EMBRYOLOGIE ET DEVELOPPEMENT L’HOMME
la papille dentaire (9) commence à se former et paraît comme un bourgeon coiffé par l’organe de l’émail ; on trouve aussi les premières traces du sac dentaire (10), simple condensation du tissu connectif du derme muqueux autour de l’organe de l’émail.
A un stade plus avancé (C), le capuchon de l’organe de l’émail est bien dessiné. Les cellules cylindriques qui le limitaient à l’extérieur ont pris des caractères différents, suivant qu'elles sont en contact avec le sac ou avec la papille dentaire. Les premières (13) sont plus petites, deviennent pavimenteuses et se convriront bientôt de bourgeons ; les secondes (12) restent cylindriques pour constituer la membrane de l’émail. Les cellules arrondies qui remplissaient l’intérieur de l'organe adamantin se sont aussi modifiées pour former la pulpe de l’émail (14), analogues au tissu muqueux comme aspect, quoique d’origine épithéliale. Les cellules les plus internes seules gardent leur caractère primitif et forment la membrane intermédiaire Ae Hannover (15). Le pédicule qui rattachait le capuchon à la crête dentaire devient alors le gubernaculum demis. En même temps les cellules les i)lus externes de la papille dentaire se sont groupées de façon à former une couche régulière de cellules, cellules dentaires (17), qui limite la surfac^de cette papille. Enfin, le sac dentaire s'est constitué par la condensation progressive du tissu connectif, condensation qui est plus prononcée à une certaine distance de l’organe de l’émail (18) que dans son voisinage immédiat (19).
2° Ossification du germe dentaire. — Au moment de l’ossification, la papille dentaire avec son capuchon de l'organe de l’émail a la forme de la dent future et présente par conséquent autant de pointes que la dent future aura de tubercu es.
Formation de l'ivoire. — C’est par l'ivoire que commence l'ossification. Il se dépose sous forme d’un petit disque au sommet de la papille ou des pointes de la papille. Ce dépôt d’ivoire se fait delà façon suivante (fig. 446, E) ; les cellules dentaires (17) poussent des prolongements, fibres dentaires, qui s’allongent de plus en plus en se ramifiant, et la substance intercellulaire, intermédiaire à ces cellules et à ces fibres dentaires (24), se durcit en s’incrustant de sels calcaires couche par couche, en allant de l’extérieur à l’intérieur. La jrartie de la papille dentaire non transformée en ivoire constitue la pulpe dentaire.
Formation de l’émail. — Immédiatement après l’apparition de l’ivoire, chaque disque d’ivoire se coiffe d’un petit capuchon d’émail. La priduction de l’émail (22) se fait entre l’ivoire et la membrane de l’émail, au-dessous par conséquent de cette membrane, par un mécanisme encore obscur *. Chaque prisme de l’émail paraît répondre à une cellule cylindrique de la membrane de l’émail (12) ; ces cellules se calcifieraient du centre à la périphérie ; et les cellules transformées seraient remplacées par de nouvelles cellules cylindriques provenant de la membrane intermédiaire de Hannover (15), cellules destinées à se calcifier à leur tour. Les dépôts des couches de l'émail se feraient donc do l’intérieur à l’extérieur, en sens inverse, par conséquent, des dépôts de l'ivoire. La pulpe de l'émail disparaît peu àpeu, et la membrane externe de l’organe adamantin (13) constitue la cuticule de l’émail.
Formation du cément. — Le cément se forme, comme les dépôts périostiques des o.=, aux dépens de la paroi interne du sac dentaire. Cette production du cément précède de très peu de temps l’éruption des dents.
3“ Éruption des dents. — .\vant l’éruption des dents de lait, la gencive est
1*1 La difficulté de comprendre la production de l'émail était beaucoup plus grande lorsqu’on admettait l’existence de \a.membrane préformatire (23), séparant l’émail de la membrane de l'émail. Nous avons dit pins haut que l’exis'ence de cette membrane préformative est plus que douteuse.
