‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologie (volume 2)Chapitre 235 sur 303 · ARTICLE I - ORGANES GÉNITAUX DE L’HOMME · texte numérisé non relu

ARTICLE I - ORGANES GÉNITAUX DE L’HOMME

Les organes génitaux de l’homme se composent de deux appareils, un appareil sécréteur et un appareil érectile.

If appareil sécréteur, affecté à la sécrétion et à l’excrétion du sperme, comprend : 1“ deux glandes, les testicules ; 2° deux conduits excréteurs, les canaux déférents , auxquels sont annexés deux réservoirs, vésicules séminales, à partir desquelles ils prennent le nom de conduits èjaculateurs ; 3® un canal excréteur commun, Vuréthre, dans lequel viennent s’ouvrir les deux conduits èjaculateurs.

ORGANES GÉNITAUX

U appareil érectile, constitué par la verge oupénis, se compose des corps caverneux de la verge, et d’un corps érectile annexé à la partie pénienne de Turèthre.

§ I — Appareil sécréteur

Enveloppes du testicule

Les enveloppes du testicule {bourses) situées entre les cuisses, au-dessous delà verge, proviennent en partie des différentes couches des parois abdominales refoulées par le testicule dans sa descente (voyez Développement). Ce sont de l’extérieur .à l’intérieur: 1“ le scrotum, qui répond à la peau; 2° le dartos, constitué par un développement considérable du tissu musculaire lisse de la face profonde de la peau ; 3“ la tunique fibreuse, formée par deux lames celluleuses, entre lesquelles se trouve un muscle strié, le crémaster, et qui se continuent, les lames celluleuses avec l’aponévrose du grand oblique et le fascia transversalis, le crémaster avec les fibres du petit oblique et du transverse ; 4“ la tunique vaginale, dépendance du péritoine. Les deux premières enveloppes se détachent facilement des autres sans le secours du scalpel; les autres suivent le testicule. Le scrotum forme seul une enveloppe commune pour les deux testicules ; toutes les autres sont doubles et n’enveloppent qu’un seul testicule.

A. Scrotum, — Le scrotum {scrotum, sac) se distingue delà peau des autres régions du corps par sa couleur brune, sa minceur, sa laxité et ses alternatives de contraction et de relâchement. Il présente des poils très clairsemés et de nombreuses glandes sudoripares. Il est divisé en deux par une crête médiane, raphé scrotal, trace de la soudure de ses deux moitiés. Son tissu est riche en fibres lisses.

B. Dartos. — Le dartos (Sépw, peler, dépouiller) est intimement adhérent au scrotum. Il est divisé en deux loges par une cloison médiane, qui s’attache en haut au tissu cellulaire recouvrant le bulbo- caverneux et le corps spongieux del’urèthre ; l’ouverture supérieure de ces deux sacs correspond à l’anneau inguinal. Son tissu, rouge pâle, filamenteux, est constitué par des fibres musculaires lisses dont la direction générale est verticale, sauf dans la cloison, où elle est antéro-postérieure. En avant elles se continuent avec la couche musculaire lisse sous-cutanée de la verge, et vont s’attacher en haut par des tendons élastiques à la symphyse, à l’arcade pubienne et à la partie interne de l’arcade crurale. Le dartos est très contractile, surtout sous l’influence du fioid et de l’orgasme vénérien; c’est lui qui détermine le plissement et la corrugation du scrotum.

Il est séparé de la tunique fibreuse, sauf quelques adhérences à la partie in férieure, par un tissu cellulaire lâche très infiltrable, qui contient en arrière et en dedans de la graisse continue à celle de la région sus-pubienne.

G. Tunique fibreuse ou tunique vaginale commune, — Trois feuillets la composent : externe, celluleux, très mince, se continue avec l’aponévrose

du grand oblique; 2“ le moyen, musculaire, est formé par le crémaster; 3“rm-terne, fibreux, peut être suivi à travers le canal inguinal jusqu’au fascia

SPLANCHNOLOGIE

transversalis ; très lâche au niveau du cordon, il devient plus résistant en bas, et se soude au feuillet externe et au feuillet pariétal de la tunique vaginale. C’est à sa surface que s’épanouit le crémaster.

