‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologie (volume 2)Chapitre 254 sur 303 · PARTIES ACCESSOIRES DE D APPAREIL DE LA VISION · texte numérisé non relu

PARTIES ACCESSOIRES DE D APPAREIL DE LA VISION

tiens ; nue portion tarsienne, correspondant au tarse, et \ino portion orbitaire, correspondant au rebord orbitaire. La partie tarsienne, convexe en avant, se moule et glisse sur le globe oculaire,

La face postérieure des paupières est tapissée par la conjonctive. Celle-ci se réfléchit de la face postérieure de chaque paupière sur le bulbe oculaire en formant en haut et en bas un oul-de-sao, sinus conjonctival supérieur ci

inférieur. Le sinus conjonctival supérieur arrive à la hauteur de l’arcade orbitaire et est situé à O” , 015 en arrière de cette arcade ; le sinus inférieur est au-dessus du rebord orbitaire inférieur. La hauteur des deux paupières, mesu rée par leur face interne, du sinus conjonctival à leur bord libre, est pour la paupière supérieure de 0™ , 024, pour l'inférieure de 0” , 012. Cette face postérieure présente les stries parallèles blanchâtres des glandes de Méibomius.

Le bord libre des paupières est taillé en biseau aux dépens de la face interne, pour la paupière supérieure, de l’externe pour l’inférieure, et présente

ORGANES OES SENS

deux lèvres : une lèvre antérieure, sur laquelle se voient les rangées des cils, et une lèvre postérieure, qui offre les oriflees régulièrement disposés des glandes de Méibomius*. A la partie interne de ce bord libre se trouve un tubereule saillant, papille lacrymale, qui porte l’orifice des points lacrymaux. Dans l’occlusion des paupières, leurs bords libres s’accolent, sans circonscrire le canal triangulaire admis par quelques auteurs, entre les paupières et le bulbe oculaire.

angle interne ou grand angle de Vœil offre une sorte de golfe, lac lacrymal, limité par la partie du bord libre des paupières située en dedans des

Fig. 360. — Section de la paupière (*).

points lacrymaux. Ce lac contient une petite saillie rougeâtre, caroncule lacrymale, qui supporte quelques poils fins ; en dehors de la caroncule est un repli semi-lunaire de la conjonctive dont le bord libre concave se dirige en dehors.

'L'angle externe ou petit angle de l’œil est situé un peu plus haut que l’in terne, ce qui donne à la fente palpébrale une obliquité qui varie suivant les individus et surtout suivant les races. Derrière cet angle, la conjonctive forme un cul-de-sac qui se continue avec les sinus supérieur et inférieur.

Structure (fig. 360). — Les paupières, dont l’épaisseur est d’environ 0"', 0025, se composent de trois couches facilement séparables : la peau, la couche musculaire et les tarses avec la conjonctive.

1“ La peau est très mince ; elle présente des poils fins avec des bulbes pileux assez développés, quelques glandes sébacées et des glandes sudoripares. Elle est rattachée à la couche musculaire par un tissu connectif fin, lamelleux. Vers le hord libre elle contient les follicules des cils, pourvus de glandes sébacées volumineuses.

2“ La couche musculaire a été décrite avec l’orbiculaire des paupières (p. 254). La partie ciliaire sera décrite avec l’appareil lacrymal. On trouve dans les deux paupières des fibres lisses qui ouvrent la fente palpébrale.

(■) 1) Épiderme. — 2) Ride transversale de la paupière. — 3; Derme. — 4) Bord libre. — 5) Tissu cellulaire sous-cutané. - 6) Orbiculaire des paupières. - 7) Muscle ciliaire de Riolan. — 8) Tissu celluloadipeux sous-musculaire. — 91 Capsule de Tenon et cartilage tarse. — 10) Glandes de Méibomius — il) Canal et orifice des glandes de Méibomius. — 12) Conjonctive. — 13) Cils. - 14) Bulbes des cils. — 15) Glandes sébacées des cils. — 16) Arcade artérielle palpébrale (Galezowski, Mal des peux, Paris, 1872. p. 5, d'après une préparation du D' Trombetta.).

