‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologie (volume 2)Chapitre 251 sur 303 · ARTICLE IV - MILIEUX TRANSPARENTS · texte numérisé non relu

ARTICLE IV - MILIEUX TRANSPARENTS

§ I — Humeur aqueuse

L’humeur aqueuse est un liquide clair, incolore, séreux, contenu dans deux espaces appelés chambre anterieure et chambre postérieure de l'œil.

La chambre antérieure de l'œil (ûg. 348, 30) est comprise entre la face postérieure du cristallin en avant, et en arrière la face antérieure de l’iris et une petite partie de la face antérieure du cristallin au niveau de la pupille.

La chambre postérieure (31) a la forme d’une cavité annulaire, prismatique, triangulaire sur une coupe. Elle est limitée en avant par la face postérieure de l’iris, en dehors par la partie antérieure des procès ciliaires, qui s’avancent plus ou moins dans son intérieur ; en arrière par la zone de Zinn.

L’iris étant appliqué sur la face antérieure du cristallin, les deux chambres ne communiquent qu’exceptionnellement (‘h

§ II — Cristallin (fig- 348, 26).

Le cristallin est une lentille biconvexe, à bords mousses, à courbures à peu près sphériques. La face postérieure, plus convexe, a un rayon de courbure de 0"’,006, tandis que celui de l’antérieure est de O^jOlO. Son axe (distance du centre des deux faces) a O"", 004 sur le cadavre et est un peu moindre sur le vivant. Son diamètre équatorial est do 0'”,009 à O^jOlO.

Sa transparence disparaît après la mort par l’altération de son noyau central, qui s’opacifie. Sa consistance augmente de la périphérie au centre, où il présente un noyau assez dur.

Le cristallin se compose d’une enveloppe, capsule cristalline ou cristalloïde, et d’une substance propre. La capsule est une membrane transparente, très élastique, s’enroulant sur elle-même par ses bords et soudée intimement en arrière à l’hyalo'ide. Tant que cette capsule est intacte, le cristallin est élastique et résiste à la pression ; mais dès qu’elle est ouverte, on voit sortir quelques gouttes de liquide (humeur de Morgagni), et si l’incision est assez grande, le cristallin lui-même sort par la plus légère pression. On a alors une substance molle, sauf le noyau central, et qui par la pression se laisse diviser en segments (ordinairement au nombre de trois) et en grumeaux stratifiés.

Structure. — Capsule cristalline. — Elle est amorphe, plus épaisse du [double à sa paroi antérieure et recouverte à sa face interne par une couche simple de cellules hexagonales, qui sont à peine visibles sur la paroi postérieure.

Substance du cristallin. — Elle est composée de fibres prismatiques aplaties, qui, sur une coupe, ont la forme de rectangles dont les petits côtés se terminent en angles aigus. Les bords de ces fibres sont dentelés, de sorte que leur adhérence est plus

(*) Quand on croyait l'iris complètement isolé du cristallin, la signification du ferme chambre postérieure était tout à fait dilférente, et ce terme répondait à une erreur anatomique. Mais on a tort de nier complètement l'existence d'une chambre postérieure ; cette chambre existe réellementj mais seulement dans le sens indiqué plus haut.

grande suivant leurs bords que suivant leurs faces ; de là l'aptitude du cristallin à se laisser diviser en lamelles concentriques. La direction de ces fibres varie dans les divers points du cristallin ; dans l’axe du noyau elles sont antéro-postérieures ; puis, à mesure qu’elles s’écartent de cet axe, elles marchent dans les plans méridiens du cristallin, mais en décrivant une courbe d’autant plus forte qu’elles sont plus superficielles. Les fibres situées tout à fait à la surface vont d’une face à l’autre du cristallin en contournant son bord mousse. Mais ces fibres ne partent pas d’un pôle pour aboutir à l’autre. En eflét, du noyau partent trois plans radiés coupant le cristallin en trois tranches ou segments (quelquefois plus). Ces plans sont constitués par une substance amorphe, qui se coagule et s’opacifie par l’ébullition, et paraît alors sur les deux faces du cristallin sous forme d'une étoile à trois rayons (ou plus), partant d’un pôle pour se diriger vers les bords de la lentille. Ces trois rayons figurent sur la face antérieure un renversé, et sur la face postérieure un Y droit. C’est à ces rayons et à ces plans que viennent se terminer les fibres du cristallin. Les rayons superficiels peuvent atteindre le nombre de six à neuf chez l’adulte.

