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III. Muscles interosselx

Les muscles inlerosseux sont situés dans chaque espace inlerosseuv, au nombre de deux par espace, et divisés en dorsaux et -palmaires. Connue il y a quatre espaces interosseux, il devrait y avoir huit muscles interosseux; niais on élimine habituellement le muscle court adducteur du pouce, à cause de ses insertions spéciales, ce qui réduit à sept le chiffre total des interosseux : quatre dorsaux, trois palmaires.

Ces petits muscles vont des faces latérales des métacarpiens à la partie latérale et supérieure des premières phalanges et aux tendons de l'extenseur conmiun (voy. fig. 36 et 37, leurs insertions aux os) ; par leur contraction ils inclinent latéralement i-es phalanges, et, par suite, portent le doigt correspondant en dedans et en dehors.

Les lois suivantes permettront de se reconnaître facilement dans leurs insertions et, dans leur action, ces lois sont basées sur les rapports de ces muscles avec Taxe de la main passant par le médius et le troisième métacarpien (voy. lig. 142).

1° Loi d'action des interosseux. — Les

interosseux dorsaux sont abducteurs par rapport à l'axe de la main, c'est-à-dire qu'ils éloignent le doigt correspondant de cet axe ; les interosseux palmaires sont adducteurs.

2° Loi d'insertion des interosseux. — Les interosseux dorsaux s'insèrent : 1° en haut, aux faces latérales des deux métacarpiens de l'espace qu'ils occupent, savoir : à toute la face latérale du métacarpien supportant le doigt qu'ils sont destinés à mouvoir, et à la moitié postérieure de la face latérale du métacarpien opposé du même espace ; 2° en bas, au côté de la première phalange le plus éloigné de l'axe de la main. — Les interosseux palmaires s'attachent : 1° en haut, à la moitié antérieure de la face latérale du métacarpien qui supporte le doigt qu'ils sont destinés à mouvoir, par conséquent à un seul métacarpien ; 2° en bas, au côté de la première phalange le plus rapproché de l'axe de la main.

Il en résulte les conséquences suivantes : 1° les interosseux dorsaux sont plus volumineux ; seuls visibles à la face dorsale de la main, ils sont encore visibles à la face palmaire, à côté des interosseux palmaires ; leur insertion supérieure se fait toujours par deux chefs entre lesquels s'engagent les artères perforantes ; 2" le médius, ne pouvant subir que des mouvements par lesquels il est écarté de l'axe de la main, a deux interosseux dorsaux et pas d'interosseux palmaire (voy. flg. 142) ; l'index et l'annulaire ont chacun un interosseux dorsal et un interosseux palmaire ; le petit doigt n'a qu'un interosseux palmaire.

Ces muscles portent le nom de premier, deuxième, troisième, quatrième intèr-

Muscles intei-osseux scfu-matique (*).

figure

(*) Les lignes pleines indiquent les inlerosseux dorsaux, les lignes ponctuées, les interosseux palmaires.

MYOLOGIli

osseux dorsal, et de premier, deuxième, troisième interosseux palmaire, en comptant du pouce vers le petit doigt. Les insertions supérieures se font par des fibres musculaires ; les insertions inférieures se font, par un tendon aplati, à la partie latérale de la base des premières phalanges, suivant une ligne transversale ; ce tendon contracte des adhérences avec la capsule de l'articulation métacarpo-phalangienne et envoie une expansion fibreuse triangulaire au bord correspondant du tendon de l'extenseur, expansion dont une partie se confond, s'il y a lieu, avec l'expansion d'un muscle lombrical ; en outre, un faisceau va s'attacher à la phalangette en se confondant avec les languettes latérales du tendon de l'extenseur commun.

D'après Morel, le troisième interosseux dorsal et tous les interosseux palmaires n'auraient pas d'insertion inférieure au squelette et se confondraient complètement avec le tendon de l'extenseur commun.

