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V. = 2 — Auriculaire postérieure

VL = De 1 à 0,5 milliuièlres Sus-orbitaire.

En général, les artères affectent une direction droite et rectiligne ; mais si l'organe nuquel elles se rendent est d'une structure délicate, si le choc trop énergique de la colonne liquide peut lui être nuisible, elles s'incurvent et deviennent flexueuses. Les artères présentent encore cette disposition lorsqu'elles se trouvent dans des parties dont les mouveuients sont nombreux et étendus, ou dont le volume est sujet à des variations (•onsidérables, comme les labiales, les utérines. Quand un petit nombre de troncs artériels doivent fournir des vaisseaux à des organes très étendus, soit en volume, soit en superficie, on les voit affecter des directions particulières : elles s'incurvent, leurs branches se réunissent, se divisent de nouveau, se réunissent encore et finissent ainsi par fournir un grand nombre de rameaux qui atteignent les limites les plus extrêmes des organes. C'est ainsi que se distribuent la plupart des artères des viscères abdominaux et en particulier les artères mésentériques.

Beaucoup d'artères, qui normalement sont rectilignes, présentent chez les vieillards un très grand nombre de flexuosités ; elles sont dues à l'altération des parois et à la perte de l'élasticité des vaisseaux.

Par leur situation profonde, les artères sont en général protégées contre les causes vulnérantes. Malgaigne a fait remarquer qu'aux membres on trouve cependant des vaisseaux artériels très superficiels. Il insiste surtout sur la fémorale qui, au pli de l'aine, n'est recouverte que par la peau et les aponévroses. Je ferai observer que chez Beaunis et Bouchard. 24

ANGÉIOLOGIE

les quadrupèdes la crurale est très efficacement protégée par toute l'épaisseur du membre postérieur. Il en serait de même chez l'homme s'il marchait à quatre pattes. La nature a fait de lui un hipède ; mais au lieu de modifier pour cela toute l'économie de son corps, elle s'est bornée à quelques changements nécessaires à sa nouvelle destination. C'est donc à la station bipède qu'est due la situation superficielle de l'artère fémorale dans l'espèce humaine. Il en est de même pour la sous-c/avière dans le triangle susclaviculaire. Chez le quadrupède, elle est difficile à atteindre et est protégée par la direction de la tête et la disposition des épaules, qui font saillie en avant ; chez l'homme, elle est superficielle et le devient d'autant plus que par leur propre poids les extrémités supérieures tendent à tomber en bas et à élargir ainsi le triangle sus-claviculaire.

Dans les membres, les artères tendent toujours à se rapprocher du sens de la flexion des articulations. Or, comme dans les membres, le sens de ce mouvement est toujours alterne et opposé (ainsi la cuisse se fléchit en avant, la jambe en arrière, le pied en avant, les orteils en arrière), il en résulte que le vaisseau artériel décrit un trajet spiroïde autour des os au lieu de leur être parallèle. Cette disposition est surtout remarquable pour l'artère crurale. Ce trajet des vaisseaux artériels est en rapport avec la protection que la nature semble vouloir leur ménager. En se plaçant dans le sens de la flexion, ils évitent toutes les causes d'élongation qui leur seraient funestes, et, d'autre part, dans la flexion, ils s'éloignent d'autant plus de toutes les causes vulnérantes que !e mouvement est plus prononcé. C'est précisément là la position que prennent instinctivement les membres à l'approche de tout danger extérieur.

