus sacré. Ils présentent, comme pour l’intestin grêle, les deux plexus sous-muqueux et myentérique avec leurs ganglions.
§ VII. — Anus
L’anus, orifice inférieur du canal alimentaire, est une ouverture circulaire située à 0'",03 en avant et au-dessus du coccyx sur la ligne médiane. A l’état d’occlusion, elle a des plis radiés qui s’effacent par la distension. La peau;
pourvue de poils chez l’homme, s’enfonce par cette ouverture pour se continuer avec la muqueuse jusqu’à une hauteur de O™, 008 à 0"“,015 au-dessus de l’oriflce anal ; elle a des caractères particuliers (muqueuse anale, fif'. 266, II); à ce niveau, elle est séparée de la muqueuserectale par une ligne formée par des replis à concavité supérieure, qui interceptent de petits culs-de-sac ouverts en haut, sinus de Morgagni (2) ; de cette ligne descendent sept ou huit saillies rugueuses, verticales, qui se perdent au-dessus de l’anus, colonnes du rectum (1). Cette muqueuse anale est mince, humide, molle, de couleur bleuâtre ou rouge- vif; cependant elle n’a pas tout à fait l’aspect d’une muqueuse et elle reste toujours plus sèche et plus dure que la muqueuse rectale. En effet, ce n’est que la peau légèrement modifiée, comme le prouve sa structure : elle a un épithélium pavimenteux ; elle possède des papilles, de grosses glandes sébacées et est tout à fait dépourvue de glandes de Lieberkühn.
Vaisseaux et nerfs. — Les artères de l’anus viennent des artères hémorrhoïdales. Les veines formentun plexus interne sous-muqueux à mailles longitudinales (flg. 266, 7) et un plexus externe situé dans le tissu cellulaire qui entoure le sphincter externe. Ces deux plexus, qui présentent à l’état normal des dilatations et des étranglements, communiquent par des branches anastomotiques (8) qui traversent les 6bres du sphincter. De ces deux plexus partent des veines qui suivent les artères et dont les anastomoses font communiquer le système de la veine porte et le système veineux général. Les lymphatiques profonds vont aux ganglions pelviens, ceux du réseau sous-cutané aux ganglions inguinaux. Les nerfs viennent du plexus sacré et du grand sympathique.
A la partie inférieure du rectum et à l’anus vient s’annexer un appareil musculaire strié, composé de deux muscles : le sphincter externe et le releveur do l’anus ; ces deux muscles seront décrits avec les muscles du périnée.
ARTICLE II - ANNE.XES DU CANAL ALl.lIENTAIRE
§ I — Dents
Les dents sont au nombre de seize pour chaque mâchoire chez l’adulte (derds dans le jeune âge, il n’en existe que dix à chaque mâchoire (dents temporaires). Ce nombre est sujet avarier, soit en plus, soit en moins, dans les cas d’anomalie.
Caractères généraux (flg. 267). — Chaque dent se compose de deux parties : 1® une partie implantée presque en totalité dans l’alvéole du maxillaire, rflCiwe de la dent; 2° une partie libre, qui déborde l’alvéole, couronne èeVA dent; un rétrécissement, collet de la dent(D), sépare la couronne de la racine. La racine peut être simple ou multiple. Le centre de la dent est occupé par une cavité, cavité dentaire (G), qui reproduit la forme même de la dent et s'ouvre par un canal à l’extrémité de la racine; cette cavité contient une substance molle, la pulpe dentaire, continue avec le périoste qui tapisse l’alvéole; ce périoste alvéolo- dentaire , à. partir du bord alvéolaire, prend des caractères particuliers, et constitue, en s’unissant à la muqueuse buccale, un repli fibro-muqueux, la gencive, qui s'applique étroitement sur le collet de la dent et sur les parties voisines delà couronne et de la racine, de telle façon que pour chaque dent le bord libre de la gencive est concave.
