ARTICLE IV. - PÉRICARDE
Le péricarde est une poche fibro-séreuse ([ui entoure le cœur de toutes parts, sans le contenir dans sa cavité. Il est formé d'une lame fibreuse, épaisse, résistante, constituée par des fibres connectives entremêlées d'un grand nombre de réseaux élastiques, et tapissée, comme toutes les séreuses, à sa surface interne par une ou plusieurs couches d'endothélium, entre les cellules duquel Ton constate des stomates. Au niveau des gros vaisseaux, un peu au-dessus de leur origine, cette lame se dédouble, la partie la plus extérieure, qu'on a décrite sous le nom de feuillet fibreux, se continue sur les vaisseaux en s'unissant peu à peu à leur (unique externe. La partie la plus interne, feuillet séreux du péricarde, beaucoup plus mince et ne comprenant que les couches épithéliales avec un substratum de fibres élastiques et connectives, se réfléchit au contraire sur les vaisseaux (fig. 174, .3, 21), enveloppe les deux artères dans une gaine commune, tapisse seulement la moitié antérieure des veines caves, et arrive ainsi sur le cœur, qu'elle recouvre. Le feuillet séreux adhère aux fibres musculaires, excepté au niveau de quelques points, des sillons, par exemple, où il en est séparé par du tissu adipeux, qui peut former quelquefois toute une couche sous-séreuse.
Le péricarde peut être comparé, pour sa forme, à un cône dont la base serait en bas et le sommet en haut. La base repose sur le centre phrénique du diaphragme, et y adhère intimement, surtout dans sa moitié antérieure.
Le sommet se continue sur les vaisseaux en leur formant des gaines, qui s'identifient bientôt avec leur tunique externe, il se continue en outre avec l'aponévrose cervicale moyenne et atteint ainsi l'os hyoide, aponévrose cervico-péricardique (Richet).
La surface externe du péricarde est en rapport avec la plèvre médiastine et est
ANGÉIOLOGIE
longée, latéralement, par les nerfs phréniques et les artères diaphragmatiques supérieures ; en arrière, elle est en rapport avec l'œsophage, l'aorte, la veine azygos et le canal thoracique, qui la séparent de la colonne vertébrale. (Pour les rapports du péricarde avec les parois tlioraciques, voy. plus haut). En avant le tissu connectif qui entoure les restes du thymus unit la face antérieure du péricarde aux côtes, ligament coslo-péricardique (Lannelongue). En arrière le tissu connectif du médiastin se condense également et rattaclie le péricarde aux troisième et quatrième vertèbres dorsales, ligament tuspcnseur du péricarde (Béraud).
Vaisseaux. — Les artères péricardiques sont très grêles et proviennent des diaphragmatiques supérieures, des bronchiques et des médiastines. Elles sont accompagnées de veinules correspondantes.
Nerfs. — Les nerfs du péricarde proviennent des phréniques et du récurrent droit. On y trouve aussi des filets sympathiques, qui accompagnent les vaisseaux.
ARTICLE V. - ENDOCARDES
Les quatre cavités du cœur sont tapissées par une membrane mince et blanchâtre. Celle qui revêt l'oreillette se continue, sans ligne de démarcation, pardessus les valvules auriculo-ventriculaires avec celle du ventricule. Il y a donc un endocarde pour le cœur droit et un pour le cœur gauche. Ces membranes sont minces dans les ventricules, un peu plus épaisses dans l'oreillette gauche, et sont constituées par un substratum de fibres connectives et élastiques, recouvert d'une couche endothéliale pavimenteuse. Elles se continuent sans interruption, celle du côté droit avec la tunique interne des veines caves, et avec celle de l'artère pulmonaire, en tapissant les valvules sigmoïdes de ce dernier vaisseau ; celle du côté gauche avec la tunique interne des veines pulmonaires, de l'aorte et des artères cardiaques.
DEUXIÈME SECTION