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III. E.nvkloppes do pénis

Le pénis a deux enveloppes : une fibreuse, fascia du pénis, une cutanée, fourreau de la verge.

i° Fascia du pénis. — C’est une lamelle fibreuse, soudée en avant à l’enveloppe membraneuse du gland, se perdant en arrière dans l’aponévrose superficielle et le fascia superficialis du périnée. En arrière elle est renforcée par des expansions des ischio et bulbo-caverneux.

A ce fascia se rattachent les ligaments suspenseurs de la verge, au nombre de deux ; un superficiel, un profond, 1“ Le ligament superficiel, très élastique, jaunâtre, naît de la ligne blanche au-dessus du pubis et se divise en bas en deux branches, qui se réunissent sous le pénis et le soutiennent comme une fronde ; 2“ le ligament profond, fibreux, nait de la face antérieure de la symphyse et du pilier interne de l’anneau inguinal, et va en s’élargissant s’insérer au fascia du pénis par sa base percée d’un orifice pour la veine dorsale de la verge.

2“ Enveloppe cutanée. — La peau de la verge est doublée à sa face profonde d’une couche mince de fibres lisses, continuation de celles du dartos ; elle contient des glandes sébacées et n’a pas de poils, ou seulement des poils rudimentaires.

Arrivée à la couronne du gland, cette peau forme un repli, le prépuce, qui coiffe le gland plus ou moins complètement ; ce repli, de longueur très variable suivant les sujets, présente un orifice dont la largeur doit, pour être normale, permettre complètement la sortie du gland pendant l’érection. La lame externe du prépuce, très extensible, a les mêmes caractères que la peau de la verge ; la lame interne, au contraire, très peu extensible, mince, rosée, se rapproche des muqueuses ; elle est rattachée à la partie inférieure et médiane du gland par un repli, situé au-dessous du méat, frein du prépuce. Le derme de cette lame interne offre àes papilles allongées, vasculaires et est recouvert d’un épithélium pavimenteux stratifié.

Cette lame interne, en se réfléchissant à la surface du gland, constitue en arrière de sa couronne une rainure circulaire, où s’accumule le smegma préputial (mélange de détritus épithéliaux et de sécrétions sébacées).

C’est dans cette rainure que se trouvent les glandes en grappe, en nombre très variable, glandes de Tyson, existant aussi en moins grand nombre sur la lame interne du prépuce et la peau du gland. Ce sont des glandes sébacées, mais sans follicules pileux. L’existence de ces glandes est niée par quelques anatomistes.

La peau du gland est très mince, très adhérente ; le derme cutané est très riche en fibres élastiques et porte des papilles nombreuses disposées en séries longitudinales con-

— 8) Fosse naviculaire. — 3) Corps spongieux proprement dit. — 4) Bulbe. — 5) Cul-de sac du bulbe.

— 8) Oriflees des glandes de Cowper. — 7) Prostate. — 8) Verumontanum. — 9) Freins du verumontanum. — 10) Utricule prostatique. — 11) Orifices des conduits èjaculateurs. — lE) Orifice des glandes prostatiques. — 13) Luette vésicale. — 14) Orifice de l’urèthre. — 13) Trigone vésical.

SPLANCHNOLOGIE

vergeant vers le méat. Ces papilles centiennont des corpuscules particuliers, distincts des corpuscules du tact et décrits par Krause comme les terminaisons spéciales des nerfs du sens génital (corpuscules génitaux terminaux). Ce derme est recouvert d’un épithélium pavimenteux stratifié.

