‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologie (volume 2)Chapitre 70 sur 303 · MY0LO6IF · texte numérisé non relu

MY0LO6IF

ments actifs (ex.: muscles sus-et sous-épineux); les derniers enfin, ou périarticulaire.i , n’ont que des rapports de contiguïté avec la capsule fibreuse, dont ils renforcent les points faibles. Ces muscles syn-et périarticulaires servent, non seulement à renforcer l’articulation, mais encore à empêcher le refoulement de la synoviale et de la capsule dans les mouvements des os et leur invagination entre les surfaces articulaires ; cet effet est surtout sensible pour les articulations qui, comme celle de l'épaule, offrent une très grande laxité.

Les insertions musculaires et tendineuses se fout tantôt presque parallèlement au plan de la surface osseuse d’insertion, tantôt avec une certaine obliquité. Mais il faut distinguer dans le mode d’insertion des tendons sur les os deux faits d’une importance très différente : 1“ la direction du tendon par rapport au plan delà surface osseuse d’insertion; 2» la direction du tendon par rapport à la direction du levier osseux à mouvoir. Deux exemples feront bien comprendre cette différence : les fibres tendineuses du dcl ■ toïde sont à peu près parallèles à la surface osseuse de l’humérus sur laquelle elles s’insèrent, et en même temps leur direction est parallèle à celle de l’axe de l’humérus, et nous verrons qu’il y a là, au point de vue de l’effet utile du muscle, une condition désavantageuse ; le cari'é pronateur, au contraire, présente des fibres tendineuses parallèles à la surface du radius, sur laquelle elles s’enroulent, mais perpendiculaires à l’axe de cet os; il est admirablement disposé au point de vue physiologique. Les muscles longs des membres sont en général parallèles à la direction des leviers osseux qu’ils doivent mouvoir ; aussi rencoutre-t-on presque toujours au voisinage des articulations des saillies qui fout l’office de poulies de réflexion, de façon que les tendons puissent s’attacher avec une certaine obliquité par rapport à la surface d’insertion. Du reste, cette inclinaison du tendon sur l’os peut varier aux divers moments de l’action d’un muscle.

Agencement des fibres d'un muscle. — Les fibres d’un muscle peuvent être parallèle i entre elles ou bien avoir uno direction rayonnée : dans ce dernier cas, ou bien une des insertions est ramassée sur un point rétréci, tandis que l’autre au contraire s'étale sur une grande surface osseuse (ex.: temporal); ou bien d’un point central partent des fibres irradiées dans toutes les directions (ex. : diaphragme). lorsque les fibres sont parallèles, ce qui est le cas le plus commun, elles peuvent se continuer avec les fibres tendineuses (voy. fig. 60, A) ; mais ceci n’existe guère que pour les muscles larges et minces (muscles larges de l’abdomeu, intercostaux), dont les insertions sont linéaires et se font sui' une grande étendue. La plupart des autres muscles devant réunir ces deux conditions opposées : grande quantité de fibres musculaires et petite surface d’insertion, nécessitaient des dispositions spéciales. L’agencement qui satisfait à ces deux conditions peut se résumer dans la loi suivante : la fibre musculaire, au lieu de se continuer fibre à fibre avec la fibre tendineuse, se jette sur elle obliquement, de façon qu’une seule fibre tendineuse peut donner insertion à un nombre indéterminé de fibres musculaires. Dans ce cas habituellement les deux extrémités du muscle présentent une dispositirn inverse (fig. 60, B,C, D). Ainsi, si à une extrémité l’aponévrose d’insertion est à la face supez ficielle, à l’autre elle sera à la face pi’ofonde (fig. 60, II, G) ; si à une extrémité le tezidozi forme un cône plein (D), à l'autre il formei’a un cône creux; le muscle est dit alors penniforme, parce que les fibi-es se rendent sur le tendon central comme les barbes d’une plume sur leur tige: dans l’exemple B, au conti’aire, le muscle est dit semi-penni forme.

Cet agencement de fibz-es nous montre qu’on doit distinguer avec soin la longueur d’un muscle, la longueur de son ventre charnu et la longueur des fibres musoulaii’es. Le pi’Cmier terme s'applique au muscle en totalité, le tendon compris; le deuxième au coi-ps charnu du muscle, absti'action faite de son tendon ; le troisième aux faisceaux musculaii-es qui constituent ce coi’ps charnu; cette dernière notion est la plus importante, car elle nous indique seule le degré de raccourcissement dont le muscle est susceptible, et par suite l’étendue possible du mouvement qu’il est destiné à effectuer. C’est là une nction qu’on ne doit jamais perdre de vue, et l’on se tromperait étrangement si on voulait apprécier le degré de raccourcissement d’un muscle d’après la longueur de son corps charnu. Ainsi, dans les deux muscles B et G (fig. 60), les corps charnus ont la même longueuz- ab ; mais les fibres musculaires de G ont une longueur ti'ois fois plus grande

DES MUSCLES EN GÉNÉREL

que celles de B, et par suite son raccourcissement sera trois fois plus considérable ; en revanche, son énergie sera trois fois plus faible, B ayant trois fois plus de fibres charnues et pouvant soulever un poids triple. On peut comparer à ce point de vue le soléaire et le couturier.

Les fibres d’un seul et même muscle n’ont pas toutes nécessairement la même longueur; ceci est surtout sensible pour les muscles larges et plats; ces difterences de longueur tiennent du reste à la position même des os auxquels elles s’insèrent et aux mouvements dont ces os sont susceptibles.

Anomalies. — Les anomalies sont très fréquentes dans le système musculaire, sans que cependant on ait pu encore fixer les lois qui les régissent. On peut les classeï' en trois groupes ; anomalies par défaut, anomalies par excès et variétés simples.

1» Anomalies par défaut. — Un muscle peut manquer complètement; ce cas se présente rarement, sauf pour quelques muscles à fonction inférieure (ex. : palmaire grêle) ; au lieu d’un muscle on voit plus souvent manquer un simple faisceau musculaire. Dans ce cas il arrive souvent qu’un muscle voisin, par une sorte de balancement, présente un développement plus considérable d'un de ses faisceaux ou même qu’un faisceau surnuméraire vienne remplacer le muscle ou le faisceau absent. Quelquefois un simple cordon fibreux représente l’organe qui riianque.

