‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologie (volume 2)Chapitre 240 sur 303 · I. OVAIRS · texte numérisé non relu

I. OVAIRS

L’ovaire a la forme d’un ovoïde légèrement comprimé et présente : deux faces convexes ; deux bords, l’un antérieur et inférieur, droit, hile de la

{*) 1) L’utérus et le vagin sont ouverts ; l’ovaire est fendu d’un côté, ainsi que la trompe. — a) Fond de l’utérus. — b) Cavité de l’utérus. — e) Cavité du col. — d) Trompe utérine. — ej Pavillon de la trompe. — f, f) Ovaires. — g) Ligament de l’ovaire. — h) Ligament de la trompe. — i) Ligament rond — k) Ligaments larges. — l) Vagin.

ORGANES GÉNITAUX

glande ; l’autre postérieur et supérieur, épais, convexe, libre ; deux extrémités : l’une externe, plus grosse, à laquelle s’attache le ligament de la trompe (fig. 326, h)-, l’autre interne, qui fait suite au ligament de l’ovaire (9). Sa sur¬

face, lisse chez la jeune flUe, se couvre de cicatrices qui augmentent avec l’âge à partir de la puberté et devient chagrinée dans la vieillesse. Sa longueur

SPLANCHNOLOGIE

est de 0''',038 environ sur 0'",02 de largeur et 0“, 015 d’épaisseur ; son volume augmente temporairement à chaque menstruation, son poids est de 6 à 8 grammes.

Situation et moyens de fixité. — L’ovaire est situé dans l’aileron postérieur du ligamoit large (voy. Péritoine) et libre dans ses deux tiers supérieurs (fig. 327, 12). Il est rattaché à l’utérus par un ligament long de liga~

gainent de l'ovaire (flg. 326, g), composé de fibres lisses qui font suite aux fibres superficielles de l’utérus ; des fibres lisses rattachent son extrémité externe au pavillon de la trompe, ligament de la tromge (fig. 326, h). L’ovaire possède une assez grande mobilité, grâce à la laxité de ces replis ou de ces ligaments.

Conformation intérieure . — Le tissu de l’ovaire est assez ferme, dense et enveloppé par une membrane fibreuse, albuginée de l’ovaire, mais qui ne se laisse pas délimiter du tissu propre de l’organe. La face externe del’albuginée est intimement soudée au péritoine.

Fie. 3i8. - Corps jaunes {•).

Le parenchyme de l'ovaire peut, sur une coupe, être divisé en deux parties: la partie périphérique, substance corticale, est blanche, homogène, dense et aune épaisseur d’environ un millimètre; la partie centrale, substance mèdullaire, est plus rouge, plus molle et comme spongieuse. La transition entre les deux substances se fait d’une façon insensible, de même que la transition entre la couche corticale et l’albuginée. Après la puberté, la couche corticale de l’ovaire présente des petites vésicules de grandeur variable (depuis une dimension microscopique jusqu’à la grosseur d’une cerise) ovisacs, follicules

(‘) A. Corps jaunes Je la menstruation. — B. Corps jaunes de la grossesse. — t) Vésicule de Graaf; rompue pendant la menstruation. — 2) Corps jaune, trois semaines après la menstruation. — 3) Idem, quatre semaines après la menstruation. — 4) Idem, neuf semaines après la menstruation. — 5) Corps jaune de la grossesse à la fin du second mois (on voit d son centre une cavité piriforme remplie d'un liquide clair et qui existe dans quelques cas). — 6) Idem, à la fin du quatrième mois. — 7) Idem, au terme de la grossesse. — (D’après Dalton),

ORGANES GENITAUX 847

OU vésicules de Graaf; les plus grosses dépassent la surface de l’ovaire et déterminent une saillie plus ou moins transparente ; la paroi de ces vésicules tranche nettement sur le parenchyme de la glande et peut être énucléée facilement de la cavité qui la contient; à leur incision il s’écoule un liquide transparent, au milieu duquel on peut voir quelquefois nager un point blanc (ovule enveloppé par le cumulus proligère).

Outre ces vésicules, l’ovaire présente souvent des corps particuliers, corps jaunes, qui ne sont autre chose qu’une évolution particulière des vésicules de Graaf, après que celles-ci se sont rompues pour laisser échapper les ovules. Ces corps jaunes ont une évolution assez courte lorsque l’ovule n’a pas été fécondé (corps jaunes de la menstruation), plus longue quand il a été fécondé (corps jaunes de la grossesse), et il en résulte des modifications dans leur aspect ex térieur (flg. 328).