Pour s'expliquer la situation que les artères occupent toujours et partout dans le plan de flexion du corps ou de ses segments, il importe de se reporter aux formations embryologiques. Au début, lors de l'existence de l'aire vasculaire, la circulation extra-embryonnaire est constituée par un réseau capillaire dans lequel, quoi qu'on en dise, il est impossible de dillérencier les artères d'avec les veines. Un peu plus tard le système vasculaire, toujours capillarisé, s'étend jusque dans l'intérieur de l'embryon ; au même moment, celui-ci subit le mouvement de flexion générale qui rapproche son extrémité céphalique de son extrémité podalique. Le cours du sang et la débâcle des globules entraînés par le plasma se font naturellement dans le sens de la moindre résistance; or ce sens est celui de la concavité de l'arc décrit par le corps de l'embryon, soit le plan de flexion. Quand plus tard les bourgeons des membres se développent, eux aussi sont situés dans le plan de flexion générale (flexion, adduction, pronation, rotation en dedans), et c'est encore dans ce plan que le cours du sang devient le plus facile. Or les segments des membres se fléchissant dans des directions alternes, les artères principales placées dans les plans de flexion se développeront de plus en plus sous l'impulsion i^lus facile du sang, mais si une cause quelconque, compression ou autre, vient gêner ce cours normal du sang et l'entrave dans le plan de flexion, on pourra voir les vaisseaux se développer dans le sens opposé et l'on s'expliquera ainsi toutes les anomalies artérielles. Il faut au reste pour bien comprendre les anastomoses périphériques des ramuscules artériels, se reporter toujours à la compréhension de la circulation primordiale de l'embryon : une circulation en réseaux capillaires communiquant entre eux.

Rapports généraux des artères. — Ainsi que nous l'avons dit, les artères sont en général profondément situées ; il est rare néanmoins de les trouver en rapport immédiat avec les os ; habituellement elles en sont séparées par une couche musculaire plus ou moins épaisse. Quelquefois cependant elles croisent et contournent des pièces du sqneAette {'Turale, sous-claviére, radiale)^ disposition que les chirurgiens ont utilisée pour la compression de ces vaisseaux pendant les opérations ; de même que les médecins ont mis à profit la situation de l'artère radiale au poignet pour l'exploration du pouls.

Chaque fois qu'une artère est en contact immédiat avec un os, son passage sur cette surface dure y laisse une empreinte plus ou moins profonde. Cette dépression est due à un travail de résorption ou d'arrêt de calcification du tissu osseux sous l'influence des battements vasculaires incessamment répétés depuis le début de l'apparition du système artériel.

D'autres fois, les artères sont situées dans de vrais canaux osseux \la carotide interne

DES ARTÈRES EiN GÉNÉRAL

dans le rocher). C'est là une disposition particulière nécessitée par la distribution de cette artère à un organe délicat contenu dans une boite osseuse.

Au voisinage des renflements articulaires, les artères fournissent toujours un grand nombre de rameaux assez volumineux, qui, se réunissant, s'anastomosant les uns avec les autres, forment un cercle artériel autour de la jointure. C'est à un besoin de calorification c[ue répond cette disposition. En effet, autour des articles, dans le sens de l'extension, les os sont presque à découvert sous la peau (genou, coude) ; les masses musculaires ont fait place à des tendons, à des bandes fibreuses ; l'articulation est peu protégée, les causes de refroidissement sont très nombreuses. Le développement du système artériel à ce niveau, jouant alors le rôle d'un calorifère à liquide c/iaud, vient obvier à cet inconvénient.

C'est à la même cause qu'il faut attribuer les branches nombreuses que fournissent les vaisseaux artériels vers l'extrémité des membres quand les os se multiplient et que le squelette se segmente de plus en plus.

Les artères, il semble presque inutile de le dire, cheminent dans les interstices musculaires ; leurs rapports avec ces agents actifs de la locomotion sont donc des plus importants. Tous les gros vaisseaux artériels côtoient un muscle auquel ils sont plus ou moins parallèles et que Cruveilhier a désigné sous le nom de muscle satellite. Le sternomastoïdien est le satellite de la carotide, le biceps celui de l'humérale. Mais, comme dans les membres, les masses musculaires des régions opposées sont toujours séparées par des plans aponévrotiques qui leur fournissent des surfaces d'insertion et que, ainsi que nous l'avons fait remarquer plus haut, les artères, tendant toujours à se placer dans le sens de la flexion, sont obligées de contourner le membre, il faut que dans ce cas particulier les vaisseaux traversent les plans aponévrotiques de séparation. L'exemple le plus frappant que l'on puisse en citer est celui de la crurale, qui, passant de la région antérieure ou d'extension à la région postérieure ou de flexion, franchit un plan aponévrotique. Pour éviter toute traction, toute gène circulatoire qu'auraient pu amener les alternatives de contraction et de relâchement des fibres musculaires, la nature a établi des espèces d'arcades, de ponts fibreux au-dessous desquels passe le vaisseau. Les fibres musculaires insérées à ce niveau viennent-elles à se contracter, elles ne pourront qu'élargir l'anneau au lieu de le rétrécir. Ce simple artifice empêche tout arrêt circulatoire. Il en est de même quand, au lieu d'être insérés par leurs extrémités sur des os et déformer ainsi des arcades ostéo-fibreuses, les anneaux sont complets et constitués exclusivement par des aponévroses. L'action musculaire ne pourra que les élargir et faciliter le cours du sang.

