‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologie (volume 2)Chapitre 52 sur 303 · RT1CLE IV. - DE LA COLONNE VERTÉBRALE EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

RT1CLE IV. - DE LA COLONNE VERTÉBRALE EN GÉNÉRAL

La colonne vertébrale, considérée dans son ensemble, os et ligaments, se compose de deux pyramides adossées par leurs bases, l’une supérieure, constituée par les vingt- quatre vraies vertèbres, l’une inférieure, occupant seulement le cinquième de la hauteur totale et comprenant le sacrum et le coccyx.

Direction. — La colonne supérieure repose sur le sacrum, de façon qu’une ligne verticale, passant par l’apophyse odontoïde de l’axis, tombe à peu prés sur le corps de la dernière vertèbre lombaire. Il y a, du reste, à ce sujet, des

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variétés individuelles très grandes, et, chez le même individu, des variations tenant à des conditions diverses (V. flg. 36).

Courbures. ~ La colonne vertébrale n’est pas rectiligne; elle présente des courbures antéro-postérieures, au nombre de quatre, qui changent alternat! vement de côté et correspondent à chacune des régions du rachis ; deux de ces courbures ont leur convexité dirigée en avant ; ce sont celles des régions cervicale et lombaire; c’est l’inverse pour les deux autres. I.o passage d’une courbure à la suivante se fait d’une façon graduée, sauf à la réunion de la cinquième vertèbre lombaire et du sacrum, où une inflexion brusque donne naissance à un angle saillant en avant appelé ^promontoire.

Les points culminants de ces courbures sont : la quatrième vertèbre cervicale, la septième dorsale, la troisième lombaire et la quatrième vertèbre sacrée ; ces courbures, à peine marquées chez le nouveau-né (fig. 36, G), sont dues en partie à la configuration même des os (forme en coin à base postérieure des vertèbres dorsales, courbure du sacrum), et en partie à l’action musculaire. Il y a une certaine solidarité entre ces courbures; quand l’une d’elles s’exagère, celles de sens opposé s’exagèrent aussi de façon à rétablir l’équilibre du rachis et à maintenir sa verticalité (courbures de compensation).

l'io. 3C. — Couxburei de la colonne vertébrale daw diveraes conditions C).

Outre ces courbures antéro-postérieures, le rachis présente, au niveau des 3®, e 5® vertèbres dorsales, une courbure latérale à concavité gauche. Cette courbure attri-

(") A. Dans la station ordinaire, l’intestin vide. — B. Dans la station ordinaire, après le repas. — Ç. Dans la position militaire. D. La tête inclinée en avant. — E. Les bras étendus horizontalement (ces différentes courbures ont été prises sur le vivant par Parow.). — F. Courbure de la colonne vertébrale, d’après Meyer, prise sur le cadavre; la verticale abaissée de l’apophyse odontoïde de l’axis passe au

né, d’après Homer.

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buée par Bichat à la prédominance d’action des muscles du côté droit et à l’inclinaison habituelle du côté opposé pour rétablir l’équilibi-e, regardée par d’autres comme une simple dépression vasculaire due à la présence de l’aorte, me paraît plutôt devoir être rattachée à l'insymétrie congénitale des deux moitiés du corps (Voir: Beaunis, Remar~ ques sur un cas de transposition générale des viscères (Revue médicale de l’Est. 1874). Voir aussi sur les courbures du rachis; Bouland, Rech. anat. sur les courbures du rachis (Journ. de VAnat., 1872) et J. Balandin, Archives de Virchow, t, LVII)

Dimensions. — Il faut distinguer, dans les dimensions du rachis, la longueur mesurée par une ligne qui passerait par les centres des disques et des corps en suivant les sinuosités de la colonne, et la hauteur ou la distance existant entre son sommet et la ligne horizontale menée par l'extrémité du coccyx. La longueur, peu variable suivant les individus, est en moyenne de 0™,75.

La hauteur qui, à longueur égale, peut varier d’après le degré des courbures, est en moyenne de 0'’'07, qui se subdivisent de la façon suivante : cou, O^.IOS; dos, 0“27; lombes, 0'“168; sacrum et coccyx, 0'“,124. Le milieu de la hauteur totale correspond à la onzième vertèbre dorsale. Une station prolongée peut amener dans la hauteur du rachis une diminution de quelques millimètres tenant et à l’augmentation des courbures, et à l’aplati.ssement des disques intervertébraux.

Les disques forment environ le quart de la longueur totale du rachis ; ces rapports de longueur des disques et des corps vertébraux, importants pour la flexibilité de l’ensemble, varient du reste suivant les diverses régions : au cou, ils forment un peu plus du quart delà longueur des corps vertébraux; au dos, le septième seulement ; aux lombes, un peu plus du tiers.

