II. Artères carotides primitives (fig. 196, 2, et, 227) (I
Préparation. — Désarticuler le sternum, l'enlever, disséquer le sterno-masloïdien, le sectionner un peu au-dessus de ses insertions claviculaires et préparer soigneusement les carotides du leur origine à leur division.
Les arlères carotides primitives sont destinées à la tête et à la face. Elles diffèrent dans leur origine : celle du côté droit nait du tronc brachio-céphalique, celle du côté gauclie provient de la crosse de l'aorte. 11 en résulte une difTérence de longueur égale à la hauteur du tronc brachio-céphalique. De plus, ce dernier naissant sur la partie la plus élevée de la crosse aortique, et celle-ci se dirigeant en arrière et à gauche, la carotide primitive gauche se trouvera sur un plan un peu postérieur à sa congénère du côté droit. Dans la partie de leur trajet, étendu de la base du cou au bord supérieur du cartilage thyroïde, où elles se bifurquent, les deux carotides primitives sont verticales et offrent les mêmes rapports.
Il est aisé de comprendre que la. carotide gauche doit avoir des rapports spéciaux depuis son origine jusqu'à la base du cou. Dans cette portion de son étendue elle est oblique de bas en haut et de dedans en dehors, et répond : en avant, à l'articulation sternale, dont elle est séparée par le tronc veineux brachio-céphalique gauche (fig. 227, 2) ; en dehors, à la plèvre; en dedans, à son origine, au tronc artériel brachio-céphalique. De la direction oblique en dehors de ces deux vaisseaux résulte un espace angulaire, dans le fond duquel se trouve la trachée. En arrière, la carotide primitive gauclie répond au conduil aérien qu'elle croise, à l'œsophage et à la sous-clavière gauche.
Au cou, les rapports des deux carotides sont à peu près identiques. Elles sont recouvertes en avant par le sterno-cléido-mastoïdien correspondant ; ainsi que Richet Ta fait remarquer, l'aponévrose d'insertion faciale de ce muscle les recouvre également en haut. Dans leur partie tout à fait inférieure, les carotides sont profondes et séparées de l'insertion du sterno-cléido-mastoïdien par l'épaisseur de la clavicule et les troncs veineux ; plus haut, le muscle s'en rapproche et elles ne sont plus séparées de sa face profonde que par le petit muscle omo-hyoïdien. La carotide primitive gauche, étant sur un plan plus postérieur cjue celle du côté droit, répond à l'écartement des deux chefs du sterno-mastoïdien, tandis qu'à droite l'artère est tout à fait recouverte par le faisceau sternal de ce muscle. Les carotides sont encore en rapport en avant avec l'anse nerveuse formée par les branches descendantes du grand hypoglosse et du plexus cervical. La veine thyroïdienne supérieure croise également leur face antérieure à peu de distance de leur bifurcation.
En arrière, les carotides primitives répondent aux muscles grand droit antérieur et long du cou, qui les séparent des vertèbres cervicales. Au niveau de la sixième vertèbre cervicale, un peu au-dessous du point où l'artère vertébrale pénètre dans le canal des apophyses transverses, l'artère thyroïdienne inférieure croise la carotide primitive en passant en arrière d'elle. En dedans, les carotides répondent à la trachée, au larynx, au pharynx et au corps thyroïde. Ce dernier rapport varie d'étendue suivant le plus ou moins de développement de cette glande vasculaire sanguine, qui peut même les recouvrir complètement et les séparer du muscle sterno-mastoïdien. La carotide gauche répond, en outre, à l'œsophage, qui, à ce niveau, est un peu dirigé à gauche. En dehors les carotides répondent à la veine jugulaire interne (lîg. 227). Dans l'angle curviligne formé par l'adossement de ces deux vaisseaux se trouve en arrière le nerf pneumogas-
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trique et le cordon du grand sympathique séparé du précédent par l'aponévrose cervicale profonde. A la partie inférieure du tronc carotidien, le nerf pneumogastrique se place un peu en dehors de l'artère pour gagner, à droite, la face antérieure de la sous-clavière tout auprès de son origine; à gauche, le nerf reste parallèle à la carotide, mais situé un peu plus en dehors qu'à sa partie supérieure. Les pneumogastriques et les vaisseaux sont contenus dans une même gaine libreuse.
Les carotides primitives, n'émettant aucune branche collatérale, sont d'un ca-
Fig. 1'j6. — Carotides primitioes {oue de face) et origines des branches de la sous-clavière (*).
libre uniforme dans toute leur étendue ; au-dessous de leur division, elles présentent néanmoins un renflement plus ou moins considérable, mais constant.