Le crémaster (xpeu-âw, je suspends) ou tunique erythrdide (èpuôoôç, rouge) ne forme pas une tunique continue. 11 se compose en partie de fibres provenant du petit oblique (fig. C9, 15) et en très petite quantité du transverse, en partie de fibres propres naissant de l’épine du pubis en dedans, de l’arcade crurale en dehors. De ces fibres, les unes dessinent des anses sur le cordon (fig. 67, 10, 11); les autres s'irradient sur la lame interne de la tunique fibreuse, en se soudant intimement à elle au niveau du testicule. Par sa contraction, il soulève le testicule et le rapproche de l’anneau.

D. Tunique vaginale. — La tunique vaginale, comme toutes les séreuses, présente un feuillet pariétal et un feuillet viscéral.

Le feuillet pariétal tapisse la face interne delà tunique fibreuse, mais seulement dans sa partie testiculaire; il ne remonte pas plus haut que l’endroit où les parties constituantes du cordon s’accolent au dos du testicule (fig. 306) et à la partie interne de l’épididyme, et ne recouvre que la partie testiculaire du cordon ; il remonte sur le canal déférent un peu plus haut en dehors qu’en dedans. De son extrémité supérieure part un cordon mince, ligament vagi nal, dû à l’oblitération du canal qui faisait communiquer le péritoine et la séreuse vaginale.

Le feuillet viscéral tapisse toute la surface du testicule, auquel il est inti mement soudé, excepté l’extrémité inférieure et la partie correspondante à l’épididyme. Sur l’épididyme, il revêt toutes les parties qui ne sont pas en contact immédiat avec le testicule et enveloppe complètement le corps de l’épididyme, qu’il rattache au bord correspondant du testiculepar un repli en forme de sac ouvert en dehors, sac de l’épididyme.

La tunique vaginale a la même structure que le- péritoine.

Vaisseaux et nerfs des enveloppes du testicule. — Les artères viennent des honteuses externes et de la périnéale superficielle. Les veines suivent les artères. Les lymphaliques, qui forment un très riche réseau sur le scrotum, vont aux ganglions inguinaux les plus internes. Les nerfs viennent des branches abdomino-scrotales et génitocrurales du plexus lombaire et du nerf honteux interne.

2* Testicules

Les testicules sont deux glandes ovoïdes situées dans les bourses de chaque côté de la ligne médiane; ils sont obliques, de telle façon que leurs grands axes convergent en bas et en arrière ; leur extrémité supérieure est dirigée en avant et en dehors; leur bord antérieur regarde en bas. Le testicule gauche descend un peu plus bas que le droit.

Leur forme est celle d’un ovoïde un peu comprimé latéralement; ils ont deux extrémités, deux faces et deux bords ; le bord antérieur et inférieur est libre, lisse, convexe; le supérieur et postérieur est rectiligne (hile ou dos du testicule).

A. Epididyme. — Au testicule est annexé un organe allongé, couché sur son bord droit et empiétant un peu sur sa face externe, l’épididyme (èxl, sur: oiSutLo';, testicule). L’épididyme a une face concave tournée vers le dos du testicule et une face convexe, libre ; en dedans elles se continuent insensible-

ORGANES GÉNlTAtX

ment l’une avec l’autre. La partie antérieure, tête de V épididyme , renflée, arrondie (fig. 306,25), adhère intimement au testicule; son extrémité inférieure, queue de Vépididyme, j adhère aussi, mais sans continuité de tissu, puis se recourbe en formant un angle ouvert en haut pour se continuer avec le canal déférent. La partie intermédiaire, corps de Vépididyme, est rattachée lâchement au dos du testicule par un repli de la tuniqiîe vaginale.

Le volume du testicule est susceptible de varier, mais dans des limites assez restreintes. Le gauche est un peu plus volumineux que le droit. Sa longueur est de 0“*, 05 environ sur 0™, 04 de largeur et 0™, 025 d’épaisseur. Son poids, y compris l’épididyme, est de 21 grammes en moyenne. Sa consistance est caractéristique et donne au toucher une sensation spéciale de rénitence. L’épididyme présente une plus grande mollesse.

