ARTICLE I. - ARTÈRE PULMONAIRE
Préparation. — On peut enlever le sternum, lier la veine cave inférieure au-dessus du diaphragme et injecter par la veine cave supérieure; ou bien encore laisser la poitrine intacte,
(**) G, C. Vaisseaux capillaires. — N. Nerf vaso-motear. — ■ G, G, G. Ganglions que [forment les branches nerveuses au niveau des anastomoses des capillaires artériels. — R. Fibre de Remak isolée et terminée en pointe.
DES ARTÈRES EN PARTICULIER
ouvrir l'abdomen, lier la veine cave inférieure au-dessous du diaphragme, scier les deux clavicules près de leur articulation sternale, lier le tronc veineux brachio-céphalique gauche et injecter par le môme tronc du côté droit. De cette manière l'on dépensera plus de matière à injection, car le liquide pénétrera dans les veines sus-hépatiques: mais on aura l'avantage d'avoir des rapports plus exacts. 11 sera avantageux de remplir également le tronc aortique pour avoir une vue d'ensemble des grands vaisseaux à la sortie du cœur. On ouvrira alors la poitrine très largement; on incisera le péricarde dont on verra la disposition autour des vaisseaux. La préparation de cette artère est des plus faciles; une seule chose est à ménager, c'est le cordon fibreux résultant de l oblitération du canal artériel. Après cela, pour faciliter l'étude, on retirera de la poitrine le cœur et les poumons ; l'on enlèvera soigneusement les ganglions bronchiques, le tissu cellulaire, etc.
V artère pulmonaire (fig. 187, 1, et 188, 5 et 6), désignée par les anciens sous le nom de veine arlérieuse, amène au poumon le sang destiné à l'hématose. Elle part de l'infundibulum du ventricule droit, dont elle continue d'abord la direction, puis elle se redresse un peu en s'inclinant en arrière, et, après un court trajet, se divise en deux branches destinées aux deux poumons. Elle naît sur le plan le plus antérieur du cœur et est à son origine le plus superficiel des gros vaisseaux. Comme l'aorte, elle possède trois valvules sigmo'idesqui la séparent du ventricule. A son origine au cœur son diamètre est de 30 millimètres, l'épaisseur de ses parois de 1 millimètre.
L'artère pulmonaire est d'abord située entre les extrémités des deux auricules et, comme l'aorte nait en arrière et à droite, elle embrasse ce vaisseau dans sa concavité. L'aorte, s'inclinant plus tard légèrement en avant et à gauche, au moment où elle décrit sa courbure, comprend à son tour l'artère pulmonaire dans sa concavité. (les deux troncs s'enlacent donc réciproquement dans un demi-tour de spire. C'est au-dessous de l'aorte que la veine artérieuse [se divise en deux branches, dont l'une, la droite, est plus longue que la gauche, de la 'quantité qui sépare son point de division d'avec la ligne médiane. Cette quantité est en général de 0'°,01 tout au plus.
La branche droite (fig. 188,6), située en arrière de la partie ascendante de l'aorte et de la veine cave supérieure, se place au-dessous de la |bronche correspondante et arrive ainsi au poumon. Elle est située immédiatement au-dessus de l'oreillette droite; elle est un peu moins longue et un peu plus grosse que la branche gauche, elle mesure 21 millimètres de diamètre.
La branche gauche (fig. 188,5), placée également au-dessus de l'oreillette gauche, est à son origine en rapport en arrière avec la bronche correspondante qui passe ensuite au-dessous d'elle. En avant et en dehors se trouvent les veines pulmonaires gauches qui la croisent. Cette branche mesure 19 millimètres de diamètre. (Pour la distribution ultérieure de ces vaisseaux, voy. Splnnchnologie.)
Chez le fœtus, les poumons ne sauraient servir d'organes respiratoires, le fœtus contenu dans la poche amniotique n'ayant aucune communication avec l'air extérieur; ils sont donc aplatis et leurs vésicules ne sont pas dilatées; aussi le sang qui passe par l'artère pulmonaire ne s'y rend-il pas. Cette artère présente donc avant la naissance des branches, futures branches pulmonaires droite et gauche, non dilatées, une grosse branche médiane qui s'abouche dans l'aorte et que suit le sang venu du ventricule droit ; cette large anastomose est connue sous le nom de canal artériel. Ce canal vient s'aboucher dans l'aorte, un peu au-dessous de la naissance de l'artère sous-clavière gauche ; sa direction est oblique de bas en haut, de droite à gauche et un peu d'avant en arrière, de sorte que le sang qui le parcourt tend à passer dans l'aorte descendante et non pas à remonter vers les organes céphaliques. D'abord beaucoup plus volumineux que les branches desti-
nées au poumon, le canal artériel diminue peu à peu, et déjà au terme de la vie intrautérine, le volume de ces dernières est égal au sien. Il s'oblitère immédiatement après la première inspiration (voy. Embryologie), et n'est bientôt plus représenté que par un cordon fibreux étendu de l'artère pulmonaire à l'aorte (fig. 187, 3).