Tissu érectile ou caverneux, sa structure. — Le tissu caverneux ne constitue pas un tissu spécial ayant ses éléments caractéristiques. Dans ce tissu, le réseau capillaire intermédiaire aux artères et aux veines est remplacé par un système de lacunes ou cavités communiquant toutes entre elles et pouvant subir des alternatives considérables de dilatation et de resserrement, et par suite se trouver presque exsangues ou gorgées de sang. Les trabécules ou cloisons qui circonscrivent ces cavités, pour se prêter à ces alternatives, doivent être très élastiques ; aussi y trouve-t-on en abondance des fibres musculaires lisses. Dans les organes érectiles, les mailles diminuent de grandeur du centre à la péi iphérie ; les cloisons qui circonscrivent ces mailles sont tapissées par un épithélium pavimenteux, qui manque souvent, surtout dans les cavités centrales. Ce tissu caverneux a deux états : un état de réplétion ou d’érection, un état de vacuité. Tantôt, comme dans le tissu érectile proprement dit, l’état de vacuité est la règle et l’état de réplétion n’est que temporaire ; c'est ce qu’on voit, par exemple, dans les corps caverneux et spongieux de l’urèthre, où cette réplétion a pour but de donner à la verge la rigidité nécessaire pour le coït. Tantôt, au contraire, l’état de réplétion est la règle et l’état de vacuité l’exception ; c’est ainsi, par exemple, que l’urèthre, dans ses parties membraneuse et spongieuse, les conduits éjaculateurs dans leur trajet à travers la prostate, sont entourés d’une couche de tissu caverneux gorgé de sang à l’état normal et qui accole leurs parois ; puis au moment où des liquides (urine, sperme) traversent ces canaux, le sang de ce tissu caverneux s’échappe pour permettre la dilatation du canal ; c’est là le tissu compressible de Henle, dont la structure est la même que celle du tissu érectile, mais dont la fonction est inverse.

La continuité des dernières ramifications artérielles avec les cavités du tissu caverneux peut se faire de plusieurs façons : 1“ les artérioles s’ouvrent directement dans les mailles périphériques les plus petites ; c’est là le mode le plus commun ; 2“ elles s’abouchent en s’élargissant en forme d’entonnoirs dans les grandes cavités centrales; 3“ le troisième mode est très controversé ; ce sont les artères dites hélicines (fig. 314 et 315) ;

Fig. 314. Fig. 315.

Bouquet artériel de la racine du corps Un des rameaux de la figure précé-

caverneux {*). dente grossi (*).

d’un pédicule commun se détache un bouquet de vaisseaux qui se tordent en spirale avant de s’ouvrir dans les mailles centrales ; on est encore incertain sur la question de savoir si ces artères hélicines ne sont pas un produit de Tart. Ce qui distingue du reste les artères

(•) D’après Rouget.

ORGANES GÉNITAUX 829

qui se rendent au tissu caverneux, c’est l’épaisseur considérable de la tunique moyenne de fibres lisses circulaires.

Des mailles centrales partent des veinules qui traversent les couches périphériques du tissu caverneux, de façon qu’elles doivent S3 trouver comprimées lorsque ces mailles périphériques se dilatent dans l’érection.

Vaisseaux de l'appareil érectile (fig. 316 et 317). — Les corps caverneux de la verge reçoivent leurs artères de l’artère caverneuse ; celle-ci, après avoir fourni un rameau récurrent qui se porte dans la racine du corps caverneux, va d’arrière en avant le long de la cloison dans l’intérieur des corps caverneux et, à son extrémité antérieure, s’anastoihose en arcade avec celle du côté opposé ; les deux artères communiquent, en outre, par des branches transversales perforant la cloison. Les veines du corps caver-

Fig. 316. — Veines de la verge; vue latérale (■).

lieux vont se jeter, le.s unes dans la veine dorsale de la verge ; ce sont les veines coronaires ou circonflexes de Kohlrausch, qui proviennent de la partie inférieure des corps

(•) 1) Corps caverneux de la verge. — 2) Bulbe de l’urèthre. — 3) Corps spongieux de l’urèthre. — 4) Gland. — 5) Veines du glard et de la partie antérieure des corps caverneux. — 6) Veines circon-

sale de la verge. — 1 0) Veines postérieures du bulbe et des corps caverneux allant dans la veine honteuse interne. - 11) Veine fémorale. — 12) Anastomose avec la veine obturatrice. — 13) Veine obturatrice. — 14) Fascia iliaca. — 15) Aponévrose du grand oblique.

SPLANGHNOLOGIE

caverneux et contournent leurs parties latérales (flg. 316, 6 et 317, 11), et les veines émissaires, qui proviennent de leur face dorsale ; les autres, veines caverneuses, vont à la veine honteuse interne, qui reçoit encore une partie des veines des racines des corps caverneux (fig. 316, 10).