2» Anomalies par excès. — 11 peut y avoir augmentation du nombre de faisceaux d’un muscle, soit que les faisceaux nouveaux aient la même disposition que les faisceaux normaux, soit qu’ils aient une disposition et des insertions spéciales. D’autres fois les muscles sont doubles et au lieu d’un seul muscle on en a deux, tantôt parfaitement identiques l’un à l’autre, tantôt présentant chacun des différences de volume, de situation ou d’origine. Enfin, on peut rencontrer de véritables muscles surnuméraires, sans analogue à l’état normal dans le corps humain, mais dont on a pu souvent retrouver les analogues dans le système musculaire de la série animale ; ces muscles surnuméraires ont été bien étudiés dans ces derniers temps et on en a décrit un assez grand nombre ; ils paraissent, du reste, se rattacher chacun à un type dont ils ne s’écartent pas beaucoup plus que les muscles normaux.

(*) M. Corps charnu du muscle. T T'. Tendon. - a bj Longueur du corps charnu musculaire. - A, B, C, t). Divers modes d’agencement des fihres musculaires.

MYOI.OfilE

3“ Variétés. — Les variétés musculaires proprement dites peuvent porter sur la structui'e du muscle et son origine. 1“ Dans les variétés de structure, la plus curieuse est celle où le muscle se dédouble en deux faisceaux ou en deux couches, et il y a là une sorte d’état intérmédiaire qui conduit, si les faisceaux résultant de la division sont assez voluminsux, aux nlusoles doubles mentionnés ci-dessus. D’autres fois il y a un simple déplacement de parties; le ventre charnu du muscle, au lieu de se trouver à sa place habituelle, se sera déplacé, se sera reporté, par exemple, d’une extrémité à l’autre; ailleurs ce sera le tendon ou l'intersection fibreuse d’un muscle digastrique qui manquera, ou, au contraire, il pourra s’en former sur un muscle qui en est privé habituellement ; les variétés les plus rares portent sur les changements de longueur du ventre charnu, et surtout des fibres musculaires. 2“ Les anomalies d’origine sont très fréquentes; elles affectent tantôt tout le muscle, tantôt un seul ou plusieurs de ses faisceaux; souvent le muscle prend ou jette au passage un faisceau à un organe voisin (os, cartilage, aponévrose, tendon), quelquefois même à un organe éloigné; d’astres fois c'est à un muscle voisin, et souvent l’échange est complet et chacun des deux muscles s'envoie réciproquement un faisceau.

La plupart des anomalies et des variétés musculaires se retrouvent comme état normal dans la série animale (anomalies ré cersices).

Les muscles sont en général groupés en grandes masses, contenues souvent dans une loge aponévrotique distincte; ces muscles, outre leurs connexions anatomiques, ont dos affinités physiologiques intimes ; c’est ainsi qu’on a les groupes des adducteurs, des fléchisseurs, des extenseurs, etc. Les muscles qui composent ces groupes ont souvent des insertions communes, de sorte qu’il est quelquefois difficile de décider si on a affaire à un seul muscle à plusieurs chefs ou à un groupe de muscles à insertion commune ; la question a, du reste, peu d’importance au point de vue pratique.

Organes accessoires. — Ils comprennent les aponévro.ses, les bourses séreuses musculaires, les gaines synoviales tendineuses et les os sésamoïdes.

Les aponévroses de contention ou fascias forment des gaines enveloppant toute la masse musculeuse d’un membre ou d’une région ; de la face profonde de ces gaines partent des cloisons dites intermusculaires, qui se rendent aux bords et aux saillies des os, et divisent la grande gaine en loges secondaires, où sont placés les différents groupes du muscle ; d’autres cloisons forment des loges distinctes pour les muscles isolés, principalement pour les muscles supei-ficiels ; ces gaines musculaires, en se l’approchant des articulations, se continuent avec les gaines tendineuses et les bords des coulisses osseuses qui contiennent les tendons. Ces aponévroses naissent des saillies osseuses par des fibres denses entre-croisées ordinairement à angle droit et nattées d’une façon très serrée, qui leur donne une très grande résistance; outre ces fibres propres, elles l'eçoivent des expansions fibreuses des tendons voisins, et les muscles qui leur fournissent ces expansions peuvent, par .leur intermédiaire, les tirer dans certains sens; aussi ontils reçu le nom de muscles tenseurs des aponévroses ; quelques-uns (ex. : palmaire grêle, tenseur du fascia lata) se terminent même en entier dans une aponévrose. Leur épaisseur est très variable, suivant la région qu’elles occupent ; dans certains .points, principalement au voisinage des articulations, elles sont renforcées par des bandelettes destinées à brider les tendons des muscles qui se réfléchissent sur leur face profonde comme sur une poulie ; ceci se voit surtout au cou-de-pied et au poignet, où, par les mouvements angulaires du pied et de la main, les tendons subissent un véritable changement de direction. Cette épaisseur devient énorme dans certaines parties et surtout dans les régions où existent des masses musculaires puissantes (cuisses, iombes, etc.). Ces aponévroses exercent sur les muscles contenus dans leur gaine une compression pei’manente, qui doit rendre leur contraction plus énergique ; aussi, à l’incision d’une aponévrose chez un sujet jeune et vigoureux, voit-on les fibres musculaires faire hernie entre les lèvres de la boutonnière aponévrotique.

Les rapports des aponévroses avec les muscles sous-jacents varient ; tantôt l’aponévrose est sans adhérence aucune avec le muscle qu’elle recouvre ; un tissu cellulaire fin, lamelleux l’en sépare, et elle s'en détache aisément ; d’autres fois elle sert en même

temps d'aponévrose d'insertion et donne attache aux fibres musculaires ; d'autres fois enfin, de sa face profonde se détachent une multitude de prolongements pénétrant dans le muscle et le divisant en faisceaux distincts (ex. : grand fessier, deltoïde).

Bourses séreuses musculaires et gaines synoviales tendineuses , — Aux endroits où des muscles ou des tendons frottent contre des surfaces dures, on trouve en général des membranes séreuses facilitant le glissement. Ces séreuses sont de deux espèces : lu les unes, bourses séreuses musculaires, improprement appelées bourses muqueuses, représentent des sacs clos, dont une moitié correspond au muscle, et l’autre à la surface sur laquelle il glisse ; elles ont en général une forme orbiculaire qui so démontre par l’insufilation ou l'injection, mais qui, du reste, est susceptible de varier par les prolongements qu’elles envoient dans les interstices musculaires, ou parla configuration même des parties ; 2" les autres, gaines synoviales tendineuses, so rencontrent dans les coulisses fibreuses ou ostéo-flbreuses des tendons et surtout au voisinage des articulations; dans ce cas la séreuse a la forme d’un manchon dont la surface concave intérieure correspond au tendon, et la surface extérieure convexe à la paroi do la coulisse tendineuse ; ordinairement le tendon, au lieu d’être libre dans toute son étendue, est rattaché à la paroi de la coulisse par des replis séreux, minces, vasculaires ou freins des tendons (vincula tendinum). Ces bourses séreuses musculaires et tendineuses ont la structure normale des séreuses (épithélium pavimenteux simple et couche fibreuse sous-épithéliale); mais très souvent à la suite des pressions et des frottements, l’épithélium tombe par place ; dans ce cas, il peut arriver, et cela se rencontre dans les gaines synoviales tendineuses, que de la substance cartilagineuse se développe, soit sur le tendon, soit sur les parois de la coulisse qu’il traverse, dans les endroits où les pressions sont très fortes.