Les testicules peuvent manquer dans les bourses, soit d’un côté (monorchidie), soit des deux (cryptorchidie); cette absence est due à un arrêt dans leur descente ; on les re-

Fia. 30i. — Testicule, épididyme et origine du canal déférent (*).

trouve alors dans la cavité abdominale, le canal inguinal, etc. Ils peuvent suivre de fausses directions, et on peut les trouver au pli de l’aine, au périnée, etc. (ectopies du

(*) t) Lobules testiculaires. — 2) Canalicules droits. — 3) Réseau de Haller. — 4) Partie rectiligne des canaux efférents. — 5) Partie contournée des mêmes canaux et cônes vasculaires de Haller. — 6) Tête de l’épididyme. — 7) Canal de l’épididyms enroulé. — 8) Vaisseau aberrant. — 9) Canal'déférent. — L'albuginée du testicule a été enlevée avec la séreuse et les canaux séminifères isolés. (D’après Ecker;.

SPLANCHxNOLOGUÎ

testicule). L'anorchidie ou absence complète d’un ou des deux testicules est excessivement rare. L’épididyme, au lieu d’occuper le dos du testicule, peut occuper son bord inférieur ('inversion du testicule) (‘1.

B. Appendices testiculaires. — Aux testicules sont annexés des appendices variables, restes d’oi'ganes transitoires qui ont disparu chez l’adulte. Ce sont l’hydatide de Morgagni, l’hydatide non ^diculée, les vaisseaux aberrants et le corps innominé de Giraldès.

1» Hydatide pédiculée de Morgagni. — C'est une petite saillie, longue de quelques millimètres, qui naît de la partie convexe de la tête de l’épididyme. Son extrémité libre renflée renferme une cavité remplie d’un liquide séreux et qui ne communique jamais avec les canaux séminifères. C’est un reste du conduit de Müller.

2° Hydatide non pédiculée. — C’est une masse blanchâtre, molle, qui nait sur le testicule à quelque distance de la tête de l’épididyme ; elle renferme une cavité tapissée d’épithélium vibratile, et qui communique quelquefois avec le canal de l’épididyme. C’est un reste des culs-de-sac supérieurs du corps de Wolff. D’après Waldeyer, .elle serait l’analogue dn pavillon de la trompe.

3o Vaisseaux aberrants. — Ce sont des culs-de-sac, au nombre de un à trois, plus ou moins allongés, qui partent de la queue de l’épididyme et communiquent avec son canal (fig. 304, 8) : on trouve quelquefois un canal de plusieurs centimètres, vas aherrans de Haller, qui remonte dans le cordon. Us proviennent des culs-de-sac inférieurs du corps de Wolô’.

4° Corps innominé de Giraldès. — C’est un petit corps, long de quelques millimètres, situé à la partie interne de la tête de l’épididyme, dans le tissu cellulaire qui l’unit au cordon; il est formé par de petits noyaux jaunâtres composés de tubes ramifiés. 11 provient d’une dégénérescence des culs-de-sac supérieurs des corps de Wolif, et est comparable à l’organe de Rosenmiiller chez la femme.

Structure du testicule. — Le testicule se compose d’une enveloppe et d’un parenchyme.

1“ D enveloppe du testicule ou albuginée est blanche, fibreuse, très résistante, inextensible et a une épaisseur de O^jOOl. Sa face externe est lisse dans les points où la séreuse la recouvre, rugueuse et criblée de trous dans les points où elle manque. Elle présente, au niveau de la partie moyenne du bord droit du testicule, un renflement cunéiforme, corps d’ Highmore haut de O^jOl environ, épais de 0''',00i à O™ ,005; du sommet de ce renflement, dirigé vers l'intérieur de la glande, partent des cloisons qui rayonnent vers la périphérie et divisent l’intérieur du testicule en loges qui contiennent les lobules testiculaires.

L’albuginée ne se prolonge pas sur l’épididyme ; on trouve seulement sous la séreuse qui enveloppe ce dernier une couche mince de tissu cellulaire lâche.

2“ Parenchyme testiculaire. — Il est formé par une masse filamenteuse, molle, pulpeuse, jaunâtre. Cette masse est divisée par les cloisons de l’albu ■ ginée en lobules, au nombre de 160 a 200, dont la base correspond à la périphérie de la glande et le sommet au corps d’Highmore (fig. 304).