Un seul de ces muscles mérite une mention particulière par son volume et le passage de l'artère radiale entre ses deux faisceaux d'insertion : c'est le premier interosseux dorsal ; c'est lui qui forme la saillie oblongue, visible sur le dos de la main au côté externe du métacarpien de l'index. La présence de cette saillie est du reste le meilleur moyen de retrouver immédiatement les deux formules de l'action et de l'insertion des interosseux.

Nerfs. — Ils sont innervés par le nerf cubital.

Action. — Outre leur action abductrice etadductrice étudiée plus haut, les interosseux sont légèrement fléchisseurs des premières phalanges et extenseurs des deux dernières.

Mouvements des doigts

Il faut distinguer dans les mouvements des doigts les mouvements isolés des phalanges et des doigts, et les mouvements associés de plusieurs doigts.

Les mouvements indépendants et isolés des phalanges présentent quelques particularités : les mouvements de la première et de la deuxième sont tout à fait indépendants les uns des autres ; mais il n'en est pas de même de ceux de la deuxième et de la troisième, qui s'associent presque inévitablement. Ces mouvements des phalanges peuvent s'associer de ûifl'érentes manières, et certaines de ces associations nous sont plus familières que d'autres, soit naturellement, soit par l'habitude, et sont utilisées dans les arts manuels, le dessin, l'écriture, etc. C'est ainsi que les deux mouvements exécutés dans l'acte d'écrire résultent l'un d'une association des mouvements d'extension de la première phalange et de flexion des deux dernières (action simultanée de l'extenseur commun et des fléchisseurs), l'autre d'une association des mouvements de flexion de la première phalange et d'extension des deux dernières (interosseux et lombricaux).

L'indépendance des mouvements de flexion et d'extension des différents doigts est loin d'être absolue. Des conditions anatomiques (union des tendons par des brides fibreuses, absence de séparation des faisceaux musculaires, etc.), opposent de grands obstacles à cette indépendance. Cependant l'index jouit d'une indépendance presque complète. Il y a du reste sous ce rapport de très grandes variétés individuelles, dues à des dispositions acquises et surtout à l'exercice.

Le tableau ci-contre (page 293) résume les mouvements des doigts.

Aponévroses du membre supérieur

A. Aponévroses de l'épaule

Le muscle sous-scapulaire est recouvert par une lamelle mince, qui s'attache aux bords de la fosse sous-scapulaire et qui mérite à peine le nom d'aponévrose. A. la partie postérieure de l'omoplate, les aponévroses sont plus fortes et complètent les gaines ostéo-fibreuses du sus-épineux d'une part, du sous-épineux et du petit rond de l'autre. Le

MUSCLES DU MEMBRE SUPÉRIEUR 293

Mouvements des doigts.

{" PHALAN(iK.

2" PHALANGK.

3** PIIALANGH.

Flexion.

Interosseux.

Lombricaux .

Flécliisseur superficiel.

Fléchisseur profond.

Extension.

Extenseur commun.

Internsseux.

Lomijricaux.

Interosseux.

Lombrlcaux.

Adduction.

luterosseuv palmniies.

Abduction.

Interoiseux dorsaux.

Mouvements du pouce. »

i^^ MÉTACARPIB>.

l"' PHALANGE.

'i" PH.M.ANGE.

Flexion (opposition).

Court abducteur.

Court flucbisseur.

Opposant.

Long abducteur.

Court abducteur.

Court fléchisseur.

Court adducteur.

Long fléchisseur.

k'xtension.

Long extenseur.

Court extenseur.

Long extenseur.

Court extenseur.

Court abducteur.

Court fléchisseur.

Court adducteur.

Long extenseur.

Adduction.

Tous les muscles du

thénar.

Long extenseur.

Abduction.

Long abducteur.

Court extenseur.

deltoïde est contenu dans une gaine aponévrotique, dont le feuillet profond est constitué par la partie sous-deltoïdienne de l'aponévrose sous-épineuse, et le feuillet superficiel par une lame insérée en haut à la clavicule, à l'acromion et à l'épine de l'omoplate et se perdant en bas dans l'aponévrose brachiale.