Les bourses séreuses musculaires et tendineuses, quand elles se trouvent au voisinage des articulations, peuvent, par suite des frottements et des pressions, finir par communiquer avec la synoviale articulaire dont elles paraissent être des prolongements ; ceci explique commentées prolongements ouculs-de-sacs des synoviales articulaires présentent de si grandes variétés individuelles; en général, ils se rencontrent plus fréquemment chez les hommes livrés aux travaux du corps, tandis que chez les enfants on trouve souvent ces bourses séreuses parfaitement distinctes de la synoviale articulaire.

Les os sésamdides (U sont de petits osselets n’appartenant pas au squelette régulier et développés dans l’épaisseur des tendons. Ceux-ci présentent souvent, surtout dans les endroits exposés à do fortes pressions, des noyaux cartilagineux (ex. : tendon du long péronier latéral) ; ces noyaux cartilagineux peuxent s’ossifier et constituer alors les os sésamoïdes. Ces os so rencontrent dans certains tendons d’une façon régulière, comme aux tendons des muscles courts du pouce et du gros orteil. Tantôt ils sont enveloppés de tous côtés par la substance fibreuse du tendon, tantôt, au contraire, une de leurs faces reste libre et s’articule avec un os voisin. Ils ont la structure des os.

Composition chimique. — La fibre musculaire primitive se compose de deux parties principales; la substance contractile et le sarcolemmo. Le sarcolemme ressemble chimiquement au tissu élastique. Quant à la substance contractile, elle est formée essentiellement de syntenine ou fibrine musculaire associée à une matière colorante rouge de nature spéciale, qui se rapproche de l’hématine. Le suc musculaii c, qu’on obtient par expression, contient les produits de décomposition du muscle : créatine, créatinine, acide inosique, acide lactique ; la chair musculaire contient en outre des sels. Quant aux autres produits qu’on trouve dans le muscle, albumine, graisse, substance collagène, etc., ils proviennent des tissus accessoires intimement mêlés aux fibres musculaires et dont on ne peut les isoler par l’analyse, tissu connectif, graisse, sang, vaisseaux, etc. La chair musculaire contient 25 p. lOO de matières solides et 15 p. 100 de syntonine.

Propriétés physiques. — La couleur des muscles est d’un rouge plus ou moins foncé ; pâles chez les enfants et chez les individus anémiques, ils sont rouges chez les

0) Ou a comparé leur forme à celle d’une graine de sésame.

MVOLOGIE

adultes et les individus vigoureux. Cette teinte est due à la matière colorante; cette matière rougit au contact de l’oxygène ; aussi les muscles d’un cadavre, laissés quelque temps à découvert, prennent-ils une couleur rutilante.

La ténacité du muscle est assez considérable, moins pourtant que celle des tendons ; un plantaire grêle peut supporter, sans se rompre, un poids de 40 kilogrammes.

L'élasticité du muscle est plus faible que celle du caoutchouc, mais aussi cette élasticité est parfaite; en d’autres termes, il se laisse distendre par de très faibles tractions, mais reprend ensuite exactement sa forme primitive. A l'état de repos, le muscle est cependant toujours dans un certain état de tension (t); aussi voit-on. en coupant un muscle par le milieu, les deux fragments s’écarter l’un de l’autre. Le muscle à l’état do contraction a une force élastique un peu plus faible que celle du muscle inactif, c’est-àdire qu’il est plus facilement extensible. Cette faiblesse d’élasticité des muscles fait qu’ils n’opposent presque pas de résistance aux muscles antagonistes, et qu’après la cessation d’action des antagonistes ils reprennent leur première forme sans mouvements violents et désordonnés.

Propriétés vitales. — La nutrition et la sensibilité musculaire ne concernant que très indirectement le mécanisme même de la contraction musculaire, n’ont pas à nous occuper ici.

Contractilité musculaire. — La contractilité est cette propriété que possède la fibre musculaire, de se raccourcir sous l’influence d’un excitant (influx nerveux, électricité, agents mécaniques, etc.). C’est elle qui produit le phénomène appelé contraction mus-

La contraction musculaire s’accompagne de modifications physiques (thermiques, électriques, sonoi'es, etc.) et chimiques ; mais nous ne parlerons ici que des phénomènes anatomiques de la contraction musculaire et des modifications physiques ou mécaniques indispensables pour comprendre les mouvements qu’elle exécute.

Phénomènes anatomiques de la contraction musculaire. — Si la fibre musculaire est fixée par ses extrémités à des points mobiles qu’elle soit en état de rapprocher', au moment de sa contraction elle se raccourcit en masse en augmentant d'épaisseur, en même temps que ses stries transversales se rapprochent ; c’est absolument la même chose que pour un fil de caoutchouc auquel on laisse reprendre sa forme après l’avoir étiré. Si, au lieu d’être fixée, la fibre primitive est libre par ses deux extrémités ou par l’une d’elles, le raccourcissement semble se propager, par une série d’ondulations, dans les diverses parties de la fibre. De la réunion de tous ces raccourcissements partiels résulte le raccourcissement total du muscle. Seulement il est plus que probable que toutes les fibres d’un muscle ne se contractent pas en même temps pour produire le raccourcissement, et qu’à un moment donné, une partie seulement des fibres est en état de contraction.

