CHAPITRE VI
HOMOLOGIE DES os DU MEMBRE SUPÉRIEUR ET DU MEMBRE INFÉRIEUR
Les membres supérieurs et inférieurs, formés sur le même type et eoustitués par la réuniou d’os homologues, n’en présentent pas moins des différences résultant de la diversité de leurs fonctions.
HOMOLOGIE Dü MEMBRE SUPÉRIEUR ET DU MEMBRE INFÉRIEUR 111
Aux membres supérieurs, tout est sacrifié à la mobilité ; aux membres inférieurs, au contraire, c’est la solidité qui domine, tandis que la mobilité est restreinte comme étendue et comme direction. Ces différences se caractérisent surtout aux deux extrémités des membres, dans la ceinture osseuse (épaule ou bassin), qui les rattache au tronc, et dans l’appendice multiple (main ou pied), qui les termine. Une revue rapide fera saisir ces différences. Tandis que l’omoplate, allégée le plus possible de substance osseuse, est
(1 Chez certains marsupiaux le péroné s'articule avec le condyle exierne du fémur, et la soudure qui se trouve chez l'homme et qui a amené le volume énorme de l'extrémité supérieure du tibia, n’existe pas.
Les homologies du bassin et de l’épaule sont beaucoup plus compliquées et plus difficiles à interpréter; mais les limites de ce livre ne permettent i)as d'entrer dans jjlus de détails. Voyez sur ce sujet les mémoires suivants: Ch. Martins, Nouvelle comparaison des membres pelciens et thoraciques (Annales des sciences naturelles, 4“ série, t. VllI, 1S57;. Mémoires sur l'oste'ologie comparée du coude et du genou (Id, I. XVH, 1862). Foltz, Homologie des membres pelciens et thoraciques de l'homme (Journal de la physiologie.
OSTÉOI,OGIE
suspendue librement au tronc par la clavicule, et communique ainsi au bras qu’elle supporte la double mobilité de l’omoplate sur la clavicule et de la clavicule sur le sternum, le bassin constitue avec le sacrum une ceinture volumineuse, invariable, immobile, fournissant un point d’attacbe solide aux membres inferieurs ; tandis que la tête de l’humérus déborde do tous côtés la cavité glénoïde si superficiellement excavée et acquiert ainsi une facilité extrême de déplacement dans tous les sens, la tête du fémur est enfoncée dans l’excavation profonde de la cavité cotyloïque et perd au profit de la solidité une grande étendue de mouvement; tandis qua l’avant-bras le radius tourne autour du cubitus en entraînant la main en pronation ou en supination, à la jambe les deux os correspondants fortement articulés constituent un tout à peu pris immobile. La main enfin, lâchement unie au radius, présente au plus haut point cette prédominance de la mobilité sur la résistance; scs trois segments, carpe, métacarpe, doigts, augmentent successivement de longueur ; les os du carpe, excessivement réduits, sont disposés sur deux rangées et dans chaque rangée, placés côte à côte, et le premier métacarpien, par sa mobilité sur le trapèze, permet les mouvements d’opposition du pouce. Le pied, au contraire, pris dans la mortaise tibio-péronière, comme dans un étau, voit ses trois segments, tarse, métatarse, orteils, diminuer de longeur d’arrière en avant : non seulement la partie servant à la résistance, le tarse, a pris un développement extrême, mais les os de la première rangée, réduits à trois au lieu de quatre, comme au carpe, ont subi des déplacements spéciaux ayant tous pour résultat la solidité; un seul d’entre eux, l’astragale, s’articule avec les os de la jambe, et transmet le poids du corps au reste du pied formant voûte pour résister à la pression ; enfin le premier métatarsien, perdant le mouvement d’opposition, devient parallèle aux autres et constitue avec le calcanéum un des i)rincipaux points d’appui du pied sur le sol.
Ces différences n’empêchent cependant pas de retrouver les homologies des os du membre supérieur et du membre inférieur; mais, pour les retrouver, il faut partir d’un ])oint incontestable, qui permette ensuite, grâce à leurs connexions, de préciser dans chaque membre les os correspondants ; ce point incontestable, c’est l’homologie du gros orteil et du pouce. 11 faut dans cette comparaison faire la part de la torsion de l’humérus et supposer l’humérus détordu rectiligne comme le iemur; on retrouve alors facilement les parties correspondantes. La tableau ci-dessus (v. page 111) place en regard les os homologues des membres supérieur et inférieur.