CENTRES NERVEUX PROPREMENT DITS
ARTICLE I, - MOELLE ÉPINIÈRE ET BULBE § I. — Moelle épinière
La moelle épinière est la partie rachidienne des centres nerveux. On lui assigne assez arbitrairement, comme h mite supérieure, le collet du bulbe ; inférieurement elle se termine en pointe au niveau de la première vertèbre lombaire. Chez le fœtus la moelle s'étend jusqu'au coccyx ; mais son accroissement n'étant pas en rapport avec celui de la colonne vertébrale, elle semble remonter successivement jusqu'à l'âge adulte.
La moelle est cylindrique, un peu aplatie d'avant en arrière au cou et aux lombes. Son calibre n'est pas uniforme dans toute sa longueur ; elle se renfle au niveau des dernières vertèbres cervicales (de la quatrième à la sixième), diminue ensuite successivement jusqu'à ce qu'elle ait repris son volume initial, se renfle une seconde fois au niveau des dernières vertèbres dorsales et se termine en pointe à la hauteur de la première lombaire. Les renflements de la moelle sont
CENTRES NERVEUX
désignés sous les noms de renflement cervical et de renflement lombaire et correspondent à l'origine des nerfs des extrémités supérieures e( inférieures.
D'après Sappey, le poids moyen de la moelle, débarrassée de ses enveloppes et des racines nerveuses, serait de 27 grammes.
Surface extérieure. — La surface extérieure de la moelle présente dessillons longitudinaux, deux médians et deux latéraux.
Le sillon médian antérieur, caché dans l'état normal [par la pie-mère, s'étend depuis l'entre-croisement des pyramides jusqu'à l'extrémité inférieure de la moelle. Il est large, assez peu profond, n'atteint guère que le tiers du diamètre de l'organe et est tapissé par la pie-mère. En écartant légèrement ses deux lèvres, on voit dans sa profondeur une lame blanche qui passe d'une moitié de la moelle à l'autre, en les unissant. Cette lame blanche est tapissée également par la pie-mère et prend le nom de commissure blanche ouantéi'ieure (fig. 250, 5 et 4).
Le sillon médian postérieur réduit à une simple fente, moins large, mais plus profond que le précédent, s'étend depuis le bec du calamus scriptorius jusqu'à l'extrémité inférieure de la moelle (lig. 249, 9). Il est occupé par une lame de la pie-mère et présente dans sa profondeur une commissure analogue à la précédente, mais d'une couleur grisâtre : c'est la commissure postérieure ou grise, formée par la substance grise centrale qui est à découvert au fond du sillon médian postérieur, tandis que dans le sillon antérieur elle est recouverte par la substance blanche de la commissure antérieure.
Ces deux sillons séparent donc la moelle en; deux parties égales et symétriques, réunies par deux commissures.
Les deux sillons latéraux sont représentés par les lignes d'insertion des racines
(*) 1) Quatrième ventricule. — 2) Pyramides postérieures, limitées en dehors par le sillon postérieur interm-'diaire. — 3) Pédoncule cérébelleux inférieur. — 4) Pédoncule cérébelleux moyen. — 5) Pédoncule cérébelleux supérieur. — 6) Tronc du nerf spinal. — 7) Ses racines d'origine médullaire. — 8) Nerf pneumogastrique. — 9) Sillon médian postérieur de la moelle. — 10) Racines postérieures des nerfs racliidiens, dont la lio-ne d implantation constitue le sillon collatéral postérieur.
Fig. 249. — Moelle épinière [vue par sa facepostérieure depuis le bulbe jusqu'à la troisième paire dorsale) (*).
NÉVROLOGIE
antérieures et postérieures des nerfs rachidiens. Le sillon collatéral antérieur n'existe réellement pas, tandis que le postérieur est très manifeste après l'arrachement des racines correspondantes et est représenté alors par une série de petits enfoncements disposés en ligne régulière.
A la partie cervicale de la moelle se trouve un nouveau sillon très rapproché du sillon médian postérieur : c'est le sillon postérieur intermédiaire ; il naît sur les côtés du calamus scriptorius et se perd au niveau des premières vertèbres dorsales (fig. 249).
En faisant abstraction de ce dernier sillon, chaque moitié de la moelle est séparée en trois cordons distincts : l'un, antérieur, compris entre le sillon antérieur et la ligne d'insertion des racines antérieures ; le second, latéral, compris entre cette ligne et le sillon collatéral postérieur, et enfin le troisième, postérieur, limité en dehors par ce dernier et en dedans par le sillon médian postérieur (fig. 250).
Quant au sillon postérieur intermédiaire, il limite un petit cordon qui à l'œil
Fig. 250. — Coupe schématique de la moelle cervicale (*).
nu semble spécial à la région cervicale, il se trouve entre le cordon postérieur et le sillon médian. Ce cordon est dit cordon de Goll, nous y reviendrons tout à l'heure.
La moelle épinière sectionnée transversalement présente, à la vue, une substance blanche périphérique, entourée de toutes parts par la pie-mère, et une partie grise, centrale.
Cette dernière, d'un volume variable suivant les points (fig. 251) où on l'étudié, plus considérable au niveau des renflements cervical et lombaire, se rétrécit à la région dorsale. Elle affecte la forme de deux croissants, un pour chaque moitié de la moelle, réunis par une lame transversale qui unit les deux moitiés. Les extrémités des croissants sont dirigées vers les sillons collatéraux antérieur et postérieur, points d'émergence des racines des nerfs. Ces extrémités prennent le
{*) 1) Cordon anlérieur. — 2) Cordon latéral. — 3) Cordon poslèrieur. — 4) Commissure blanche avec ses fibres entre-croisés. — 5) Scissure médiane antérieure. — 6) Scissure médiane postérieure. — 7) Noyau antérointerne des cornes antérieures. — 8) Noyau antéro-externe des cornes antérieures. — 9) Corne latérale avec formation réticulée. — 10) Noyau de la corne latérale. — il) Colonne de Clarkc (corne postérieure). — 12) Substance gélatineuse de Rolaudo. — 13) Racines antérieures dont les fibres plongent dans la corne antérieure. — 14) Racines postérieures dont les fibres les plus internes vont à la colonne de Clarke. — 15) Ganglion rachidien. — 10) Nerf mixte formé par l'union des racines antérieures et des racines postérieures.
CENTRES NERVEUX
nom de cornes antérieure et postérieure. L'antérieure est moins allongée, plus large, plus épaisse ; son extrémité n'atteint pas jusqu'à la périphérie de la moelle et est recouverte par la substance blanche. La corne postérieure, au contraire plus effilée, plus allongée, atteint presque le niveau du sillon collatéral postérieur. Dans la région thoracique, la concavité du croissant de la substance grise présente un renflement latéral qui part de la base de la racine antérieure et se porte en dehors. C'est la corne latérale (tractus intermedio-lateralis). Toujours dans la concavité des croissants, mais plus en arrière encore que la corne latérale, au niveau du collet de la corne postérieure, on voit la substance grise se disposer en lamelles entre-croisées et mélangées à des faisceaux de substance blanche, d où l'apparence d'un réseau, réseau de Deiters; cette disposition existe depuis la région cervicale, elle se prolonge dans la région dorsale, diminue, mais persiste toujours jusque dans la région lombaire (fig. 250).
Au centre de la moelle et entourée par la partie transversale médiane, le trait d'union des deux croissants de substance grise, se voit une ouverture ovalaire, microscopique; c'est le canal central de la moelle; tantôt il est perméable, tantôt sa lumière est oblitérée par des débris cellulaires.
L'ouverture du canal central est entourée par de la substance grise qui constitue ainsi deux commissures grises, l'une antérieure, l'autre postérieure par rapport au canal ; cette dernière est surtout développée dans la région lombaire.
Dans la région cervicale, le canal est à grand axe transversal ; dans la partie inférieure de la moelle, au contraire, il est antéro-postérieur. Au niveau du cône qui précède la queue de cheval ce canal s'élargit de haut en bas en constituant une dilatation allongée, ventricule terminal, qui va en s'effilant de plus en plus jusque dans le filum terminale.
Les racines antérieures des nerfs rachidiens, racines motrices, sortent des coraes antérieures de
la substance grise et particulièrement des trois groupes cellulaires que nous allons étudier. Ces fibres radiculaires traversent la substance blanche périphérique avoisinante pour se grouper en un certain nombre de filets. Les racines postérieures sensitives sortent des cornes postérieures, mais avant d'émerger au niveau du sillon collatéral postérieur, elles rencontrent un amas de tissu névroglique, substance gélatineuse de Rolando, en forme de cône ou de U, qu'elles traversent ou plutôt contournent. Nous allons revenir sur ce point.
La corne lat"rale de la région thoracique donne aussi naissance à des fibres nerveuses qui cheminent obliquement à travers la substance blanche avoisinante pour aller se réunir aux fibres des racines antérieures et postérieures et gagner avec elles les sillons collatéraux correspondant';. Ce sont là les origines des fibres sympathiques.
La substance grise de la moelle est constituée l» par des cellules nerveuses; 2° par des fibres nerveuses sans myéline ; 3" par des éléments de soutien (névroglie).
Région cervicale.
Renflement brachial.
Région thoracique.
Renflement lombaire.
Cône terminal.
Fil
251. — Schéma de la forme de la substance grise dans les différentes régions de la moelle.
NÉVROLOGIE
1° Cellules et fibres nerveuses. — De volume variable, les plus grosses sè trouvant clans les cornes antérieures, ces cellules sont multipolaires pour la plupart. Leur corps est constitué non pas comme on Ta cru par une simple masse protoplasmique, mais par des filaments fibrillaires au milieu desquels se voit un noyaii, fibrillaire peut-être lui aussi, ou se différenciant tout au moins en substance chromatique et achromatique (voyez : Ovule). Ces prolongements émanés du corps cellulaire sont les uns très fins, ramifiés (prolongements protoplasmiques) qui, en s'anastomosant entre eux forment un réseau feutré, réseau de Gerlach, substance spongieuse de la masse grise médullaire. Un autre toujours, et dans certains cas peut-être quelques autres prolongements de la cellule deviennent les prolongement» nerveux, véritables origines des fibres nerveuses dont les striations fibrillaires paraissent être en rapport avec celles du corps cellulaire.
On voit encore dans la substance grise un grand nombre de fibres nerveuses pâles, prolongements de cellules nerveuses voisines dont un certain nombre paraissent se rendre dans la substance blanche, mais dont pour la plupart nous ignorons le parcours.
Toutes ces cellules nerveuses de la moelle sont groupées en véritables noyaux ganglionnaires, de telle sorte que depuis le bas jusqu'en haut, à travers le bulbe et jusqu'à la périphérie de l'encéphale, c'est une superposition de ganglions plus ou moins distincts, échafaudés les uns au-dessus des autres, dont les cellules sont réunies entre elles dans un même noyau et réunies à celles des noyaux situés au-dessous ou au-dessus, ainsi qu'avec celles des noyaux de l'autre côté de la moelle. Ces groupements cellulaires sont disposés de telle manière que, dans les cornes antérieures où ils sont nombreux, surtout au niveau des renflements brachial et lombaire, ils forment deux colonnes cellulaires, l'une qui occupe le côté interne de la tète de la corne, l'autre son côté externe (lîg. 250,7,8) un peu plus en arrière de la précédente. Au niveau de la corne latérale, on voit un nouveau groupe de cellules plus petites, mais en relation avec les précédents (fig. 250, 10). De nos recherches, il semble résulter que l'un des deux premiers groupes cellulaires correspond à l'innervation des muscles du plan de flexion, tandis que l'autre préside aux mouvements du plan d'extension.
