‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologie (volume 2)Chapitre 53 sur 303 · ARTICULATIONS DE LA COLONNE VERTEBRALE · texte numérisé non relu

ARTICULATIONS DE LA COLONNE VERTEBRALE

de leur capsule, se prêtent à des mouvements qu’arrêtent la direction verticale et l’engrènement des apophyses articulaires lombaires.

Avant d’étudier les mouvements du rachis, il faut étudier son état d’équilibre dans l’immobilité, tel qu’il se rencontre par exeaaple dans la station.

Équilibre du rachis. — Le poids des viscère.?, qu’on peut considérer comme suspendus à la face antérieure du rachis, tend continuellement à l’incliner en avant; contre cette force continue luttent des puissances continues élastiques, non susceptibles par conséquent de se fatiguer comme des muscles : c’est d’une part le noyau du disque intervertébral, qui par son élasticité, repousse l’un de l’autre les corps des vertèbres voisines; ce sont d’autre part les ligaments jaunes, qui tendent à rapprocher les apophyses épineuses, et par suite favorisent cet écartement des corps. Le rachis se trouve ainsi maintenu dans la rectitude et les muscles n’ont plus à agir que dans des cas spéciaux.

Mouvements du rachis. — Les mouvements partiels, presque insaisissables, d’une vertèbre sur une autre, arrivent, en se totalisant, à produire des mouvements assez étendus de la colonne vertébrale.

Le rachis peut exécuter trois sortes de mouvements autour de trois axes principaux : 1» autour d’un axe transversal (flexion et extension) ; 2" autour d’un axe antéro-posté rieur (inclinaison latérale ; 3“ autour d’un axe vertical (torsion ou rotation).

1“ Mouvement autour d'un axa transversal (flexion et extension^ — Dans ce mouvement, l’axe de rotation passe à peu près transversalement par le noyau des disques ; dans la flexion, les apophyses articulaires supérieures glissant de bas en haut sur les inférieures en s'en écartant en bas; celles de la région cervicale par la direction de leurs facettes favorisent ce mouvement d'ascension ; cette flexion est limitée par la résistance à 1.1 traction des ligaments surépineux et des ligaments jaunes, et par la résistance à la pression du noyau des disques, enfin par la configuration même des facettes articulaires, surtout à la région lombaire. Dans l’extension l’inverse a lieu, et sa limite plus facilement atteinte se trouve dans la résistance de l’anneau fibreux des disques intervertébraux. L’excursion totale de ce mouvement est d’environ un angle droit, et la région cervicale y prend la plus grande part.

2“ Mouvements autour d’un axe antéro-postérieur (inclinaison latérale). — Cet axe passe par le noyau des disques et est perpendiculaire à un phn» qui joindrait les facettes des apophyses articulaires de droite et de gauche de la vertèbre correspondante. Cet axe varie donc d’une région à l'autre : horizontal aux lombes, où les apophyses articulaires sont verticales, il s’incline de plus en plus en avant et en bas, à mesure qu’on remonte vers la région cervicale, à cause de l’obliquité des apophyses articulaires qui se rapprochent de plus en plus de l’horizontale. 11 en résulte que l’inclinaison latérale existe à peu près seule et sans mélange aux lombes ; mais qu'à mesure qu’on monte, il vient s’y ajouter un mouvement de torsion de la colonne vertébrale, sensible surtout au cou; et grâce auquel, en même temps que le rachis s’incline d’un côté, es corps vertébraux tournent leur face antérieure du même côté. Ce mouvement d’inclinaison latérale est limité, outre la résistance des ligaments, par la direction verticale des facettes articulaires de la région lombaire et d’une partie de la région dorsale.

3“ Mouvements autour d'un are vertical (torsion ou rotation). Ils accompagnent à peu près invariablement l’inclinaison latérale, de façon que ces deux genres de mouvements, théoriquement isolables, sont en réalité confondus dans la nature.

Muscles moteurs du rachis. — 1“ Flexion. — Grand droit antérieur de l’abdomen, grand oblique, petit oblique, sterno-masto'idien, scalènes, long du cou.

2“ Extension. — Interépineux du cou, long épineux du dos, splénius du cou, long dorsal, sacro-lombaire, transversaire du cou, transversaire épineux, intertransversaires postérieurs du cou, intcrtiansversaires des lombes, angulaire, surcostaux.

3“ Inclinaison latérale. — Scalènes. intertransvorsaires du cou et des lombes, carré des lombes, transversaire du cou, saci-o-lombaire, angulaire, surcoshiux.

AKTHROLOGIE

4“ Rotation de la face antérieure du tronc du même côté. — Petit oblique de l’abdomen, splenius, long dorsal, faisceaux supérieurs du long du cou,

S" Rotation du coté opposé. — Grand oblique de l’abdomen, transversaire épineux, faisceaux inférieurs du long du cou.