Les aponévroses forment des gaines destinées à isoler les muscles et surtout les groupes de muscles synergiques. Elles fournissent en outre presque toujours des dédoublements, qui embrassent dans une loge spéciale l'artère et la veine. Tantôt le nerf est compris dans cette même loge, comme le nerf pneumogastrique au cou, tantôt et plus fréquemment il est situé dans une gaine spéciale.

Toutes les artères un peu volumineuses sont situées au-dessous des aponévroses d'enveloppe des membres; c'est là un point à noter pour le chirurgien.

Réunies aux veines et quelquefois aux nerfs dans une même gaine aponévrotique, les artères forment avec ces organes un faisceau connu en anatomie chirurgicale sous le nom de pnquei vasculo-nerveux. C'est au moyen d'un tissu connectif lâche non infiltré de graisse que s'établit l'union entre ces cordons. Chez le vieillard, par suite de l'élongation et de la dureté des parois artérielles, ce tissu connectif lâche finit par se tasser, s'épaissir et former une espèce de membrane quasi-séreuse, dans laquelle se meut le vaisseau.

Les veines suivent en général la même direction que les artères. Au tronc, à la racine des membres, à la tête, il n'existe qu'un seul tronc veineux satellite du vaisseau artéliel. Aux segments inférieurs des membres, il y en a toujours deux. On a cherché à trouver des lois générales pour exprimer les rapports de ces vaisseaux entre eux. Toutes celles qui ont été formulées par Serres et par Malgaigne sont soumises à tant d'exceptions qu'il n'y a plus heu d'en tenir compte. Nous reviendrons sur ce sujet en parlant du système veineux.

ANGÉIOLOGIE

Au tronc, on peut dire que, pour les plus gros vaisseaux, le côté droit du corps est affecté au système veineux et le côte gauche au système artériel. Nous nous empressons de faire observer que nous ne généralisons pas, que nous ne voulons dire autre chose que ceci, c'est que les veines caves sont à droite, tandis que la crosse de Faorte se dirige à gauche, et que l'aorte descendante occupe également ce côté du corps. Il résulte de cette disposition que les branches artérielles qui se dirigent de gauche à droite sont toutes plus longues cjue celles qui sont destinées à la moitié gauche du tronc.

Lorsque les artères ne sont accompagnées que d'une seule veine, elles sont en général situées plus profondément que celle-ci et, comme le fait remarquer fort justement Sappey, « les grosses artères passant sur le côté interne de l'axe des membres dans le trajet spiroïde qu'elles décrivent autour de cet axe, on voit que les veines adjacentes ne peuvent être superficielles sans se placer n. leur côté interne ». Quand deux veines satellites accompagnent une artère, cette dernière est toujours située entre les deux et est d'ordinaire enlacée parles branches de communication qu'elles s'envoient réciproquement.

Les nerfs cérébro-rachidiens ont des rapports moins intimes avec les artères, ils affectent une direction générale analogue à celle de ces vaisseaux dont ils suivent le parcours entre les plans musculaires, mais leur trajet est toujours beaucoup plus rectiligne que celui de ces derniers ; aussi les croisent-ils souvent (médian au bras). Les nerfs sont plus superficiels que les artères et que les veines ; de telle sorte que l'on trouve, ni général, de la peau vers la profondeur : 1" le nerf ; 2° la veine ; 3" l'artère. Dans les segments inférieurs des membres (avant-bras, jambe) les nerfs sont toujours, par rapport à l'axe du membre, en dehors des artères.