B. Aponévrose brachiale (fig. 14.3)

Cette aponévrose, très forte en arrière, plus mince en avant, est la continuation de l'aponévrose axillaire et des aponévroses de l'épaule, et reçoit en outre des fibres de renforcement des tendons du grand pectoral et du deltoïde. De sa face profonde se détachent deux cloisons intermusculaires, l'une interne allant au bord interne de l'humérus, l'autre externe à son bord externe. Ces cloisons interceptent avec l'humérus deux gaines : l'une postérieure pour le triceps (B), l'autre antérieure (A), subdivisée elle-même en deux gaines secondaires, une superficielle pour le biceps et le coraco-brachial, une profonde pour le brachial antérieur. L'aponévrose brachiale offre trois ouvertures principales : la plus importante, interne, semi-lunaire, située au-dessous du milieu du bras, donne passage à la veine basilique et au nerf brachial cutané interne : les deux autres sont externes et donnent passage, l'une, située au tiers inférieur du bras, à la branche cutanée externe du nerf radial, l'autre tout à fait en bas, à la branche cutanée du musculo-cutané.

MYOLOGIE

G. Aponévrose antibrachiale

Cette aponévrose enveloppe tout l'avant-bras, sauf la crête du cubitus, à laquelle s'insèrent ses fibres annulaires et qui est placée sous la peau. Continuation de l'aponévrose brachiale, elle est renforcée par des fibres venant de l'expansion du biceps, du tendon du triceps, de l'épitrochlée et de l'épicondyle. Cette aponévrose, plus épaisse en arrière qu'en avant, donne attache par sa partie profonde aux muscles superficiels de l'avantbras (muscles épicondyliens et épitrochléens) et envoie entre eux des cloisons qui circonscrivent des cônes creux correspondant à chaque muscle. Des cloisons aponévrotiques plus ou moins prononcées isolent les uns des autres les muscles des trois régions et les muscles superficiels de chaque région ; la gaine du palmaire grêle, tout à fait superficielle, mérite une mention spéciale. Quant aux muscles profonds, à la région antérieure ils n'ont pas de gaine spéciale : à la région externe, le court supinateur seul en a

dans sa partie moyenne (*). l'avant-bras à sa partie moyenne (**).

une ; à la région postérieure on en trouve deux : une pour le long abducteur et le court extenseur du pouce, l'autre pour le long extenseur du pouce et l'extenseur propre de l'index.

A la partie inférieure de l'avant-bras, l'aponévrose antibrachiale se comporte d'une façon difierente en avant et en arrière. En avant, elle se continue avec le ligament annulaire antérieur du carpe. En arrière, elle s'épaissit, se renforce de fibres obliques en bas et en dedans et constitue le ligament annulaire dorsal du carpe. A ce niveau elle contracte par sa face profonde ou par les cloisons qui en partent, des adhérences avec les crêtes osseuses qui limitent les gouttières de l'extrémité inférieure du radius et du cubitus, et forme ainsi avec ces os des canaux ostéo-fibreux, dans lesquels passent les tendons des muscles postérieurs et externes de l'avant-bras qui se rendent à la main.

(*) A. Loge aponéorotigue antérieure. — \) Humérus. — 2) Brachial antérieur. — 3) Biceps. — 4) Loge des vaisseaux. — B) Loge aponévroligue postérieure. — 5) Longue portion du triceps. — 6) Vaste interne.

— 7) Vaste externe. — 8) Nerf médian. — 9) Nerf bracliial cutané interne. — ■ 10) Nerf cubitaL — 11) Veine basilique. — 12) Artère humérale avec ses deux veines satellites. ■ — 13) Nerf radial. - 14) Artûre liumérale profonde. — 15) Veine céplialique. — 16) Nerf musculo-cutané.

(**) A. Loge aponévrotique antérieure. — 1) Cubitus. — 2) Radius. — 3) Rond pronateur. — 4) Grand palmaire. — S) Fléchisseur siiperliciel. — 6) Palmaire grêle. — 7) Cubital antérieur. — 8) Flécliisseur profond.