Les artères du corps spongieux de l'urèthre, plus volumineuses , proviennent aussi de la honteuse interne. Ce sont : 1“ pour le gland, les artères dorsales de la verge, qui fournissent aussi des branches à la peau et quelques filets très grêles à l’albuginée des corps caverneux, •2“ pour les corps spongieux, les artères bulbo-uréthrales et des rameaux des artères dorsales, qui suivent les veines coronaires; 3“ pour le bulbe, les artères bulbeuses et bulbo-uréthrales. Le tissu érectile de l’urèthre est beaucoup plus riche en artères que les corps caverneux. Les veines du gland et du corps spongieux vont se jeter dans un plexus veineux qui occupe la concavité du gland et l’angle de réunion des deux corps caverneux et du corps spongieux de l’urèthre (fig. 317, 6). De ces plexus partent des branches qui vont se jeter dans la veine dorsale de la verge située sur la ligne médiane entre les deux artères. Cette veine dorsale reçoit, en outre, les veines sous-cutanées du pénis (au nombre de une à trois). Les veines bulbouréthrales se rendent au plexus’de Santorini ; les veines bulbeuses dans les veines honteuses internes et obturatrices (fig. 316, 10, 12). Ces veines s’anastomosent avec les veines sous-cutanées abdominales, les plexus pampiniformes, les veines

scrotaleset honteuses externes (fig. 306 et 316).

Le corps spongieux de l’urèthre et les corps caverneux communiquent par l’intermé-

(•) Le corps spongieux de Turèthre est détaché des corps caverneux et récliné sur le côté.— 1) Gland.

— 2) Hémisphères droit et gauche du bulbe de l’urèthre recouverts par la partie profonde du bulbocaverneux (compresseur des hémisphères de Kobelt). — 3) Partie membraneuse de l’urèthre incisée.

— 4) Racine des corps caverneux recouverte par le muscle ischio-caverneux. —5) Portion antérieure du bulbo-caverneux. — 6) Réseau veineux situé entre le corps spongieux de l’urèthre et les corps caverneux ; lors de la séparation des parties, il est resté dans la gouttière des corps caverneux. — 7) Portion de ce réseau adhérente à la face supérieure du corps spongieux de l’urèthre. — 8, 9) Veines communicantes entre le corps spongieux de l’nrèthre et les corps caverneux, et coupées dans la préparation. — 10) Veines provenant du corps spongieux de l’urèthre et allant se jeter dans les

et allant se jeter dans la veine obturatrice. — 13) Veines provenant de la partie médiane du bulbe.

— 14) Veines provenant de sa partie dorsale. — 15) Réseau veineux situé sur les parties latérales de la racine de la verge. — 16) Veine obturatrice. — 17) Veine honteuse interne. — 18) Artères bulbeuses coupées. — 19) Artères bulbo-uréthrales coupées. — (D’après Kobelt.)

ORGANES GÉNITAUX

(liaire du plexus veineux interpose entre le gland et le corps spongieux d’une part et les corps caverneux de l’autre (fig. 317, 6, 7, 8, 9) ; ces communications ne sont pas cependant assez larges pour empêcher dans certains cas la réplétion isolée des deux systèmes.

Les lymphatiques de l’urèthre sont très multipliés et forment dans la muqueuse un réseau très riche, qui communique en arrière avec ceux de la muqueuse vésicale, en avant avec ceux du gland. Ces derniers, très multipliés aussi, donnent naissance à des troncs, qui marchent sur le dos de la verge avec la veine dorsale, reçoivent les rameaux provenant des réseaux cutanés de la verge et se rendent, quelques-uns aux ganglions pelviens, la plupart aux ganglions inguinaux.

Les nerfs du pénis viennent du honteux interne et du grand sympathique (plexus caverneux). Leur terminaison dans le tissu érectile est à peu près inconnue. J’ai mentionné plus haut les coi'puscules génitaux de Krause. Luschka a trouvé dans le tissu sousmuqueux de l’urèthre des filets nerveux pourvus de cellules ganglionnaires.

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