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III. Branches pariétales

Artères intercostales aortiques (IV) et artères lombaires (IV, V)

(fig. 192, 4, et 14)

Prépat'ation. — Apres avoir ouvert l'abdomen et le thorax, on enlèvera tous les viscères. On fera bien alors de retrancher une grande partie des côtes gauches, de façon à conserver intact le côté droit du tronc. Disséquer alors soigneusement les artères intercostales jusqu'à leur extrémité; avoir soin de ménager l'origine de la branche postérieure de ces vaisseaux; la poursuivre entre les muscles du dos, et si l'injection a pénétré suffisamment, ouvrir le canal rachidien par la face postérieure pour étudier les petits ramuscules spinaux.

Les branches artérielles destinées aux parois latérales du tronc se divisent en intercostales et en lombaires. Elles sont toutes situées dans les espaces intercostaux ou dans les espaces qui sépareraient les apophyses transverses des vertèbres lombaires (apophyses costiformes) si on les sujiposait prolongées jusqu'à leur réunion avec la ligne blanche. Les artères intercostales et lombaires décrivent donc ainsi des demi-circonférences, qui entourent le tronc et se réunissent par leurs anastomoses près de la ligne médiane.

Toutes les artères des parois latérales du tronc ne proviennent pas de l'aorte : ce vaisseau n'est, en eiïet, en rapport avec la colonne vertébrale que depuis la troisième vertèbre dorsale jusqu'à la quatrième lombaire. Les artères des deux premiers espaces intercostaux et celle qui passe entre l'apophyse transverse de la quatrième lombaire et le bord supérieur de l'os coxal proviennent : les premières, de la sous-clavière , et la dernière, de Viléo-lombaire, branche de l'hypogastrique. On voit même quelquefois la sous-clavière fournir des branches jusqu'aux troisième et quatrième espaces intercostaux.

Les artères intercostales aortiques varient dans leurs rapports à gauche et à droite ; cette différence est due à ce que, dans le thorax, le plan de l'aorte répond au côté gauche du corps des vertèbres. Nées dans la partie postérieure de l'aorte, à peu de distance de leurs congénères du côté opposé, les intercostales gauches remontent un peu en haut, gagnent le bord inférieur de la côte, se logent dans la gouttière de cet os, en avant du muscle intercostal externe, se divisent, au ni-

DES ARTÈRES EN PARTICULIER

veau du bord interne du ligament transverso-costal supérieur, en deux branches : l'une postérieure, branche dorso-spinale ( V[), plus grêle, sur laquelle nous reviendrons plus loin, l'autre antérieure, intercostale propr'ement dite, qui continue la direction du tronc primitif.

La branche intercostale proprement dite passe bientôt en arrière des fibres du muscle intercostal interne et est comprise alors entre les deux plans musculaires de l'espace qu'elle parcourt. \'ers le milieu de cet espace, elle s'infléchit un peu en bas, quitte la gouttière de la cùte et vient enlin s'anastomoser avec les branches de la mammaire interne, ou de l'épigastrique, ou encore de la diaphragmatique inférieure.

Dans ce long trajet elle fournil :

1° En arrière, au moment de passer entre les deux muscles intercostaux, une branche fort longue, qui gagne le bord supérieur de la côte située au-dessous, le longe et s'épuise en rameaux destinés au périoste, à l'os et aux muscles ;

2" Au niveau de l'angle antérieur des côtes, des branches assez grêles, qui perforent le muscle intercostal externe et vont, par un trajet récurrent, communiquer avec des branches de la mammaire externe venue de l'axillaire.

La branche intercostale fournit également des ramuscules aux muscles, au tissu sous-pleural, aux ganglions lymphatiques situés en dedans de l'angle postérieur des côtes, au périoste, à l'os, etc.

Les artères intercostales aortiques droites, plus longues que celles du côté gauche, n'en diffèrent que par les rapports de la première partie de leur trajet. Appliquées à leur origine sur la face antérieure des corps vertébraux, elles sont nécessairement croisées en cet endroit par l'œsophage, le canal thoracique, la grande veine azygos et le cordon du sympathique.