— 9) Fléchisseur propre du pouce.

B. Loge postérieure. — 10) Long extenseur du pouce. — 11) Long abducteur du pouce. — 12) Cubital postérieur. — 13) Extenseur propre du petit doigt. — li) Extenseur commun des doigts.

C. Loge externe. — 15) Long supinateur. — 16) Premier radial externe. — 17) Second radial externe. — 18) Nerf médian. — 19) Artère cubitale. — 20) Nerf cubital. — 21) Artère radiale. — 22) Branche antérieure du nerf radial.

MUSCLES DU MEMBRE SUPÉRIEUR

D. Aponévroses de la main.

Ces aponévroses sont les unes profondes, les autres superficielles. Les aponévroses profondes ou inlerossettses recouvrent, soit en avant, soit en arrière, les muscles interosseux. Les aponévroses superficielles sont situées : l'une à la face palmaire, aponévrose palmaire, l'autre à la face dorsale, aponévrose dorsale de ta main.

a. Aponévrose palmaire

Cette aponévrose recouvre en dedans et en dehors, où elle est très mince, les muscles des éminences thénar et hypothénar et, dans sa partie moyenne, beaucoup plus forte, s'étend comme un pont fibreux d'une éminence à l'autre pour protéger les tendons fléchisseurs, les nerfs et les vaisseaux de la paume de la main.

1° Aponévrose palmaire moyenne (fig. 146, 3). — Cette aponévrose, très forte et très résistante, forme un triangle dont les bords correspondent aux 4eux éminences thénar et hypothénar et la base au niveau de la téte des métacarpiens. Elle se compose de fibres superficielles et de fibres profondes.

Fig. 145. — Coupe oblique de haut en bas et d'arrière en avant du poignet (*).

Les fibres les plus superficielles (3) ne paraissent être autre chose que l'épanouissement du tendon du palmaire grêle (I), qui s'étalerait en éventail en arrivant à la paume de la main. Ces fibres, arrivées à la base de l'aponévrose palmaire, se ramassent pour former quatre languettes minces, qui se rendent vers la racine des doigts et s'y terminent d'une façon qui sera décrite plus tard, languettes cutanées de Vnponéurose palmaire (9).

Au-dessous de ces fibres superficielles on trouve un plan profond constitué par des fibres transversales et obliques. Elles proviennent de la face antérieure et du bord inférieur du ligament annulaire du carpe, d'une expansion fibreuse partant du pisiforme, des aponévroses palmaires interne et externe. Les fibres transversales sont surtout très prononcées à la base de l'aponévrose, au niveau des articulations métacarpo-phalangiennes et du pli cutané palmaire inférieur. Elles forment là une bandelette forte, large de près de 0™,01 (7), croisant transversalement les fibres verticales et allant en s'élargissant un peu du bord interne au bord externe de la main.

(*) )) Loge des muscles hypothénar. — 2) Gaine du cubital antérieur. — 3) Logo des muscles thénar. — 4) Trapùze. — 5) Trapôzoïde. — 6) Extrémité renflée du scaphoïde s'articulant avec (7) le grand os. — 8) Os crochu. — 9) Tendon du fléchisseur du pouce et partie voisine (10), gaine des tendons du fléchisseur commun.

— 11) Cubital postérieur. — 12) Extenseur du petit doigt. — 13, 14, 15) Tendons de l'extenseur commun. ■ — 16) Extenseur de l'index. — 17) Long extenseur du pouce. — 18) Long abducteur du pouce. — 19) Tissu cellulo graisseux de la paume de la main. — 20 et 21) Tissu connectif condensé formant la gaine des fléchisseurs.

— 22) Vaisseaux cubitaux et nerf cubital. — 23) Vaisseaux radiaux. — 24) Nerf médian dans la gaine des fléchisseurs.

MYOLOGIE

Les connexions de l'aponévrose palmaire as'ec les parties voisines sont très importantes et présentent une assez grande complication.

