C. Artère splénique (fig. 191, 7) (II
La splénique dépasse par son calibre les deux autres' branches du tronc cœliaque. Elle se porte de droite à gauche vers la scissure de la rate où elle se divise en b ou 6 branches, qui pénètrent dans cette glande vasculaire sanguine.
Dans l'intérieur de la rate, les artères et les veines ne communiquent pas par des capillaires, mais par les espaces lacunaires que constitue le réticulum de la pulpe (voir le chap. Tlate).
Dans ce trajet elle est située en arrière de l'estomac, au-dessus du pancréas, dont elle longe le bord supérieur et auquel elle fournit de nombreux rameaux. Près de la rate, elle chemine entre les feuillets de l'épiploon gastro-splénique. Cette artère est remarquable par les nombreuses inflexions verticales qu'elle présente toujours.
Au niveau du grand cul-de-sac de l'estomac, la splénique fournit la gcislroépiploique gauche (fig. 190, 8) (V), qui gagne le côté correspondant de la grande courbure et s'anastomose avec la gastro-épiploïque droite, dont elle imite la distribution.
Un peu plus loin et aussi souvent d'une des branches que du tronc même de la splénique, naissent les vaisseaux courts (fig. 190, 9), qui se portent vers la grosse tubérosité de l'estomac, qu'ils longent de bas en haut en s'anastomosant avec les branches de la coronaire stomachique.
Nous renvoyons la description de la mésentérique supérieure, qui naît de l'aorte immédiatement au-dessous du tronc cœliaque, jusqu'au moment où nous nous occuperons de la mésentérique inférieure, ne voulant pas scinder l'étude des artères intestinales.
3° Artères capsulaires moyennes (fig. 192, 7) (VI)
Nées sur le côté latéral du tronc aortique, entre la mésentérique supérieure et les rénales, ces petites artères se portent transversalement en dehors, et gagnent les capsules surrénales. Elles émettent des rameaux destinés aux faces antérieure et postérieure de cet organe, et s'anastomosent avec les capsulaires supérieures, branches de la diaphragmatique inférieure, et avec les capsulaires inférieures, branches des rénales.
4° Artères rénales (fig. 192, 9) (11)
Les artères rénales, très remarquables par leur volume et leur direction transversale, naissent au niveau de la deuxième vertèbre lombaire et gagnent le bile du rein. Elles pénètrent dans la glande après s'être divisées en plusieurs branches, dont l'une passe toujours en arrière du bassinet.
Pig. 192. — Aorte et ses branches (").
(*) 1) Aorle. — 2) Artère bi-oncliique. — 3) Artères oesophagiennes. — 4) Artère et veine intercostales. — 5) Artère diaphragmatique inférieure. — 6) Artère capsulaire supérieure. — 7) Artère capsulaire moyenne. — 8) Artère capsulaire inférieure. — 9) Artère rénale. — 10) Artère spermatique gauche. — 11) Tronc cœliaque coupé. — 12) Artère mésentérique supérieure coupée. — 13) Artère spermatique droite. — 14) Artère et veine lombaires. — 13) Artère mésentérique inférieure coupée. — 16) Artère iléo-lombaire. — 17) Artère iliaque primitive. — 18) Artère sacrée moyenne. — 19) Artère iliaque externe. — 20) Artère iliaque interne. — 21) Artère circonilexe iliaque. — 22) Artère épigastrique. — 23) Veine Uiaque primitive gauche. — 24) Veine iliaque interne. — 25) Artère iliaque primitive droite. — 26) Veine cave inférieure. — 27) Veine spermatique droite s'ouvrant dans la veine cave. — 28) Veine spermatique gauche s'ouvrant dans la veine rénale gauche. — 29) Uretère. — 30) Canal déférent. — 31) Vessie. — 32) Veine azygos.
ANGIÉOLOGIE
Il n'est pas rare de trouver les rénales divisées dès leur point d'origine ; dans ce cas, la branche inférieure, au lieu de gagner le hile, pénètre dans la glande pai: sa partie la plus déclive; d'autres fois, mais plus rarement, au lieu d'une artère se divisant en plusieurs branches, l'on voit plusieurs rénales naître directement de l'aorte.
Les rénales sont appliquées en arrière sur les piliers du diaphragme et sur la capsule graisseuse du rein ; en avant elles répondent aux veines rénales. A droite, l'artère rénale est recouverte près de son origine par la veine cave inférieure ; la troisième portion du duodénum lui est parallèle et la recouvre en avant.
Les artères rénales fournissent les capsulaires inférieures (8), qui se rendent à la capsule surrénale.
5» Artères spermatiques (fig. 192, 10 et 13) (V)
Ces artères, si remarquables par la longueur de leur trajet comparée à leur petit volume, naissent sur le plan antéro-latéral de l'aorte, se dirigent très obli- ([uement de haut en bas et un peu de dedans en dehors, vers le côté latéral du détroit supérieur. Dans ce trajet elles répondent : en avant, au péritoine; en arrière, au psoas et à l'uretère, qu'elles croisent. (La spermatique droite passe audevant de la veine cave inférieure.) Elles sont accompagnées par les veines spermatiques, situées à leur côté externe. Leurs rapports avec la masse intestinale varient des deux côtés du corps : à droite, l'artère spermatique répond aucœcum, à gauche à l'S iliaque.