Dans les cornes postérieures, sur la face interne de leur base, se voit une nouvelle colonne cellulaire formée par des cellules moins volumineuses qui s'étend de la région cervicale jusqu'au renflement lombaire, c'est la colonne vésiculaire de Clarke (fig. 250, 11). Le surplus de la corne postérieure ne contient que quelques cellules bipolaires disséminées sans groupement défini.
Toutes ces colonnes cellulaires de la moelle peuvent et doivent être considérées comme segmentées par groupes spéciaux au niveau de chaque segment rachidien où chacun des nerfs spinaux prend son origine. C'est là le centre nerveux spécial à ce segment; mais tous ces groupes ne restent pas isolés, ils se réunissent par des anastomoses de manière à constituer des groupes associés entre eux.
2° Substance de soutien. Névroglie. — Les éléments de cette substance sontformés par des fibrilles constituant des réseaux très fins, très serrés dans la substance grise, plus larges, presque lamellaires et fibroïdes dans la substance blanche et à la périphérie du cervelet. Dans d'autres points, la névroglie affecte un aspect quasi-gélatineux, mucoïde, autour du canal central et à l'extrémité de la corne postérieure jusqu'au sillon collatéral postérieur où elle prend le nom de substance gélatineuse de Rolando (fig. 250, 12). On y trouve des petites cellules plates semblables à celles du tissu conjonctif et des cellules dites en araignée garnies de
CENTRES jNERVEUX
prolongements. Cette substance n'est pas en tous points comparable au tissu connectif ordinaire; ses réactions chimiques ne sont pas les mêmes. On a discuté ].)eaucoup sur l'origine de la névroglie qu'il ne faut pas confondre avec le tissu connectif qui accompagne les vaisseaux dans l'intérieur de la moelle, elle est bien d'origine ectodermique comme les éléments nerveux, mais elle dépend des éléments du mésenchyme qui double le feuillet ectodermique au moment de son clivage. La surface extérieure de la moelle est aussi recouverte par une couche très mince de névroglie en contact avec la pie-mère rachidienne. De ces deux couches partent des cloisons qui pénètrent dans la substance médullaire et s'amincissent jusqu'à la substance grise où leurs fibrilles se ramifient ; les cloisons connectives séparent les faisceaux nerveux les uns des autres, la névroglie en réunit au contraire les éléments.
Toutes ces cloisons sont donc en rapport avec les cellules et les libres nerveuses dont elles suivent la direction.
La substance blanche de la moelle entoure de toutes parts la masse centrale de substance grise. On lui considère dans chaque moitié de l'axe médullaire, trois colonnes principales (fig. 252) : 1° colonne ou cordon antérieur, limité par le sillon médian antérieur et par le sillon collatéral antérieur, point d'émergence des ra-
Fig. 232. — Coupe de la moelle et de ses cordons au Fig. 233. — Coupe de la moelle et de ses cordons niveau du renflement cervical (*). dans le thorax (le cordon grêle seul a disparu).
cines antérieures; 2° colonne ou cordon latéral compris entre les deux sillons collatéraux antérieur et postérieur, autrement dit, entre l'origine des racines antérieures et postérieures des nerfs rachidiens. Ce cordon latéral correspond à la concavité externe de la substance grise; 3° colonneou cordonpostérieur , com])ns entre le sillon collatéral postérieur et le sillon médian postérieur. Si l'on vient à prolonger idéalement de haut en bas le sillon postérieur intermédiaire décrit plus haut, on divise le cordon postérieur de la moelleendeux parties, l'une, principale, externe, qui est dénommée cordon cunéiforme, cordon de Burdach ; l'autre, petite, interne, cunéiforme, à base périphérique, qui prend le nom de cordon de Goll.
Mais chacun de ces cordons se subdivise. Tous sont formés de fibres nerveuses à myéline dont les unes centripètes sont affectées à la sensibilité, les autres centrifuges président aux mouvements. Ni l'anatomie, ni l'histologie n'ont pu nous éclairer sur la disposition de ces fibres nerveuses dans les cordons médullaires ; c'est l'anatomie pathologique, l'embryologie et l'anatomie comparée qui nous ont
(*) 1) Substance grise de la moelle. — 2) Canal central. — 3) Faisceau principal du cordon antérieur. — 4j Faisceau pyramidal direct (faisceau de Tiirck) du cordon antérieur. — 3) Faisceau principal du cordon latéral. — 6) Faisceau cérébelleux du cordon latéral. — 6') Faisceau de Gowers. — 7) Faisceau pyramidal croisé du cordon latéral. — 8) Cordon cunéiforme de BurJacli. — 0) Cordon grêle, faisceau de Goll. — 10) Ligne d'émergence des racines antérieures. — H) Faisceau mixte. — 12) Corne antérieure. — 13) Corne latérale. — 14) Emergence des racines postérieures.
NÉVROLOGIE
éclairés. Je n'ai pas à faire ici l'histoire des dégénérations nerveuses ; qu'il me suffise de dire que les fibres centripètes dégénèrent de la périphérie vers les centres, tandis que les fibres centrifuges dégénèrent des centres vers les extrémités. C'est là une question de trophicité sur laquelle nous reviendrons plus loin. On a donc pu se rendre ainsi compte de la direction et de la disposition des faisceaux de libres dans les cordons blancs de la moelle. Les études embryologiques sans lesquelles il n'est plus possible de faire aujourd'hui de l'analomie, sont venues compléter ces résultats en nous faisant voir les moments difl'érents de l'évolution de tel ou tel faisceau nerveux.
Je me bornerai à décrire les faits positifs en ne faisant qu'indiquer les faits douteux encore.
Les fibres des cordons de la moelle sont larges dans les cordons antérieurs et les faisceaux superficiels des cordons latéraux, j)lus minces au contraire dans les cordons postérieurs et les faisceaux profonds des cordons latéraux. Cette disposition n'est cependant pas absolue et l'on trouve en beaucoup d'endroits les fibres larges mélangées à des fibres minces et réciproquement.
1° Cordons antérieurs. — ■ Compris entre le sillon médian antérieur et le sillon collatéral antérieur, ils sont constitués par des faisceaux distincts, l'un le plus interne, qui limite latéralement le sillon médian et disparaît dans la région dorsale, est dit faisceau pyramidal du cordon antérieur, faisceau de Tûrck (fig. 252, 4). Il est formé par des fibres directes non entre-croisées dans le bulbe, qui descendent des pyramides antérieures de la moelle allongée et par l'intermédiaire de celle-ci de l'écorce cérébrale pour venir successivement s'entre-croiser dans la commissure antérieure et aller se perdre dans le faisceau pyramidal du cordon latéral du côté opposé. C'est là le faisceau psycho-moteur.
En dehors de ce faisceau et s'étendant jusqu'au sillon collatéral antérieur, les fibres nerveuses constituent le faisceau frincipal, faisceau radiculaire du cordon antérieur (fig. 252, 3) ; elles ne remontent pas directement jusqu'au cerveau et ne sont que des fibres des racines antérieures des nerfs ou surtout des anastomoses entre les cellules des différents noyaux des cornes antérieures, étagées les uns au-dessus des autres ; ce sont des commissures longitudinales dont la longueur variable dépend de la distance qui sépare ces noyaux les uns des autres.
2° Cordons latéraux. — Nous venons de dire que les fibres nerveuses du faisceau pyramidal du cordon antérieur, après s'être entre-croisées successivement dans la commissure antérieure, vont se perdre dans le cordon latéral ; elles y constituent un faisceau, faisceau pyramidal du cordon latéral, faisceau pyramidal croisé (fig. 252, 7), auquel s'adjoignent des fibres en grand nombre qui proviennent des pyramides antérieures dont elles constituent les faisceaux entre-croisés. (Voir plus loin : Entre-croisement des p)yramides). En réalité, toutes les fibres du faisceau pyramidal du cordon latéral proviennent de l'écorce cérébrale, mais les unes s'entre-croisent par faisceaux au bulbe, tandis que celles du cordon de Tûrck s'entre-croisent successivement de haut en bas dans la commissure blanche de la moelle. Le faisceau pyramidal du cordon latéral est situé superficiellement dans la partie supérieure de la moelle, plus bas il devient profond et est recouvert par un autre faisceau que nous allons étudier.
Il diminue de diamètre de haut en bas, mais s'étend jusqu'au cône terminal, parce que probablement les fibres qui le constituent vont s'amortir successivement dans les cellules des cornes antérieures auxquelles elles impriment l'excitation psycho-motrice.
CENTRES NERVEUX
" Dans le cordon latéral se trouvent des libres qui dégénèrent de bas en haut, libres de sensibilité par conséquent, dont les unes sont groupées en faisceau et dont les autres plus ou inoins isolées forment des fascicules plus grêles. Parmi toutes ces fibres, les unes remontent au cervelet par l interniédiaire des cellules de la colonne de Clarke, tandis que les autres vont directement au cerveau. Sur la surface externe du cordon latéral, depuis le sillon collatéral postérieur jusqu'au niveau d'une ligne transversale médiane de la moelle, se trouve un faisceau mince qui recouvre en dehors le faisceau pyramidal précédent; il apparaît dans la partie supérieure de la moelle lombaire, remonte en s'^largissant un peu jusqu'à la région cervicale : c'est le faisceau cérébelleux direct (fig. 232, 6) à dégénérescence ascendante. Au-devant de ce faisceau, toujours à la surface du cordon latéral et s'étendant jusqu'auprès de l'émergence des racines antérieures, existe un croissant de fibres nerveuses, à concavité interne, qui, par ses dégénérescences ascendantes, est relié à la sensibilité : c'est le faisceau de Gowers, il est formé par des fibres qui semblent aller des cellules de Clarke jusque dans les centres encéphaliques.
Dans la profondeur du cordon latéral, immédiatement en contact avec la concavité de la substance grise, se trouvent des libres, faisceau latéral mixte (fig. 252, 11), motrices émanées de la corne antérieure, sympathiques émanées de la corne latérale et allant rejoindre les racines antérieures et postérieures, et enfin, groupées surtout en arrière de ce faisceau nuxte, des libres sensitives qui, au lieu de se rendre au cervelet, vont directement au pédoncule cérébral et au faisceau de Meynert après s'être entre-croisées dans la partie supérieure du bulbe.
Tout ce qui reste du cordon latéral et qui Rï^^^^ Il ^-^^^i\.p occupe sa moitié antérieure, recouverte en ™^ ^ —
partie en dehors par le faisceau de Gowers, ^'S- -î>^- - Schéma d'une coupe de la
i 1 ■ • ' 1 1 « . , . moelle cervicale au niueau des racines de
est désigne sous le nom de faisceau antérieur la première paire rackidienne (*).
du cordon latéral, faisceau restant du cordon
latéral, faisceau radiculaire antérieur (fig. 232, 5) ; il se continue avec le bulbe et dégénère de haut en bas.