A. Connexions- avec la peau. — Sa face antérieure séparée de la peau par du tissu cellulo-adipeux donne attache en dedans et en haut au palmaire cutané ; de cette l'ace se détachent une quantité de petites brides fibreuses allant à la face profonde de la peau, surtout au niveau des plis que présente cette dernière. Mais c'est surtout à la racine des doigts que se rencontre une disposition particulière très remarquable. Si on suit les quatre languettes cutanées provenant des fibres superficielles de l'aponévrose, on les voit se terminer en partie dans la peau du pli digito-palmaire, en partie en se confondant avec des lamelles fibreuses transversales (11) tout à fait sous-cutanées, tendues entre les racines des doigts ; ces lamelles, arcades fibreuses inlenligitales, ont une concavité inférieure correspondant aux replis interdigitaux, et sont bien visibles quand on écarte les deux doigts voisins pour augmenter leur tension ; au niveau des doigts elles se continuent par des fibres en X avec un fascia blanchâtre, qui se perd dans le tissu cellulo-adipeux des phalanges.

B. Connexions avec les tendons fle'chisseurs. — Si l'on incise, pour les rabattre en haut, les quatre languettes cutanées de l'aponévrose palmaire, on voit alors que la bandelette fibreuse transversale correspondant au pli palmaire inférieur se comporte de la façon suivante. Au niveau des tendons fléchisseurs de chaque doigt elle se soude (8) à la gaine des tendons, qui peut en être considérée comme un épanouissement ; en effet, en détachant la partie supérieure de l'aponévrose palmaire et en la renversant en bas, on voit se détacher de sa face profonde des cloisons verticales au nombre de huit, qui passent l'une en dedans, l'autre en dehors des tendons fléchisseurs de chaque doigt, en remontant plus haut du côté interne, et se jettent sur l'aponévrose interosseuse antérieure ; elles forment ainsi quatre gaines, dans lesquelles s'engagent les tendons fléchisseurs. Il résulte de cette disposition qu'on trouve à ce niveau en arrière de l'aponévrose sept arcades, ou mieux sept canaux fibreux, quatre dans lesquels sont les tendons fléchisseurs et qui se continuent avec les gaines des tendons ; trois intermédiaires à ceuxci et constitués, en avant par l'aponévrose palmaire, en arrière par le ligament transverse du métacarpe (13) ou la partie inférieure épaissie de l'aponévrose interosseuse antérieure, sur les côtés par les gaines des fléchisseurs et les cloisons qui se détachent de la face profonde de l'aponévrose palmaire ; ces trois canaux donnent passage aux vaisseaux et nerfs collatéraux des doigts (18, 19) et aux lombricaux (20) contenus dans une petite gaine spéciale.

C. Terminaison de l'aponévrose palmaire en dedans et en dehors. — a) En dehors : elle se continue au niveau des muscles court abducteur et court fléchisseur du pouce avec une lame cellulo-graisseuse qui les recouvre, mais qui est distincte de la lamelle aponévrotique mince constituant la gaine propre de ces muscles. Au-dessous du court adducteur, elle va, en formant une gaine au premier lombrical, s'insérer à la partie externe de la première phalange de l'index et de la gaine de ses tendons fléchisseurs. — b) En dedans : en haut elle fournit des insertions au palmaire cutané ; plus bas, elle se jette en se recourbant en dedans du tendon du fléchisseur du petit doigt sur l'aponévrose interosseuse et la partie supérieure et interne de la première phalange du petit doigt.

2° Aponévrose palmaire externe (fig. 14G, 16). — Mince, assez résistante, distincte de la lame cellulo-adipeuse qui continue le bord externe de l'aponévrose palmaire moyenne, elle recouvre les nuiscles court abducteur, court fléchisseur et adducteur du pouce. En dehors elle s'insère nu bord externe du premier métacarpien, en dedans à l'aponévrose interosseuse antérieure le long du troisième métacarpien en suivant les insertions de l'adducteur du pouce ; en haut elle semble une expansion du long abducteur du pouce. La loge qu'elle constitue est divisée en loges secondaires, qui séparent les différents muscles du pouce.