Quant aux nerfs sympathiques, ils accompagnent directement les vaisseaux, qu'ils enlacent de leurs anastomoses et avec lesquels ils gagnent la profondeur des organes. La plus grande partie de ces filets nerveux sont destinés à agir sur les éléments musculaires lisses de ces vaisseaux eux-mêmes. Ce sont les nerfs vaso-moteurs.

Plus on s'éloigne du centre circulatoire, plus les organes sont exposés aux causes de réfrigération, plus aussi les artères fournissent des branches multipliées qui enveloppent les parties d'un réseau vasculaire. Voyez les nombreuses ramifications artérielles qui entourent les oreilles, le nez, les mains, les pieds, etc. ; elles se trouvent là surtout dans un but de calorification.

Le volume des artères qui pénètrent un organe est en rapport avec l'activité de cet organe, et de plus, la distribution des ramuscules artériels varie suivant l'organe.

Les artères communiquent très fréquemment entre elles ; c'est à ces communications que l'on a donné le nom d'anastomoses. Elles permettent l'arrivée du sang dans un organe par voie détournée et indirecte, quand par une cause quelconque la voie directe est interrompue ('). Ces voies collatérales ont été désignées sous différents noms, d'après la manière dont se fait la communication.

1» Anastomoses par inoscidation. — Ce sont celles dans lesquelles deux grosses branches s'unissent bout à bout, soit directement, soit par arcades. Ce genre d'anastomoses offre une facilité remarquable à la circulation collatérale. Les arcades se trouvent surtout dans le mésentère, où elles sont très nombreuses, ce qui tient à la nécessité de répartir sur une grande surface une quantité de sang comparativement minime, amenée par un pédicule assez étroit.

2" Anastomoses par convercjence ou à angle plus ou moins aigu. — Deux branches se rejoignent deux à deux et en forment une tioisième unique ; ainsi les deux vertébrales s'unissent et forment le tronc basilaire. Cette particularité s'explique par le mode de développement du cerveau postérieur.

3" Anastomoses par communication transversale. — Entre deux artères situées à peu de distance l'une de l'autre et à peu près parallèles, s'étend un tronc transversal perpendiculaire à ces deux vaisseaux (cé>'éA?'a/es antérieures et communicante antérieure).

(1) C'est ainsi que l'on explique un grand nombre d'anomalies artérielles. Que, par exemple, pour une cause quelconque, le tronc de Vobluratrice soit chez le fœtus frappé d'un arrêt de développement, l'anastomose de Vépigastrique avec cette artère se développera, et alors V obturatrice semblera naître de Vépigastrique et non pas de Viliaque interne.

DES ARTÈRES EN GÉNÉRAL

4° Nous adopterons une dernière classe d'anastomoses, que Sappey propose d'appeler mixte ou composée. C'est celle dans laquelle une branche artérielle se divise en deux rameaux, qui vont communiquer, l'un avec un rameau situé au-dessus, l'autre avec un rameau situé au-dessous. Supposez ainsi quatre vaisseaux situés autour d'un organe arl'ondi, il résultera de ces anastomoses un cercle artériel {cercle artériel de l'iris).

On comprendra facilement qu'en combinant ces différentes espèces d'anastomoses, il sera possible de former autant de variétés qu'on le voudra.

Pour les membres, les voies collatérales ainsi formées établissent des communications entre les vaisseaux du segment supérieur et ceux du segment inférieur. C'est à la connaissance de cette disposition anatomique que la chirurgie doit la conquête de l'hémostasie par les ligatures. Il se produit alors ce que nous avons dit se produire pour les cas d'anomalie d'origine de l'obturatrice. Les anastomoses s'élargissent par l'afflux du sang, et la vie du membre est entretenue. Nous avons vu que les troncs vasculaires des membres se placent toujours du côté de la flexion, nécessairement, les voies coUatél ales, au contraire, sont situées, en général, du côté de l'extension.