Conformation extérieure , - On divise les dents, d’aprts leur forme, en
ORGANES DIGESTIFS
incisives, canines, petites et grosses molaires, et la /brmM^e dentaire de l’homme peut être représentée ainsi:
3gr.M. 2p. M. IC.
- 3 gr. M. 2 p. M. 1 G.
H- 4 I. 1 G. , 2 p. M. 3 gr. M.
4 1. t G. ' 2 p. M. ”’“3gr. M.
A. Incisives — La couronne est cunéiforme, vue de profil; de faceelle a la forme d’un ciseau à cause de la plus grande largeur de son bord libre ; ce bord libre esttranchantet présente, quand il n’est pas usé, trois dentelures, dont la moyenne est la plus saillaYite ; la face antérieure est convexe, la postérieure concave ; sur chacune d’elles le collet a sa convexité tournée du côté de la racine ; les faces latérales sont triangulaires. La racine est simple, conique, comprimée latéralement, et quelquefois on y trouve de chaque côté un sillon vertical, trace de la bitidité que présente parfois son sommet.
Sa longueur est à la hauteur do la couronne : : 3 : 2. Les incisives sont dirigées obliquement en avant par leur bord tranchant. Les incisives supérieures moyennes sont les plus larges; après elles viennent par ordre de dé croissance les incisives supérieures latérales, les incisives inférieures latérales et les incisives inférieures moyennes, qui sont les plus petites.
Le bord libre des incisives latérales est ordinairement plus arrondi que celui des incisives moyennes.
B. Canines (laniaires, unicuspidées.) — La couronne, très épaisse d’avant en arrière, a une forme pyramidale et se termine par une pointe mousse ; le collet se comporte comme pour les incisives. La racine est simple, conique, comprimée latéralement et pourvue de deux sillons latéraux ; elle a au moins le double de la hauteur delà couronne. Les canines supé- Voupe longitudinau'd'une dent incisive (').
U) On appelle formule dentaire l'expression abrégée du nombre et de la répartition des
(•) A. Émail. — B.
E. Magitot).
P. — G. Cavité dentaire. — D. Colle
E. Cément. — (D’après
Heures sont plus longues ; les inférieures ont la pointe plus 'saillante et quelquefois une racine demi-bifide.
G. Petites molaires (bicuspidéesj. — La couronne est un peu comprimée latéralement; leur surfaee triturante est pourvue de deux tubercules, dont l’externe est plus considérable ; le collet est horizontal. La racine est conique, en général simple, mais creusée de chaque côté d’un sillon profond et souvent bifide à son extrémité. Leur longueur n’atteint jamais le double de la hauteur de la couronne. Dans les petites molaires supérieures la séparation des deux tubercules est plus profonde ; la deuxième a souvent deux racines.
Fig. 86S. — Cuupe lransi)er$ale d'une molaire (*).
D. Grosses molaires (multicuspidées). — La coMrowwe èst épaisse, cubique; la surface triturante est large et présente quatre tubercules (et quelquefois cinq), séparés par un sillon crucial. Le collet est horizontal . La racine^ multiple, est double ou triple, et la direction de ses branches varie ; tantôt leurs extrémités s’écartent, d’autres fois elles se rapprochent fTfewts barrées), hs longueur des racines ne dépasse guère la hauteur de la couronne. A la mâchoire supérieure les grosses molaires diminuent de grosseur de la première à la troisième; la première est la plus forte de toutes. A la mâchoire inférieure les racines sont souvent au nombre de deux seulement.
Arcades dentaires. — Les dents forment par leur réunion deux rangées, arcades dentaires, correspondant aux bords alvéolaires des deux mâchoires. Ges arcades n’ont pas toutes les deux la même courbure, les incisives supérieures dépassant en avant les inférieures. Ghaque arcade présente une face antérieure convexe et une face postérieure concave; sur ses deux faces se voient les fissures interdentaires, plus ou moins larges suivant les individus ;
(*) B, Émail. — C. D. Cavité dentaire. — (D'après E. Magitot).