Ces lobules se composent de filaments blanchâtres, cylindriques, de 0'"'”,16, les canalicules séminifères. Les canalicules, au nombre de un à trois par

tb Voir sur Ce sujet: E. Godard, Etudes sur la nionorchidie et la cryptorchidie chez l'homme (Me'm. de la Société de biologie, t. lit, année 185"/). Paris, 1857. — Lecomle, Des ectopies congénitales. Thèse de Paris, 1851. — Royet, De l'inversion des testiu.' es. Thèse de Paris, 1859.

ORGANES GÉNITAUX

lobule, sont contournés sui’ eux -mêmes. Ils commencent par un cul-de-sac dans la profondeur du lobule, et après un trajet de O"*, 75 à 0"‘,80, pendant lequel ils présentent des anastomoses avec les canalicules voisins et des prolongements en cæcum, ils arrivent au sommet des lobules; là ils deviennent rectilignes, canalicules droits (fig. 304, 2), et pénètrent dans l’épaisseur du corps d’Highmore. Ils forment là un réseauanastomotique à mailles irrégulières et dont les canaux ont un calibre très variable, réseau de Haller, rete vasculosum testis (flg. 304, 8). De ce réseau partent des canaux efférents (4), au nombre de dix à quinze, qui sortent du testicule pour pénétrer dans l’épididyme; ces canaux, longs de 0"',20, larges de O"", 0005 en moyenne, ne s’anastomosent pas entre eux ; d’abord droits (4) à leur sortie du corps d’Highmore, ils se contournent bientôt en formant des lobules, cônes vasculaires de Haller (5), de 0'",008 de longueur, dont la base est tournée vers la tête de l’épididyme (6) ; ils se rendent successivement dans un canal unique, canal de Vépididyme (7). Ce dernier, long de 6 mètres environ, a un calibre de 0"*,0005. Il offre des indexions nombreuses, qu’on peut rattacher à quatre ordres (Lauth) ; les premières forment un cordon arrondi de 0'",001 d’épaisseur ; ce cordon, en se repliant, forme un cordon plus épais qui se contourne pour constituer une bandelette applatie, s’infléchissant alternativement en dedans et en dehors. A la queue de l’épididyme, le canal se continue avec le canal déférent (Q).

Structure des conduits séminifères. — Les parois des canalicules séminifères se composent d’une membrane fibreuse extérieure, d'une membrane propre, amorphe, très résistante, et d’un épithélium qui remplit presque complètement la lumière du canal. Dans le réseau de Haller, la membrane propre est soudée à l’albuginée et les canaux semblent creusés dans le corps d’Highmore et dépourvus de paroi propre ; dans les canaux efiérents et dans le canal de l’épididyme, entre la membrane amorphe et la tunique fibreuse, s’interpose une couche de fibres lisses ; en même temps l’épithélium devient vibratile. Le tableau suivant résume les caractères différentiels de structure de ces canaux.

polygonal.

Kpithèlium vibratile.

P ibres lisses circulaires.

Tunique fibreuse.

Epith. vibratile stratifié.

Membrane propre.

Fibres lisses circulaires.

Fibres lisses longitudin.

Tunique fibreuse.

Formation des spermatoioïdes, spermatogenèse. — Le mode d’origine des spermatozoïdes est encore un sujet de controverses. Cependant les recherches récentes de la Valette Saint- Georges, Neumann, V. Ebner, Balbiani, Mathias Duval, etc., ont prou vé avec des divergences sur des points de détail, que les spermatozoïdes naissent dans les conduits séminifères du testicule aux dépens de cellules spéciales ou spermatoblastes. Quelques-unes des cellules des canalicules séminifères augmentent de volume et se transforment en cellules multinucléées qui constituent les spermatoblastes. Chaque noyau s’entoure bientôt d’une masse de protoplasma et fait saillie à la surface de la cellule sous foriÀe d’un petit bourgeon. Ces bourgeons, qui renferment chacun un noyau, deviennent de plus en plus saillants et le spermatoblaste représente alors une cellule dont la base élargie s'applique contre la paroi interne du canal séminifère ; de cette base part un prolongement pédiculé qui se termine du côté de l’axe du canal par un certain nombre

816 SPLANCHNOLOGlE

de bourgeons ou cellules secondaires piriformes munies chacune d'un noyau. C’est à ces cellules piriformes et non à la cellule-mère que Mathias Duval réserve le nom de spermatoblastes.