Les anastomoses permettent d'arrêter le cours du sang dans un vaisseau, sans que pour cela la vitalité du membre soit compromise ; mais comme toute médaille a son revers, ce sont elles aussi qui font souvent le désespoir des chirurgiens par la facilité .ivec laquelle elles ramènent l'hémorrhagie dans les cas de blessures artérielles, surtout à l'avant-bras et à la main.

Les artères se terminent par des capillaires, qui eux-mêmes donnent naissance aux veines. Les capillaires sont des vaisseaux innombrables et microscopiques qui font partie de la trame intime de nos tissus ; nous n'avons pas à nous en occuper ici.

Dans les organes caverneux et érectiles, le mode de terminaison des artères n'est pas le même que dans les autres tissus. Elles fournissent des ramuscules qui se recourbent, s'enroulent en tire-bouchon, et de leurs extrémités partent un grand nombre devaisseaux microscopiques qui s'abouchent dans des lacunes veineuses. Ce sont les artères liélicines décrites d'abord par Millier et étudiées ensuite par Kôlliker.

D'après Stein, ces artères se termineraient par de petits tubercules munis d'une fente s'ouvrant dans un sinus veineux. Cette fente serait munie d'un faisceau musculaire lisse, annulaire, véritable sphincter. Mais, d'un autre côté, il existerait des tractus musculaires lisses, venus des trabécules connectives voisines, tractus musculaires longitudinaux qui, par leur contraction, dilateraient la fente artérielle. Si cette description était exacte, elle expliquerait le mécanisme, inexpliqué jusqu'ici, de l'érection.

Structure des artères. — L'épaisseur des parois artérielles est en général proporliounelle à leur calibre. Il a été fait quelques recherches à ce sujet par Donders et Jansen, par Kôlliker, par Gimbert et par Henle. D'après Gimbert les parois artérielles s'épaississent toujours au voisinage de leurs divisions. Les éléments anatomiques qui entrent dans la composition intime des vaisseaux artériels sont bien connus aujourd'hui.

Une tunique externe formée de tissu conjonctif et de fibres élastiques, — une tunique nmyenne constituée par du tissu musculaire lisse mêlé à une plus ou moins grande i|uantité de fibres élastiques, — une tunique interne, à base fondamentale élastique aussi et tapissée en dedans par un endothélium : telle est la composition générale des parois artérielles.

Reprenons maintenant chacune de ces couches et étudions-les en détail.

1" Dans les artères vides, la tunique interne est toujours légèrement plissée dans le sens longitudinal et dans le sens transversal ; pendant la vie, au contraire, elle est lisse. La couche endothéliale qui la limite vers la lumière du vaisseau est constituée par des éléments fusiformes renflés au niveau de leur noyau volumineux ; au-dessous de cette couche très mince se trouve un feuillet constitué par des fibres élastiques peu distinctes, entre-croisées et laissant des lacunes entre les mailles de leur réseau ; c'est la la7ne fenétrée. En dehors d'elle existe une troisième couche de la tunique interne, beaucoup plus grande que les deux précédentes ; elle est formée de fibres élastiques dirigées dans le sens de la longueur du vaisseau. Dans les artères d'un certain volume l'on trouve, immédiatement au-dessous de l'endothélium, des couches d'un tissu particuher.

ANGÉIOLOGIE

formées de lamelles pâles à noyaux allongés, parallèles à Taxe du vaisseau (dans les grosses artères ces noyaux disparaissent). KôUiker leur donne le nom de lames striées. Henle et, après lui, Remak les ont considérées comme formées d'épithélium vieux et transformé; on pourrait, à plus juste titre, les envisager comme les éléments nucléaires aux dépens desquels l'endothélium vasculaire se reproduit.

