VI. — Ganglions lombaires, et lymphatiques qui s'y rendent
Au-devant des insertions du psoas, en dehoi's de l'aorte à gauche et de la veine cave inférieui'e à droite, l'on trouve un groupe assez considérable de ganglions d'un volume variable, ce sont les ganglions lombaires. Ils reçoivent les lymphatiques de l'utérus, de la trompe et de l'ovaire chez la femme, ceux du testicule l iiez l'homme, ceux des reins et des capsules surrénales.
Lymphatiques de Vutérus, de la trompe et de l'ovaire. — Les premiers participent pendant la grossesse au grand développement de l'organe et offrent alors un volume relativement considérable. Ils se dirigent en dehors et gagnent les artères utéro-ovariennes, dont ils suivent le trajet. Après avoir reçu les lymphatiques de la trompe et de l'ovaire, ils vont se jeter dans les ganglions lombaires. Il est à remarquer que les lymphatiques du col de l'utérus suivent au contraire les artères utérines et aboutissent aux ganglions pelviens. — Buckel et Eyner ont prétendu que les voies lymphatiques de l'ovaire sont creusées dans l'adventice des vaisseaux sanguins. Léopold Gerhardt a donné une description des lymphatiques de l'utérus non gravide. Cette description est très compliquée; elle ne me semble pas être bien exacte.
Lymphatiques du testicule. — Ces vaisseaux sont extrêmement nombreux et peuveni être divisés en raison de leur situation en superficiels et en profonds. Les premiers sont sous-séreux et recouvrent presque la totalité de la glande séminale, dont ils gagnent le bord supérieur. Les seconds, étudiés par Tomsa etLudwig, cheminenl dans le testicule en suivant les vaisseaux sanguins à travers les libres réticulées que l'albuginée envoie dans la profondeur. Ils arrivent au bord supérieur de la glande et se réunissent aux lymphatiques superficiels. Ils remontent alors, reçoivent les lymphatiques de l'épididyme et gagnent l'anneau inguinal en formant des éléments du cordon. Arrivés dans l'abdomen, ils accompagnent les vaisseaux sanguins spermaliques et aboutissent aux ganglions lombaires.
Lymphatiques des reins et des capsules surrénales. — Les lymphatiques des reins naissent de la profondeur des glandes urinaires, ils suivent la distribution des vaisseaux sanguins et ne paraissent pas très nombreux. Ils gagnent le hile du rein, s'accolent à la veine rénale et se jettent dans les ganglions lombaires. On a décrit des lymphatiques superficiels du rein, qui viendraient aboutir également aux ganglions lombaires en se réunissant aux précédents au niveau du hile.
ANGÉIOLOGIE
Quant aux lymphatiques des capsules surrénales, ils proviennent de l'intimité de cette glande vasculaire sanguine et se joignent à ceux des reins pour aboutir aux mêmes ganglions.
Les efTérents des ganglions lombaires se jettent dans la citerne de Pecquet,
§ VII. — Ganglions pelviens, et lymphatiques qui s'y rendent
Dans l'excavation pelvienne se trouve un groupe ganglionnaire, relié en haut aux ganglions lombaires, en bas et en dehors aux ganglions iliaques externes; il se compose de deux groupes distincts : l'un latéral, compris entre les vaisseaux iliaques interne et externe, est formé par les ganglions hypogastriques et s'étend jusqu'à la partie supérieure de la grande échancrure sciatique ; l'autre, médian, est formé par des ganglions disséminés au-devant des trous sacrés antérieurs et dans l'épaisseur du mésorectum, ganglions sacrés.
Les lymphatiques qui y arrivent sont :
1° Les lymphatiques du rectum. — Ces vaisseaux forment deux plexus qui pai-aissent indépendants l'un de l'autre; le premier est sous-séreux, le second est sous-muqueux et communiqué largement avec le plexus sous-cutané du pourtour de l'anus. Ils forment tous les deux des troncs qui aboutissent soit aux ganglions du mésorectum, soit directement aux ganglions sacrés.
2° Les lymphatiques de la vessie. — Ils sont disposés comme les précédents en deux plexus sous-séreux et sous-muqueux. On les voit gagner les parties latérales du réservoir urinaire et suivre le trajet des artères vésicales; d'après Sappey, on trouve à ce niveau quelques petits ganglions, dans lesquels ils pénètrent avant d'atteindre les ganglions hypogastriques.