Le raceourclssement du muscle sur le vwant ne dépasse guère un tiers de la longueur primitive (longueur de faisceaux musculaires) ; plusieurs causes empêchent le raccourcissement d’être porté plus loin; résistance des muscles antagonistes dont la tension augmente à chaque instant, configuration des articulations, poids des leviers osseux à mouvoir, tension des parties molles ; au contraire, une fois détachés du corps et libres de toutes connexions, les muscles peuvent se raccourcir des huit dixièmes de leur longueur. A mesure que le muscle se raccourcit, il augmente d’épaisseur et forme alors du moins pour les muscles superficiels, une saillie parfaitement apparente sous la peau; en même temps il acquiert une dureté considérable chez les sujets vigoureux, dureté due à la résistance opposée au raccourcissement par ses deux points d’attache

(>) C’est celte tension passive, élastique, qui a été appelée par beaucoup d’auteurs tonicité; mais ce nom doit être réservé à un état de contraction active, permanente, mais faible, et qui serait sous la dépendance de l’innervation médullaire et de la circulation sangine, état sur lequel les auteurs sont loin de s’accorder.

et à la tension qu'elle lui communique ; en effet, un muscle détaché et libre, en état 4e contraction, constitue une masse molle et sans consistance.

Mécanique musculaire. — Quand deux os sa sont réunis par une ai’ticulation et qu’un muscle va de l’un à l’autre, il peut se présenter deux cas : ou bien le muscle est rectiligne, ou bien il est réfléchi.

Dans le premier cas, le muscle en se contractant tendra à rapprocher ses deux points d'insertion, et la résultante du raccourcissement de toutes q

ses fibres pourra être représentée par une ligne idéale allant du centre d’une des insertions au centre de l’autre, ligne qui suffira pour figurer graphiquement le mus- “ de lui-même et sa direction. De même les os peuvent être représentés par des lignes idéales figurant l’axe de l’os (voy. fig. 61). Le muscle, en se contractant, exerce une traction égale sur ces deux points d’insertion, et tend à les déplacer l’un vers l’autre d’une quantité égale ; mais les obstacles qui s’opposent à ce déplacement peuvent difterer à chacun des deux points d’insertion, do façon que l’un d’eux peut se déplacer seulement d’une quantité très faible ou même rester immobile ; de là la distinction des insertions d’un muscle en insertion fixe et insertion mobile; mais ces mots n’ont en réalité qu’une valeur tout à fait relative; l’insertion fixe pourra dans certaines circonstances devenir insertion m.obile et vice versa ; cependant pour la plupart des muscles une des insertions joue le plus habituellement le rôle de point fixe, et c’est en général celle qui est la plus rapprochée de l’axe du tronc ou de la racine des membres.

Si le muscle est réfléchi, il pourra arriver deux cas ;

1“ ou bien le point de réflexion est mobile et les insertions sont fixes ; alors ce point de réflexion se rapprochera d’une droite joignant les deux points d’insertion du muscle ; c’est de cette façon qu’agissent les muscles curvilignes à insertions fixes qui compriment les organes contenus dans une cavité ; 2“ ou bien le point de réflexion est fixe ; alors chacune des insertions se rapproche du point de réflexion et nous rentrons dans le cas des muscles à direction rectiligne ; ici du reste, comme ci-dessus, une des insertions du muscle peut être fixe et l’autre se rapproche seule du point de réflexion ; dans ce cas, le muscle, au point de vue physiologique, peut être considéré comme partant de son point de réflexion, et on peut ^

faire abstraction de toute la partie intermédiaire entre ce lU

point et l’insertion. M /O'

Si maintenant nous examions les différentes positions / i ' /a

qu’un muscle en état de contraction peut imprimer à un ^ / \ / os mobile par rapport à un os fixe, nous trouverons les W ^

cas suivants (fig. 61).

1° Le muscle fait avec Vos mobile un angle aigu MM' A (fig. 61, 1).

Le muscle MM' tire le point mobile M' dans la direction j,,,. rapport à «n os fixe C) M' M ; il représente une force qu’on peut décomposer

en deux composantes: 1“ l’une M'a, parallèle à l’os mobile et se confondant avec son axe, tend à presser cet os contre l’os fixe dans l’articulation A ; cette partie de la force est donc complètement perdu pour le mouvement; 2" l'autre composante M' b‘, perpendiculaire à l’os mobile, entraîne le point mobile M' dans la direction M' b ; celle-là est

MYOLOGIE

seule utile. En comparant les deux figures I et 1', on voit que plus l’angle intercepté par les deux os est obtus, plus il y a de force perdue, et qu’à meseure que cet angle se rapproche d'un angle droit, la quantité de force utilisée M' à devient plus grande.

2“ Le muscle fait avec Vos mobile un angle droit (II).

Dans ce cas, toute la force est utilisée, et le point mobile M' est tiré dans la direction même du muscle M' M ; c'est ce qu’on appelle le moment d'un muscle.

3“ Le muscle fait avec Vos mobile un angle obtus A M' M (III).

Nous retrouvons là encore les deux composantes comme dans le premier cas: 1“ l’uno, M' O, tire le point mobile M' dans la direction M' a et tend à écarter l’os mobile de l’os fixe dans l’articulation A; c’est donc l’inverse do ce que nous avons vu précédemment: mais son effet est toujours perdu pour le mouvement de l'os; 2® l’autre composante, M' b, tire le point M' dans la direction M' b et possède seule un effet utile. On comprend maintenant l’utilité des saillies articulaires sur lesquelles les tendons se réfléchissent ; en augmentant l’angle d'incidence du muscle sur l’os mobile, elles favorisent d’autant l’action de la force motrice. Il est important de remarquer que, suivant qu’un muscle sera au début ou à la fin de sa contraction, il y aura pression des surfaces articulaires les unes contre les autres, ou tendance à l’écartement de ces surfaces. Beaucoup de muscles ne passent pas par les trois positions que nous avons étudiées et cessent d’agir avant d’avoir atteint leur moment, c'est-à-dire le point où leur traction s’exerce perpendiculairement à l’os mobile. Quoiqu’il en soit, tous les mouvements imprimés à un os par la contraction d’un muscle peuvent être ramenés à un des trois cas précédents.

Nous avons supposé un muscle tendu sur une seule articulation et allant d’un os à l'os contigu; mais il y a des muscles tendus sur plusieurs articulations et dont les contractions peuvent par conséquent s’exercer sur plusieurs os à la fois. Ici le problème est plus complexe ; on peut toujours, il est vrai, apprécier l’action d’un muscle sur une articulation donnée, en supposant toutes les autres fixes, et les passer ainsi en revue les unes après les autres; mais on n’a pas là ce qui.se passe en réalité, et ces mouvements, que nous supposons se faire successivement, se font simultanément et se modifient les uns les eutres.