Chaque bourgeon, par une transformation non encore parfaitement connue, donne naissance à un spermatozoïde. La tête du spermatozoïde correspond au noyau de la cellule piriforme, et la queue est formée par le protoplasma qui s’effile de plus en plus. Il en résulte que chaque cellule multinucléée donne naissance à un faisceau de spermatozoïdes qui se tiennent encore par leurs parties céphaliques et dont les extrémités caudales sont seules libres. C’est au niveau de l’épididyme que ces faisceaux se dissocient et que les spermatozoïdes sont mis en liberté.

A l’état de développement complet (fig. 305), les spei-matozoïdes (zoospermes, filaments spermatiques), ont 0mm,05 (Je longueur. Ils se composent : 1» d’un renflement antérieur, tête, pyriforme, aplati, à pointe tournée en avant ; 2“ d’un appendice filiforme ou queue, d’abord un peu renflé, puis aplati, et se terminant en pointe à peine visible. Ils sont formés d’une substance homogène réfringente. Ils sont doués de mouvements rapides (ils parcourent 0">,004 par minute) comme spontanés, dus aux ondulations de la queue, et assez puissants pour déplacer des cristaux calcaires dix fois plus gros qu’eux. Ces mouvements persistent sept à huit jours dans les organes génitaux de la femme ; on les l'etrouve encore sur le cadavre dix-huit à vingt- quatre heures après la mort; ils sont favorisés par les solutions alcalines modérément concentrées, et détruits par l’eau et les liquides acides.

Les sécrétions des voies génitales de la femme qui sont alcalines à l’état normal, favorisent donc leurs mouvements; quand elles deviennent acides, comme dans certains cas pathologiques, ces mouvements étant abolis, il peut y avoir là une cause de stérilité. Une alcalinité trop prononcée des sécrétions utéro-vaginales agit dans le même sens. 11 en est de même de l’électricité, d'une température trop basse ou trop élevée, de l’alcool, de l’éther, du chloroforme, etc.

La sécrétion spermatique ne commence que de 12 à 15 ans ; mais le sperme ne contient pas encore de spermatozoïdes. Ceux-ci n’apparaissent qu’à l’àge de 16 à 17 ans. La sécrétion testiculaire continue jusque dans un âge très avancé, mais les caractères physiques du sperme sont modifiés ; en général sa consistance diminue et il prend une coloration plus foncée, due à la présence de jdaques grisâtres (sympexions) qui proviennent des vésicules séminales ; cependant les spermatozoïdes existent encore, quoique plus rares, dans le sperme des vieillards (Du[)lay, Dieu).

Le sperme pur, tel qu’on le rencontre dans le canal de l’épididyme, par exemple, est composé presque uniquement de spermatozoïdes et d’une très petite quantité de liquide ; c’est une liqueur blanchâtre, homogène, filante, inodore, neutre ou alcaline. Le sperme éjaculé est un liquide mixte composé de sperme pur auquel viennent s’adjoindre les sécrétions des vésicules séminale.s, de la prostate, des glandes de Cowper ; il est alors assez fortement alcalin, et acquiert une odeur sui generis.

Vaisseaux et nerfs. — Les artères viennent des artères spermatiques ; après avoir perforé l’albuginée par trois ou quatre rameaux, elles se placent à la face interne de cette membrane et forment dans les cloisons inter et intralobulaires des réseaux à larges mailles de capillaires tortueux. L’épididyme reçoit en outre quelques branches de l’artère déférentielle. Les veines, sauf celles de la queue de l’épididyme, vont aux veines spermatiques; les veines de la queue de l’épididyme vont aux veines funiculaii-es (fig. 306). Les lymphatiques naissent d’un système de lacunes situées entre les cana-

(') a, b) Spermatozoïdes recueillis dans le testicule. — c) Dans le canal défèrent. — d) Dans les vésicule» séminales.