3° Les lymphatiques des vésicules séminales. — Ils sont très nombreux, suivent l'artère vésico-prostalique et se rendent également aux ganglions hypogastriques.
i° Les lymphatiques du col de Vutérus et de la partie postérieure du vagin. — Autour du museau de tanche existe un plexus lymphatique très fin, dont les vaisseaux ainsi que ceux qui partent de toute l'étendue du col utérin se rendent aux ganglions hypogastriques, Il en est de même de ceux de la partie postérieure du vagin, qui accompagnent l'artère vaginale.
5° Les lymphatiques fessiers et ischiatiques. — Ils suivent les artères correspondantes, sont assez peu nombreux et rencontrent quelquefois sur leur trajet de petits ganglions, qu'ils traversent avant de pénétrer dans le bassin par la grande échancrure sciatique. Ils aboutissent aux ganglions hypogastriques.
6° Les lymphatiques obturateurs. — Encore moins nombreux que les précédents, ces vaisseaux suivenll'artère obturati'ice, pénètrent dans le bassin par le canal sous-pubien et vont aux ganglions hypogastriques.
Les efférents des deux groupes de ganglions pelviens se portent en haut et vont tous aboutir aux ganglions lombaires, en formant autour des artères hypogastrique et iliaque primitive un plexus, plexus iliaque interne, remarquable par la multiplicité et la grosseur relative des vaisseaux qui le forment.
DES LYMPHATIQUES EN PARTICULIER
§ VIII. — Ganglions inguinaux, et lymphatiques qui s'y rendent
A la racine du membre inférieur se trouve un groupe important de ganglions lymphatiques. On le divise en trois groupes secondaires : ganglions iliaques externes, ganglions inguinaux superficiels et ganglions inguinaux profonds (fig. 241, 1).
Les ganglions iliaques externes sont peu nombreux, mais assez volumineux, ils entourent les vaisseaux sanguins de ce nom; le plus inférieur d'entre eux s'applique sur l'ouverture interne du canal crural, qu'il contribue à fermer.
Les ganglions inguinaux superficiels sont situés au niveau de l'embouchure de la veine saphène interne au-dessus du fascia cribriformis.
Les ganglions inguinaux profonds sont sous-aponévrotiques et situés en dedans de la veine fémorale, dont les sépare une lame celluleuse.
A ce groupe de ganglions viennent aboutir les lymphatiques de la moitié sousombilicale des parois de l'abdomen, des téguments des fesses et du périnée, des organes génitaux externes et du membre inférieur.
1° Lymphatiques de la moitié sous-ombilicale des parois de Vabdomen. — On les divise en superficiels et en profonds.
Les premiers sont antérieurs et postérieurs. Les antérieurs descendent verticalement au-dessous des téguments et aboutissent aux ganglions inguinaux superficiels les plus élevés. Les postérieurs partent des téguments de la région lombaire, communiquent avec ceux du côté opposé, avec ceux du dos et ceux des fesses, contournent la paroi abdominale et aboutissent aux mêmes ganglions que les précédents.
Les lymphatiques profonds de cette région suivent les uns l'artère épigastrique, les autres l'artère circonflexe iliaque et arrivent aux ganglions iliaques externes.
2" Lymphatiques des téguments des fesses et du périnée. — Les vaisseaux lymphatiques des fesses parcourent un trajet différent, suivant qu'ils partent des téguments de la région externe ou de la région interne des fesses.
Les premiers se portent en dehors et en avant, contournent la hanche et vont aux ganglions inguinaux superficiels les plus externes. Les seconds se dirigent en dedans et en avant, se réunissent à ceux du pourtour de l'anus et du périnée, et arrivent aux ganglions inguinaux superficiels les plus internes.
Lymphatiques des organes génitaux chez l'homme. — On les divise en lymphatiques du pénis et lymphatiques du scrotum.
Le pénis donne naissance à des vaisseaux lymphatiques : par son enveloppe tégumentaire, par le gland et par l'urèthre.