DÉVELOPPEMENT DES ORGANES EN PARTICULIER
dure, solide, blanchâtre, et les dents, enfoncées dans l’épaisseur des gencives et entourées par le sac dentaire, ne possèdent que la couronne et n'ont encore ni racine ni cément. La racine en se formant, repousse peu à peu la couronne, qui presse contre la partie supérieure du sac dentaire soudée à la gencive ; par suite de cette pression et aussi d'un phénomène de résorption concomitante, ces parties se perforent et livrent passage à la couronne, qui apparaît à l'extérieur ; la gencive se rétracte sur la dent, et la partie restante du sac dentaire constitue le périoste alvpolodentaire.
2 Dents de lait
Les germes dentaires des dents de lait commencent à paraître à la sixième semaine de la vie foetale ; à la dixième, tous les germes ont paru. Leur ossification se fait du cinquième au septième mois de la vie intra-utérine. Leur éruption ne commence qu'après la naissance, à partir du sixième ou septième mois. Les dents de même espèce apparaissent ensemble par paire, à droite et à gauche, et celles de la mâchoire inférieure précèdent celles de la mâchoire supérieure. Leur éruption se fait habituellement dans l’ordre suivant : incisive moyenne inférieure, six à huit mois : incisive moyenne supérieure, quelques semaines plus tard ; incisive latérale inférieure, septième au neuvième mois ; incisive latérale supérieure, quelques semaines plus tard ; première molaire, un an ; canine, quinzième au vingtième mois ; deuxième molaire, deux à six ans. Ces chiffres ne représentent que des moyennes. La dentition temporaire est habituellement complète au début de la troisième année. La chute des dents de lait est liée à l’éruption des dents permanentes.
3' Dents permanentes
Les germes dentaires des dents permanentes se forment à partir du cinquième mois de la vie fœtale, et avant la naissance, sauf ceux des troisième, quatrième et cinquième molaires, qui paraissent quelques mois après la naissance. Ces germes dentaires se forment du reste de la même façon que les germes dentaires des dents de lait, et aux dépens du pédicule qui rattache ces derniers à l’épithélium huccal (Fig. 446, C, 11, H’).
Leur ossification se fait dans l'oi’dre suivant ; la première grosse molaire s’ossifie au neuvième mois de la vie foetale ; les autres dents s’ossifient après la naissance, les incisives, dans la première année; les canines, dans la seconde; les petites molaires, dans la troisième ; à cinq ans elles ont toutes paru, sauf les dents de sagesse, et à six ou sept ans l’enfant a quarante-huit dents, les vingt dents de lait et de plus toutes les dents persistantes, sauf la dernière molaire (Fig. 447).
Véruj)tion des dents permanentes débute par la résorption des cloisons osseuses qui séparent les alvéoles des dents de lait d’avec les alvéoles des dents permanentes placées au-dessous ; en même temps les racines des dents temporaires se résorbent aussi par un nukîanisme encore inconnu, tandis que les racines des dents persistantes s'allongent et que les couronnes des dents de lait se trouvent peu à peu repoussées pour finir par tomber. Cette éruption se fait dans l’ordre suivant : première grosse molaire, sept ans ; incisives moyennes, huit ans ; incisives latérales, neuf ans ; première petite molaire, dix ans ; deuxième petite molaire, onze ans ; canine, douze ans ; deuxième grosse molaire, treize ans; dent de sagesse, ^ix-huit à vingt-cinq ans et quelquefois plus tard.
IjO chute des dents permanentes a lieu habituellement à un âge plus ou moins avancé. Cette chute paraît être précédée d’une ossification de la pulpe dentaire. On a observé quelques cas de troisième dentition dans la vieillesse. Cette chute des dents amène une atrophie des alvéoles et la disparition du rebord alvéolaire des maxillaires.
Ces glandes semblent débuter, comme les glandes de la peau, par un bourgeon épithélial solide. Elles paraissent de très bonne heure, dans la seconde moitié du deuxième
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mois, et au troisième mois elles sont complètement formées. C’est la glande sousmaxillaire qui paraît la première ; la parotide ne vient qu’en dernière ligne.