3° Cordons postérieurs. — Déjà nous avons dit que ces cordons se divisaient à l'œil nu dans la région supérieure de la moelle en cordon grêle ou de Goll, et en cordon cunéiforme ou de Burdach. Les cordons de Goll sont séparés l'un de l'autre par le sillon médian postérieur; ils atteignent en profondeur la commissure grise, tout au moins dans la région cervicale ; ils sont constitués par des fibres longitudinales longues qui unissent les uns aux autres des noyaux sensitifs situés à de grandes distances (fig. 232, 9).
Le faisceau de Burdach parait être formé par des fibres venues des racines postérieures allant se jeter dans les cellules des cornes postérieures, ou allant gagner les cellules des cornes antérieures (réflexes) par des fibres coinmissurales entre les groupes cellulaires des cornes postérieures; le trajet de ces fibres serait beaucoup moins long que celui des fibres du cordon de Goll. 11 s'y ajoute encore des fibres émanées des cellules de Clarke, qui vont soit directement au cerveau.
(•) a. Sillon médian antérieur. — p. Sillon médian postérieur. — 1) Cordon antéro-interne. — ï) Cordon antéro-latéral. — 3) Cordon postérieur. — x. Commissure blanche (fibres décussées). — ca. Corne antérieure. — RA. Racines antérieures. — CP. Cornes postérieures. — RP. Racines postérieures (Mathias Duval, Cours de physiologie).
Beaunis et Bouchard. 33
NÉVROLOGIE
soit, après s'être infléchies en arc, de manière à passer à travers la substance grise, dans le faisceau latéral mixte du côté opposé pour gagner ainsi les centres nerveux (flg. 252, 8).
Commissure blanche. — Située au fond du sillon médian antérieur où il est facile de la constater, elle établit un pont de substance blanche entre les deux moitiés latérales de la moelle.
Nous avons déjà dit que les fibres du faisceau de Tûrck venaient successivement de haut en bas s'entre-croiser dans cette commissure. Mais elle renferme en outre des fibres qui émanent d'une corne antérieure pour se rendre à celle du côté opposé et unissent ainsi les cellules des deux moitiés de la moelle.
Racines des nerfs rachidiens. — Outre tous les faisceaux que nous venons d'étudier, l'on trouve encore dans la substance blanche de la moelle des fibres qui, parties des cellules des cornes antérieures, se rendent aux nerfs moteurs et d'autres qui, venues de la périphérie par les nerfs sensitifs, vont aux cellules des cornes postérieures ou remontent directement au cerveau.
Racines antérieures. — Les fibres nerveuses qui émergent du sillon collatéral antérieur sont disposées en faisceaux isolés qui proviennent, les uns des cellules des cornes antérieures voisines, les autres de groupements cellulaires situés plus bas; ces dernières fibres parcourent donc un trajet ascendant plus ou moins long dans la moelle. Il en est d'autres qui proviennent de la corne latérale, fibres sympathiques, et qui vont s'unir aux fibres radiculaires antérieures pour émerger de la moelle avec celles-ci au niveau du sillon collatéral antérieur. L'on trouve enfin des fibres émanées de la corne postérieui'e dont les unes s'entre-croisent dans la commissure grise postérieure avec leurs homologues du côté opposé, dont les autres vont directement sans passer par cette commissure pour se rendre, les premières, comme les secondes, aux cellules des cornes antérieures.
Racines postérieures. — Elles sont formées non par des faisceaux isolés comme les racines antérieures, mais par des filets disposés en série linéaire le long du sillon collatéral postérieur. Mais avant d'émerger hors de la moelle, ces fibres radiculaires sont groupées en deux faisceaux; le faisceau interne longe le côté interne de la corne postérieure. Ces fibres ne proviennent pas directement des cellules situées au niveau de leur point d'émergence, elles proviennent de groupes cellulaires situés plus haut dans la moelle, parcourent d'abord un trajet descendant plus ou moins long (fibres du cordon postérieur) et viennent avant d'émerger par le sillon collatéral postérieur constituer un faisceau qui longe le côté interne de l'extrémité amincie de la corne postérieure. Ces fibres paraissent provenir les unes des cellules de Clarke et être ainsi par l'intermédiaire des faisceaux cérébelleux du cordon latéral en rapport avec le cervelet, les autres au contraire remonteraient directement jusque dans les centres encéphaliques. Le faisceau externe des racines postérieures est formé de fibres qui proviennent directement des cornes postérieures, elles traversent la substance gélatineuse de Rolando en décrivant un arc à concavité externe et sortent de la moelle pour se réunir au faisceau interne. Au milieu de ces fibres du cordon postérieur, on en trouve d'autres qui proviennent des cornes antérieures ou qui s'y rendent, d'autres qui paraissent être des fibres commissurales avec les groupes cellulaires du côté opposé et qui se croisent dans la commissure grise postérieure (fig. 250). Il est à remarquer (fig. 250) que la périphérie de la moelle est recouverte, sauf en avant, au niveau des faisceaux de Turck et d'une partie des faisceaux radiculaires des cordons antérieurs par une couche de fibres sensitives ai^partenant aux différents faisceaux des cordons pos-
CENTRES NERVEUX
lérieurs et des cordons latéraux ([ue nous venons de décrire. Les fibres motrices sont au contraire, sauf en avant, profondément situées et plus rapprochées du canal central.
§ II. — Bulbe rachidien
La partie de la moelle comprise entre l'extrémité inférieure de l entre-croisement des pyramides et le bord inférieur de la protubérance annulaire porte le nom de bulbe rachidien. Sa forme est celle d'un cône tronqué à sommet inférieur. 11 repose sur la gouttière basilaire, dont il imite la direction oblique de haut en bas et d'avant en arrière, et forme avec la moelle, qui est verticale, un angle obtus à sinus dirigé en avant. La longueur du bulbe est de 0™,03 et répond à l'espace compris entre la partie moyenne de l'apophyse odontoïde et la partie moyenne de la gouttière basilaire. On peut y considérer quatre faces : antérieure, latérales et postérieure, une base et un sommet.
Le sommet du bulbe se continue avec la moelle épinière par une partie qui, bien à tort, car elle n'est pas rétrécie, a pris le nom de collet du bulbe.
La base est nettement limitée en avant et se continue au-dessous du bord inférieur de la protubérance dont elle est séparée par un sillon semi-circulaire; en arrière, elle se confond avec la face postérieure de la protubérance et fait, comme elle, partie du plancher du quatrième ventricule.
La face antérieure du bulbe nous offre à considérer d'abord un sillon médian antérieur, continuation de celui de la moelle épinière. 11 est peu profond dans le tiers inférieur du bulbe, reprend sa dimension primitive dans ses deux tiers supérieurs et se termine au niveau du bord inférieur de la protubérance par une petite fossette profonde, trou borgne de Vicq-d'Azyr. On voit quelquefois un groupe de fibres arciformes recouvrir la partie supérieure du sillon médian antérieur. On a donné le nom de ponticule à cette disposition inconstante. Sur les côtés de ce sillon se trouvent deux cordons blancs, pyramides antérieures, qui semblent continuer les cordons antérieurs de la moelle ; ils sont un peu renflés en haut et entre-croisés en bas sur la ligne médiane. Cet entre-croisement ou décussation, sur lequel nous reviendrons en nous occupant de la structure du bulbe, se fait par le passage de faisceaux de fibres d'un côté à la pyramide du côté opposé. C'est à cette décussation, qui répond au tiers inférieur du bulbe, qu'est due la moindre profondeur du sillon médian à ce niveau. Les fibres nerveuses qui la constituent loin d'appartenir aux pyramides antérieures se prolongent en bas avec le faisceau pyramidal croisé du cordon latéral de la moelle. On a décrit chaque pyramide comme ayant la forme d'un prisme triangulaire à face interne plane, en rapport avec le sillon médian, à face externe en rapport avec la face interne des olives, et à face antérieure, périphérique, convexe. Entre chaque pyramide et le bord inférieur de la protubérance se voit l'origine apparente du nerf oculo-inoteur externe.
Faces latérales. — La face latérale du bulbe comprend les parties situées entre les pyramides et la ligne d'émergence des nerfs glosso-pharyngien et pneumogastrique, ligne qui continue le sillon collatéral postérieur de la moelle en formant le sillon latéral du bulbe, qui par suite de la formation du sinus du quatrième ventricule se reporte en dehors jusqu'à la partie postérieure du bord externe de la protubérance où il disparait.
Immédiatement en dehors des pyramides antérieures existent, dans la moitié supérieure du bulbe, deux éminences ovalaires à grand axe longitudinal, dont la forme est nettement délimitée : ce sont les olives ou corps olivaires. Leur extrémité
NÉVROLOGIE
inférieure est recouverte quelquefois par des fibres curvilignes transversales, fibres arciformes. Au-dessus de leur extrémité supérieure, au contraire, se voit toujours un enfoncement, une dépression, fossette sus-olivaire , qui la sépare du bord inférieur de la protubérance. En dedans, les olives sont séparées des pyramides par un sillon, sillon préolivaire, dans lequel se trouvent les racines du nerf grand hypoglosse. Au-dessous des éminences olivaires et un peu en arrière d'elles, l'on voit une tache grise qui a pris le nom de tubercule cendré de Rolando, et qui n'est que l'extrémité de la tête de la corne postérieure vue par transparence à travers quelques fibres blanches qui la recouvrent. Ces fibres forment un petit cordon, mal délimité, qui naît à la partie inférieure du bulbe et va se joindre au corps restiforme.
Entre les olives et le sillon latéral du bulbe on trouve un cordon blanc ne mesurant à la périphérie guère plus de 0^,001 de largeur : c'est le faisceau intermédiaire du bulbe, qui continue une partie des fibres du cordon latéral de la moelle. A sa partie supérieure, ce faisceau est séparé du bord inférieur de la protubérance par une fossette, fossette latérale du bulbe, confondue en avant avec la fossette sus-olivaire dans laquelle se trouve l'émergence des nerfs facial et auditif.
Les fibres arciformes, curvilignes, à concavité supérieure, qui existent au-dessous des olives, sont très variables dans leur groupement et leur nombre, suivant les sujets ; tantôt elles forment un groupe unique qui entoure l'extrémité inférieure des corps olivaires et des pyramides ; tantôt, au contraire, elles sont disposées en deux groupes- recouvrant les extrémités supérieure et inférieure de ces deux saillies (ponticule). Dans ces deux cas, on les voit arriver jusqu'au sillon médian.
La face postérieure du bulbe, comprise entre le sillon latéral et le sillon médian postérieur, est arrondie dans son tiers inférieur et aplatie dans ses deux tiers supérieurs. Les cordons qui la forment sont, comme dans la moelle, au nombre de deux pour chaque côté: l'un, cordon postérieur, cordon cunéiforme, faisceau de Burdach de la moelle, l'autre, cordon de Goll. Dans le tiers inférieur du bulbe, ces quatre cordons sont réunis et séparés sur la ligne médiane par le prolongement du sillon médian postérieur: le bulbe est alors arrondi comme la moelle. Dans les deux tiers supérieurs, au contraire, les deux cordons d'un côté s'écartent angulairement des deux cordons du côté opposé et laissent à nu la substance grise centrale du bulbe. Cet écartement présente l'aspect d'une excavation triangulaire de couleur grise, qui fait partie du plancher du quatrième ventricule. L'angle aigu à sommet inférieur que forment les cordons médullaires en s'écartant, a pris le nom de bec du calamus scriptorius, et sera décrit avec le quatrième ventricule. C'est au niveau de ce point que s'arrête le sillon médian postérieur.
