I. PAROTIDE (fig. 269, A
La parotide (wapâ, auprès ; ouç, («tôç, oreille) est située en arrière de la branche de la mâchoire inférieure, en avant et au-dessous du conduit auditif externe, en avant de l’apophyse mastoïde et du bord antérieur du sterno-mastoïdien. Elle atteint en haut l’arcade zygomatique ; en bas elle dépasse de 0'",02 l’angle de la mâchoire; en avant elle empiète sur le masséter. Sa hauteur est de 0'", 065 environ sur 0"’,025 d’épaisseur. Son poids est de 25 grammes en moyenne. Elle a la forme d’un coin à base quadrangulaire un peu convexe et dont le sommet s’enfonce dans une excavation, excavation carotidienne ou fosse rétro-maxillaire, sur laquelle elle se moule.
Rapports. — Sa face externe est recouverte par l’aponévrose parotidienne. En arrière elle répond au conduit auditif externe cartilagineux, à l’apophyse styloïde et au bord inférieur de l’apophyse mastoïde, enfin au ventre postérieur du digastrique et au sterno-mastoïdien, entre lesquels elle envoie souvent un prolongement. En avant, elle embrasse le bord postérieur du masséter et de la branche de la mâchoire ; plus profondément elle répond au muscle stylo-pharyngien, au ligament stylo-maxillaire et à une lame fibreuse qui la sépare de l’artère carotide interne et de la veine jugulaire interne. En dedans elle est creusée d’une gouttière et souvent d’un canal complet pour l’artère carotide externe; les branches fournies dans ce trajet par cette artère sont donc plus ou moins complètement enclavées dans le tissu de la glande. Il en est de même du nerf facial, qui traverse la glande ainsi que le nerf temporal superficiel du maxillaire inférieur. On trouve en outre dans l’épaisseur de la glande, mais superficiellement, de petits ganglions lymphatiques, qui se distinguent des lobules glandulaires par leur couleur rouge.
La parotide est enveloppée par une capsule fibreuse résistante, qui envoie des cloisons entre les lobules et les lobes. Sa substance a une couleur gris rosé. Les cellules glandulaires de ses acini ne contiennent pas de mucine, à l’inverse des deux autres glandes salivaires.
(*) PflUger a décrit la terminaison des nerfs dans les glandes salivaires. D’après lui, les fibrilles nerveuses terminales se continueraient avec la cellule épithéliale glandulaire (noyau et protoplasma), qui serait en quelque sorte une véritable formation nerveuse. Les résultats de PflUger sont niés par la plupart des histologistes.
Des recherches récentes de PflUger, Gianuzzi, Heidenhaiu, Ranvier, faites principalement sur la glande sous-maxillaire, ont montré que les cellules glandulaires des acini sont de deux espèces. Las unes, cellules muqueuses, ont un contenu homogène, clair, fortement réfringent ; les autres, cellules à protoplasma, ont un contenu granuleux foncé, qui masque en partie les contours et le noyau de la cellule. Quand la glande est restée à l’état de repos, les acini sont remplis de cellules muqueuses et les cellules à protoplasma paraissent refoulées à la périphérie de l’acinus sous forme d'un croissant (demi-lune de Gianuzzi); lorsque la glande a été excitée (exci'ation de la corde du tympan), les cellules muqueuses disparaissent, et les acini sont remplis de cellules à protopiasma. Il est probable que ces deux aspects correspondent simplement à des états fonctionnels différents des mêmes cellules glandulaires.
On a décrit dans ces derniers temps, pour les glandes salivaires, des canalicules secréteurs capillaires analogues à ceux qui ont été trouvés dans le foie et dans le pancréas.
SPI.ANCHNOLOGIE
ORGANES DIGESTIFS
Canal de Sténon (flg. 269, A, 2). — Le canal excréteur de la carotide part de son bord antérieur à la réunion du tiers supérieur et du tiers moyen ; il marche ensuite transversalement à un travers de doigt au-dessous de l’arcade zygomatique sur la face externe du masséter et, arrivé au bord antérieur du muscle, s’enfonce en traversant la graisse de la joue et le buccinateur, et s’ouvre sur la muqueuse, à la hauteur de la deuxième grosse molaire supérieure, par un orifice très étroit. Des lobules glandulaires isolés (parotide accessoire, 3J accompagnent souvent le canal de Sténon.