Elles st divisent au niveau du bord supérieur du cartilage thyroïde en carotide interne et carotide externe, dont la direction initiale semble continuer celle du tronc générateur. (Nous avons vu quelquefois la pharyngienne inférieure naitre du point de séparation de la carotide primitive, qui alors se divisait en trois branches, dont deux volumineuses et une beaucoup plus grêle.)
(*) i) Tronc brachio-céplialique. — â) Carotide primitive. — 3) Sous-clavière. — 4) Mammaire interne. — o) Sus-scapulaire. — G) Cervicale transverse. — 7) Vertébrale. — 8) Tliyroïdienne inférieure. — 9) Cervicale ascendante. — 10) TIn roïdienne supérieure. — 1 1) Crico-thyroïdienne (laryngée inférieure).
ANGÉIOLOGIE
1° Artère carotide externe (fig. 197, 2) (II)
Préparation. — Inciser les téguments depuis la base du cou jusqu'au sommet de la tête, en passant au-devant du pavillon de l'oreille ; faire tomber sur celle incision verticale deux incisions transversales, l'inférieure circonscrivant la racine du cou jusqu'à la ligne médiane, la supérieure partageant le crâne en deux parties égales ; disséquer alors les deux lambeaux quadrilatères ainsi obtenus, l'un en avant, l'autre en arrière; enlever la parotide et procéder à la préparation des différentes brandies en allant do leur origine à leur terminaison. Pour la linguale, il faudra enlever par des traits de scie une moitié de la màcboire, de la branche montante à la symphyse. Pour l'occipitale, il faudra détacher le splénius à ses insertions céplialiques, et enfin pour la pharyngienne et les autres branches terminales de la maxillaire interne, il sera nécessaire de pratiquer la coupe du pharynx.
La carotide externe, un peu moins volumineuse dans l'espèce humaine que la carotide interne, s'étend du bord supérieur du cartilage thyroïde au condyle de la mâchoire, où elle se divise en deux branches. Elle est située à son origine en avant et un peu en dedans de la carotide interne et n'est donc externe que par sa distribution aux parties extérieures du crâne.
La carotide externe est presque superficielle à son origine (') et n'est recouverte que par la peau, le peaucier et l'aponévrose d'insertion faciale du sterno-cléidomastoïdien. Elle devient d'autant plus profonde qu'elle s'élève davantage. Située d'abord en dedans et en avant de la carotide interne, la carotide externe s'engage entre les muscles stylo-hyoïdien et digastrique, situés en dehors et en avant, et les stylo-pharyngien et stylo-glosse, qui lui répondent en dedans et en arrière.
Le nerf grand hypoglosse la croise en avant au même niveau ; puis elle se porte un peu en dehors et en arrière, et la carotide interne, qu'elle croise, lui devient alors réellement interne. A son origine, elle répond en dedans aux parois du pharynx ; un peu au-dessous de l'angle de la mâchoire, elle s'en écarte, se dirige en dehors et se place à la face interne de la glande parotide, qui d'ordinaire l'enveloppe de toutes parts.
Immédiatement après sa naissance et indépendamment d'un rameau destiné au sterno-mastoïdien, la carotide externe fournit six branches, dont trois se dirigent en avant, une en dedans et deux en arrière. Ces divisions sont tellement rapprochées les unes des autres, à leur origine, que la carotide externe semble se séparer en un véritable bouquet artériel, complété par la continuation du tronc primitif, dont alors le calibre est considérablement diminué.
A. Thyroïdienne supérieure (tig. 196, 10) (IV)
C'est la première branche fournie par la carotide externe. Elle naît très près de la linguale et souvent par un tronc commun avec cette dernière.
La thyroïdienne supérieure se porte d'abord en dedans ; puis, après un court trajet, elle s'infléchit et devient descendante, s'applique sur les parois du pharynx, recouverte par les muscles omo-hyoïdien et sterno-thyroïdien, et gagne l'extrémité supérieure du lobe du corps thyroïde ; elle se divise alors en trois branches terminales : l'une qui longe le bord externe de ce lobe, l'autre qui en suil le bord supérieur, et la troisième ou postérieure qui se place entre la glande et la trachée. Ces trois branches artérielles, très flexueuses, émettent
(') La position superficielle de ce vaisseau est due à ce que le sterno-mastoïdien est oblique d'avant en arrière et de bas en haut, tandis que l'artère est sensiblement verticale; il en résulte un écartement angulaire, dans Taire duquel la carotide externe n'est plus recouverte que par les parties sus-jacentes au muscle sterno-mastoïdien.