Le cordon principal de la face postérieure du bulbe n'est autre que le cordon postérieur de la moelle. A partir du point où ces cordons s'écartent, c'est-à-dire au niveau du bec du calamus, il prend le nom de corps restiforme. Il se porte alors en haut, en dehors et en avant et parait être formé par deux faisceaux : l'un qui vient du cervelet et constitue en partie le pédoncule cérébelleux inférieur, l'autre qui remonte vers le cerveau par le plancher du quatrième ventricule. Les corps restiformes sont formés par les fibres des cordons postérieurs, des cordons de Rolando, auxquelles s'adjoignent des fibres des cordons latéraux, comme nous le verrons tout à l'heure. Le cordon de Goll s'écarte de son congénère au niveau du bec du calamus, se renfle alors en une saillie mamelonnée, pyramide postérieure, clava, et va se perdre dans les corps restiformes correspondants.
Structure et texture. — Le bulbe est constitué, de même que la moelle, par des fibres nerveuses et des cellules nerveuses contenues dans une gangue de névroglie. Les
CENTRES NERVEUX
parties blanches sont formées exclusivement de libres ; les parties grises, de cellules et de fibres sans myéline. Les cellules forment des noyaux de nerfs semblables à ceux de la moelle, mais mieux isolés ; elles émettent aussi des prolongements, qui les unissent aux cellules du même noyau, aux cellules des noyaux voisins, aux cellules des noyaux homologues du côté opposé, aux nerfs dont elles forment les parties élémentaires, et enfin à l'encéphale. Mais dans le bulbe le groupement de ces noyaux diffère de celui que nous avons décrit dans la moelle. Pour s'en rendre compte, il faut étudier la disposition du canal central épendymaire. Dans la moelle, ce canal occupe la partie centrale de l'organe ; à la partie inférieure du bulbe, il se porte un peu en arrière et bientôt, au niveau du calamus, il s'élargit par l'écartement en dehors des pyramides postérieures et des cordons de Goll de manière à constituer le quatrième ventricule. Les cornes postérieures de la substance grise se sont donc également écartées et sont venues se placer non plus en arrière des cordons antérieurs, mais en dehors d'eux. Il en résulte que les noyaux cellulaires de ces cornes ne se trouvent plus en arrière, mais en dehors des noyaux des cornes antérieures. Dans la moelle, la substance grise entourait le canal central comme un anneau ; dans le bulbe, au contraire, la commissure grise a disparu, et la substance grise forme une lame étalée au-devant du quatrième ventricule, dont elle constitue en partie le plancher. Dans la moelle épinière, les cornes grises antérieures situées en arrière des cordons antérieurs, n'étaient recouvertes que par une assez mince couche de fibres blanches ; dans le bulbe, ces cornes ont suivi le mouvement du canal central et sont restées sur le plancher du quatrième ventricule ; les cordons antérieurs sont devenus plus épais et renferment une grande quantité de fibres entrecroisées sur la ligne médiane, dans la commissure blanche considérablement augmentée. Cette commissure prend le nom se.ptum médian ou rap/ié de Stilling sur lequel nous allons revenir.
Les cordons antérieurs de la moelle, arrivés au niveau du collet du bulbe, semblent se diviser en plusieurs faisceaux qui paraissent s'entre-croiser, sur la ligne médiane, avec ceux du côté opposé à la façon des doigts des deux mains entre-croisées. En raison de cette décussalioa des pyramides, l'on admettait que les fibres des cordons antérieurs du côté droit de la moelle remontaient vers l'encéphale par le côté gauche du bulbe et réciproquement. C'est Mistichelli qui, le premier, décrivit cette disposition. Le siège de cet entre-croisement se trouve à environ 0™,02 au-dessous du bord inférieur de la protubérance et mesure à peu près 0™,008 de longueur.
Les cornes postérieures déjetées en dehors sont en rapport, en dedans, avec deux nouveaux groupes cellulaires qui sont venus s'y surajouter, ce sont le noyau du cordon cunéiforme, noyau du corps resti forme (fig. 258, NR), et plus en dedans encore le noyau du cordon de Goll, noyau du cordon grêle (fig. 257, NP); il existe donc dans la partie inférieure du bulbe trois colonnes grises postérieures, dont la corne postérieure est la plus externe, qui ne sont pas en continuité avec le pédoncule cérébelleux inférieur.
Dans la partie supérieure du bulbe, alors que le sinus du quatrième ventricule est étalé par suite de l'écartement angulaire des cordons postérieurs, les fibres du faisceau pyramidal croisé du cordon latéi-al, qui vont s'entre-croiser dans la décussation des pyramides, sont obligées de traverser la partie rétrécie, située entre la tête des cornes antérieures et leur base. La corne antérieure qui ne fait plus qu'un avec la corne latérale forme deux groupes cellulaires séparés : l'un interne, base de la corne antérieure, reste auprès de la ligne médiane et constitue la partie la plus interne de la substance grise du plancher du ventricule, tandis que les parties grises les plus externes sont formées par les noyaux gris des cornes postérieures, du cordon de Goll et du cordon cunéiforme (fig. 257 et 258;. La têle de la corne antérieure disparaît bientôt et n'existe déjà plus audessus de la décussation des pyramides.
Voyons maintenant ce que sont devenus les différents cordons blancs de la moelle et commençons parles cordons antérieurs (fig. 255 et 25G).
Les fibres à\x faisceau pyramidal direct, Avl faisceau de Turck, s'étant entre-croisées successivement dans la commissure blanche de la moelle, ne prennent donc plus part à la décussation des pyramides formée par le faisceau pyramidal croisé du faisceau latéral,
ào
NÉVROLOGIE
elles remontent vers l'encéphale avec celles de ce dernier faisceau et constituent ainsi les pyramides antérieures qui dans le bulbe remplacent les cordons antérieurs de la moelle (fig. 255, 2).
Le faisceau principal, faisceau radiculaire antérieur, reste du cordon antérieur de la moelle, constitué en grande partie par des fibres commissurales entre les différents groupes cellulaires étagés de haut en bas, remonte parallèlement à celui du côté opposé. Arrivé au bulbe, ce faisceau s'écarte de son congénère du côté opposé, se porte en dehors et en arrière, puis se rapproche de nouveau de la ligne médiane, sans s'entrecroiser avec celui du côté opposé, et forme ainsi avec ce dei'flier une boucle, à travers laquelle passent les fibres du faisceau pyramidal croisé unies à des fibres sensitives du cordon latéral (fig. 255 et 256, 1).
Dans le cordon latéral nous avons trouvé le faisceau pyramidal croisé que nous venons de voir former la décussation des pyramides. Ce faisceau est accompagné par des fibres sensitives qui proviennent des cordons cunéiformes des cornes postérieures, et qui passant entre les pyramides et la substance grise centrale vont plus haut que les pyramides antérieures s'entre-croiser sur la ligne médiane avec celles du côté opposé, en formant
ainsi la décussation supérieure ou sensilive. Après un trajet ascendant vertical, ces fibres se portent d'abord en dehors ainsi que toutes les parties émanées des cornes postérieures, puis elles se recourbent en dedans, s'entrecroisent en formant ainsi la partie la plus considérable du raphé médian ; elles constituent les fibres arciformes sur lesquelles nous allons revenir.
Le faisceau cérébelleux direct et le faisceau de Gowers remontent dans le bulbe sans entre-croisement avec ceux du côté opposé (fig. 254). Les fibres du premier se joignent au corps restiforme et vont au vermis supérieur, ^fe2L'^isemèlT\t directement, soit indirectement cordons dans le bulbe par le ruban de Reil, et à la valvule de {vue latérale) (**}. Vieussenj après s'être entre-croisées avec celles du côté opposé. Les fibres du faisceau cérébelleux direct provenant, ainsi que nous l'avons dit, des cellules étagées de la colonne de Clarke éiabliraient entre celles-ci et les cellules cérébelleuses du vermis une série de longues anastomoses. Les fibres du faisceau de Gowers remontent dans la protubérance et vont constituer la partie externe du ruban de Reil.
Le cordon postérieur de la moelle est, nous l'avons vu, formé par deux faisceaux, faisceau de Goll et faisceau de Burdach ; voyons ce qu'ils deviennent dans le bulbe.
Les fibres du faisceau de Goll remontent sans s'entre-croiser et semblent aboutir aux cellules du noyau du cordon grêle correspondant. Celles du faisceau de Burdach, faisceau cunéiforme, qui, ainsi que nous l'avons dit, viennent d'origines diverses (racines postérieures, cellules de Clarke, fibres commissurales longitudinales entre les noyaux sensitifs étagés), vont les unes aux fibres sensitives du faisceau latéral mixte pour aller s'entre-croiser sur la ligne médiane et pénétrer dans l'étage moyen de la pyramide du côté opposé. Les fibres commissurales et radiculaires du faisceau de Burdach vont aux cellules des noj'aux restif ormes et de Goll d'où partent, comme nous le verrons, d'autres fibres qui après un trajet à travers la protubérance vont former une partie du ruban de
Fig. 235. — Schéma de l'entrecroisement des cordons dans le bulbe {vue d'avant en arrière) {*).
(') 1) Faisceaux pyramidaux croisés qui forment une boutonnière. — 2) Faisceau pyramidal direct (rouge). — 3) Cordon latéral avec : — 4) Son faisceau direct (jaune). — 5) Cordon postérieur (bleu).
(") 1) Cordons antérieurs. — 2) Cordo)is latéraux. — 3) Cordons postérieurs. — 4) Olive bulbaire. - 5) Traînée noire représentant les cellules du locus niger.
CENTRES NERVEUX
Reil. L'ensemble relativement considérable des fibres du cordon de Burdach qui vont rejoindre les fibres du faisceau latéral mixte coupe les cornes postérieures au niveau de la partie rétrécie qui unit la tète de ces cornes à leur base et les divise en tête et en base (flg. 2ô7, 3), comme nous l'avons vu faire pour les cornes antérieures parles cordons pyramidaux croisés. Par suite de l'écartement des cordons postérieurs et de la formation du quatrième ventricule les noyaux de la base des cornes postérieures, d'abord situés en arrière de la base des cornes antérieures déjà décapitées, se portent en dehors de ceux-ci, tandis que les noyaux de la tète sont déjetés tout à fait en dehors (flg. 259 et 2G0). Il en advient que sur le plancher du quatrième ventricule, ainsi que nous allons le dire tout à l'heure, on trouve près de la ligne médiane une première colonne motrice, base des cornes antérieures, une colonne plus extérieure, colonne sensitive, base des cornes postérieures, et plus en dehors encore une autre colonne sensitive, tète des cornes postérieures, tandis que la tète des cornes antérieui'es située d'abord plus en avant et moins déjetée en dehors disparait progressivement. Nous reviendrons plus loin sur cette question en étudiant le plancher du quatrième ventricule et les origines des nerfs qui en proviennent.