Ce canal a un diamètre d’environ 0“,006, et ses parois ont une épaisseur d’à peu près 0™, 001. Elles se composent des couches suivantes en allant de dehors en dedans : 1° une tunique adventice, fibreuse, qui se perd dans l’aponévrose du buccinateur ; 2“ jine tunique fibreuse propre ; 3“ une couche annulaire de fibres élastiques ; i" une membrane propre tapissée d’un épithélium cylindrique.
Vaisseau V et nerfs. — Les artères viennent de la carotide externe et de ses branches. Les veines n’offrent rien de particulier. Les lymphatiques vont les uns aux ganglions parotidiens, les autres aux ganglions sous -maxillaires. Les nerfs sont fournis par l’auriculaire antérieur du plexus cervical, par des filets du facial et par des branches sympathiques accompagnant les artères.
Cette glande est située dans la région sus-hyoïdienne. Sa forme est assez irrégulière ; son poids est d’environ 6 grammes.
Rapports. — Elle est recouverte par la peau, le peaucier et l’aponévrose cervicale et, en haut, cachée en partie par le maxillaire inférieur. Elle repose sur le muscle hyo-glosse, dans la concavité du digastrique ; elle dépasse ordinairement en avant le hord postérieur du mylo-hyoïdien, et envoie entre ee muscle et l’hyo-glosse un prolongement volumineux, très variable comme forme, glande salivaire interne (flg. 269, A, 5). Sappey décrit aussi un prolongement postérieur qui se dirige vers la dernière grosse molaire inférieure. L’artère faciale se creuse une gouttière à sa partie postérieure et quelquefois même est contenue dans son tissu ; la veine faciale est en avant de la glande et sur sa face externe. Superficiellement elle est en rapport avec de nombreux ganglions lymphatiques. Une loge aponévrotique l’entoure complètement et l’isole en arrière de la parotide.
Canal de Wharton (fig. 269, B, 3). ^ Les lobules de la glande sousmaxillaire sont plus gros et plus lâchement unis que ceux de la parotide. Ils donnent naissance à un canal excréteur long de O^.OôS environ sur un diamètre de près de 0™,002. Ce canal passe entre le mylo-hyoïdien et l’hyo-glosse, longe la face interne de la mâchoire, croise l’anse formée par le nerf lingual, passe en dedans de la glande sublinguale, et va s’ouvrir sur les côtés du frein de la langue par un orifice étroit, située au centre d’une petite saillie ombiliquée de la muqueuse (ostiolum ombilicale).
Le canal de ’Wharton est très extensible et ses parois sont très minces, de sorte qu’il a une forme aplatie. Elles se composent, de dehors en dedans, des couches suivantes : 1° une tunique externe fibreuse de tissu connectif ordinaire ; 2“ une couche de fibres musculaires lisses longitudinales (elles ne sont pas admises par tous les auteurs) ; 3° une couche
longement. — 3) Canal de XVharton. — 4) Son embouchure. — 5) Partie antérieure de la glande sublinguale. — 6) Canal de Bartholin. — 7) Nerf lingual. — 8) Coupe de la muqueuse linguale. — 9) Mylohyoïdien. — 10) Digastrique.
SPLANCHNOLOGIE
de fibres élastiques longitudinales ; 4“ enfin un épithélium cylindrique r^osant sur une membrane propre. Nitot a décrit sous le nom de glande sous-maxillaire accessoire un lobule s’ouvrant par un conduit particulier dans la partie antérieure du canal de Wharton. Elle existerait dans la moitié des cas.
Vaisseaux et nerfs. — Les artères et les veines sont des branches de l’artère et de la veine faciale. Les lymphatiques vont aux ganglions voisins. Les nerfs viennent du lingual et du ganglion sous-maxillaire; la glande en reçoit donc de trois sources, de la corde du tympan, du trijumeau et du grand sympathique.