Fig. 197. — Artère carotide externe et ses branches {faciale, temporale superficielle, occipitale, etc.) {*),
(*) i) Carotide primitive. — 2) Carotide externe. — 3) Carotide interne. — 4) Tliyroïdienne supérieure. — îj) Linguale. — (i) Faciale. — 7) Sous-mentale. — 8) Occipitale. — 9) Occipitale devenue superficielle. — 10) Auriculaire postérieure. — 11) Temporale superficielle. — 12) Transverse de la face. — 1.1) Coronaire labiale. — 14) Dorsale du nez. -- 13) Terminaison de la faciale anastomosée avec la nasale, branche de l'ophlbalmique.
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un nombre considérable de rameaux, qui pénètrent le tissu de l'organe et s'anastomosent soit entre eux, soit avec les rameaux correspondants de la thyroïdienne inférieure de leur côté, ou encore avec ceux des thyroïdiennes du côté opposé.
Il .est à remarquer que le volume de ces artères est en rapport avec le développement de la glande vasculaire sanguine à laquelle elles sont destinées. Les thyroïdiennes supérieures fournissent trois branches collatérales : 1° La sterno-iita^toidienni', artériole très grêle, qui se rend au muscle de ce nom, en passant au-devant de la carotide primitive et de la jugulaire interne.
Fig. i98. — Artère linguale (*).
2° La laryngée supérieure (V), plus importante par sa distribution et par son volume, naît au niveau de l'inflexion de la thyroïdienne ; se dirige en avant et en dedans, passe sous le muscle thyro-hyoïdien, donne une petite branche qui continue son trajet sur la face antérieure de la membrane thyro-hyoïdienne, et une autre qui pénètre dans le larynx en traversant cette membrane et qui fournit des rameaux à l'épiglolte, à la muqueuse et aux muscles de l'organe vocal (lîg. 198, 2).
3° La laryngée inférieure ou crico-thyroïdienne (VI). — Cette petite branche chemine sur la face antérieure de la membrane de ce nom et s'anastomose avec
(*) I) Thyroïdienne supérieure. — 2) Laryngée supérieure. — 3j Sous-mentale. — 4) Linguale. — 5) Dorsale de la langue. — 6) Sublinguale.
DES ARTÈRES EN PARTICULIER
celle du côté opposé. Elle fournit des ramuscules, qui traversent la membrane et se répandent dans le larynx (fig. 196, H).
B. Linguale (fig. 198) (VI)
Uartère linguale nait de la partie antérieure de la carotide externe, au-dessus de la thyroïdienne supérieure et souvent par un tronc commun avec cette dernière. D'autres fois, elle s'unit à son origine à la faciale, qui est située au-dessus d'elle (fig. 198, b).
La direction de la linguale est très flexueuse ; elle se dirige d'abord un peu en haut et en dedans, en arrière du tendon du digastrique et du nerf grand hypoglosse, longe les grandes cornes de l'os hyoïde, jusque vers leur partie moyenne, recouverte par le muscle hyoglosse qui la sépare du nerf hypoglosse, gagne la face inférieure de la langue et arrive ainsi jusqu'à la pointe de cet organe. Dans cette dernière partie de son trajet, elle est située entre le génio-glosse qui est en dedans, le lingual inférieur qui est en dehors et le nerf lingual qui est en bas.
A son extrémité elle prend le nom d'artère ranine et s'anastomose avec celle du côté opposé, en fournissant des ramuscules à la muqueuse des deux faces de la langue, ainsi qu'aux muscles intrinsèques de cet organe.
Dans son trajet, l'artère linguale fournit trois rameaux :
1° h'artère sus-hyoïdienne longe le bord supérieur de l'os hyoïde, placée entre les muscles génio-glosse et génio-hyoïdien. Elle s'anastomose par des rameaux descendants avec des rameaux ascendants venus de la crico-thyroïdienne.
2° Uartère dorsale de la langue, très grêle aussi, nait du voisinage de la grande corne de l'os hyoïde, remonte le long du muscle stylo-glosse et arrive à la base de la langue, sur laquelle elle se ramifie en donnant des ramuscules descendants à l'épiglotte (fig. 198, b) et à l'amygdale.
3° Uartère sublinguale, d'un volume plus considérable que les deux précédentes, provient du point où l'artère linguale quitte l'os hyoïde pour gagner la face inférieure de la langue. Elle continue le trajet de ce vaisseau et chemine entre le génio-glosse et le mylo-hyoïdien, fournit des ramuscules nombreux à ces muscles et au génio-hyoïdien, contourne la glande sublinguale, lui donne des artérioles et vient au-desscus du filet de la langue s'anastomoser avec celle du côté opposé (fig. 198, 6).
Assez fréquemment on voit provenir cette artère de la sous-mentale, branche de la faciale.