Éléments nouveaux qui se trouvent dans le bulbe. — Outre les noyaux cellulaires et les fibres des cordons blancs qui proviennent de la moelle et passent par le bulbe, éléments
Fig. 257. — Coupe de la partie inférieure du Fig. 258. — Coupe du bulbe au niveau de la partie bulbe rachidien au niveau de l'entre-croisement supérieure de V entre-croisement des pyramides
des pyramides (*). {partie sensitive) (**).
que nous venons d'étudier, on trouve dans la moelle allongée des parties nouvelles : noyaux gris et fibres nerveuses. Des noyaux gris déjà nous connaissons le noyau du cordon de Goll qui se retrouve dans toute la moitié supérieure de la pyramide postérieure (fig. 268, NP), d'où le nom de noyau post-pyramidal qu'on lui a donné. Le noyau resti forme (fig. 258, N R) parait s'étendre dans toute la longueur des corps restiformes et gagne ainsi le cervelet. Ces deux noyaux ne sont probablement que des émanations cellulaires des cornes postérieures.
Il n'en est pas de même des olives bulbaires et des noyaux juxia-olivaires interne et externe qui sont des centres bulbaires nouveaux (fig. 259, 01, R, T). Nous allons les décrire.
Dans le bulbe se voient en outre deux séries de fibres dites arciformes : les unes, antérieures ou supérieures, constituent \e ponticule que nous avons vu; les autres, postérieures
(*) 1, 2, 3) Cordons antt'ro-interne, antéro-latéral et postérieur. — CA.RA. Cornes et racines antérieures. — CP, RP. Cornes et racines postérieures. — R',A'. Segment central de la corne antérieure dont la tète (GA) a été détachée. — a, entre-croisement des cordons latéraux allant former les pyramides (FF'). — NF. Noyau des pyramides postérieures. — a et p, sillons médians antérieur et postérieur (Mathias Duval).
(") a et p. Sillons médians antérieur et postérieur. — CA. Tète de la corne antérieure. — C'A'. Base de la corne antérieure (noyau de l'hypoglosse); H. Fibres radiculaires de l'hypoglosse. — 1, 2, 3) Cordons antérointerne, antéro-latéral et postérieur (ceux-ci presque disparus par le fait de la décussation précédente et postérieure). — x,x. Fibres venant des cordons postérieurs et s'entre-croisant en x. — PP'. Pyramides (partie motrice constituée par la décussation précédente). — NR. Noyau des corps restiformes. — NP, Noyau de Goll Mathias Duval).
NÉVROLOGIE
ou inférieures, sont en rapport avec les fibres de l'auditif. Les unes sont externes, superficielles, les autres profondes ou internes. Ainsi que nous l'avons dit plus haut, elles se portent en dedans, s'entre-croisent sur la ligne médiane de manière à constituer la dccvs-
Fig. 259, — Schéma d'une, coupe de la partie moyenne du bulbe rachidien
sation sensitive oa supérieure. Elles s'entre-croisent d'abord dans leur trajet recourbé avec des fibres longitudinales ascendantes venues des faisceaux principaux des cordons antérieurs et des cordons latéraux.
F\g. 260. — Schéma d'une coupe, au niveau de la ligne de jonction du bulbe et de la protubérance (*').
De cet enchevêtrement des fibres ascendantes et des fibres curvilignes naît une formation d'apparence réticulée, substance réticulée des parties externes du bulbe, qui prolonge la décussation sensitive ou supérieure et peut être suivie à travers la protubérance jusqu'au pédoncule cérébral. Ces fibres arciformes proviennent des faisceaux
(*) P. P. Pyramides. — C. C. Plancher du 4' ventricule. — H. Fibres radiculaires du nerf grand hypoglosse. — NH. Noyau classique du grand hypoglosse. — N'.H' Noyau accessoire (moteur) des nerfs mixtes. — PN. Noyau sensitif des nerfs mixtes (glosso-pharyngion, pneumogastrique, spinal). — NR. Noyau des corps restiformes. — CP. Substance gélatineuse de Rolando (tète de la corne postérieure). — T. Racine ascendante du trijumeau. — M. Fibres radiculaires du nerf pneumogastrique. — 01. Lame grise olivaire. — R. Noyau Juxta-olivaire interne. — T. Noyau juxta-olivaire externe. — xx. Raphé (Matliias Duval).
(**) P. P. Pyramides. — Pr. Pr. Fibres transversales de la protubérance (entre les couches diverses de ces fibres sont irréguUèrement stratifiés des amas de substance grise). — ME, ME. Racines du nerf moteur externe. — M. Noyau commun du moteur oculaire externe et du facial. — FT. Fasciculns teres (portion verticale de l'anse du facial). — FI. Noyau inférieur du facial (dans lequel prennent naissance les fibres radiculaires qui vont former le fasciculus teres) ; CP. Substance gélatineuse de Rolando (tèle de la corne postérieure). — T. Racine ascendante du trijumeau. — AC. Substance grise du plancher du 4' ventricule (noyau de l'acoustique). — A'C Tronc du nerf acoustique. — e. Sa racine externe. — i. Sa racine interne. — CR. Corps restiforme (Matliias Duval).
CENTRES NERVEUX
cunéiformes des cordons postérieurs, s'infléchissent après avoir traversé la substance réticulée et remontent vers le haut en formant la couche interulivaire de Flechsig. Il est en outre des fibres arciformes, nées dans les noyaux gris du plancher du quatrième ventricule, qui prennent part à la formation réticulée. Cette dernière est en outre traversée par les fibres radiculaires de l'hypoglosse.
Dans la substance du bulbe se trouvent encore les racines des différents nerfs qui émanent de ses noyaux. Nous les étudierons plus loin.
L'o/ireest une masse ellipsoïde formée d'une couche blanche défibres nerveuses, entourant une lame de substance jaunâtre, plissée sur elle-même, qui présente une forme irrégulièrement ovcide, à grand axe dirigé en dedans et en arrière et ouverte à son extrémité interne. C'est le corps dentelé ou rhornboïdal de l'olive. On l'a comparé à une bourse dont l'ouverture regarderait en dedans et en arrière. L'intérieur de ce noyau ou corps dentelé est formé par de la substance blanche. La lame jaunâtre plissée est constituée par une grande quantité de petites cellules multipolaires. Les fibres qui partent de ces cellules ont des direclions fort variées: les unes sont transversales, passent à travers le raphé et font communiquer les deux olives ; d'autres remontent vers le cerveau, d'autres enfin vont aboutir au noyau du nerf hypoglosse et peut-être à celui du facial. Ces dernières ont été décrites par Lenhossek sous le nom de pédoncule des olives. On trouve aussi dans le corps dentelé des fibres qui le traversent sans contracter aucune connexion avec ses cellules.
Corps restiformes. — On a désigné sous des noms différents, pédoncules cérébelleux inférieurs, corps restiformes, une seule et même masse blanche qui réunit le cervelet au bulbe. Les fibres de cette colonne nerveuse vont toutes vers la ligne médiane en décrivant une courbe à concavité supéro-interne. d'où le nom de fibres arciformes qui leur a été donné. Parmi ces fibres en arc il en est qui cheminent
à la superficie du bulbe pour atteindre sa ligne médiane, ce sont les fibres arciformes externes ou superficielles ; les autres au contraire cheminent profondément, d'où elles sont dites fibres arciformes internes ou profondes.
Les premières, les superficielles, proviennent de la couche la plus extérieure du corps restiforme, elles entourent l'olive, contournent la pyramide antérieure et viennent gagner le sillon médian antérieur. Là elles pénètrent dans la profondeur du bulbe et vont s'entre-croiser sur la ligne médiane avec leurs homologues du côté opposé. D'autres pénètrent par le sillon qui sépare l'olive de la pyramide et parcourent le même trajet. Les fibres arciformes superficielles les plus élevées contournent la base des pyramides tout près de la protubérance en formant, quand elles sont réunies en un faisceau, le ponticule que déjà nous avons signalé. Toutes ces fibres arciformes superficielles constituent la couche la plus extérieure, le stratum zonale du bulbe.
Les fibres arciformes profondes sont formées en partie par ces fibres sensitives qui, nous l'avons déjà dit, émanent des cordons cunéiformes, accompagnent le cordon pyramidal croisé du cordon latéral et vont s'entre-croiser au-dessus de la décussation des
Fi,
261. — Coupe transversale antéro-posli'rieure d'une moitié du bulbe, au niveau de lu partie moyenne des olives (").
(*) 1) Raphé médian. — 2) Pyramide. — 3) Corps dentelé de l'olive. — 4) Corps restiforme. — b) Noyau de riiypoglosse. — 6) Noyau du nerf vague. — 7) Racines intra-bulbaires de ce nerf. — 8, 8) Tronc du pneumogastrique. — 9) Tronc de l'hypoglosse. — 10) Fibres transversales unies au noyau du nerf pneumogastrique. — 11) Fibres commissurales entre les noyaux des nerfs homologues des deux côtés. Elles vont au raphé et s'entre-croisent. — 12) Fibres allant du corps dentelé au noyau de l'hypoglosse. — D'après Schrœder van der Kolk.
NÉVROLOGIE
pyramides. A mesure qu'on remonte sur le plancher du quatrième ventricule cet entrecroisement augmente de volume et c'est à lui qu'est due en grande partie la formation du raphé. Mais outre ces fibres arciformes et en dissociant les faisceaux on en voit monter longitudinalement qui les coupent à angles variés, il en résulte la formation d'une substance réticulée, prolongement de la décussation postérieure entre les mailles de laquelle on rencontre toujours des cellules nerveuses. Toutes les fibres arciformes profondes vont comme les précédentes s'entre-croiser sur la ligne médiane après avoir traversé les noyaux olivâtres et Juxta-olivaires, et aboutir enfin plus loin, très probablement tout au moins, aux cellules des noyaux du cordon de GoU et à celles du cordon cunéiforme. Ajoutons pour compléter cette étude, un petit faisceau blanc qui va en augmentant de volume depuis la région supérieure de la moelle cervicale où il naît jusqu'au delà des noyaux du glosso-pharyngien et du pneumogastrique, où il disparaît; on lui a donné le nom de faisceau respiratoire . Quant aux noyaux des nerfs bulbaires nous les décrirons plus loin avec le plancher du quatrième ventricule.
Sur le côté interne et antérieur de l'olive se voit un petit noyau analogue et de même forme, noyau de Stillinr/, noyau juxta-olivaire interne; en arrière et un peu en dehors s'en trouve un second, noyau juxta-olivaire externe. Stilling les avait rattachés aux pyramides antérieures et les considérait comme leur noyau, d'où le nom noyau pyramidal qu'il lui donnait ; il semble démontré aujourd'hui que ces deux noyaux ne sont que des dépendances de l'olive.