ORGANES GÉNITAOX

SPLAKCHNOLOGIE

de 0‘“,003 d’épaisseur. Il monte d’abord le long du bord postérieur du testicule (Fig. 306), au côté interne de l’épididyme, dont le séparent les vaisseaux spermatiques, puis gagne en ligne droite l’anneau inguinal, franchit le canal inguinal avec les éléments du cordon spermatique, sort par l’orifice interne en se recourbant sur l’anse de l’artère épigastrique (Fig. 306) et s’enfonce dans la cavité pelvienne. Là, il se place sur les côtés, puis en arrière de la vessie, croise l'urèthre en avant duquel ü passe, se rapproche de plus en plus du canal déférent du côté opposé, auquel il finit par s’accoler (Fig. 307), et, arrivé à la base de la prostate, s’unit à angle aigu au conduit excréteur de la vésicule séminale pour constituer le canal éjaculateur.

Conformation intérieure, — La lumière du canal déférent est très étroite (0ram^l6) à cause de l’épaisseur de ses parois qui atteint 1 5; deux travers de

doigt au-dessus de la prostate, il se dilate en une ampoule fusiforme. La muqueuse est blanche, lisse, plissée longitudinalement; dans l’ampoule, elle est rugueuse, aréolaire, réticulée et comme criblée de fossettes de 1™‘>',0 à O™"",! de largeur.

Structure. — Le canal déférent se compose, de l’extérieur à l’intérieur, de trois tuniques : 1» une tunique adventice, fibreuse, assez mince; 2o une tunique musculaire lisse, de 0™,001 d’épaisseur, qui lui donne une contractilité très énergique et très rapide; elle comprend trois couches : une externe, très mince, de fibres longitudinales; une intermédiaire, très épaisse, circulaire ; une interne assez forte, longitudinale; 3° une muqueuse, tapissée d’un épithélium cylindrique. Dans l’ampoule et au-dessous d'elle on trouve de plus quelques glandes tubuleuses.

Vaisseaux et nerfs. — Ses artères viennent de la déférenlielle. Ses veines se rendent en partie dans le plexus vésical, en partie dans le plexus pampiniforme. Ses parois sont très riches en nerfs, qui viennent du plexus hypogastrique.

Cordon spermatique (fig. 306), — On donne ce nom à l’ensemble des organes entourant le canal déférent. Il comprend : 1“ le canal déférent; 2“ des artères, artères spermatiques, déférentielle et funiculaire ; 3“ des veines, veines spermatiques (plexus pampiniforme) et veines funiculaires; 4“ des lymphatiques; 5“ des nerfs ; plexus spermatique et déférentiel accompagnant les artères, et branches génitales du plexus lombaire; 6° des fibres musculaires lisses, restes du gubernaculum testis, qui entourent les vaisseaux et le canal déférent et se prolongent jusqu’au testicule, crémaster interne de Henle. Un tissu cellulaire lâche réunit toutes ces parties. Ordinairement les veines spermatiques forment avec l’artère un paquet situé en avant du canal déférent ; en arrière de ce canal sont les deux ou trois veines accompagnant l’artère funiculaire. Dans le canal inguinal, le canal déférent se place au-dessous des veines spermatiques, au-dessus des veines funiculaires.

3° Vésicules séminales (fig. 3U7J

Les vésicules séminales sont deux corps aplatis, ovoiJes, mamelonnés, de de longueur, 0'",02 de largeur et 0™,01 d’épaisseur. Elles sont situées en dehors des canaux déférents, en arriére de la prostate et dans un plan presque horizontal, quoiqu’un peu incliné en haut et en arrière. Leur bord interne est accolé à l’ampoule du canal déférent, et leur bord externe au bord supérieur de la prostate ; leur extrémité postérieure et supérieure est épaisse, arrondie et tournée en dehors; leur extrémité antérieure, amincie, dirigée en bas et en

ORGANES GÉNITAUX

dedans, s’enfonce dans la prostate pour aller se réunir au canal déférent par un conduit très mince et très court. Leur face antérieure est appliquée sur le fond de la vessie ; leur face postérieure, tournée vers le rectum, est recou¬

verte, ainsi que l’espace intermédiaire, par une couche lamelleuse adhérente en bas à la prostate, en haut au cul-de-sac recto-vésical du péritoine, et formée par des flhres lisses transversales mélangées de tissu connectif dense ; on la désigne à tort sous le nom à' aponévrose prostato-jpéritonéale.