3» Aponévrose palmaire interne (fig. 146, 17). — Son feuillet antérieur passe en

MUSCLES DU MEMBRE SUPÉRIEUR

avant du court abducteur et du court fléchisseur du petit doigt ; ce feuillet part du bord interne de l'aponévrose palmaire moyenne et va s'attacher au bord interne du cinquième métacarpien sur une arcade fibreuse située en dedans de l'opposant. Son feuillet postérieur passe entre l'opposant et les interosseux du quatrième espace et va au bord antérieur du cinquième métacarpien. Il en résulte une loge divisée en deux loges secon-

Fig. 146. — Aponévrose palmaire (*).

daires : une superficielle pour le court abducteur et le court fléchisseur, une profonde pour l'opposant.

b. Aponévrose dorsale

Cette aponévrose mince, continue en haut avec le ligament annulaire dorsal du carpe, est soudée aux bords des tendons extenseurs qu'elle réunit, et se continue avec eux sur la face dorsale des phalanges. Un tissu cellulaire lâche la sépare de la peau et de l'aponévrose interosseuse postérieure.

(*) 1) Tendon du palmaire grêle. — 2) Son expansion i l'aponévrose de l'fminence tliénar. — 3) Fibres loniçitudinales de l'aponévrose palmaire. — 4) Sa conliniiation avec l'aponévrose de l'éminence thénar. — 3) Section de l'aponévrose. — 6) Sa réflexion en dedans. — 7) Kibres transversales. — 8) Soudure de ces fibres à la gaine des tendons. — 9) Languettes cutanées de l'aponévrose. — 10) Section des languettes cutanées.

11) Arcades aponévrotiqucs interdigitales. — 12) Leur continuité avec les languettes cutanées. — 13) Ligament transverse du métacarpe. — 14) Palmaire cutané. — 15) Section de la peau au bord cubital de la main. — 16) Aponévrose de l'éminence thénar. — 17) Aponévrose de l'éminence liypothénar. — 18) Artère collatérale des doigts. — 19) Nerf collatéral des doigts. — 20) Lombricaux.

MYOLOGIE

c. Aponévroses inlerosseuses

Ces deux aponévroses, l'une dorsale, l'autre palmaire, complètent avec les faces latérales des métacarpiens les gaines des interosseux. L'aponévrose antérieure s'épaissit à sa partie inférieure et forme, en avant de la tête des métacarpiens, cette bandelette transversale qui, isolée par la dissection, porte le nom de ligament Lransverse du métacarpe.

E. Gaines tendineuses des doigts

Ces gaines commencent en haut au-dessus de la base des premières phalanges et se terminent en bas à la base des troisièmes. Elles se composent de deux parties : une partie palmaire, déjà décrite à propos de l'aponévrose palmaire, et une partie digitale. Celle-ci est constituée par des gouttières fibreuses (flg. 147, 5) complétant avec la face antérieure des phalanges le canal ostéo-flbreux qui contient les tendons fléchisseurs. Ces gouttières s'attachent aux bords latéraux des premières et deuxièmes phalanges, qui dans certains endroits (trois quarts supérieurs de la première phalange, tiers moyen de la deuxième) présentent des crêtes rugueuses ; en bas elles se terminent au niveau de la 2 base des troisièmes phalanges en se soudant insensiblement

9 au tendon du fléchisseur profond ; en haut elles se continuent avec les gaines formées par l'aponévrose palmaire ; ces gaines, //V^^^^ \\ réduites quelquefois à une toile mince, sont très faibles au

1 If 1^^^) l] g niveau des articulations, pour permettre les mouvements ;

)P ^^^J r^~-. e ^"^^ très épaisses au contraire au niveau des crêtes ru- 3 ^"^-.^ // gueuses marginales signalées plus haut, et restent béantes

après l'ablation des tendons ; les parties épaissies cessent 10 '' brusquement au lieu de se continuer insensiblement avec les

Fi". U7. — Coupe d'un parties minces de ces gaines. Elles se composent en général doigt (*). défibres transversales blanc nacré et de fibres obliques entre-

croisées en X et visibles surtout au voisinage des articulations. La paroi postérieure de la gaine est formée par le périoste des phalanges, et dans les intervalles des os par la partie antérieure épaissie de la capsule articulaire décrite à part sous le nom de ligament glénoïdien.