Vaisseaux du bulbe. — Duret a fort bien étudié les artérioles qui vont au bulbe ; il les divise en : 1° artèi-es radiculaires, destinées aux racines nerveuses; elles se bifurquent en deux ramuscules dont l'un accompagne la racine nerveuse vers la périphérie, dont l'autre remonte dans le bulbe vers les noyaux d'origine du nerf qu'elle accompagne ; 2° artères médianes, ou des noyaux des nerfs, qui proviennent : les unes de la spinale antérieure et vont aux noyaux du spinal, de l'hypoglosse et du facial inférieur ; d'autres dites sous-protubérantielles vont aux noyaux du pneumogastrique, du glosso-pharyngien et de l'auditif ; d'autres enfin passent au travers des fibres de la protubérance, pour gagner le noyau du facial supérieur, des oculo-moteurs commun et externe et du pathétique ; ;!» artères des autres parties du bulbe : celles qui viennent de la vertébrale et des spinales antérieures vont à la pyramide et à l'olive ; celles qui viennent de la cérébelleuse inférieure vont aux faisceaux latéral et intermédiaire, au corps restiforme, à la face inférieure du bulbe, au lobule médian, à la valvule de Vieussens, à la face postérieure du lobe latéral du cervelet et à la toile choroïdienne.
ARTICLE II. - ENCÉPHALE § I. — Isthme de l'encéphale
Entre la moelle épinière et le cerveau d'une part, entre le cervelet et le cerveau d'autre part, se trouvent des parties blanches et grises qui établissent l'union de ces différents centres entre eux. C'est à ces parties que Ton a donné le nom d'isthme de Vencéphale. L'isthme de l'encéphale se compose de différentes parties disposées en deux plans, l'un supérieur, l'autre inférieur, séparés par un sillon, sillon latéral de l'isthme. La protubérance annulaire, les pédoncules cérébelleux moyens et les pédoncules cérébraux appartiennent au plan inférieur, tandis que les pédoncules cérébelleux supérieurs, la valvule de Vieussens, le ruban de Reil et les tubercules quadrijumeaux forment le plan supérieur.
1° Protubérance annulaire et pédoncules cérébelleux moyens
La protubérance annulaire, pont de Varole, mésocéphale de Chaussier, est une masse quadrilatère qui se développe aussi aux dépens du cerveau postérieur primitif, mais dans la portion antérieure de la lame ventrale de celui-ci. Blanche à
CENTRES NERVEUX
la périphérie, elle forme une saillie considérable située entre les pédoncules cérébraux et le bulbe. On peut y décrire deux faces, antérieure et postérieure, et quatre bords épais, supérieur, inférieur et latéraux.
La face antérieure est convexe et repose sur la gouttière basilaire, sur le clivus. Elle présente sur la ligne médiane un si//on basilaire déprimé dans lecjuel est placé le tronc basilaire. Des deux côtés de ce sillon se voit une saillie longitudinale, et plus en dehors l'origine apparente des nerfs trijumeaux (fig. 263, T). Le point d'émergence de ce tronc nerveux est plus rapproché du bord antérieur que du bord postérieur.
La face postérieure fait partie du plancher du quatrième ventricule et se continue sans ligne de démarcation avec la même face du bulbe. On y voit également un sillon médian peu accusé et deux saillies latérales.
Le bord supérieur est épais et entoure l'origine des pédoncules cérébraux, dont, en raison même de l'épaisseur de ce bord, la protubérance est séparée par un sillon profond, qui répond dans sa partie moyenne à l'espace interpédonculaire.
Le bord postérieur, épais aussi, est séparé du bulbe par un sillon analogue au précédent.
Les bords latéraux sont fictifs. On les fait passer au niveau d'une ligne anléro-postérieure, qui couperait la protubérance immédiatement en dehors de l'origine des nerfs trijumeaux.
On donne le nom de pédoncules cérébelleux moyens à la partie blanche située en dehors de la ligne fictive limitant latéralement la protubérance. Les fibres blanches qui les forment vont aboutir de chaque côté dans les hémisphères cérébelleux ; ils sont dirigés en dehors, en haut et en arrière ; le lobule du pneumogastrique et le nerf auditif répondent à leur bord inférieur. Gomme nous allons le voir, les pédoncules cérébelleux moyens font partie de la protubérance, dont ils constituent surtout la couche superficielle.
Structure et texture de la protubérance (fig. 262 et 263). — La protubérance comprend, dans son épnisseur, des fibres nerveuses transversales et tongitudinales, ainsi
(*) P. P. Pyramides. — Pc. Fibres transversales de la protubérance ; entre les couches diverses de ces fibres sont irrégulièrement stratifiés des amas de substance grise. — ME. Racines du nerf moteur externe. — M. Nojau commun du moteur oculaire externe et du facial. — FT. Partie supérieure du fasciculus teres, se recourbant en dehors, puis en avant, pour former le facial (qui se dirige vers son lieu d'émergence EF'), et recevant encore quelques fibres radiculaires du noyau (FI). — OS. Olive supérieure. — A'C Noyau de l'acoustique (Mathias Duval).
NÉVROLOGIE
qu'un grand nombre de cellules nerveuses. Ces dernières n'y sont pas réunies en noyaux bien distincts, mais éparpillées entre les différentes couches de fibres.
Le pont de Varole présente d'abord une couche de fibres transversales entre-croisées sur la ligne médiane, rnphé, qui forment son écorce et qui appartiennent aux pédoncules cérébelleux moyens. Ces fibres décrivent toutes des arcs de cercle à concavité postérieure ; les plus antérieures sont plus incurvées que les postérieures et les moyennes ; une partie d'entre elles se portent de haut en bas, en décrivant une courbe à concavité interne, et recouvrent les fibres postérieures. Elles semblent passer au-dessous du bord inférieur de la protubérance.
Au-dessous, c'est-à-dire plus profondément que cette couche de fibres transversales se trouvent des fibres longitudinales,' continuation des pyramides antérieures, puis de nouvelles couches de fibres transversales et de fibres longitudinales, stratifiées ainsi en deux ou trois plans. Enfin, dans la profondeur se voit un nouveau faisceau de fibres longitudinales, correspondant à la saillie qui se trouve sur les côtés latéraux du sillon médian de la face postérieure de la protubérance. De l'entre-croisement de ces fibres transversales et longitudinales naît comme dans le bulbe une formation réticulée continue en arrière, ou en bas avec la formation réticulaire bulbaire.
Fig. 263. — Schéma d'une coupe de la nrotubérance au niveau de l'émergence de la cinquième paire
(iV. trijumeau) (*).
Les cellules nerveuses de la protubérance sont accumulées entre toutes ces couches de fibres stratifiées, transversales et longitudinales. Elles sont disséminées et quoique non réunies en un groupe distinct on a donné à leur ensemble le nom de noyau de la protubérance. Il existe en outre sur les côtés de la protubérance qui avoisinent latéralement la moelle allongée un noyau cellulaire qui a pris le nom d'olive supérieure.
Les fibres transversales du pont de Varole n'appartiennent pas toutes aux pédoncules cérébelleux moyens ; un grand nombre d'entre elles servent à l'union des amas cellulaires d'un côté de la protubérance avecleurs homologues du côté opposé ; d'autres encoi-e sont peut-être dues à l'entre-croisement sur la ligne médiane de fibres descendues du cerveau et destinées aux cellules de ces noyaux protubérantiels.
2" Pédoncules cérébelleux supérieurs et valvule de Vieussens
Les pédoncules cérébelleux supérieurs, processus cerebelii ad testes, sont deux cordons blancs, étendus du centre du corps rhomboïdal du cervelet jusque dans les couches optiques. Ils sont arrondis et aplatis de haut en bas. Leur face supérieure
(*) p. P. Pyramides. — Pr. Fibres transversales de la protubérance avec stratification de substance grise. — TT. Substance grise du plancher du 4« ventricule {locus cœruleus). — CP. Substance gélatineuse de Rolando. — T. Racines ascendanles du trijumeau, se recourbant pour émerger de la protubérance (grosse racine ou racine sensitive du trijumeau). — MA. Noyau moteur du trijumeau (nerf masticateur). — T'. La 5« paire à sou émergence (Matliias Duval).
CENTRES NERVEUX
est libre en arrière eL recouverte en avant par les fibres ascendantes du ruban de Reil et par quelques fibres sensitives qui prolongent le faisceau céréoelleux direct de la moelle pour aller s'entre-croiser, ainsi qaae nous l'avons dit, dans la valvule de Vieussens. Leur face inférieure forme en partie la paroi supérieure du quatrième
Fig. 264. — Schéma des connexions du cervelet {').
ventricule. Leur hord interne donne insertion à la valvule de Vieussens. Leur hord externe forme le bord externe du plan supérieur de l'isthme et est en connexion à ce niveau avec la protubérance.
Texture des pédoncules cérébelleux supérieurs. — Chaque pédoncule est formé de fibres nerveuses émanées du centre du cervelet ; ces fibres se groupent de ma-
a. Substance p;rise corticale des hémisphères. — b. Pédoncules cérébelleux supérieurs ; en bleu. — c. Cervelet. — d. Voies centrifuges du cervelet vers la moelle (corps restiforme) ; en rouge. — e. Substance grise de la moelle (cornes antérieures). — f. Fibres motrices périphériques (racines spinales antérieures). — g. Voies centripètes (sensitives) de la moelle au cervelet, cordon grêle et cordon cunéiforme; en bleu. — h. Substance grise de la moelle (corne postérieure). — i. Fibres sensitives périphériques (racines spinales postérieures). — k. Masse générale des ganglions de la base de l'encéphale. — l. Pédoncule; en vert. — m. Fibres du pédoncule cérébral se rendant au cervelet par le pédoncule cérébelleux moyen ; en vert (Huguenin).
nière à loi iiier un faisceau unique, dirigé un peu obliquement d'arrière en avant et de dehors en dedans. Les deux masses fibreuses se rencontrent bientôt en interceptant entre elles un espace triangulaire à sommet arrondi dirigé en avant. Cet espace est occupé par la valvule de Vieussens. Après s'être ainsi rencontrées, les fibres pédonculaires s'entre-croisent, gagnent le côté opposé et aboutissent de chaque côté à deux noyaux cellulaires grisâtres. Le plus interne est le noyau rouge de Slilling, le plus externe le noyau de Luys. Le noyau rouge est arrondi, gris rosé et mesure de 0™,007 à O^jOOS de diamètre. 11 est situé immédiatement au-dessous du plan le plus superficiel des fibres du pédoncule cérébelleux supérieur, au-dessus et un peu en avant de la masse grise qui forme le lociis niger. Le noyau de Luys est plus petit, allongé de dedans en dehors, et situé au-dessous de la lame sous-thalamique (voir plus loin). Les fibres pédonculaires viennent s'amortir dans les cellules de ce noyau.
La valvule de Vieussens (fig. 265, 10) est une lamelle de tissu nerveux blanc et, gris, située dans l'écartement des deux pédoncules cérébelleux supérieurs. Sa forme est à peu près celle d'un rectangle, dont les côtés latéraux mesurent de 0™,01 à O^jOlS de longueur et dont le côté antérieur plus petit est plus arrondi. L'épaisseur de la valvule n'excède pas un demi-millimètre. Sa face supérieure forme la partie médiane du plan le plus supérieur de l'isthme et présente un certain nombre de stries transversales grises séparées par des lignes blanches. Sa face inférieure est convexe et fait partie de la paroi supérieure du quatrième ventricule. Ses bords s'insèrent sur les bords internes des pédoncules cérébelleux supérieurs. Son extrémité antérieure arrondie est recouverte en partie par les fibres les plus postérieures du ruban de Reil et se continue avec la substance blanche qui recouvre les tubercules quadrijumeaux. Son extrémité postérieure sépare les extrémités antérieures des deux vermis, entre lesquels elle se continue avec le lobe médian du cervelet.