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le bord adhérent ou alvéolaire est festonné, aspect dû à la disposition du bord libre des gencives ; le bord libre, simple en avant jusqu’à la canine, est double sur les côtés et se compose de deux lèvres, une lèvre externe, plus tranchante en haut, une lèvre interne, plus tranchante en bas, séparées par une gouttière dont la partie la plus large correspond à la première grosse molaire. Les arcades s’engrènent de façon que les tubercules de la lèvre externe de l’arcade supérieure sont reçus dans la gouttière de l’arcade inférieure.
Structure. — Les dents se composent de parties dures et de parties molles.
A. Parties dures. — Ce sont l’ivoire, l’émail et le cément.
1® Ivoire ou dentine (fig. 207, 'P). — L’ivoire forme la masse principale de la dent et occupe aussi bien la couronne que la racine ; c’est dans son centre qu’est creusée la cavité dentaire. C’est une substance blanc jaunâtre, translucide, plus dure que le tissu osseux compacte. Il présente quelquefois une sorte de stratification, indiquée par des lignes courbes parallèles aux contours de la couronne et visibles sur des coupes transversales.
L’ivoire se compose d’une substance fdniementale homogène parcourue par des canalicules, canalicules dentaires. Ceux-ci, larges de 0"'“,002 en moyenne, vont de la face interne à la face externe de l'ivoire, en suivant un trajet légèrement onduleux, tout en restant parallèles les uns avec les autres. Nés d’un orifice qui s’ouvre sur la paroi de la cavité dentaire, ils se bifurquent un certain nombi-e de fois, de sorte que d'un seul canalicule primitif il peut en naître jusqu'à dix ou seize. Ces canalicules secondaires, arrivés à la périphérie de l’ivoire, se ramifient de nouveau et s’anastomosent, pour se terminer enfin, soit dans l'intérieur de l’émail et du cément de la façon qui sera décrite plus loin, soit dans la couche inter globulaire de l'ivoire. Cette couche, située à la péliphérie de l’ivoire, présente des cavités irrégulières limitées par des prolongements globulaires de l’ivoire; ce sont les espaces inter globulaires de Czermak. Ces cavités, très variables comme grandeur et comme forme suivant les individus, sont en général plus petites dans la racine que dans la couronne. Les canalicules dentaires ont une mince paroi propre, distincte de la substance fondementale ambiante. Ils contiennent des fibres particulières, fines et molles, fibres dentaires, prolongements des cellules dentaires, et très probablement en connexion avec les lubes nerveux terminaux de la pulpe. Dans les espaces interglobulaires se trouve une substance molle, sur la nature de laquelle on n’est pas encore fixé, mais qui pourrait bien être de nature nerveuse, car cette couche périphérique de l’ivoire jouit d’une sensibilité extrême.
2® Émail (fig. 268, A). — L’émail revêi toute la partie de l’ivoire qui correspond à la couronne ; très épais au niveau de la surface triturante, il s’amincit assez brusquement pour s’arrêter au collet de la dent par un bord souvent dentelé. C’est une substance blanc bleuâtre, excessivement dure, à cassure fibreuse; sa surface, qui paraît lisse à l’œil nu, est en réalité couverte d’aspérités fines, linéaires.
L’émail se compose de fibres, à quatre, cinq ou six pans, prismes dé l'émail, de 0min,004 de largeur environ. Ces prismes, probablement pleins, sont dentelés et offrent des stries transversales et des varicosités ; ils sont intimement soudés les uns avec les autres et forment ainsi des couches dont les fibres sont parallèles, tandis que les couches elles-mêmes s’entre-croisent à angle aigu. La coupe de l’émail a un aspect strié, dû à ce que les fibres sont vues, tantôt suivant leur longueur, tantôt suivant leur épaisseur.