Gaines synoviales du poignet et de la main

Préparation. — Pour insuffler ou injecter ces gaines synoviales on pique leurs parois avec un tube très fin, dirigé très obliquement; de cette façon, le tube une fois retiré, la matière injectée ou l'air ne peuvent refluer par l'ouverture, qu'on peut du reste fermer au besoin de diverses façons (ligature, torsion, etc.). 11 faut de grandes précautions pour ne pas ouvrir ces gaines dans leur dissection.

A. Synoviales postérieures du poignet

En allant du bord radial vers le bord cubital, on trouve des gaines ostéo-fibreuses pour les tendons des muscles suivants : 1° long abducteur et court extenseur du pouce ; 2» radiaux externes ; 3» long extenseur du pouce ; 4° extenseur commun des doigts et extenseur propre de l'index ; 5° extenseur propre du petit doigt ; 6° cubital postérieur.

Chacune de ces gaines est tapissée par une synoviale, qui a la forme d'un manchon, dont un feuillet tapisse la paroi de la gaine, l'autre le tendon ; le point de réflexion d'un feuillet à l'autre forme en haut et en bas un cul-de-sac et peut se faire à un niveau plus ou moins élevé, d'où dépend la longueur de la gaine.

Voici les dispositions ordinaires de ces synoviales, susceptibles du reste de grandes variétés individuelles :

1° La gaine commune des long abducteur et court extenseur du pouce remonte à 0"',02

(*) 1) Coupe de la phalange. — 2) Tendon de l'extenseur. — 3) Tendon du fléchisseur superficiel. — 4) Tendon du fléchisseur profond. — o) Gaine fibreuse des fléchisseurs. — 6) Nerf collatéral palmaire. — 7) Nerf collatéral dorsal. — 8) Artère Collatérale. — 9) Veine collatérale.

MUSCLES DU MEMBRE SUPÉRIEUR

au-dessus de l'apophyse styloïde ; en bas, elle se bifurque, et la bifurcation du court extenseur atteint l'extrémité supérieure du premier métacarpien.

2° La gaine des radiaux communique souvent avec celle du long extenseur du pouce. Elle remonte à 0™,025 au-dessus de l'interligne articulaire et descend en bas en se bifurquant jusque près de leur insertion. Il peut arriver que le premier radial externe ait une gaine à part remontant quelquefois très haut. Au-dessus de cette gaine des radiaux, on trouve souvent, entre ces muscles et les long abducteur et court extenseur du pouce, une bourse séreuse oblongue située le long du bord externe de l'avant-bras au-dessus de son quart inférieur.

3° La gaine du long extenseur du pouce communique souvent avec celle des radiaux; elle remonte en haut à 0™,02.i au-dessus de l'interligne articulaire et descend jusqu'au métacarpien.

4» La gaine commune de l'extenseur commun des doigts et de l'extenseur propre de l'index remonte moins haut que les précédentes (0'",015 à 0'°,02) et descend en dedans jusqu'à la base du quatrième doigt, mais pour l'index elle n'atteint pas le métacarpe.

6» La gaine de l'extenseur du petit doigt atteint en haut le même niveau que la précédente, en bas elle atteint le milieu du cinquième métacarpien.

6° La gaine du cubital postérieur remonte en haut à 0™,0Î5 au-dessus de l'apophyse styloïde du cubitus ,• en bas elle va jusqu'à l'extrémité supérieure du cinquième métacarpien.

B. Synoviales antérieures du poignet et de la main (lig. 148, 149 et 150)

Les synoviales antérieures affectées aux tendons fléchisseurs se présentent sous des formes très variables, qu'on peut rattacher à deux types extrêmes, entre lesquels on trouve tous les degrés intermédiaires.