1» Corps jaunes de la menstruation (flg. 328, A). — Après la rupture de la vésicule de Graaf, il reste (1) une cavité remplie d’un caillot sanguin foncé, sans adhérence avec la membrane de la vésicule. Peu à peu ce caillot se contracte, se décolore et devient plus résistant, en même temps que la membrane du follicule s’bypertropbie, se plisse et tend à remplir la cavité du follicule. Trois semaines après la rupture (2) on trouve une tumeur arrondie, solide, faisant saillie à la surface de l’ovaire et présentant là une petite cicatrice qui correspond au point de rupture ; incisée, elle se compose d’un caillot solide grisâtre et d’une membrane jaunâtre plissée qui sc laisse énucléer facilement du stroma de l’ovaire. A pai'tir de ce moment, le corps jaune diminue. A la quatrième semaine (3), il n’a plus guère que 0'",007 de largeur; la couleur jaune de la membrane plissée se prononce de plus en plus ; puis cette membrane et la partie centrale se confondent peu à peu en même temps qu’elles diminuent, et à la neuvième semaine (3) il ne reste plus qu’une petite cicatrice jaunâtre, dont les dernières traces ne disparaissent complètement que vers le septième mois.

2“ Corps jaunes de la grossesse (fig. 328, B). ^ Dans les trois premières semaines, le développement est le même que précédemment. Mais à partir de ce point, l’évolution hypertrophique progresse au lieu de décroître. A la fin du second mois (5), le corps jaune a environ 0"',02 de largeur, et il conserve ce volume jusqu’à la fin du sixième mois; alors seulement commence la période régressive, et à la fin de la grossesse (7) son volume a beaucoup diminué ; à partir de la délivrance, la régression marche rapidement et, huit à neuf semaines après, il ne reste plus qu’une cicatrice peu distincte du tissu ambiant; cependant elle ne disparait complètement que huit à neuf mois après. Dans tous les cas, à chaque rupture d’un follicule de Graaf correspond une cicatrice extérieure et persistante.

Structure. — A. Parenchijme de l'ovaire. — 1» I.a séreuse est réduite à la couche épithéliale ; mais cet épithélium ne peut être assimilé à l’épithélium péritonéal ; il est constitué par une couche de cellules cylindriques bien diflférentes des cellules pavimenteuses qui recouvrent les séreuses ; le péritoine s’arrête, en effet, au hile de l’organe, et le revêtement épithélial de l’ovaire provient en réalité de l’épithélium germinatif de la cavité pleuro-péritonéale embryonnaire (voir Embryologie). De Sinétya constaté parmi ces cellules cylindriques l’existence d’un certain nombre de cellules vibraüles ; 2°Valbu~ ginée, constituée par des fibres connectives, ne se laisse pas délimiter de la couche corticale et ne s’en distingue que par l’absence de follicules de Graaf ; 3» la couche corticale ou ovigène (Schrôn, Sappey), très peu vasculaire, est formée par des faisceaux entre-croisés défibrés connectives et des cellules fusiformes; elle contient les vésicules de Graaf; 4» la couche médullaire, très vasculaire, sans follicules, présente un stroma de fibres connectives et de fibres musculaires lisses, qui rayonnent du hile vers la périphérie de la glande,

B. Follicules de Graaf, — Situation (fig, 329), — Les plus petits follicules pri-

SPLANGHNOLOGIE

mordiaux (*), se rencontrent dans la partie périphérique de la substance corticale (zone corticale de His ou des follicules primordiaux); les follicules plus développés (2, 3, 4, 5) se rencontrent plus profondément (zone sub-corticale de His); enfin les follicules complètement développés (6, 7, 8) sont situés plus profondément encore (zone des follicules parfaits de His) ; seulement à cause de leur volume, ils empiètent sur les deux zones précédentes et finissent par arriver à la surface de l’ovaire et même à la dépasser à l’état de maturité.

Fis. 389. — Coupe de l'ovaire (*).

2» Structure des vésicules de Graaf d l’état parfait (fig. 330). — La vésicule de Gi'aaf comprend une enveloppe, un épithélium, dans lequel se trouve l’ovule, et un contenu liquide. 1° Uenvéloppe, membrane externe du follicule, est fibreuse, vasculaire, contiguë au stroma de l’ovaire, divisée par quelques auteurs en une couche externe (A), dense, blanchâtre, et une couche interne (B), molle, plus rouge. 2» La couche épithéliale, membrane granuleuse (G), qui tapisse la paroi interne de l’enveloppe, est formée par des cellules polygonales ou arrondies, granuleuses et pourvues d’un noyau. A la partie la plus profonde du follicule (fig. 329, 6, 7, 8) se trouve une agglomération de ces cellules; c’est le cumulus proligère (Gl, qui contient l’ovule (*>, Dans certains cas (d’après quelques auteurs), on trouverait entre la membrane externe et la membrane granuleuse une membrane amorphe (membrane propre du follicule). 3» Le contenu est un liquide analogue au plasma du sang. Le développement des follicules de Oraaf et Vovule seront décrits à propos du développement.

Le nombre des follicules, aux divers degrés de développement, peut être évalué à

(1) Schrôa, His, etc. ont confirmé sous ce rapport l’opinion déjà émise par Poucbet.