Dans tous ces mouvements, l’os mobile représente un levier dont le point d’appui est à l'articulation avec l’os fixe, la puissance au lieu d'insertion du muscle moteur, la résistance en un point quelconque variable où vient s'appliquer la résultante des actions de la pesanteur et des obstacles au déplacement de l’os mobile (résistance des antagonistes, tension des parties molles, etc,) . Suivant les positions respectives de ces trois points, l’es mobile représentera un levier du premier, du deuxième ou du troisième genre ; les leviers du troisième genre sont les plus usités dans l’économie animale, et s'ils sont défavorables au point de vue de la force, ils sont du moins très favorables au point de vue de la vitesse du mouvement.

Un muscle n’agit jamais seul, tous les segments osseux dont se compose le squelette ayant une certaine mobilité les uns sur les autres ; pour qu’un muscle déplace par une de ces extrémités un os donné, il faut que l’autre extrémité soit immobile et que par suite l’os qui lui donne attache soit fixé par d’autres muscles, et ainsi de suite de proche en proche jusqu’aux parties centrales du squelette; pour les mouvements peu énergiques cette fixation, n'ayant pas besoin d’être absolue, s’opère soit par l’influence mécanique de la pesanteur, soit par des contractions, tellement faibles qu' elles passent inaperçues et que tout se fait à notre insu; mais cette énergie paraît dans toute son intensité quand nous voulons exécuter un mouvement exigeant un très grand déploiement de force musculaire ; alors tous les muscles entrent en contraction, et le squelette forme un tout rigide et inflexible qui donne un point d’appui solide aux muscles spécialemet chargés du mouvement à exécuter ; c’est ce qu’on voit, par exemple, dans l’effort.

Les mouvements produits par la contraction musculaire peuvent être envisagés de deux façons différentes : 1® on peut avoir égard aux mouvements d’un os isolé sur un autre os, autrement dit aux mouvements se passant dans une articulation ; 2° on peut avoir

égard aux divers mouvements que peut produire un muscle donné en le supposant agir isolément.

Les mouvements d'un os sur un autre sont en général le fait non pas d’un seul, mais de plusieurs muscles dits congénères ; c'est ainsi qu'on a pu créer des groupes de fléchisseurs, d'extenseurs, etc., qui agissent probablement tous ensemble pour produire un mouvement donné. 11 est du reste très difficile de faire la part de chacun des muscles qui composent un groupe dans l’exécution d’un mouvement.

Les mouvements que peut accomplir un muscle agissant isolément ont été l’objet de recherches assez nombreuses ; c’est là, il est vrai, une manière artificielle d’envisager l'action d’un muscle ; car sur le vivant la contraction isolée d’un muscle en vue d’un mouvement donné est un fait tout à fait exceptionnel. Cependant il y a là des indications précieuses et qu'on aurait tort de négliger; malheureusement pour beaucoup de muscles nous sommes encore dans l’incertitude la plus absolue.

Pour arriver à connaître l'action d’un muscle, on peut employer plusieurs procédés, applicables les uns sur le cadavre, les autres sur le vivant. A priori, la direction d’un muscle indique déjà le déplacement qu’il pourra faire subir à l’os mobile et le sens de ce déplacement. On peut y arriver encore en cherchant dans quelle situation les fibres musculaires éprouvent le plus grand relâchement possible. Sur le vivant la méthode do ficradisation localisée do Duchenne, de Boulogne, a permis d’électriser isolément une grande quantité de muscles et d’étudier les mouvements qu’ils produisent. Enfin on utilise encore à ce point de vue les faits pathologiques; c’est ainsi que les paralysies musculaires, en abolissant certains mouvements et les contractures ou contractions permanentes des muscles, en plaçant les os dans des positions déterminées, ont fourni des données précieuses sur ce point de physiologie musculaire.

Un seul et même muscle peut avoir une action très différente par ses différents faisceaux, et il est prouvé que, malgré l’homogénéité apparente d’un corps charnu, certaines portions de ce corps peuvent rester inactives pendant que les autres se contractent; il peut même y avoir antagonisme entre deux portions d’un meme muscle, et dans ce cas, si le muscle entier se contracte, les actions conti'aires s’annulent. C’est à ce point de vue qu’on considère souvent dans les muscles une action principale dans laquelle toutes les fibres interviennent, et des actions accessoires dans lesquelles une partie seulement des fibres se contracte. On dit encore qu’un muscle agit accessoirement quand il ne fait que contribuer pour une faible part à un mouvement exécuté plus spécialement par un autre

Les muscles produisant des mouvements absolument contraires sont appelé muscles antagonistes; tels sont les fléchisseurs et les extenseurs. A l’état inactif les os prennent une position moyenne intermédiaire entre les deux positions extrêmes amenées par la contraction des antagonistes; cette position moyenne peut du reste varier suivant la prédominance de tel ou tel groupe, car il y a rarement égalité de masse et par suite de tension élastique entre deux groupes opposés ; ainsi pour les membres inférieurs le poids des extenseurs est plus du double de celui des fléchisseurs (Weber).

Rigidité cadavérique. — Le muscle conserve encore un certain temps après la mort son excitabilité et ses propriétés physiques. Le premier phénomène indiquant la moi-t (lu muscle est la rigidité àitc cadavérique . Ellepai aît à une époque très variable et qui peut osciller d’un quart d’heure à vingt heures après la mort, et marche en général de liaut en bas; les muscles deviennent durs, rigides; en même temps ils perdent leur excitabilité; leur élasticité devient moins parfaite; leur cohésion diminue et ils se déchirent assez facilement. Cet état dure plus ou moins longtemps et est en général d’autant plus court que le début a été plus rapide. Dès qu’il a cessé, les muscles sont livrés aux phénomènes chimiques de la décomposition putride. Cette rigidité parait tenir à la coagulation du contenu de la flbi'c musculaire primitive.