Vartère spermalique, chez l'homme, continue son trajet en longeant les bords du détroit supérieur, appliquée sur le fascia iliaca, arrive à l'entrée du canal inguinal, le traverse en se réunissant à tous les autres éléments du cordon et gagne le testicule. A peu de distance au-dessus de cette glande, l'artère spermatique se divise en deux branches : Vune postérieure, plus petite, se porte sur l'épididyme, à l'extrémité duquel elle s'anastomose avec des rameaux de la déférentielle, branche de la vésicale, venue elle-même de l'hypogastrique. La seconde, branche postéro-antérieure, plus volumineuse, est destinée à la glande spermatique, qu'elle aborde par le corps d'Highmore.
Dans son trajet, l'artère spermatique fournit des rameaux très grêles, qui se perdent sur le cordon et arrivent jusqu'aux téguments de la racine des bourses, où ils communiquent avec la terminaison des honteuses externes.
Chez la femme, Vartère spermatique prend le nom d'artère utéro-ov arienne. Au lieu de se porter en dehors vers le canal inguinal, elle se porte en bas et en dedans, vers l'ovaire, dont elle longe le bord supérieur en émettant des ramuscules destinés à cette glande et à la trompe. Elle continue alors son trajet, arrive à l'angle de l'utérus et se divise en branches nombreuses, anastomosées avec l'artère utérine venue de l'hypogastrique.
Pour s'expliquer la longueur de cette artère surtout chez l'homme, il ne faut pas perdre de vue que, ainsi que nous l'expliquerons dans YEmbryologie, la glande génitale se forme toujours sur les côtés latéraux de l'axe vertébral, et que par suite du développement elle s'abaisse de plus en plus en allongeant par suite les artères destinées à la nourrir. C'est ainsi que chez l'homme elle finit par pénétrer dans les bourses, tandis que chez la femme elle s'arrête dans le petit bassin.
DES ARTÈRES EN PARTICULIER
6° Artère mésentérique supérieure (fig-. 193) (I)
Préparation. — Ouvrir l'abdomen, rejeter le paquet intestinal à gauche en étalant autant que possible le mésentère. Enlever avee soin l'un des feuillets du mésentère, au-dessous duquel on Irouvera les branclies de l'intestin grêle. En faire autant du coté du côlon. Isoler les artères de tout le tissu graisseux qui les entoure.
Cette artère, d'un volume assez considérable, part de la face antérieure de l'aorte, à peu de dislance au-dessous du tronc cceliaque. A son origine, elle est
Fig. 193. — Artère mésentérique supérieure (*).
située en arrière du pancréas, dont elle croise perpendiculairement la face postérieure. Arrivée au niveau du bord inférieur de cette glande, la mésentérique supérieure se dégage, passe entre lui et le bord supérieur de la troisième portion du duodénum et descend verticalement au-devant de la face antérieure de cet intestin. Elle pénètre alors entre les deux lames du mésentère, qu'elle parcourt jusqu'à son extrémité, en décrivant une courbe à concavité dirigé^ à droite et en arrjère.
(*) i) Tronc de la mésentérique supérieure, se dégageant au-dessous du pancréas. — 2) Première colique droite. — 3) Deuxième colique droite. — i) Extrémité terminale de la m^'sentérique supérieure. — 3) Branche de l'appendice cœcal. — 6, 6, 6, 6) Branches de la mésentérique et leurs arcades.
ANGÉIOLOGIE
Avant de pénétrer dans le repli mésentérique, cette artère fournit des rameaux pancréatiques et duodénaux. Elle donne aussi une petite branche qui nait sur le côté droit de la mésentérique supérieure au niveau du bord inférieur du pancréas, se dirige de gauche à droite, longe la courbure de la deuxième portion du duodénum et s'anastomose avec la pancréatico-duodénale, branche de la gastroépiploïque droite (fig. 191, 10). De la convexité de la courbe décrite dans le mésentère, partent des branches volumineuses, dont le nombre varie de quinze à vingt. 11 est aisé de comprendre que, en raison même de la disposition du mésentère, les plus longues sont celles qui gagnent la partie moyenne de l'intestin grêle. Vers le milieu de l'espace compris entre le tronc de l'artère et le bord adhérent de l'intestin, ces divisions se partagent toutes en deux branches : l'une ascendante, l'autre descendante, qui s'anastomosent. Il en résulte une série d'arcades, de la convexité de chacune desquelles partent deux ou trois rameaux, qui se divisent à leur tour en branches ascendantes et descendantes formant de nouvelles arcades secondaires qui se comportent comme les précédentes et fournissent des rameaux plus nombreux, d'où nait une troisième série d'arcades (V), dont les ramifications terminales entourent les deux faces opposées de l'intestin en s'anastomosant sur son bord libre. 11 est presque inutile de faire remarquer qu'elles sont situées au-dessous de la tunique séreuse. Les ramuscules terminaux traversent la couche musculeuse et vont à la couche sous-muqueuse, où ils donnent des branches multiples qui vont se terminer dans la muqueuse, oii le microscope permet de distinguer les artérioles des villosités et les artérioles péri-glandulaires.