Les artères lombaires ressemblent, par leur disposition, aux intercostales; toutefois, comme l'aorte abdominale est sensiblement dans le plan médian, il n'y a pas de différence entre les lombaires des deux côtés. Situées à leur origine, en arrière des piliers du diaphragme et des arcades d'insertion du psoas, ces artères se divisent bientôt en deux branches : l'une antérieure, l'autre postérieure, dorsospinale.

La branche antérieure, plus grêle que la dorso-spinale, passe en arrière du psoas et du carré lombaire et se divise en deux rameaux, logés, l'un entre le transverse et le petit oblique, l'autre entre ce dernier muscle et le grand oblique. Elles arrivent ainsi jusqu'à la partie moyenne des parois abdominales et s'anastomosent avec des rameaux de l'épigastrique, qui joue, par rapport aux téguments de l'abdomen, le même rôle que la mammaire interne remplit par rapport à ceux de la poitrine.

Les branches dorso-spinales, qu'elles soient plus grêles que les antérieures, comme dans les intercostales, ou plus volumineuses, comme dans les lombaires, naissent toutes au niveau du bord interne du ligament transverso-costal supérieur, tout auprès du ti'ou de conjugaison, et se bifurquent :

1" Le rameau dorsal ou musculo-culané se porte en arrière, donne une branche externe, qui s'épuise entre les muscles sacro-lombaire et long dorsal, et une interne destinée au transversaire épineux. Ces deux branches envoient des ramuscules à la peau de cette région ;

2° Le rameau spinal pénètre par le trou de conjugaison, donne des petites divisions aux vertèbres et une branche médullaire, qui longe les racines nerveuses, les suit jusqu'au cordon de la moelle et fournit une division à la face antérieure et une à la face postérieure de ce centre nerveux. Ces divisions émettent elles-

ANGÉIOLOGIE

mêmes chacune un ramuscule ascendant et un descendant, qui s'anastomosent avec des ramuscules semblables venus des artérioles situées au-dessus et audessous. Nous aurons à revenir sur cette disposition en étudiant les artères spinales, branches de la vertébrale, et la circulation de la moelle épinière.

11 existe un réseau anastomotique considérable sous-péritonéal entre les artères pariétales et les artères viscérales. Ce plexus à branches très fines communique avec les artères rénales, surrénales, pancréatico-duodénales, avec les coliques par l'intermédiaire du mésocôlon, avec la mésentérique supérieure et la splénique, et enfin avec la spermatique. Ces communications entre les artères pariétales et viscérales, ainsi que celles qui existent en bien plus grand nombre encore entre les veines pariétales et viscérales, peuvent servir à expliquer certains phénomènes de physiologie pathologique. — Un plexus analogue existe dans le médiastin entre les ramuscules des intercostales et ceux de la mammaire interne. De ce réseau partent des divisions très fines qui gagnent les poumons et font ainsi communiquer les artères viscérales (bronchiques) avec les artères pariétales.

§ II. — Branches ascendantes de l'aorte.

Ces branches sont destinées à la tète et aux membres supérieurs. Ainsi que nous l'avons déjà dit plus haut, l'aorte fjDurnit, à gauche, deux troncs, l'un céphalique, la carotide primitive gauche ; l'autre brachial, la sous-clavière gauche. A droite, au contraire, ces deux troncs sont réunis à leur origine en un seul, le tronc brachio-céphalique ('). Nous rappelons aussi qu'en raison même de la direction de la crosse aortique, la première division qui en naît doit se trouver forcément sur un plan plus antérieur que la seconde, et celle-ci également sur un plan plus antérieur que la troisième.

Entre l'origine du tronc brachio-céphalique et celle de la carotide primitive gauche, se trouve quelquefois une petite artère connue sous le nom de thyroïdienne de Neubauer. Cette branche, qui n'existe que rarement, monte verticalement, appliquée sur la surface antérieure de la trachée, recouverte par les plexus veineux thyroïdiens. Elle arrive ainsi jusqu'à l'isthme de la glande thyroïde et s'y distribue.

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