Conformation intérieure, — A la coupe, la vésicule séminale présente une cavité irrégulière et des lobes arrondis ; si on isole et si on déplisse ces lobules, on voit qu’ils sont formés par l’enroulement sur lui-même d’un canal flexueux, de O^jlO à 0"',14 de longueur, pourvu de nombreux culs-de-sac ramiliés, et qui représente un véritable diverticulum du canal déférent.

Structure. — Ses parois, épaisses de 0'”,001, se composent de trois tuniques : l” une externe, fibreuse ; 2“ une moyenne musculaire lisse, formée par des fibres externes longitudinales et des fibres internes circulaires; 3“ une muqueuse tapissée par un

(‘1 1) Uretère. — 2)Vésicale séminale. — 3) Canal déférent. — 4) Prostate. — 5) Partie membraneuse de l’urèthre. — 6) Ligaments ischio-prostatiques. — t) Aponévrose ttioyenile du périnée. — 8) Bulbe de l’urèthre. — a) Glandes de CoVper isolées de l’aponévrose moyenne. — 10) Coupe des corps caverneux. — H) Obturateur interne.

SPLANCHNOLOGIE

épithélium polygonal. On y trouve les mêmes glandes que dans le canal déférent. Un tissu cellulaire dense et des fibres lisses réunissent les circonvolutions des vésicules séminales.

Ces organes jouent à la fois le rôle de réservoirs et d’organes sécréteure. Leur sécrétion, qui se mélange au sperme, consiste en un liquide albumineux, filant, non coagulable par l’acide acétique, et dans lequel on rencontre quelquefois des corpuscules azotés transparents, friables (sympexions de Robin).

Vaisseaux et nerfs. — Les artères viennent des artères déférentielles et des vésicales inférieures. Les veines vont aux plexus vésicaux. Les lymphatiques se rendent aux ganglions pelviens. Les nerfs viennent du plexus hypogastrique.

3° Canaux éjaculateurs

Ces canaux, longs de 0“,02, naissent de la réunion à angle aigu du canal déférent et de la vésicule séminale du même côté, et vont s’ouvrir dans la partie prostatique de l'urèthre. D’abord assez larges (0"',004 d’épaisseur, ils n’ont plus à leur embouchure qu’une lumière très étroite (0“"',5, et 0'",001 d’épaisseur). Ils traversent la prostate en se rapprochant l’un de l’autre, et s’ouvrent de chaque côté de l’utricule prostatique.

Leurs parois ont la même structure que celles du canal déférent; dans la prostate, elles sont excessivement minces et entourées d’une couche de tissu caverneux, qui les isole de la substance dense de la prostate. Cette couche est niée par Robin et Cadiat.

L’urèlbre sera étudié avec l’appareil érectile.

§ II — Appareil érectile

Préparation. — L’appareil érectile de l’homme peut être injecté, soit par la veine dorsale de la verge, soit par les racines des corps caverneux.

L’appareil érectile de l’homme est constitué en grande partie par la verge ou pénis. Le pénis présente des variations nbtables de consistance, de forme, de position, de volume, etc., suivant qu’il se trouve en état de repos ou en état d’érection. Sa longueur est en moyenne de 0'”,09 dans le premier cas, de 0“,15 dans le second. A son extrémité libre se trouve un renflement, le gland, dont le sommet est percé d’une fente verticale, méat urinaire., et dont la base, couronne du gland, est séparée du reste par un étranglement circulaire ou col; ce col donne attache à un repli cutané, le prépuce, qui recouvre plus ou moins complètement le gland.

Cet appareil érectile se compose des deux corps caverneux et d’un organe érectile {corps spongieux de l'urèthre) annexé à la partie pénienne de l’urèthre ; mais pour ne pas scinder l’étude de l’urèthre, nous décrirons ce canal dans sa totalité, quoiqu’une partie de sa longueur appartienne exclusivement aux voies urinaires. A cet appareil érectile sont surajoutés des muscles, muscles du périnée; enfin, la verge est enveloppée par une gaine fibreuse et par une gaine cutanée qui présente des dispositions spéciales.

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