De la concavité de la courbure décrite par la mésentérique supérieure, naissent tantôt deux, tantôt trois branches connues sous le nom d'artères coliques droites. Elles gagnent le mésocôlon ascendant et s'y ramifient.
La première ou supérieure (fig. 103, 2) naît au-devant du duodénum, ou à peu de distance au-dessous de lui, se porte à droite et se divise en :
1" Branche ascendante, qui décrit une arcade, la plus grande du corps humain, au-dessous du côlon transverse, en s'anastomosant avec la branche ascendante de la première colique gauche venue de la mésentérique inférieure ;
2° Branche descendante de la première colique droite, qui s'anastomose avec la branche ascendante de la colique droite moyenne, quand elle existe, ou de la colique droite inférieure.
Les deux dernières coliques droites naissent très souvent, par une origine commune, du milieu de la longueur du tronc de la mésentérique supérieure. (C'est là ce qui existait chez le sujet qui a servi à la préparation représentée dans la fig. 193, 3). Quand elles sont séparées, la colique moyenne naît au-dessus de ce point et l'inférieure au-dessous.
hdi colique droite moyenne se divise en branche ascendante, anastomosée avec la colique droite supérieure, et en branche descendante, qui communique avec l'inférieure du même côté.
La colique droite inférieure, anastomosée par sa branche ascendante avec la moyenne, communique par sa division descendante avec les branches terminales du tronc de la mésentérique.
De toutes ces anastomoses résultent de grandes courbes à convexité dirigée du côté de l'intestin, d'où partent des branches qui constituent, efi certains points, des arcades de second ordre. 11 en émane un grand nombre de divisions, qui se portent vers le côlon, sur lequel elles se terminent comme les branches de l'intestin grêle.
DES ARTÈRES EN PARTICULIER
L'arcade inférieure, constituée par l'anastomose de la terminaison du tronc de a mésentérique avec la colique intérieure, fournit ses rameaux au ctecuni; l'un d'entre eux, plus long que ses congénères, passe en arrière de l'étranglement iléo-cœcal et se ramifie sur l'appendice vermiforme de cet intestin.
7° Artère mésentérique inférieure (fig. 194, 3) (III et IV)
Nous venons de voir la mésentérique supérieure fournir des branches à toutes les parties de l'intestin comprises entre la deuxième portion du duodénum et le milieu du côlon transverse; c'est Vartère mésentérique in férieure , qui est chargée
Fig. 194. — Artère mésentérique inférieure (*).
d'amener le sang à toute l'étendue du canal intestinal située au-dessous de ce point.
La mésentérique inférieure, moins volumineuse que la précédente, naît sur le côté antérieur et latéral gauche de l'aorte à 0'°,04 ou 0^,05 au-dessus de sa bifurcation. Elle se place aussitôt entre les deux feuillets du mésocôlon descendant, se dirige en bas et un peu à gauche pour gagner les côtés latéraux du rectum, où elle se divise en deux branches terminales connues sous le nom d' hémorrkoïdales
(*) 1) Aorte. — 2) Mésentérique supérieure. — 3) Mésentérique inférieure. — 4) Première colique gauclie.
— 5) Deuxième colique gauche. — 6) Troisième colique gauche, dont la disposition est anormale sur ce sujet.
— 7) Grande arcade entre les premières coliques droite et gauche.
ANGÉIOLOGIE
supérieures. Elles embrassent le rectum de leurs rameaux et communiquent avec les hémorrhoïdales moyennes, branches de l'hypogastrique. Leur volume est en raison inverse de celui de ces dernières.
Constantinowitch a étudié la circulation rectale. De ses recherches et des miennes il résulte que les artères hémorrhoïdales supérieures appartiennent exclusivement au rectum; jusqu'au niveau de l'ampoule rectale elles se distribuent aux trois couches de cet intestin ; au niveau du sphincter, elles ne vont plus qu'à la muqueuse et ce sont les hémorrhoïdales moyennes et inférieures, ainsi que la sacrée moyenne, qui se rendent à l'appareil musculaire de l'anus.
Entre les lames du mésocôlon, la mésentérique inférieure fournit deux ou trois branches, coliques gauches : supérieure, moyenne et inférieure {'i:, 5, 6). Ces branches se portent en dehors et à gauche vers le côlon descendant et l'S iliaque. Elles se divisent comme les coliques droites, en branches ascendantes et descendantes, qui se réunissent en arcades. La branche ascendante de la colique gauche supérieure s'anastomose avec la branche descendante delà colique droite supérieure (7) et fournit des rameaux à la moitié gauche de l'arc du côlon. La branche descendante de la colique gauche inférieure s'anastomose avec des rameaux des hémorrhoïdales supérieures.