Mouvements de la tête; mécanisme des articulations de l'atlas, de Vaxis et de l'occipital. — Les mouvements de la tête sur le rachis sont de trois espèces: 1“ des mouvements de rotation, par lesquels la face se tourne à droite ou à gauche; 2“ des mouvement de flexion et d’extension, par lesquels la tête s’incline en avant ou se relève; 3“ des mouvements d'inclinaison latérale, par lesquels la tête s’incline à droite et à gauche ; les premiers se passent dans l’articulation de l'atlas et de l’axis, les deuxièmes et les troisièmes dans celle de l’atlas et de l’occipital.

1“ Mécanisme de l'articulation atldido-axo'idienne (mouvement de rotation). — La tête tourne autour d’un axe vertical passant par l’apophyse odontoïde; dans la position normale de la tête regardant directement en avant, l’atlas (fig. 37, 2) repose par sa crête transversale sur la crête mousse analogue des facettes articulaires supérieure du J corps de l’axis; les facettes articulaires sont

~ï~ donc toutes les deux en contact par des sur¬

taxes convexes, et il reste en avant et en arrière un vide rempli par la synovie et les parties molles. Dès que l’atlas abandonne cette position, la crête de sa facette articulaire descend d’un côté en avant, de l’autre en arrière, et d’un côté la demi-facette antérieure de l’atlas (4) correspond à la demi-facette postérieure de l’axis, avec laquelle elle concorde parfaitement, tandis que de l’autre sa demi-facette postérieure (3) s’applique sur la demi-facette antérieure de l’axis. Il exécute donc autour de l’apophyse odontoïde non seulement un simple mouvement de rotation, mais un double mouvement en pas de vis, grâce auquel la tête s’abaisse en même temps qu’elle tourne (voy. la figure) ; ceci se voit facilement si on scie horizontalement l’arc antérieur de l’atlas et l’apophyse odontoïde ; en imprimant des mouvements à l’atlas sur l’axis, ou voit à chaque mouvement de rotation l’atlas s'abaisser et l’apophyse odontoïde dépasser la surface de la coupe de l’atlas, si la coupe a été pratiquée la tête maintenue dans la position droite. L’excursion totale de ce mouvement est de flO» au plus.

Fig. 37. -

2“ Mécanisme de l'articulation occipito-atloïdienne. — • Elle a deux espèces de mouvement; flexion et extension d’une part, inclinaison latérale de l’autre.

Les mouvements de flexion et d’extension s’exécutent autour d’un axe transversal, qui passe par le bord externe supérieur des deux facettes atloïdiennes et traverse les apophyses mastoïdes. L’excursion de ce mouvement est d’environ 45».

Les mouvements d’inclinaison latérale se font autour d’un axe antéro-postérieur, situé plus haut que le précédent, à cause de la différence de coui-bure des condyles de l’occipital dans le sens antéro-postérieur et dans le sens transversal. L’inclinaison de la tête s’accompagne d’un léger mouvement de rotation, par lequel, en même temps que la tête s’incline à droite, la face se tourne du côté gauche.

(*) i) Coupe antèro-potèrieure et latérale de l'axis passant par le milieu d’une de ses deux facettes articulaires supérieures; elle représente en même temps la projection de celle du côté opposé. — 2) Coupe antéro-postérieure de l’atlas passant par une de ses masses latérales, dans la position droite, de la tète; elle représente en même temps la projection de celle du côté opposé. — 3, 4) Positions prises par les deux facettes de droite et de gauche de l’atlas dans la rotation de la tête. — A,A’.Ligne de niveau des condyles de l’occipital dans la position droite de la tète. — B, B’. Ligne de niveau des condyles dans la rotation de la tète ; la distance entre ces deux lignes mesure l’abaissement de la téta

ARTICULATIONS DU CRANE

Ces différents mouvements sont limitées par la rencontre des os et par la résistance des ligaments, et surtout des ligaments odontoïdien? latéraux. Ils sont tendus tous les deux dans la flexion, tandis que dans l’inclinaison latérale et dans la rotation celui du côté opposé est seul tendu.

Muscles woteurs. — i“ Rotation de la tête du même côté. — Splénius, grand droit postérieur, grand oblique de la tète, grand droit antérieur, petit droit antérieur.

2“ Rotation du côté opposé. — Sterno- mastoïdien, trapèze, grand complexus.

3“ Flexion. — Grand droit antérieur de la tête ; petit droit antérieur, droit latéral, muscles de la région sus et sous-hyoïdien (accessoirement).

4° Extension. — Trapèze splénius, grand complexus, grand et petit droits postérieurs de la tête, petit oblique de la tête.

5“ Inclinaison latérale. — Trapèze, splénius, petit complexus, petit oblique de la tête, droit latéral, sterno-mastoïdion.

Page 1