ARTICLE II - ARTÈRE AORTE 187 et 192).
Préparation. — Après avoir étudié l'origine de l'aorte et sa portion ascendante au moyen de la préparation que nous avons indiquée pour l'artère pulmonaire, ouvrir largement le côté gauche de la poitrine, enlever le poumon gauche en sectionnant sa racine, l'aorte thoracique se trouvera aussitôt. Pour l'aorte abdominale, voy. les préparations du tronc cœliaque, des mésentériques et des iliaques.
h'aorte s'étend depuis le ventricule gauche jusqu'au niveau de la quatrième vertèbre lombaire. A son origine (fig. 187,2), elle se trouve placée en arrière de l'artère pulmonaire et se dirige d'abord en haut, en avant et à droite pour contourner ce vaisseau, puis elle remonte presque verticalement et, au niveau de la réflexion du péricarde, elle s'infléchit et constitue une arcade connue sous le nom de crosse de l'aorte. Pour bien comprendre la direction de cette courbure, il est nécessaire de se rappeler que le plan dans lequel est comprise l'origine de l'aorte est plus antéineur que le plan de la colonne vertébrale qu'elle doit gagner; que de plus, à son émergence du ventricule gauche, elle est située un peu à droite de la ligne médiane, tandis que c'est la face latérale gauche du corps de la troisième vertèbre dorsale qu'elle va gagner. Il en résulte que la crosse aortique est dirigée de droite à gauche et d'avant en arrière.
L'aorte appliquée sur le côté gauche des corps vertébraux (fig. 192, 1) se dirige ensuite vers l'anneau des piliers du diaphragme pour passer dans l'abdomen. Cet anneau musculaire est situé à peu près dans le plan médian. L'artère tend donc à se rapprocher insensiblement de ce plan, qu'elle continue à occuper jusqu'à sa terminaison au niveau de la quatrième vertèbre lombaire. Il est inutile de dire qu'appliquée sur le rachis, elle en suit les courbures, qu'elle est concave en avant, à la région dorsale, et convexe dans le même sens, aux lombes.
Au niveau des valvules sigmoïdes, le calibre de l'aorte présente trois renflements, qui correspondent à ces replis. Les sinus aortiques, sur une artère injectée, offrent l'apparence de trois bosses saillantes, occupant chacune le tiers de la circonférence du vaisseau (fig. 180, b).
On est dans l'usage de diviser l'aorte en trois parties : 1° la crosse de V aorte, comprise de l'origine du vaisseau jusqu'au point où la bronche gauche le croise perpendiculairement ; 2" l'aorie i/iOî'adgue, qui s'étend jusqu'aux piliers du diaphragme ; 3° Vaorte abdominale.
1° La crosse de l'aorte (fig. 187, 2), répond d'abord à son origine, en arrière, aux deux oreillettes, à droite à l'auricule de ce côté, à gauche au tronc de l'artère pulmonaire, et, en avant, à l'infundibulum. Le péricarde, en se réfléchissant, lui fournit un feuillet séreux qui l'entoure jusqu'à une hauteur variable, mais qui répond d'ordinaire au point où l'artère pulmonaire s'engage au-dessous d'elle. A ce niveau, la veine cave supérieure est parallèle à l'aorte et située à sa droite ; la branche droite de l'artère pulmonaire lui est, au contraire, perpendiculaire et passe en arrière d'elle (fig. 188, 6).
Dans son trajet oblique en arrière et à gauche, l'aorte répond successivement à la terminaison de la trachée, à la bronche gauche qui se place dans la crosse, et de postérieure lui devient antérieure, puis à l'œsophage et à la colonne verté-
Fig. 187, — Cri'i'.r et gros vaisseaux (face antérieure) (*).
Fig. 188. — Cœur et gros vaisseaux [face postérieure) (*").
' (*j I) Artère pulmonaire. — 2) Aorle. — 3) Cordon filireux provenant do l'obliti-ration du canal artériel. — 4) Veine cave supérieure. — 5) Grande veine azygos. — 6) Veine pulmonaire droite.
{■*) 1) Veine cave intérieure. — 2) Grande veine coronaire. — 3) Veine pulmonaire gauche. — 4) Veine pulmonaire droite. — 5) Artère pulmonaire (brandie gauche). — 6) Artère pulmonaire (branche droite). — 7) Aorte. — 8) Grande veine azygos. — 9) Tronc artériel bracliio-céphalique, — 10) .\rtère sous-clavière gauche. — 11) Artère carotide primitive gauche.
ANGÉIOLOGIE
brale. Elle esl. croisée en avant pai^ le nerf phréniqiie gauche; sa partie supérieure est embrassée par le nerf récurrent gauche, (jui se réfléchit autour délie. L'aorte est séparée du poumon gauche par le feuillet correspondant du médiastin. D'après Sappey, la convexité de la crosse esl située, chez l'adulte, à 0™,020 ou O'",02".) au-dessous de la fourchette sternale, à 0",012 ou 0™,<)i:j chez le vieillard, à O-n.OOS ou 0",010 chez l'enfant.
