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DES ARTÈRES

Préparation. — Pour étudier le système artériel, on a recours aux injections de matière solidifîable. Les injections sont ou générales ou partielles, suivant les préparations que l'on se propose d'obtenir. Les injections poussées par les gros troncs donnent en général de meilleurs résultats que celles qui se font par les artères de moyen calibre.

Quand on veut faire une injection générale et que l'on désire remplir les brandies les plus fines des vaisseaux, il faut préalablement échauffer le sujet en le plongeant pendant quatre à six heures dans un bain. Après l'en avoir retiré, on ouvre la cage thoracique on ayant soin de détacher les cartilages, aussi près du sternum que possible, à cause du voisinage de l'artère mammaire interne; il est facile alors, soit de luxer la partie supérieure de cet os dans ses articulations claviculaires, soit de le scier en travers au-dessus de l'articulation de sa première pièce avec la seconde. Par l'ouverture ainsi obtenue, on pénètre dans la poitrine ; on recherche l'aorte et on l'isole. On ouvre ce vaisseau, et dans son intérieur on f;iit pénétrer un tube métallique, qu'il faut avoir soin de fixer solidement au moyen de plusieurs tours de fil. Il faut se servir dans ces injections de tubes dont l'ouverture est aussi grande que possible pour éviter le refroidissement. Une bonne précaution consiste à chauffer au préalable le tube métallique. L'on peut encore obtenir une bonne injection générale en faisant pénétrer le liquide par l'une des carotides primitives, et de préférence celle du côté gauche. Le seul inconvénient qui en résulte est de perdre ainsi une certaine quantité de matière à injection qui pénètre dans le cœur en forçant les valvules sigmoïdes de l'aorte.

Il est nécessaire, quand on fait une injection partielle, de choisir de préférence la plus grosse artère de la région. Une précaution qui ne saurait être trop recommandée consiste à lier au

DES ARTÈRES EN GÉNÉRAL

préalable tous les troncs artériels qui de cette région s'étendent au loin. C'est ainsi que pour obtenir une injection parfaite des artères du tronc, il est indispensable de lier d'abord les carotides, les sous-claviéres, et les crurales; tout l'effort tendra alors à l'aire pénétrer le liquide dans 1rs branches de l'aorte descendante. Nous reviendrons sur tous ces détails, que l'expérience enseigne du reste à tous ceux qui fréquentent assidûment les amphithéâtres.

Pour faire une bonne injection, il faut, avant tout, préparer la matière coagulable. Il est d'usage de se servir d'un mélange de suif et de cire, coloré par du vermillon pour les artères et par du bleu de Prusse pour les veines. Plus la quantité de cire est grande, plus l'injection devient cassante; si au contraire le suif est employé seul, elle est trop molle. Une proportion un peu forte de celte dernière substance rend l'injection plus pénétrante. On augmente encore cette propriété de pénétration en injectant à l'avance dans les vaisseaux une petite quantité d'essence de térébenthine. Le liquide obtenu par la fusion du mélange de cire et de suif doit être assez chaud pour que sa fluidité soit parfaite, sans cependant qu'il soit bouillant. Dans ce dernier cas, il y aurait une véritable coction des parois vasculaires ; elles pourraient même être désorganisées et livrer passage au liquide, qui se répandrait dans les tissus ambiants. La seringue préalablement chauffée sera chargée de liquide ; on en expulsera l'air qui pourrait y avoir pénétré, et l'injection sera poussée par la canule placée dans le vaisseau. Le premier efTort sera énergique ; dès que l'on sentira une résistance, la pression devra diminuer et s'exercer ensuite d'une manière constante jusqu'à ce que le piston soit repoussé par la pression intérieure. La seringue sera retirée et la canule fermée par un bouchon en bois préparé d'avance; si, au contraire, on se sert d'une canule à robinet, il suffira de fermer celui-ci jusqu'au complet refroidissement. Une excellente injection froide peut être obtenue de la manière suivante : Prenez du blanc d'Espagne finement pulvérisé et bien tamisé, incorporez la poudre à de l'huile de lin de manière à obtenir ainsi un mastic de vitrier bien homogène et sans grumeaux. On conserve les pains ainsi préparés sous l'eau jusqu'au moment de s'en servir. Au moment de préparer l'injection on fait dissoudre le mastic dans du sulfure de carbone en y incorporant la substance colorante que l'on désire et l'on injecte à froid. Sauf le danger d'explosion et la mauvaise odeur du sulfure de carbone, cette injection donne d'excellents résultats. — Un autre procédé dont je me suis servi avec Hédon pour ses recherches sur les veines du cerveau est l'injection à l'orcanette qui est décrite dans la thèse d'Hédon.

Si l'on veut obtenir des injections très fines, comme celles destinées à l'élude de la distribution vasculaire dans l'intimité des organes, on se sert de liquides froids, de vernis à l'alcool, d'essence de térébenthine, que l'on colore avec du vermillon.

Pour préparer une artère, il convient de l'isoler des parties voisines, surtout des veines qui l'entourent; il faut avoir soin de vider ces dernières avant de les sectionner, sans cela le sang tacherait la préparation et en rendrait l'élude difficile. Quant aux muscles et aux nerfs, il est important de les ménager pour se rendre compte de leurs rapports avec les artères.

Autant que possiile, il faut préparer les artères en allant du tronc vers les rameaux ; quelquefois cependant, pour les vaisseaux profonds, il est opportun de suivre une marche inverse et de commencer par disséquer les branches. En toute circonstance il est avantageux de préparer toutes les divisions collatérales et terminales d'un vaisseau, l'on aura ainsi sous les yeux une vue d'ensemble qui restera facilement gravée dans la mémoire.

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