2» La tunique moyenne, de beaucoup la plus épaisse et la plus importante des trois tuniques artérielles, est jaune dans les gros vaisseaux, et rougeàtre dans ceux d'un calibre inférieur. Elle varie de structure suivant les artères que l'on considère. Dans celles qui mesurent un millimètre ou deux de diamètre, elle est presque exclusivement constituée par des éléments musculaires lisses transversalement dirigés et formant plusieurs couches concentriques. Si l'on examine au contraire des vaisseaux plus volumineux, les éléments contractiles se mêlent à des fibres de tissu élastique transversalement disposées par couches régulières entre les libres lisses et anastomosées de manière à former des réseaux. En remontant vers les artères d'un volume plus considérable encore, la fibre musculaire continue à disparaître, et dans les carotides et les iliaques, par exemple, elle n'entre plus que pour un tiers dans la constitution de la tunique moyenne. Dans l'aorte, l'élément musculaire a cédé la place à l'élément élastique.

Dans les artérioles, qui ne mesurent que 1/20 à 1/30 de millimètre, la fibre lisse est remplacée par des espèces de fuseaux très courts qui ne sont que des fibres contractiles incomplètement développées (i).

3" La tunique externe se compose d'une couche d'épaisseur variable de tissu conjonctif entremêlé de fibres élastiques fines. Cette lame est plus dense dans la partie qui confine à la tunique moyenne ; les couches externes se perdent insensiblement dans le tissu cellulaire ambiant.

En se rapprochant des capillaires, toutes ces tuniques tendent à disparaître. C'est d'abord l'élément élastique dont on ne retrouve plus aucune trace ; puis, à son tour, l'élément musculaire fait défaut, et enfin il ne reste plus qu'une seule membrane amorphe offrant quelque ressemblance avec le sarcolemme des muscles striés et dans laquelle se trouvent fixés des noyaux ovales dont le nombre diminue avec le diamètre de ces petits vaisseaux. Ces noyaux sont-ils de nature contractile ? Les expériences physiologiques semblent le démontrer.

Il ne faudrait pas croire que la proportion des différents éléments constitutifs des artères ne dépende que du calibre de ces vaisseaux, autrement dit que deux artères d'un même calibre prises dans n'importe quelle région soient identiques par leur structure.

Le rôle physiologique des parties auxquelles sont destinés les vaisseaux artériels modifie leur structure et leur texture.

La tunique moyenne des artères varie d'épaisseur suivant les différentes régions, d'une manière quelquefois assez brusque. De plus, l'épaisseur de cette tunique étant la même dans deux artères différentes de même calibre, ses éléments constitutifs, fibres musculaires lisses et fibres élastiques, peuvent varier de proportions.

La tunique externe présente des modifications analogues : tantôt son épaisseur augmente, tantôt elle diminue dans des artères du même calibre. Plus les battements artériels sont énergiques, plus le tissu connectif ambiant se tasse, plus par conséquent la tunique externe devient fibroïde. Dans les centres nerveux et dans tous les organes à structure délicate dont les éléments fonctionnels pourraient avoir à souffrir des chocs incessants des artères, leur tunique externe est infiltrée d'éléments lymphoïdes et forme une véritable gaine adénoïde qui, en raison du plasma qu'elle contient, égalise la pression dans tous les sens et répartit uniformément le choc. Nous reviendrons sur cette disposition en parlant des lymphatiques.

La tunique moyenne présente des ditférences considérables de structure indépendamment de celles dues au calibre du vaisseau. Ces différences sont en rapport avec

(') Tous les éléments musculaires trouvés jusqu'à présent dans les artères sont disposés suivant des couches circulaires ; ils ne peuvent donc que faire contracter activement le vaisseau. L'anatomie n'a pu, jusqu'à ce jour, clémontrer l'existence d'agents actifs de dilalation.

DES ARTÈRES EN GÉNÉRAL

le degré de contraction rapide et fréquente que doivent présenter les fibres lisses des artères d'une région. C'est ainsi, pour prendre un exemple saillant, que les artères delà face, qui pendant les phénomènes émotifs se dilatent ou se contractent (rougeur, pâleur), sont bien plus riches en éléments musculaires que celles de la peau d'autres parties du corps. Dans tous les points où par suite des inflexions du trajet des artères l'ondée sanguine vient frapper angulairement sur la paroi du vaisseau pour se réfléchir ensuite, il existe au niveau du point frappé une accumulation d'éléments élastiques. C'est ce que j'ai démontré pour la crosse de l'aorte.