MYOI,OGiE

DEUXIÈME SECTION

Préparation. — L’étude des muscles peut précéder sans inconvénient celle des articulations; mais une connaissance parfaite du squelette est indispensable. Avant de préparer une région, l’élève devra l’étudier, les os à la main et en s’aidant des planches, de façon à en avoir une idée nette. On choisira de préférence des sujet jeunes, vigoureux, non infiltrés, peu chargés dégraissé. La préparation des muscles consiste à les isoler les uns des autres et des organes voisins; les premières fois, on fera bien d’enlever foutes les autres parties et de no conserver que les muscles, plus tard on conservera les principaux troncs vasculaires et nerveux. L’incision de la peau doit être en général parallèle à la direction du muscle dont elle dépassera les insertions et coupée à ses deux extrémités par deux incisions perpendiculaires, • de façon à ce qu’on ait deux lambeaux rectangulaires ; la direction de l’incision variera du reste suivant la configuration même de la région disséquée. L’incision doit comprendre la peau, le fascia superficialis et l’aponévrose d’enveloppe; on formera ainsi un lambeau qu'on disséquera, en conduisant le scalpel clans le sens des fibres musculaires ; on aura soin d’enlever avec ce lambeau le tissu cellulaire qui recouvre le muscle et pénètre ses faisceaux; les insertions musculaires doivent être isolées complètement et avec le plus grand soin jusqu'à Vos. On disséquera de même les muscles profonds, soit, si on le peut, en écartant les muscles superficiels, soit en coupant ces derniers en travers par leur milieu. Pour cette dissection, les muscles doivent toujours être tendus. Pour préparer les aponévroses d’enveloppe, il suffit d'enlever la peau et le fascia superficialis, ainsi que tout le tissu cellulaire et la graisse qui recouvrent l'aponévrose. Pour les bourses musculaires séreuses et les gaines synoviales tendineuses, il faut beaucoup d'attention pour ne pas les léser; du reste, on les injecte et on les insuffle comme pour les synoviales articulaires. Dans l’intervalle de deux dissections, la préparation doit être recouverte par les deux lambeaux cutané soigneusement réappliqués pour éviter la dessiccation, surtout celle des tendons ; chez les sujets infiltrés, il sera quelquefois avantageux, au contraire, délaisser les muscles à découvert pendant un certain temps.

Conservation des préparations et des pièces anatomiques. — Il me paraît convenable, à propos de la préparation des muscles, de dire un mot des différents procédés de conservation des pièces anatomiques et des cadavres, laissant de côté tout ce qui concerne les pièces sèches. On a employé dans ce but un grand nombre de liquides conservateurs simples ou composés. Je donnerai ici quelques unes seulement des formes les plus usitées:

Solution de Budge. — Esprit de bois et sulfate de zinc, de chaque, 115 à 115 grammes ; eau, 6,5 kilogrammes; en injection dans les artères.

Procédés de I>uchenne,von Vetter, Stieda. — Glycérine, 6 parties (en poids); sucre brun, une partie ; salpêtre, 1/2 partie. Laisser la pièce immergée huit jours et plus, puis la suspendre à l’air.

Solution Le Prieur, — Pour 100 parties: acide phénique liquide, 2,5 grammes; acide arsénieux, 2 grammes; glycérine industrielle, 10 grammes; acétate de soude, 10 grammes; eau de fontaine, 75,50 grammes.

Le meilleur procédé, à mon avis, est le procédé de Laskowski, professeur d’anatomie à l'université de Genève. Le voici tel qu’il a été exposé par l'auteur au Congrès médical de Genève (1877). La pièce est d’abord lavée à grande eau pour la débarrasser du sang qu’elle contient; ensuite on l’éponge bien, on la mouille encore une fois avec un linge trempé dans l’eau additionnée de moitié d’alcool et après l’avoir suffisamment essuyée avec une éponge sèche, on la fait macérer dans une cuve remplie du liquide suivant: glycérine blonde du commerce à 28», 1000 parties : acide phénique cristallisé, 50 parties. La durée de cette macération varie de 5 à 10 jours, suivant le volume de la pièce. Au bout de ce temps, on sort la pièce et on la laisse égoutter. D’abord dure est racornie, elle reprend peu à peu, en absorbant de l’eau, son volume primitif, sa souplesse et sa flexibilité. Les différents tissus conservent, à peu de chose près, leur couleur naturelle. Des pièces ainsi préparées depuis douze ans ont conservé, malgré leur exposition à l’air, presque tous les attributs des pièces fraîches. Pour les injections dans les artères, la proposition d'acide phénique est doublée.

Procédé de Beaunis, — J'ai employé, dans ces derniers temps, un procédé qui m'a

MDSCLES DU DOS ET DE LA NUQUE

donné de très bons rcsullats et qui a l’avantage d’éviter l’odeur de l’acide phénique que beaucoup de personnes supportent difficilement. C'est une simple solution d saturation d’acide borique dans la glycérine ordinaire. L’acide borique avait déjà été employé par Loven, mais associé à l’acide phénique. Les pièces que je conserve ainsi depuis un an (muscles, articulations, cerveau) et dans les conditions les plus défavorables, ont presque tous les caractères des pièces fraîches. Je ne pourrais cependant aftirraer que la durée en soit aussi longue que celle des pièces conservées par le procédé de Laskowski.

La conservation dans l'alcool est surtout employée pour les préparations de nerfs.

CHAPITIIE PREMIER

MUSCLES DU DOS ET DE LA NUQUE

Ggs muscles se divisent en trois groupes : muscles superliciels, muscles de la nuque et muscles spinaux postérieurs.

.\UT1CLE 1 - MUSCLES SUPERFICIELS (fig- 62, 1)

Préparation. — Tendre ces muscles par un billot placé sous la poitrine, inciser la peau le loug des apophyses épineuses depuis la protubérance occipitale externe jusqu’au coccyx ; faire lomber sur cetle incision verticale trois incisions transversales: 1» la première allant de la protubérance occipitale externe à la base de l'apophyse mastoide en suivant la ligne demicirculaire supérieure, 2“ la seconde allant de la septième vertèbre cervicale à l’extrémité externe de la clavicule; 3» la troisième allant du coccyx au milieu de la crête iliaque. Immédiatement sous la peau ou trouve le trapèze en haut et le grand dorsal en bas ; les disséquer en enlevant avec la peau une lame celluleuse mince qui les recouvre et y adhère intimément. Uedoubler d’attention au niveau des insertions occipitales du trapèze et des insertions vertébrales du grand dorsal qui se font par des aponévroses minces. Isoler avec précaution le tendon du grand dorsal de celui du grand rond pour ne pas léser la bourse séreuse qui les sépare. Le rhombo'ide est mis à découvert par l’incision du trapèze. Pour voir les petits dentelés supérieur et inférieur, il faut inciser le rhomboïde et le grand dorsal, ce dernier dans sa portion charnue, eu prenant soin de ne pas endommager l'aponévrose mince du petit dentelé inférieur.

Ges muscles, larges, minces, étalés sur les parties postérieures et latérales du tronc et du cou, forment trois plans : 1“ un superâciel, comprenant en haut le trapèze, en bas le grand dorsal ; 2“ un moyen, constitué par le rhomboïde ; 3» un profond, formé par les petits dentelés et leur aponévrose.