1° Dans le premier type (fig. 148), qui, quoique peu frécjuent, représente le type vrai, on trouve deux synoviales au poignet et cinq synoviales pour les doigts : 1° des synoviales du poignet, l'une, externe, entoure le tendon du long fléchisseur du pouce ; elle remonte jusqu'au niveau de l'articulation radio-carpienne et descend jusqu'au niveau de l'articulation métacarpo-phalangienne ; l'autre interne, entoure les tendons des fléchisseurs superficiel et profond ; elle remonte en haut au même niveau que la précédente ; en bas elle forme quatre culs-de-sac correspondant aux quatre derniers doigts ; les trois culs-de-sac externes descendent un peu au-dessous de la base des métacarpiens ; le quatrième ou celui du petit doigt descend jusque près de l'articulation métacarpo-phalangienne; 2° les gaiîies synoviales des doigts tapissent les gaines ostéo-fibreuses des tendons fléchisseurs superficiel et profond, et entourent ces tendons ; elles ne remontent pas à la même hauteur pour le pouce, le petit doigt et les trois doigts médians. Pour ceux-ci elles ne remontent que jusqu'à l'articulation métacarpo-phalangienne et forment là, par conséquent, un cul-de-sac assez éloigné des culs-de-sac correspondants de la synoviale interne du poignet ; celles du pouce et du petit doigt, au contraire, remontent jusqu'à la rencontre des culs-de-sac correspondants des synoviales du poignet, dont elles ne sont séparées que par des lamelles très minces.

2° Dans le second type (fig. 150), les cloisons qui séparent ces culs-de-sac du pouce et du poignet se détruisent; en même temps au poignet une communication s'établit entre les deux synoviales du long fléchisseur du pouce et des fléchisseurs communs des doigts, et alors on n'a plus qu'une seule grande synoviale, qui envoie deux prolongements pour le pouce et le petit doigt, les trois synoviales des doigts médians restant distinctes. La communication des deux gaines du poignet, variable comme disposition, se fait toujours, en arrière des tendons de l'index, par une ouverture plus ou moins large.

Comme formes intermédiaires, les plus fréquentes sont : 1" celles où l'on a deux synoviales au poignet se prolongeant, l'interne jusqu'au petit doigt, l'externe jusqu'au

MYOLOGIE

pouce (fig. 149) ; Z° celle où la gaine digitale du petit doigt est indépendante de la gaine interne du poignet.

Ces synoviales du poignet, lorsqu'elles sont distendues par l'insufflation, l'injection ou des liquides pathologiques, se trouvent étranglées à leur partie moyenne dans le canal inextensible radio-carpien, et dilatées au-dessus et au-dessous du ligament annulaire du carpe, ce qui leur donne la forme d'un sablier.

Tous les tendons fléchisseurs, sauf le tendon du fléchisseur superficiel du petit doigt, libre dans toute son étendue, sont reliés entre eux par des lames celluleuses assez fortes, qui les rattachent à la paroi antérieure de la gaine ; ces adhérences sont surtout très prononcées pour le tendon superficiel de l'annulaire.

Fig. 148. — Synoviales distinctes. Fig. 149. — Type intermédiaire. Fig. loO. — Synoviales réunies.

Les gaines synoviales des doigts présentent des replis fibro séreux (freins des tendons) rattachant les tendons à la paroi postérieure de la gaine et déjà décrits à propos des tendons fléchisseurs.

La partie palmaire de la synoviale interne se divise en trois loges : !<> une loge prétendineuse comprise entre le feuillet pariétal antérieur et les tendons superficiels ; 2° une loge intertendineuse, entre les tendons superficiels et profonds ; 3° une loge rétro-tendineuse, entre les tendons profonds et le feuillet pariétal postérieur. C'est cette dernière, la plus étendue, qui communique avec la gaine digitale du petit doigt (Schwartz, Rech. sur les gaines synoviales de la face palmaire de la main, 1878).

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