De l'extrémité antérieure de la valvule part un petit faisceau blanc, bifide ordinairement, qui remonte entre les tubercules quadrijumeaux postérieurs ; on lui donne le nom de frein de la valvule de Vieussens. Des côtés latéraux de ce frein l'on voit émerger les fibres du j)athétique.
Texture de la valvule de Vieussens. — Cette lamelle est formée de fibres et de cellules nerveuses accumulées en différents points et étagées en deux lames, l'une profonde, blanche, l'autre supérieure, superficielle, grise; la première est dite «e/?/»i medullaris anterior; la seconde, la lame grise, n'occupe que les deu.i tiers postérieurs de la valvule. Les cellules sont analogues ;i celles de la substance grise périphérique du cervelet. Quant aux fibres blanches, elles émanent du cervelet ; nous ne connaissons que fort peu de chose sur leur trajet ultérieur ; il en est cependant qui, réunies à celles du ruban de Reil, vont au faisceau cérébelleux direct et unissent ainsi les cordons postérieurs sensitifs de la moelle au vermis supérieur.
3° Quatrième ventricule
Le quatrième ventricule est intermédiaire au cervelet, au bulbe et à la protubérance. Comme nous le verrons au chapitre : Embryologie, W représente la cavité du cerveau postérieur primitif. Sa forme est rhombo'idale ; il présente donc deux angles latéraux, un antérieur et un postérieur. Cette cavité est due à l'élargissement qu'éprouve le canal épendymaire par suite de la séparation angulaire des deux cordons postérieurs de la moelle au niveau du bec du calamus scriptorius. Nous y considérerons deux parois, quatre bords et quatre angles.
La yaroi inférieure, plancher du quatrième ventricule, est d'une couleur grise et appartient en avant à la face supérieure de la protubérance, en arrière à la même
CENTRES NERVEUX
face du bulbe. Elle présente sur la ligne médiane un sillon, tige du calamus scriptorius, terminé au niveau de l'angle inférieur par une petite fossette continue avec le canal central de la moelle, ventricule d'Arantius. Sur les côtés de ce sillon se voit la saillie des faisceaux intermédiaires du bulbe. Au-dessous de la partie moyenne de cette saillie l'on aperçoit des stries blanches transversales, non symétriques, barbes du calamus scriptorius, qui se continuent avec le nerf auditif (fig. 272, 3).
La paroi supérieure, voûte du quatrième ventricule, très rapprochée en arrière de la face inférieure, s'en écarte un peu plus dans la moitié antérieure de la cavité ; elle est formée par une lame très mince d'épithélium qui soudée à lapie-mère foi'me la toile choroïdienne du quatrième ventricule. Cette lame est unie sur les bords latéraux du ventricule à des couches très minces de substance nerveuse qui toujours
reste soudée au bulbe. Cette couche mince nerveuse doublant la toile choroïdienne présente en arrière, entre les deux saillies du clava, une lame transversale, le verrou ; plus en avant le ponticule que nous avons déjà décrit et enfin tout à fait en avant le taenia, couche étroite et mince de substance nerveuse qui contourne le côté latéral du corps restiforme. Cette voûte nerveuse du quatrième ventricule est en rapport à sa face supérieure avec les pédoncules céi'ébelleux supérieurs etla valvule de Vieussens,quiles réunit; en arrière, avecla face inférieure de la partie antérieure du cervelet, la luette, qui sur la ligne médiane reste libre et flottante, et avec les valvules de Tarin sur les parties latérales.
(*) 1) Tubercule quadrijumeau antérieur. — 2) Tubercule quadrijumeau postérieur. — 3) Pédoncule cérébelleux supérieur. — 4) Plancher du quatrième ventricule. — 5) Bec du calamus scriptorius. — 6) Pyramide postérieure. — 7j Pédoncule cérébelleux inférieur. — 8) Arbre de vie. — 9) Corps rhomboïdal. — 10) Valvule de Vieussens.
NÉVROLOGIE
Les bords antcrieurs sont formés par l'union des pédoncules cérébelleux supérieurs avec la paroi inférieure constituée ])ar la face supérieure de la protubérance.
Les hords postérieurs sont formés par deux lamelles fibreuses, qui dépendent de la pie-mère. Elles sont placées de champ et se portent des bords latéraux du bulbe vers la face inférieure des amygdales du cervelet. En bas, au niveau du bec du calamus, les lamelles des deux côtés ne s'unissent pas sur la ligne médiane,mais laissent uneouverture assez étroite, trou de Magendie , quifait communiquer le quatrième ventricule avec l'espace sous-arachnoïdien ; il n'existe pas toujours.
Les angles latéraux sont situés au niveau du point où les fibres des trois pédoncules cérébelleux quittent la partie antérieure du corps rhomboïdal; ils sont dus à l'écartement de ces pédoncules.
Uangle antérieur n'est autre chose que le point de réunion angulaire des deux pédoncules cérébelleux supérieurs. On y voit l'ouverture postérieure de Vaqiieduc de Sijlvius. Ce canal, creusé dans la substance nerveuse, est placé sur la ligne médiane, immédiatement au-dessous des tubercules (juadrijumeaux. 11 s'ouvre dans le troisième ventricule au-dessous de la commissure blanche postérieure, par un oi'ifice connu sous le nom d'anus. L'aqueduc de Sylvius est tapissé par l'épendyme et établit une communication entre le quatrième ventricule et le ventricule moyen.
h'angle inférieur, bec du calamus, répond à l'angle de séparation des deux corps restiformes et à l'ouverture que laissent entre elles les lamelles nerveuses formant les bords postérieurs du quatrième ventricule, ouverture qui fait communiquer le ventricule avec l'espace sous-arachnoïdien.
On trouve sur les bords latéraux du quatrième ventricule des petits plexus choroïdes analogues à ceux des ventricules latéraux et moyen, dépendant comme eux de la pie-mère et s'étendant depuis le trou de Magendie jusqu'au vermis inférieur.
Nous venons de voir comment le quatrième ventricule communique avec l'espace sous-arachnoïdien, et comment, par l'aqueduc de Sylvius, il communique avec le ventricule moyen. En se rappelant que ce dernier est en relation avec les ventricules latéraux par les deux trous de Monro, on pourra aisément se rendre compte du trajet du liquide céphalo-rachidien dans l'intérieur de la masse encéphalique.
Sur le plancher du quatrième ventricule on rencontre de chaque côté : en haut, très près du sillon médian et sur les côtés latéraux de l'angle supérieur, une petite masse grise, arrondie, à laquelle on a donné le nom de locus cœruleus; c'est l'origine de la petite racine du trijumeau. Au-dessous d'elle et immédiatement sur les bords du sillon médian, à leur partie moyenne, est de chaque côté une éminence arrondie, éminence tères, origine du facial et du moteur oculaire externe. Plus bas et de chaque côté du bec du calamus scriptorius se voient, disposées en éventail, trois saillies allongées, qui prennent le nom d'ailes blanc/tes, interne et externe, entre lesquelles est située l'azte grise. De l'aile blanche interne motrice, continuation de la base de la corne antérieure (substance grise de la moelle), partent des fibres d'origine du grand hypoglosse. De l'aile blanche externe, qui continue en partie la base de la corne postérieure, naissent une partie des fibres de l'auditif, et les fibres sensitives qui entrent dans la composition des nerfs glosso-pharyngien, pneumogastrique et spinal. L'aile grise ou intermédiaire, continuation de la tête de la corne antérieure, donne naissance aux fibres motrices des glosso-pharyngien, pneumogastrique et spinal.
Outre ces éminences, on trouve, sur le plancher du quatrième ventricule, d'autres
CENTRES NERVEUX
noyaux, continuation des dilférentes divisions de la substance grise de la moelle. C'est ainsi qu'en haut et tout près de Toriflce postérieur de l'aqueduc de Sylvius, on trouve une masse grise, continuation de la base de la corne antérieure, qui forme les noyaux d'origine du pathétique et de l'oculo-moteur commun. Plus bas et un peu plus en dehors, le noyau inférieur du facial, et plus bas encore, un noyau accessoire de l'hypoglosse. Plus en dehors et plus en arrière se voit la continuation de la base de la corne posté-
Fig. 266. — Disposition des noyaux des nerfs bulbo- Fig. 267. — Schéma de l'origine des nerfs
protubérantiels, relativement au plancher du qua- sur le plancher du 4' ventricule (**).
trième ventricule {*).
rieure, à laquelle se rattache un amas considérable de cellules nerveuses, origines des fibres sensitives du trijumeau.
La tête de la colonne postérieure, déjetée très en dehors, constituant le tubercule cendré de Rolando, se prolonge en haut, sur le plancher du quatrième ventricule; ses cellules émettent des fibres qui vont se réunir aux précédentes pour former la portion sensitive du trijumeau. Nous reviendrons sur ces noyaux des nerfs crâniens quand plus loin nous décrirons leurs origines réelles.
4° Tubercules quadrijumeaux
Les tubercules quadrijumeaux (fig. 265, 1 et 2) se trouvent au-dessus des pédoncules cérébraux, en arrière du ventricule moyen, au-devant de la valvule de
(*) {) Pédoncule cfrébclieux supfrieur sectionné. — î) Pédoncule cférébelleux moyen. — 3) Pédoncule cérébelleux inférieur. — 4) Cordon postérieur de la moelle. — 5) Cordon de Coll. — 8) Nerf acoustique. — B. Région d'où nait une partie du trijumeau (locus eseruleus). — C. Saillie correspondant au noyau commun du facial et du moteur oculaire externe. — A. Région du noyau moteur oculaire commun et du pathétique (au-dessous de l'aqueduc de Sylvius). — D. Noyau de l'acoustique (aile blanche externe). — F. Noyau du grand hypoglosse (aile blanche interne). — E. Saillie qui correspond successivement et de haut en bas, aux noyaux du glossopharygien, du pneumogastrique et du spinal (aile grise) (Malbias Duval).
('•) 1) Glande pinéale. — 2) Tubercules quadrijumeaux. — 3) Pédoncules cérébelleux supérieurs. — 4) Pédoncules cérébelleux moyens. — 5) Pédoncules cérébelleux inférieurs (corps restiforme). ■ — 6) Cordon grêle, faisceau de Coll. — 7) Clava. — 8) Valvule de Vieussens. — 9) Noyau de l'hypoglosse (aile blanche interne).
10) Racine antérieure de l'acoustique (aile blanche externe). — H) Racine postérieure de l'auditif.' — 12) Nerf auditif. — 13) Noyau propre du facial. — 14) Noyau commun au facial et au moteur oculaire externe (emi-
nentia toeres). — IS) Facial décrivant son coude. — 16) Locus cœruleus (noyau partiel du trijumeau).