!• Trapèze (fig. 62, 1)

Ce muscle, large, triangulaire, s’attache en dedans aux apophyses épineuses des dix premières vertèbres dorsales et aux ligaments interépinaux correspondants, à V apophyse épineuse de la septième vertèbre cervicale, au ligament de la nuque, et en haut au tiers interne de la ligne courbe occipitale supérieure (fig. 14, VV’). Ges insertions se font par des fibres aponévotriques plus ou moins longues qui forment, à la hauteur des premières vertèbres dorsales avec celles du côté opposé, une large ovale (2), et au niveau de ses insertions inférieures, un petit triangle aponévrotique nacré. De là, ces fibres convergent vers le moignon de l'épaule et vont s’attacher, les supérieurs obliques en bas et en avant, au tiers externe du bord postérieur de la clavicule (fig. 18, D), les moyennes plus ou moins horizontales, au bord supérieur de Vacromion et de V épine de l'omoplate (fig. 19, EE'), les inférieurs obliques en haut et en dehors, à une aponévrose triangulaire qui se fixe à lapartie in-

MYOLOGIE

terne de l'épine de l'omoplate, en glissant sur la surface plane, triangulaire de cette épine, dont elle est séparée quelquefois par une bourse séreuse.

Rapports. — Outre les muscles profonds, il recouvre un peu en bas le grand dorsal ; en haut, il forme avec celui du côté opposé, une sorte de capuchon (m. cucullaris).

Nerfs. — Il est innervé parle spinal et par des rameaux des branches antérieures des troisième et quatrième nerfs cervicaux.

Action. — lo Pris en totalité, il élève l’omoplate et porte le moignon de l’épaule en haut, en arrière et en dedans. 2“ Le faisceau cléido-occipital étend la tête, l’incline de son côté, et tourne la face du côté opposé ; s’il prend son point fixe à l’occipital, il élève la clavicule et peut concourir à l'inspiration. 3“ Les faisceaux qui vont àl’acromion et à la moitié externe de l’épine sont spécialement élévateurs de l’épaule et de l’acromion (action de hausser les épaules; muscle du dédain, du doute). 4» Les faisceaux inférieuis rapprochent l’omoplate de la ligne médiane et effacent les épaules. Quand les deux trapèzes agissent simultanément, la tête est étendue directement.

2° Grand dorsal (fig. 62)

Ce muscle, très large (latissimus dorsij, couvre en bas la partie postérieure et latéral du tronc et s’attache en dehors et en haut à l’humérus.

Ses insertions fixes se font aux apophyses épineuses des six dernières vertèbres dorsales et de toutes les vertèbres lombaires, à la crête sacrée et au tiers postérieur de la crête iliaque {î\g. 25, D), par une aponévrose triangulaire, large en bas (feuillet superficiel de l’aponévrose abdominale postérieure) ; à ces fibres se joignent des languettes charnues provenant de la face externe des quatre dernières côtes {fig. 17, B"). De là les fibres se portent en dehors en se ramassant vers l’angle inférieur de l’omoplate, le recouvrent, en reçoivent souvent un petit faisceau accessoire, et après s’être tordues sur elles-mêmes contournent le bord inférieur dugrand rond (11), et constituent un tendonaplati qui se place en avant du tendon du grand rond, et va s’attacher au fond de la coulisse bicipitale de l’humérus (fig. 20, F). Entre les deux tendons se trouve souvent une bourse séreuse. Ce tendon envoie une expansion fibreuse à l’aponévrose blachiale.

Nerfs. — 11 est innervé par une branche collatérale du plexus brachial.

Action. — 1» Il abaisse l’humérus, et porte le hras en dedans et en arrière en lui faisant subir un mouvement de rotation en dedans (très faible d’après Duchenne), en vertu duquel sa face antérieure est tournée vers la ligne médiane. 2» Il abaisse le moignon de l’épaule en faisant tourner l’omoplate en sens inverse du trapèze; il efface les épaules et redresse le tronc (position du port d’armes). 3“ En prenant son point fixe à l'humérus, il peut élever les côtes (inspiration) et soulever le tronc (action de grimper).

3° Rhomboïde (fig. 62,8,9)

Go muscle, losangique, mince, divisé en deux faisceaux, s’attache en dedans à la partie inférieure du ligament de la nuque et à Y apophyse épineuse de la septième vertèbre, cervicale (petit rhomboïde 8), et aux apophyses épineuses des cinq premières vertèbres dorsales, ainsi qu’aux ligaments interépineux correspondants (grand rhomboïde 9J De là, ses fibres se portent obliquement en bas et en dehors, et vont s’attacher au bord spinal de l'omoplate (fig. 13, I) de la façon suivante : 1“ au niveau de l'épine parmi faisceau distinct (petit rhombo'ide); 2“ depuis celte épinejusqu’à l’angle inférieur, tantôt directement à l’os, tantôt par une arcade aponévrotique longeant son bord spinal.

MYOI.OG1E

Nerfs. — 11 est innervé par une branche collatérale du plexus brachial.

Action. — Dans le premier temps de son action, il imprime à l’omoplate un mouvement de rotation par lequel son angle inférieur se porte en dedans, et le bord spinal prend une direction oblique en bas et en dedans. Dans un deuxième temps, il produit l’élévation en masse du scapulum (Duchenne). 11 est en outre fixateur de l’omoplate dont il applique le bord spinal contre le tronc.

3“ Petits dentelés postérieurs (lig. Ci)

Ces petits muscles, très minces, au nombre de deux de chaque côté, complètent la gaine des muscles des gouttières vertébrales.

1“ Petit dentelé ^postérieur et supérieur (10).

Il s’attache en dedans, par une aponévrose très mince, au ligament de la nuque, aux apophyses épineuses de la septième vertèbre cervicale et des trois premières dorsales et aux ligaments interépineux ; de là, ses libres se portent obliquement en dehors et en bas, et vont s’attacher par quatre languettes charnues à la face externe des deuxième, troisième, quatrième et cinquième côtes, en dehors de l’angle des côtes (fig. 17, E').

2“ Petit dentelé postérieur et inférieur (14).

Plus large que le précédent, il s’attacheen dedans, par une aponévrose mince, aux apophyses épineuses des deux dernières vertèbres dorsales et des trois premières lombaires; de là ses fibres se dirigent en haut et en dehors, en sens inverse du précédent, èt vont s’attacher, par quatre languettes se recouvrant de haut en bas, au bord inférieur des quatre dernières côtes (fig. 17, F').

3“ Aponévrose des petits dentelés.

Cette aponévrose, très mince, nacrée, assez résistante, tendue entre les deux muscles, s’attache en dedans à la crête épinière, en dehors à l’angle des côtes et s’enfonce en haut entre le petit dentelé supérieur et le splénius, pour se perdre entre ces muscles.