Dans les artères cérébrales, toute la structure des vaisseaux converge vers une seule propriété, la contractilité, leur tunique moyenne est donc très musculaire, et les artérioles elles-mêmes conservent très longtemps cette richesse en éléments contractiles.

Les artères des organes et des parois splanchniques sont très remarquables ; l'épaisseur de leur tunique moyenne varie beaucoup, mais elle est toujours inférieure à celle de l'artère dont elles proviennent. Ainsi dans le tronc cœliaque elle est de 0™™,16 et dans l'aorte de 0mm •27 ; mais dans la splénique elle augmente et est de 0™™,"2; la honteuse interne, quoique d'un calibre plus petit que la mésentérique, possède une tunique moyenne plus épaisse que celle-ci, etc. La tunique externe de ces artères est très épaisse et surtout très riche en éléments élastiques. On dirait qu'ici c'est l'élasticité qui doit l'emporter sur la contractilité.

Les artères reçoivent elles-mêmes des vaisseaux nourriciers, connus sous le nom de vasa vasorum. Ces ramuscules, capillaires presque toujours, proviennent, soit des vaisseaux voisins, soit du tronc même de l'artère à laquelle ils sont destinés. Dans ce dernier cas « ils abandonnent le vaisseau d'origine et n'y reviennent qu'après avoir acquis leur indépendance ». Quoi qu'il en soit, les vasa vasorum rampent d'abord dans le tissu cellulaire ambiant pour aboutir enfin à la tunique externe des artères. Ils s'y distribuent, d'après Gimbert, en formant d'abord un plexus ou réseau superficiel circonscrivant des mailles irrégulièrement quadrilatères ou ovales, mais non circulaires, comme le dit Kôlliker, et un réseau profond à mailles plus étroites. Dans cette dernière partie de leur trajet les capillaires sont Uexueux et prennent une forme hélicoide comparable à celle des artères hélicines des corps caverneux (Gimbert). Cette forme serait en rapport, d'après lui, avec les ell'orts incessants de distension et de retrait que subissent ces vaisseaux.

C'est l'endothélium de la tunique interne qui empêche les éléments des parois artérielles de se nourrir aux dépens du sang qui circule dans leur intérieur. Il oppose une barrière absolue à la transsudation du plasma nutritif. Aussi est-ce par des petits vaisseaux collatéraux que les éléments nourriciers leur parviennent. On a discuté longuement pour savoir si les capillaires des vasa vnsorum atteignaient la tunique moyenne ; mais aujourd'hui cette question ne saurait plus faire de doute, tous les éléments artériels sont nourris par les vasa vasorum.

(*) a, a, a, a) Ces vaisseaux anasiomosés dans la tunique externe.

(") A. Tunique externe. — B. Tunique moyenne. — C. Tunique interne. — On voit dans la tunique externe la coupe de deux vasa vasorum, et à la péripliijrie de la tunique moyenne les brandies nerveuses des nerfs vaso-moteurs, qui semblent s'y terminer.

ANGÉIOLOGIE

Quant aux nerfs, ils constituent les nerfs vaso-moteurs. Luschka prétend avoir vu leurs terminaisons arriver jusque dans la tunique interne ; il nous semble plus probable qu'ils n'atteignent que la membrane contractile, avec laquelle il est évident qu'ils doivent avoir des rapports, ce que démontre la figure 185. Nous reviendrons au reste sur ce sujet dans le livre cinquième, qui traitera de la Névrologie. Pour les petites artérioles et les capillaires, le tronc nerveux vaso-moteur est toujours en rapport de grosseur avec le calibre de ces vaisseaux : il les suit, se divise comme eux et cliemine toujours appliqué sur leur tunique externe, qui lui sert de soutien.

(d'après Gimbert) (*).

Dans la flg. 18G, on voit, au niveau des anastomoses des capillaires artériels, les nerfs se rentier en ganglions (G), desquels partent de nouveaux filets, qui se répandent sur les capillaires et se terminent en pointes. Ils sont alors réduits à l'état de fibres de Remak isolées (R).

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