Description. — La colonne vertébrale se compose en réalité de deux parties: 1“ une colonne pleine, continue, ostéo-fibreuse, élastique, constituée par la superposition des corps et des disques vertébraux ; 2® un canal formé par la série des arcs vertébraux, les ligaments jaunes et la face postérieure des corps, canal qui longe la moelle dans son intérieur et se hérisse à l’extérieur d’apophyses servant à des articulations ou à des insertions musculaires. Au point de vue descriptif, on peut étudier d’abord sa configuration extérieure, puis le canal rachidien. Le sacrum et le coccyx seront décrits avec le bassin.

a) Configuration extérieure. — 1“ En avant, le rachis a l’aspect d’une colonne plane au cou, cylindrique dans le reste de son étendue, noueuse à cause de la saillie des disques intervertébraux ; cette colonne, abstraction faite de l’atlas, s’élargit de haut en bas jusqu’au sacrum ; cependant cette augmentation de volume ne se fait pas uniformément ; elle est interrompue par une sorte de rétrécissement, marqué surtout au niveau de la cinquième vertèbre dorsale.

'1° Sur les faces latérales on trouve, d’avant en arrière : 1® les faces laté ■ raies des corps; 2® les trous de conjugaison, séparés par les pédicules et augmentant en général de diamètre de haut en bas; 3“ la série des apophyses transverses, situées, au cou, sur les côtés du corps et du pédicule, au dos, en arrière du pédicule, et se replaçant aux lombes sur le côté des corps, de façon que la courbe formée par la série de ces apophyses se porte fortement en ar rière dans la région dorsale. Mais si on examine plus attentivement cette ligne des apophyses transverses, surtout sur un rachis articulé avec les côtes, on voit qu’on peut la subdiviser en deux séries: l’une, antérieure ou costale.

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située sur les côtés des corps, en avant des trous de conjugaison, et constituée de haut en bas par les branches antérieures des apophyses transverses cervicales, les côtes et les apophyses costiforraes lombaires, l’autre, postérieure ou transversaire, située derrière la précédente et en arrière des trous de conjugaison et formée par la branche postérieure des apophyses transverses cervicales, les apophyses transverses dorsales et les tubercules apophysaires des vertèbres lombaires.

3“ La face postérieure présente sur la ligne médiane la crête sineuse des apophyses épineuses, surmontée par le ligament surépineux. Cette crête la divise en deux gouttières, gouttières vertébrales, limitées en dehors par les apophyses transverses et dont le fond est constitué par les lames, et, plus en dehors, par les apophyses articulaires et la face postérieure des apophyses transverses. Ces gouttières, larges au cou, se rétrécissent au dos et s’élargissent de nouveau aux lombes, où elles sont divisées en deux par la saillie des apophyses articulaires; enfin elles se rétrécissent de haut en bas de chaque côté de la crête sacrée, en présentant les ouvertures des trous sacrés postérieurs. Elles logent les muscles spinaux postérieui’s.

b) Canal vertébral. — Il s’étend depuis l’anneau de l’atlas jusqu’à la première vertèbre coccygienne (fig. 7). Sa forme dépend de la forme des trous rachidiens; triangulaire au cou, il est arrondi au dos, redevient triangulaire aux lombes, prend au sacrum la forme d’un croissant à concavité antérieure, pour se terminer en pointe au coccyx. Soa calibre varie avec la mobilité du rachis; il est plus large dans les l'égions les plus mobiles (cou et lombes), plus étroit par contre au dos. A l’état sec, il présente en arrière des fentes transversales situées entre les arcs postérieurs des vertèbres ; ces fentes, sauf la première (entre l’occipital et l’atlas), sont divisées par les apophyses articulaires en trois ouvertures secondaires, deux latérales, trous de conjugaison, une médiane, fissure intervertébrale, semi-lunaire au cou, triangulaire aux lombes; très abordables dans ces deux régions, à cause de l’horizontalité des apophyses épineusL's, tout à fait couvertes au contraire au dos, à cause de l’obliquité de ces mêmes apophyses, ces fissures intervertébrales sont fermées à l’état frais par les ligaments jaunes; au sacrum, elles n’existent plus et sont comblées par une masse osseuse, sauf quelquefois à l’extrémité inférieure.

Chez la femme, la colonne vertébrale est un peu moins longue, les apophyses transverses thoraciques plus déjetées en arrière; la partie lombaire est plus longue (pour le sacrum, V. le bassin). Chez le vieillard, le rachis s’incurve en avant.

Mécanisme du rachis. — Le rachis forme au point de vue anatomique l’axe et comme le centre du squelette; au point de vue fonctionnel, il représente à la fois une colonne élastique et mobile et un canal protecteur pour la moelle épinière.

L’élasticité du rachis est en raison directe de la hauteur des disques par rapport à la hauteur des corps; grâce à cette élasticité, il amortit comme un ressort les chocs, qui sans cela se transmettraient avec toute leur intensité, soit à la tête qu’il supporte, soit à la moelle qu’il loge dans son intérieur.

La mobilité du rachis dépend aussi de la hauteur du disque; si cette seule cause était en jeu, ces disques formant le tiers de la colonne lombaire, le quart de la colonne cervicale, le septième de la colonne dorsale, la région la plus mobile serait la région lombaire, et cependant elle ne vient qu’en deuxième ligne et après la région cervicale. C’est qu'un autre élément intervient: la configuration des apophyses ai ticulaires, et à ce pointée vue les apophyses articulaires cervicales, par leur inclinaison à 45» et par la laxité

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