parties accessoires de l’appareil de la vision

30 Les tarses, appelés aussi cartilages tarses, sont deux lames fibreuses, souples, flexibles, situées dans l'épaisseur de la partie tarsienne des paupières. Celui de la paupière supérieure, semi-lunaire, a 0“,009 de hauteur; celui de la paupière inférieure n’a que 0'", 0045 de hauteur. Leur face postérieure est intimement soudée à la conjonctive. Leur face antérieure répond à l’orbiculaire des paupières. Leur bord adhérent, mince, est rattaché au rebord orbitaire par des lames fibreuses, ligaments larges, et pour la paupière supérieure donne attache au tendon du releveur. Leur bord libre, épais, adhère intimement à la peau du bord libre de la paupière. Leur extrémité interne s'attache au tendon direct de l’orbiculaire ; leur extrémité interne est rattachée au rebord orbitaire pxteràe par un trousseau fibreux .

Glandes de Méibomius (flg. 361). — Les tarses contiennent dans leur épaisseur les glandes de Méibomius. Ces glandes, au nombre de trente à quarante pour la paupière supérieure, de vingt seulement pour l'inférieure, sont visibles surtout par la face postérieure des tarses sous forme de stries blanches parallèles, perpendiculaires au bord libre des paupières. Ce sont des glandes sébacées débouchant dans un canal excréteur commun qui vient s’ouvrir sur la lèvre postérieure du bord libre de la paupière.

4» Conjonctne. — La conjonctive est une membrane muqueuse, à épithélium pavimenteux stratifié. Dans sa partie tarsienne, elle est très adhérente aux tarses et présente quelques papilles et quelques glandes en tube peu développées. Au niveau des sinus supérieur et inférieur, elle possède des papilles plus développées et des glandes en grappe assez volumineuses (glandes lacrymales accessoires) plus nombreuses à l’angle externe et pour la paupière supérieure. On y trouve quelques follicules clos. Dans sapartiecaronculaire elle contient des bulbes pileux et des follicules sébacés volumineux. La partie oculaire, en rapportavec la sclérotique, est dépourvue de papilles et de glandes.

Vaisseaux et nerfs. — Les artères des paupières (flg. 362) viennent de l’ophthalmique, de la temporale, de la sous-oibitaire et de la faciale ; les veines sous-cutanées se rendent à la veine faciale, les veines sous-conjoncfivales à la veine ophthalmique. Les lymphatiques vont aux ganglions sous-maxillaires et parotidiens. Les nerfs viennent : les sensitifs de la branche Pig. 361.

ophthalmique et du sous-orbitaire, les moteurs du facial. aiande de Méiliomius C).

Vaisseaux et nerfs de la conjonctive séléroticale ■ — Les artères de. la conjonctive scléroticale proviennent des artères ciliaires antérieures dans la sone gui entoure immédiatement le bord de la cornée; ces rameaux des artères ciliaires antérieures suivent une direction radiée du bord de la cornée vers la conjonctive, et après un trajet assez court se résolvent en un réseau capillairq anastomosé avec le i-éseau qui provient des artères palpébrales et lacrymales. Les veines qui proviennent de cette zone vont se jeter dans les veines ciliaires antérieures. Les nerfs de la conjonctive présentent sur leurs extrémités des corpuscules terminaux de Krause,

Les corpuscules ou renflements terminaux de Krause sont des corpuscules ovoïdes cOTposés d'une enveloppe transparente et d’un contenu homogène dans lequel vient se terminer, par un renflement arrondi, le c.vlindre-axe d'une fibre nerveuse. Dans la conjonctive.

(•) Ij Canal excréteur commun. — 2) Lobules. — (D’après Morel et Villemin.)

ORGANES DES SENS

le cylindre-axe se divise quelquefois avant d’arriver dans la capsule et y constitue une sorte de peloton D'après Poncet {Archives de Physiologie, 1875), les nerfs de la conjonctive présentent trois modes de terminaison : 1* des réseaux de fibres fines à mailles larges ; 2* des corpuscules de Krause ; mais ils n’existeraient que sur les ramifications de la branche lacrymale, par conséquent dans la partie interne de la conjonctive, qui jouit en effet d'une sensibilité plus vive; 3’ des renflements interépiihéliaux qui s'observent dans la muqueuse prés du limbe cornéal.

Page 1