Nerfs — Le petit- dentelé supérieur est innervé par la branche du rhomboïde, l’inférieur par celle du grand dorsal ; tous les deux reçoivent en outre des filets des nerfs intercostaux.

Action. — lia tendent l’aponévrose intermédiaire et forment une gaine de contention pour les muscles spinaux. Leur action sur les côtes, surtout celle du petit dentelé supérieur, doit être à peu près nulle.

ARTlCLfelI - MUSCLES UE LA .\UQUE tfig. 63)

Préparation. — Ces muscles sont mis à découvert par l'ablation successive des muscles plus superficiels. Le petit complexus et le transversaire du cou présentent seuls des difficultés; pour le premier, il faut commencer sa préparation par sou insertion mastoïdienne ; pour le second, on le trouve le long du bord inlérieur du splénius.

Ges muscles, recouverts en partie par le trapèze, sont d’autant plus courts qu’ils sont plus profonds ; quelques-uns des superficiels s’étendent jusqu’à la région dorsale, de même que quelques-uns des muscles des gouttières vertébrales atteignent la région de la nuque. Ils se divisent en plusieurs couches : 1“ la première est formée en dehors par l’angulaire de l’omoplate (8), en dedans par le splénius (2) ; 2“ au-dessous on trouve, de dedans en dehors, les muscles grand complexus (4), petit complexus (5) et transversaire du cou (7) et les faisceaux supérieurs du sacro-lombaire (10) ; 3° la couche profonde est constituée par les muscles agissant sur les articulations de l’atlas, de l’axis et de l’occipital.

MDSCLES DU DOS ET DE LA NUQUE

Fig. 63. — Muscles de la nuque (*).

r) 1) Occipital. - 2) Splénius. - 3) Scaléne postérieur. - 4) Grand complexus. — 5) Petit complexiis. - 6) Transversaire du cou. — 7) Le même, renversé en dehors. — ;8) Angulaire de l’omoplate. - 9) Scaléne antérieur. — 10) Sacro-lombaire. — 11) Ses faisceaux de renforcement. — 12) Ses faisceaux de terminaison. — 13) Long dorsal. — 14) Ses faisceaux de terminaison transversaires. — 15) Transversaire épineux. — 16) Série des apophyses transverses. — 17) l’remiére digitation du grand dentelé. — 18) Intercostaux externes. — 19) Surcostaux. — 20) Omoplate. — 21) Deuxième côte.

MYOLOGIE

muscles grands et petits droits postérieurs de la tête, grands et petits obliques (fig. 64), et plus bas, par la partie cervicale du transversale épineux.

1' Angulaire de l’omoplate (fig. 63, S)

Ce muscle allongé, situé sur les parties latérales de la nuque, s’attache en haut aux tubercules postérieurs des quatre premières vertèbres cervicales, en dehors des insertions du splénius, du transversaire du cou et du sacro-lombaire. Ces insertions se font par quatre petits tendons, auxquels font suite des faisceaux charnus qui se réunissent pour aller s'attacher à Y angle de l'omoplate et à la partie du bord spinal située au-dessus de l'épine (flg. 19, H).

Nerfs. — Il est innervé par une branche collatérale du plexus brachial et par des ïameaux des branches antérieures des quatrième et cinquième nerfs cervicaux.

Action. — Elle es^ identique à celle du rhomboïde, moins la fixation du bord spinal.

2" Splénius (1) (fig. 63, 2)

Ce muscle, large, aplati, divisé en deux faisceaux, s’attache en dedans au ligament de la nuque, aux apophyses épineuses delà septième vertèbre cervicale et des cinq premières vertèbres dorsales et aux ligaments interépineux par de courtes fibres aponévrotiques. De là, ses fibres se portent en haut et en dehors, et se partagent en deux faisceaux : i° le faisceau supérieur, plus considérable, de la tète, va s'attacher par une aponévrose dense et serrée

à la moitié postérieure de la face externe de l'apophyse mastdide et aux deux tiers externes de la ligne courbe occipitale supérieure (fig. 13, E ; fig. 14, NN'); 2“ le faisceau inférieur, splénius du cou, va s’insérer aux tubercules postérieures des apophyses transverses de l'atlas, de l'axis et de la troisième vertèbre cervicale.

Rapports, — Entre les bords internes des deux splénius est un espace triangulaire dans lequel on voit les grands complexus. Leur bord inférieur est longé par le transversale du cou.

Nerfs. — Il est innervé par des rameaux des branches antérieures des troisième et quatrième nerfs cervicaux et par des rameaux du grand nerf occipital.

Action. — Le splénius de la tête étend la tête, l’incline de son côté et fait tourner la face du même côté. Le splénius du cou est rotateur dans le même sens des trois premières vertèbres cervicales et surtout de l'atlas. Quand les deux splénius se contractent, la tête est étendue directement.

3° Grands complexus (fig. 63, 4)

Ce muscle, épais, large en haut, s’attache,'à sa partie inférieure, aux tubercules des apophyses articulaires des quatre dernières vertèbres cervicales et aux apophyses transverses de six premières vertèbres dorsales, par des languettes tendineuses situées, pour les vertèbres dorsales, en dedans de celles du transversaire du cou, pour les vertèbres cervicales, en dedans de celles du petit complexus. 11 reçoit en outre des languettes accessoires très minces des apophyses épineuses des première et deuxième vertèbres dorsales. De là, ses fibres se portent presque verticalement en haut, en formant deux faisceaux plus ou moins distincts, l’un interne, biventércervicis, interrompu à son milieu

W 25t),f|Viôv, compresse.

MUSCLES DU DOS ET DE LA NUQUE

par un tendon aplati ; l’autre externe, plus large, entrecoupé aussi par une intersection aponévrotique en zigzag. Les insertions supérieures se font sur les côtés de la crête occipitale externe, au-dessous de la ligne courbe occi'pitale supérieure, et à lazwoîïfé interne de la ligne courbe occipitale inférieure (fig, 14, U).

Bapports. — Les bords internes des grands complexus forment les bords de la gouttière médiane de la nuque, dont la dépression est déterminée par une lamelle fibreuse placée de champ entre les deux muscles, et allant du ligament de la nuque aux apophyses épineuses des vertèbres cervicales. Le long de ses insertions inférieures se trouve le transversaire du cou, dont il est séparé en bas par le splénius, en haut par le petit complexus.

Nerfs. — Il est innervé par la branche postérieure du premier nerf cervical et par le grand nerf occipital.

Action. — Il étend la tête et tourne la face du côté oppcsé.

Page 1