Entre l’épithélium capsulaire et la substance propre du cristallin se trouvent deux ou trois couches de cellules sphériques, qui se liquéfient après la mort et donnent V humeur de Morgagni (Morel).

Le cristallin ne contient chez l’adulte ni vaisseaux ni nerfs.

Le cristallin est fixé en place par l’hyaloïde (voyez plus bas).

§ III — Corps vitré (ftg. 34s, 29).

Le corps vitré est une sphère transparente, creusée en avant d’une fossette qui reçoit le eristallin. Il se compose d’une substance gélatiniforme, homogène, filante, contenue dans une membrane d’enveloppe d’une minceur très grande et d’une transparence parfaite, membrane hyaloïde.

Structure. — 1“ La substance du corps vitré (humeur vitrée) paraît être une masse homogène, dans laquelle on trouve encore, d’après quelques auteurs, des cellules, restes de l’état fœtal et infantile. Par certains réactifs, il acquiert une structure lamelliforme.

2“ Hyaldide. — C’est une hiembrane amorphe qui, d’après certains anatomistes, enverrait des cloisons fines dans l’intérieur de l’humeur vitrée.

Le corps vitré ne contient chez l’adulte ni vaisseaux ni nerfs.

Partie antérieure de l'hyaloide et mode de fixation du cristallin. — Arrivée à l’ora serrata, l’hyaloide (fig. 356, 18) s’épaissit et se dmise en deux feuillets, qui s’écartent peu à peu et passent l’un en arrière, l’autre en avant du cristallin.

1“ Le feuillet (postérieur (21) va tapisser la fossette denticulaire du corps vitré et se soude à la capsule cristalline sur la face postérieure du cristallin.

2“ Le feuillet antérieur, zone de Zinn (19) s’accole et se soude aux procès ciliaires, ou mieux à la prolongation de la membrane limitante interne de la rétine (16), se plisse comme eux et, une fois libre (20), va s’attacher à la face antérieure et à la périphérie du cristallin. Son insertion décritune ligne onduleuse (fig. 348, 28). Entre ces deux feuillets et le bord du cristallin se trouve un canal prismatique, annulaire, canal de Petit (22), dont l’existence a été niée dans ces derniers temps (hvanoff).

Mécanisme de V accommodation et action du muscle ciliaire (fig; 356). — Dans

ORGANES DES SENS

raccommodation pour les objets rapprochés (A), le cristallin change de forme ; la courbure de sa face antérieure augmente, et son sommet s’avance vers la cornée ; la courbure de sa face postérieure ne change pas sensiblement et son sommet reste au même point ; en même temps le diamètre équatorial du cristallin diminue, son volume restant le même. Ces changements sont dus au muscle ciliaire, mais lesintei’prétations varient sur la façon dontils se produisent. L’explication la plus vraisemblable est celle de Helniholtz. Pendant la vie le cristallin est comprimé d’avant en arrière parla tension de la zone deZinn; en effet, après la mort et lorsqu’on l’a extrait de l’œil, il présente une plus grande épais¬

seur. Dans l’accommodation pour les objets l approchés, le muscle ciliaire, en se contractant, prend son point fixe en avant à la face interne du canal de Fontana et au ligament pectiné, et tire en avant la choroïde et par suite la zone de Zinn, qui lui est intimement soudée. 11 diminue ainsi la tension de cette zone, ce qui permet au cristallin de reprendre sa forme et son épaisseur normale en vertu de l’élasticité de sa capsule. L’action des fibres orbiculaires du muscle ciliaire n’est pas expliquée. On ne sait pas non plus pourquoi le changement de forme du cristallin se fait surtout aux dépens de sa face antérieure.

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