Les lymphatiques qui naissent de l'enveloppe tégumentaire sont surtout nombreux sur le prépuce. Ils forment à sa surface interne et externe un plexus remarquable, qui se continue par un tronc entourant la couronne du gland ; de ce tronc partent des rameaux qui cheminent le long de la verge, reçoivent des branches cutanées de l'organe, et arrivent au niveau du ligament suspenseur où ils se divisent pour se jeter à droite et à gauche dans les ganglions profonds.
Les lymphatiques de l'urèthre cheminent dans le tissu sous-muqueux de ce canal en formant un plexus à mailles allongées et à branches variqueuses ; ils
ANGÉIOLOGIE
iennent au niveau du méat urinaire, communiquer avec les lymphatiques du
gland. Ces derniers naissent d'un plexus très remarquable, qui entoure cet appendice érectile, forment alors plusieurs troncs auxquels se joignent les lymphatiques uréthraux, et cheminent sur les côLés du frein. Arrivés à la couronne du gland, ils la contournent et se réunissent aux lymphatiques du prépuce.
Le scrotum est peut-être la parlie de l'enveloppe cutanée qui émet le plus de lymphatiques. Ils forment un plexus très serré, duquel partent des troncs assez nombreux, qui suivent les vaisseaux sanguins honteux externes et aboutissent aux ganglions inguinaux.
Chez la femme, les lymphatiques qui naissent de la face interne des grandes lèvres, des petites lèvres, du pourtour de l'ouverture vaginale, de la moitié antérieure du vagin, du vestibule, du clitoris, de l'urèthre et du méat, forment un plexus très serré duquel partent des troncs qui vont aux ganglions inguinaux en accompagnant les vaisseaux sanguins honteux externes.
§ IX. — Lymphatiques du membre inférieur
Comme ceux du membre supérieur, on les divise en superficiels et en profonds.
Les vaisseaux lymphatiques superficiels du membre inférieur (fig. 241) naissent des téguments de ce membre, des orteils et de la plante du pied. Aux orteils, ils se comportent comme ceux des doigts, forment des troncules collatéraux et gagnent le dos du pied, sur lequel ils se réunissent en un plexus à mailles allongées. Ce plexus reçoit également les lymphatiques de la peau de la plante, il émet des branches qui se groupent autour des veines superficielles et accompagnent les veines saphènes.
Tous les lymphatiques qui longent la veine saphène interne se groupent à la face antérieure de la jambe, gagnent ensuite la face interne de la cuisse, en reçoivent les lymphatiques superficiels et arrivent aux ganglions , , ^. . , j inguinaux superficiels. Ceux qui naissent du
2*1 ■ — Lymphatiques superficiels du ° ^ . n ,
membre inférieur {'). bord externe du pied longent la saphene
(*) 1) GaDglions inguinaux (D'après Mascagni).
DES LYMPHATIQUES EN PARTICULIER
externe, la face postérieure de pa jambe et arrivent au creux poplité pour se jeter les uns dans les ganglions de cette région, les autres dans les lymphatiques qui accompagnent la veine saphène interne. Ceux qui traversent les ganglions poplités vont communiquer avec les lymphatiques profonds et suivent leur trajet.
Les lymphatiques profonds du membre inférieur accompagnent les artèi'es et peuvent être divisés en tibiaux antérieurs, tibiaux postérieurs, péroniers, pédieux, plantaires, etc. Ils viennent aboutir pour la plupart dans les ganglions poplités ; d'autres, au contraire, réunis aux vaisseaux eiïérents de ces ganglions, suivent l'artère fémorale et se terminent dans les ganglions inguinaux profonds. On rencontre ordinairement vers le tiers supérieur de la face antérieure de la jambe un ganglion tibial antérieur dans lequel passent les lymphatiques de cette région.
Les vaisseaux efférents des ganglions inguinaux superficiels sont nombreux ; ils traversent l'aponévrose et lui donnent un aspect criblé, d'où son nom de fascia cribriformis, et aboutissent soit aux ganglions inguinaux profonds, soit, en remontant, aux ganglions iliaques externes. Les efférents des ganglions inguinaux profonds se rendent aux ganglions iliaques externes. Ces derniers émettent des efférents volumineux formant le plexus iliaque externe, qui entoure l'artère de ce nom et se jette dans les ganglions lombaires.