2," L'aorte thoracique (fig. 102, I), jépond, en dedans, à la colonne vertébrale sur laquelle elle est appliquée, au canal thoracique qui, au niveau de la quatrième vertèbre dorsale, la croise à angle très aigu en se plaçant en arrière d'elle ; ù gauche, ou en dehors, elle est séparée du poumon par le feuillet du médiastin. L'œsophage est d'aboi'd situé au côté interne de l'aorte, et, plus bas, en avant de ce vaisseau.
3" Dans l'abdomen, l'aoî-ie (iig. 192, 1) longe la face antérieure du corps des vertèbres lombaires ; elle est placée en arrière du pancréas et de la partie infél ieure du duodénum, puis elle est recouverte par les circonvolutions de l'intestin grêle. Chez les sujets maigres l'on peut, à travers les parois du ventre, en déj)laçant les anses intestinales, arriver à la comprimer sur les corps de la troisième et de la quatrième vertèbre des lombes. L'aorte abdominale est longée sur son cùté droit par la veine cave inférieure dont la direction lui est parallèle.
A la hauteur de la quatrième vertèbre lombaire, l'aorte se bifurque à angle aigu. Les deux branches qu'elle fournit sont désignées sous le nom d'ariéres iliaque» primitives (17). Entre ces deux troncs vasculaires et sur le plan postéiieur de Taorte, naît, chez l'homme, un rameau assez grêle qui continue la direction du tronc aortique, c'est l'artère sacrée moyenne (18). S'il est rudimentaire dans l'espèce humaine, il est d'autant plus développé chez les animaux que chez eux l'appendice caudal présente des dimensions plus considérables, et quand le volume de cet appendice l'emporte sur celui des membres postérieurs, comme chez les lézards par exemple, la sacrée moyenne l'emporte aussi par son volume sur les iliaques, il existe donc alors une véritable aorte caudale.
L'aorte fournit un grand nombre de branches, puisque d'elle et de ses divisions doivent naitre toutes les artères du corps. Toutes celles qui amènent le sang aux extrémités inférieures et aux organes contenus dans le bassin sont des divisions des artères iliaques primitives. Celles qui vont à la tète et aux membres supérieurs naissent de la convexité de la crosse, au nombre de trois branches : deux pourlecôté gauche, uneseule, qui se divisera plus loin, pour le côté droit (lig. 187). Si l'on s'est bien rendu compte de l'obliquité de la direction de la crosse aortique, il sera aisé de comprendre que la branche destinée au côté di'oit, le tronc brachiocéphaliquc, naît plus à droite et plus en avant que les deux artères destinées au côté gauche, et que, de i)lus, la sous-clavière gauche est située plus profondément en arrière et plus à gauche que la carotide primitive du même côté. Nous y reviendrons en parlant de chacune de ces artères en particulier.
Les branches antérieures de l'aorte descendante sont toutes destinées aux oiganes splanchniques qui se trouvent sur son trajet .
Les branches postérieures et latérales, au contraire, vont aux parois du tronc.
11 est bon de rappeler cependant ([ue les branches pariétales peuvent fournir également des rameaux aux organes avoisinants, et que, d'autre part, les troncs splanchniques peuvent donner des rameaux pariétaux, ce qui, traduit en langage physiologique, revient à dire que la constitution du liquide artériel étant une et constante, il n'y a aucun inconvénient à ce cpi'un même vaisseau fournisse des
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branches à des muscles, à des os ou à des glandes et à des organes centraux.
Au niveau de la crosse de l'aorte, surtout chez le vieillard, il existe toujours, alors même que l'artère n'est pas malade, une dilatation du calibre du vaisseau. ( tn la désigne sous le nom de sinus de l'aorte. Elle est due au choc incessant de l'ondée sanguine et à son niveau existe une accumulation de tissu élastique dans la tunique moyenne. A sa sortie du ventricule, dans la première partie de l'aorte, la colonne sanguine suit la direction de l'axe ventriculaire oblique de bas en haut, d'avant en arrière et un peu de gauche à droite. C'est au niveau du >-inus aortique qu'elle vient frapper la paroi du vaisseau pour se réfléchir ensuite. C'est à la plus grande dimension de ce sinus (ju'il faut attribuer la diflërence de rapport de la partie supérieure de la crosse avec la fourchette sternale chez l'a- (luUe et chez le vieillard.
Nous suivrons l'ordre généralement admis, et nous décrirons d'abord les l)ranches de l'aorte thoracique et abdominale, en la prenant depuis son origine jusqu'à sa di\ ision, ])uis nous étudierons les branches ascendantes et enfin les troncs terminaux.
Il y a bien quelques inconvénients à procéder ainsi, à cause des anastomoses des différents vaisseaux entre eux, mais, d'un autre côté, les avantages de cette méthode l'emportent de beaucoup sur les inconvénients, que nous tâcherons, au reste, de pallier en rappelant toujours l'origine des rameaux anastomotiques et en renvoyant à la description des branches qui les fournissent (M.
i; I. — Branches thoraciques et abdominales de l'aorte