L’émail présente à sa partie la plus rapprochée de l'ivoire des cavités allongées, irrégulières, dans lesquelles viennent se terminer une partie des canalicules dentaires. D’autres cavités existent encore dans l’émail, mais ne sont que de simples fentes existant entre les prismes et qui n’ont aucune communication avec les canalicules dentaires. L’émail
Bsauxis et Boccbard
SPLANCHNOLOGIE
est recouvert à sa surface par une membrane amorphe très mince (0'"”',001), cuticule de l'émail, à peu près inattaquable par tous les réactifs.
3“ Cément (flg. 267, E). — Le cément ou substance ostéoide revêt toute la racine de la dent, dont il forme même seul le sommet ; du côté de la couronne il recouvre un peu l’origine de l’émail. Sa face externe, inégale, est en rapport avec le périoste alvéolo-dentaire et la gencive; sa face interne est intimement unie à l’ivoire.
Il a essentiellement la structure de l’os. Il se compose d’une substance osseuse fondamentale, dans laquelle se trouvent des corpuscules osseux un peu plus volumineux que les corpuscules osseux ordinaires. 11 ne contient qu’exceptionnellement des canalicules de Havers et des vaisseaux.
Composition chimique des dents. — Sauf l’émail, qui est une production épithéliale, les dents peuvent être rapprochées des os. Le cément a la même composition ; quant à l’ivoire, s’il est plus pauvre en matière organique, cela tient sans doute à la faible quantité de parties molles qu’il contient. V émail ne contient que des traces d'eau et à peine 4 0/0 de substance organique, ne donnant pas de colle. Les cendres contiennent 4 à 9 0/0 de carbonate de chaux, 81 à 90 OyO'de phosphate de chaux, 4 0/0 de fluorure de calcium, 1 à 2 0/0 de phosphate de magnésie.
B. Parties molles, — Ce sont le périoste alvéolo -dentaire, la pulpe dentaire et les gencives.
1“ Le périoste alvéolo-dentaire adhère intimement à la racine; sauf sa mollesse plus grande, il ressemble au périoste ordinaire.
2° Pulpe ou bulbe dentaire. — C’est un petit bourgeon qui remplit complètement la cavité dentaire et qu’un pédicule mince, traversant le canal de la racine, rattache au périoste alvéolo-dentaire. Sa substance, molle, rougeâtre, intimement adhérente à la face interne de l’ivoire, se compose d'un tissu fondamental flbrillaire rapproché du tissu connectif embryonnaire. Sa surface est tapissée par plusieurs couches de cellules cylindriques; les plus superficielles, cellules dentaires ou odontohlastes , envoient dans les canalicules de l’ivoire des prolongements fins, qui constituent les fibres dentaires.
Les vaisseaux de la pulpe dentaire sont nombreux et forment un réseau de capillaires dans toute la masse du bulbe. Les lymphatiques y sont inconnus. Les nerfs y sont très nombreux ; arrivés dans la pulpe, ils se ramifient en un plexus serré, d’où partent des fibres dont la terminaison est encore inconnue.
3® Gencives. — Les gencives représentent cette portion de la muqueuse buccale qui revêt le bord alvéolaire des mâchoires et entoure le collet des dents. Leur tissu, rougeâtre, vasculaire, paraît dur au toucher à cause de la résistance des parties sous-jacentes. A leur niveau, le derme de la muqueuse porte de grosses papilles et est tapissé par un épithélium pavimenteux ; elles sont dépourvues dé glandes.
Pour la dentition temporaire et le développement des dents, voy. Développement.
§ II — Glandes salivaires
On décrit, sous le nom commun de glandes salivaires, trois glandes ou basses glanduleuses paires, la parotide, la sous-maxillaire et la sublinguale.
Toutes ces glandes sont des glandes en grappe composées ; leurs lobules sont consti-
ORGANES DIGESTIFS
tués par des culs-de-sac ou acini présentant une membrane propre et un épithélium glandulaire polygonal ; les conduits excréteurs sont tapissés par un épithélium cylindrique. Toutes ces glandes reçoivent des filets nerveux sympathiques provenant des plexus qui accompagnent les artères; on trouve sur leur trajet de petits glanglions microscopiques (*).