(•) 1) vésicules corticales. — 2) Vésicules plus volumineuses. — 3) Vésicules entourées de la ineni; brane granuleuse. — 4, 5, 6, 7, 8) Follicules à des degrés divers de développement. — 9) Membrane granuleuse. — 10) Ovule. — 11) Cumulus proligère. ~ 12) Follicule qui n’a pas été ouvert, entouré par un réseau vasculaire. — 13) Follicule dont le contenu s’est échappé en partie. — 14) Stroma delà zone corticale. — 15) Vaisseaux pénétrant par le hile de la glande. — 16) Stroma du hile. — 17) Menhrane externe d’un corps jaune. — 18) Artère du corps jaune. — 19) Sa veine centrale. — (D’après Schrœn.)

ORGANES GÉNITAUX

plus de 30,000 par ovaire (Henle) ; il est très rare de rencontrer deux, ovules dans le même follicule.

3“ Uupture des follicules de Graaf et chute de V ovule 0). — Depuis la puherte (12 à 18 ans en moyenne) jusqu’à la ménopause (45 à 50 ans), on observe à la surface de

l’ovaire une rupture des follicules de Graaf, qui laissent échapper les ovules. Ces ruptures se succèdent à des intervalles réguliers' (tous les vingt-huit jours en moyenne) et s’accompagnent de phénomènes particuliers marqués principalement du côté de l’utérus (écoulement sanguin, etc.), phénomènes dont l’ensemble a reçu le nom de menstruation. A chaque menstruation, un o^le se détache de l’ovaire et est reçu par la trompe. Cette rupture des vésicules de Graaf, qui se fait ordinairement vers la fin des règles (Sappey), peut être spontanée ou provoquée (coït, etc.). Cette rupture paraît pouvoir se produire en dehors de la menstruation sous certaines influences encore peu con-

Cette rupture se fait par l’amincissement

progressif de la paroi du follicule au niveau de sa partie saillante, tandis qu’au contraire, les parties profondes s’iiypérémient, s’épaississent et deviennent plus vasculaires. Bientôt, sous la pression excentrique du liquide du follicule, une petite fente se déclare sur la partie amincie et l'ovulo s’échappe entouré iiar les cellules du cumulus proligère. Au moment de sa rupture, le follicule a ordinairement O^^Ol à O™, 015.

4“ Structure du corps jaune. — Le corps jaune, dont nous avons étudié les caractères visibles à l’œil nu, a une structure différente dans son stade de progression et dans son stade de régression : lo le stade de progression consiste en une hypertrophie de la tunique fibreuse et de la membrane granuleuse, qui se plisse et présente des cellules fusiformes a granulations graisseuses (cellules de l’ovariule de Robin); cette hypertrophie s’accompagne d’un développement vasculaire considérable (flg. 329, 17) : les artères (18) forment à la périphérie du follicule un réseau très riche, d’où part une veine centrale (19) volumineuse; 2» le stade de régression consiste surtout en une dégénérescence graisseuse accompagnée d’une résorption graduelle.

Yaisseaux et nerfs de l'ovaire. — Les artères ovarique et utérine forment une anastomose en arcade (fig. 334, 4) , d’où partent huit à dix rameaux flexueux se rendant au hile. Les veines, plus volumineuses et plus multipliées que les artères, vont à un lacis très serré, bulbe ou corps spongieux de V ovaire (flg. 331, 2), et de là au plexus sousovarique qui communique avec les 'plexus utérin et pampiniforme. Les lymphatiques accompagnent les veines; His décrit un réseau lymphatique dans la membrane externe des follicules. Les nerfs proviennent du plexus ovarique; leur terminaison est inconnue.

Organe de Rosenmüller (fig. 332). — A l’ovaire est annexé l’organe de Rosenmüller.

t*) La masse connective blanchâtre qui remplit le follicule rétracté a été appelée corpus albidum; quelquefois on y trouve de fhématiiie transformée (corpus nigrum).

(*) A. Membrane externe Ju follicule. — R. Sa couche interne. — C. Membrane '{rranuleuse. — D. Cavité dn follicule. - E. Ovulo. - G. Cumulus proligère. - 1) Membrane vitelline. - 2) Vitellus. — 3) 'Vésicule germinative.

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reste des tubes glandulaires moyens du corps de Wolff. C’est un organe aplati, triangulaire, placé dans l’épaisseur du ligament large, entre la trompe et l’ovaire; son sommet est dirigé vers le hile de cet organe.

Il se compose de quinze à vingt canaux (c), légèrement onduleux, aboutissant à un canal commun (e), qui occupe la base de l’organe et répond au canal excréteur du corps de Wolif. Leurs parois épaisses sont tapissées par un épithélium vibratile ; ils contiennent un liquide jaunâtre.

Fio. 332.— Organe de Rosenmüller (•').

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