17) Noyau du pathétique. — 18) Noyau de l'oculo-moteur commun. — 19) Plancher du i' ventricule, aile grise d'oii naissent les nerfs mixtes (glosso-pbaryngien, pneumogastrique). . ■
Beaunis et Bouchard. 36
Vieussens, au-dessous de la glande pinéale et de la toile choroïdienne, qui les séparent du bourrelet du corps calleux. Leur base repose sur les fibres de la partie moyenne des rubans de Reil, qui recouvrent elles-mêmes les fibres du pédoncule cérébelleux supérieur. Les tubercules quadrijumeaux sont au nombre de quatre:
Fig. 268. — Schéma des rapports et connexions des couches optiques et des tubercules quadrijumeaux (*).
deux pour chaque côté, séparés par un sillon médian. Les deux tubercules de chaque côté sont l'un antérieur, l'autre postérieur ; entre eux se trouve également un sillon intermédiaire.
Les tubercules quadrijumeaux antérieurs [nates), sont plus volumineux, mais
(*) a. Écorce grise des hémisphères. — b. Couronne rayonnante de la couche optique. — c. Couclie optique.
— d. Corps strié. — /. Noyau lenticulaire. — f). Tubercule quadrijumeau antérieur. — h. Tubercule quadrijumeau postérieur. — i. Bras du tubercule quadrijumeau antérieur, ou couronne rayonnante de ce tubercule.
— k. Bras du tubercule quadrijumeau postérieur. — /. Système de projection du second ordre. Fibres appartenant à la couche optique (région de la calotte, ou étage supérieur du pédoncule cérébral). — m. Système de projection du second ordre, provenant des tubercules quadrijumeaux et se réunissant aux faisceaux de la calotte. — n. Substance grise de la moelle (cornes antérieures). — o. Nerfs moteurs périphériques (racines spinales antérieures). — p. Substance grise de la moelle (cornes postérieures). — q. Nerfs sensitifs périphériques (racines spinales postérieures). — r. Faisceaux sensitifs allant directement (sans interruption) jusqu'à la substance grise corticale des hémisphères (Huguenin).
CENTRES jNERVEUX
moins saillants que les postérieurs; ils ont la forme d'un ovoïde à grand axe dirigé d'avant en arrière et de dehors en dedans, el sont d'une couleur grisâtre. De l'extrémité antérieure de leur grand axe part un faisceau blanc, feras antérieur, ([ui se porte au corps genouillé externe. Dans l'angle formé par leur écartement en avant est logée la glande pinéale.
Les tubercules quadrijumeaux postérieurs (testes) sont moins volumineux, plus arrondis, plus proéminents et de couleur blanche. Ils émettent aussi par leur face externe un faisceau de fibres nerveuses, bras postérieur, dirigé en bas et en avant, qui les relie au corps genouillé interne.
Ces tubercules sont formés de fibres blanches péiiphériques en couche peu épaisse, stratum zonale, et de cellules nerveuses de volume variable, qui constituent leur noyau central, siraliim cinereum. Ils sont reliés surtout aux nerfs optiques et semblent être leurs centres spéciaux. Les fibres sont à myéline. Dans la substance grise des tubercules postérieurs se trouvent, outre des cellules nerveuses, des fibres à myéline et une assez grande quantité de névroglie ; on a donné à la couche profonde des cellules nerveuses des tubercules quadrijumeaux postérieurs le nom de stratum opticum. Les fibres qui en partent vont en effet directement dans la bandelette optique. Les tubercules quadrijumeaux antérieurs ont une structure qui jusqu'ici parait fort compliquée ; on y trouve ainsi que dans le corps genouillé interne, des fibres arciformes qui viennent de la couche moyenne du ruban de Reil, où elles forment le ruban de Foret.
On a démontré, dans ces derniers temps, que les tubercules quadrijumeaux sont reliés directement par des fibres émanées de leurs cellules aux noyaux d'origine des nerfs qui président aux mouvements oculaires. Pour leurs rapports avec les corps genouillés et la bandelette optique, voyez plus loin : Origines du nerf optique et figure 268.
5° Ruban de Reil. — Faisceau latéral oblique de l'isthme
de Cruveilhier
Du sillon latéral de l'isthme émane un faisceau de substance blanche triangulaire à base inférieure, ruban de Reil, qui se porte à la périphérie du pédonculecérébelleux ^^upérieur, l'entoure et vient gagner le tubercule quadrijumeau postérieur au-dessous duquel il s'engage. C'est là la partie superficielle du ruban de Reil, dont les fibres se divisent en trois parties : l'une d'entre elles passe au-dessous des tubercules quadrijumeaux en s'entre-croisant avec les fibres du côté opposé, en passant sur les côtés des corps genouillés sans y pénétrer ; la seconde, la plus postérieure, va également s'entre-croiser dans la partie la plus antérieure de la valvule avec celle du côté opposé ; la troisième, la plus antérieure, se continue avec les fibres du pédoncule cérébelleux supérieur pour arriver, d'après Meynert, à la couronne rayonnante et probablement à l'écorce du cerveau postérieur avec les fibres sensitives du faisceau de Meynert. En réalité nous savons très peu de chose sur le trajet de ces fibres.
Mais il existe une lame profonde de ce ruban de Reil, plus épaisse, visible seulement sur des coupes verticales. La partie la plus externe de cette couche forme ce que nous venons de décrire sous le nom de couche superficielle de ce ruban, elle se continue dans la moelle avec le cordon latéral, de même au reste que la couche moyenne ; réunies, les fibres de ces deux zones semblent constituer le faisceau sensitifde Gowersdes cordonslatéraux. En haut, cette couche moyenne va par quelques-unes de ses fibres dans le pédoncule cérébral et peut-être à la couche optique, par d'autres au contraire elle aboutirait aux tubercules mamillaires (?). La zone interne est en relation en bas avec les cordons antérieurs et en haut avec le pied du pédoncule à la face inférieure du locus niger.
NÉVROLOGIE
6° Pédoncules cérébraux
Les pédoncules cérébraux sont deux volumineux cordons blancs, arrondis, légèrement aplatis de haut en bas, qui s'étendent du bord antérieur de la protubérance jusque dans les couches optiques. Ces deux faisceaux s'écartent angulairement au niveau de la protubérance et limitent ainsi un espace triangulaire, espace interpédonculaire , fermé par une lamelle grise, perforée d'un grand nombre de pertuis analogues à ceux de l'espace perforé antérieur. Les pédoncules cérébraux présentent : i° une face inférieure libre, blanche, arrondie, sillonnée de stries postéro-antérieures qui lui donnent un aspect fasciculé. La partie antérieure de celte face est croisée par la bandelette optique, qui l'embrasse à la façon d'un lien ; la partie postérieure est contournée par l'artère cérébrale postérieure ; 2° une face interne, en rapport avec l'espace interpédonculaire; on y voit l'origine des nerfs oculo-moteurs communs et une tache linéaire noirâtre qui fait partie de l'amas cellulaire du locus niger (fig. 269 N, 270,4 et 256,5); 3° une face externe, en rapport avec la partie latérale de la grande fente de Bichat et avec le repli de la pie-mère, qui y pénètre pour forme ries plexus choroïdes du ventricule latéral ; 4° une face supérieure, qui forme la partie la plus antérieure de l'isthme et supporte les tubercules quadrijumeaux. Cette face supérieure est limitée en dehors par un sillon qui la sépare d'avec le ruban de Reil et le corps genouillé interne.
Texture des pédoncules cérébraux. — Les pédoncules cérébraux présentent, à une coupe transversale, deux étages blancs, séparés par une masse grise, locus niger de Sœmmering. Ils sont plus volumineux que les cordons de la moelle réunis, parce qu'ils ne comprennent pas seulement les fibres qui, à travers la protubérance, remontent de la moelle pour gagner les ganglions cérébraux, mais ils contiennent encore des fibres venues des amas gris du bulbe, de la protubérance, des tubercules quadrijumeaux, du locus niger, et de différents petits noyaux qui entourent l'aqueduc de Sylvius(flg. '270,3). Cette lame grise, prolongement de celle du plancher du quatrième ventricule, se continue en avant avec la substance grise des tubercules quadrijumeaux postérieurs.
Le plan inférieur des pédoncules cérébraux, pied du pédoncule, situé au-dessous du locus niger, est formé par des fibres longitudinales disposées en faisceaux; leur ensemble constitue un croissant qui par sa concavité embrasse le locus niger. Au voisinage de cette masse foncée, ces faisceaux longitudinaux se rétrécissent et semblent entre-croisés par des fibres émanées des cellules du locus niger, c'est le stratum intermédiaire auquel aboutissent les fibres les plus internes de la couche profonde moyenne du ruban de Reil. Plus profondément, à la périphérie du pied du pédoncule par conséquent, les fibres ascendantes forment plusieurs faisceaux distincts, dont le plus rapproché du sillon latéral de l'isthme, le plus élevé par conséquent, est formé par les fibres du plan moyen de la protubérance, fibres sensitives (7). Puis vient un faisceau moteur dont les fibres vont des centres cérébraux aux muscles et leur transmettent les excitations volontaires ; les unes, les plus extérieures, constituent le faisceau pyramidal (8), qui se porte aux noyaux des cornes antérieures de la moelle; d'autres, sous le nom de faisceau géniculé (9), ne vont qu'aux noyaux de l'hypoglosse, du facial et du masticateur. Tout à côté du faisceau géniculé on a voulu trouver un autre faisceau distinct, sur lequel nous reviendrons plus tard, auquel on a donné à tort le nom de faisceau de l'aphasie, faisceau du langage articulé (voir plus loin) ; enfin tout à fait en dedans sur les côtés de l'espace interpédonculaire, existe un dernier faisceau, faisceau interne, faisceau àit psychique [10), qui provient du cerveau antérieur sans que nous puissions dire où vont ses fibres. Sa dégénération descendante ne détermine jamais ni paralysie, ni troubles de sensibilité. Ce ne sont ni le scalpel, ni le microscope qui, jusqu à présent, nous ont fourni ces notions, c'est à
CENTRES NERVEUX
l'anatomie pathologique et à rexpérimentation physiologique que nous les devons.
Le plan supérieur du pédoncule, tegmen, calotte, est lui-même subdivisé en deux faisceaux, l'un externe, l'autre interne. Le premier, faisceau externe, contient les fibres venues de la partie postérieure ou profonde de la pyramide antérieure (fibres des cordons postérieurs de la moelle) ; il est donc sensitif et va aboutir à un amas gris de la couche optique. Le faisceau interne est formé par les fibres du pédoncule cérébelleux supérieur, qui vont aux cellules du noyau rouge de la calotte, noyau rouge de Stilling, situé dans chaque pédoncule au-dessous de l'aqueduc, à la hauteur du tubercule quadrijumeau antérieur. Ce noyau de la calotte est traversé par les racines de l'oculo-moteur commun. Sur les côtés latéraux de l'aqueduc au-dessous de la substance grise qui accompagne ce canal, se voit un faisceau de fibres longitudinales entrecoupées par des fibres transversales, qui fait partie de la formation réticulée que nous avons décrite dans le bulbe et la protubérance. Ce faisceau, sur l'origine bulbaire et la terminaison centrale duquel nous ne sommes pas fixé, est dit faisceau longitudinal postérieur (fig. 270, 5 et 6).
Entre les deux étages du pédoncule se trouve une masse de substance grise, assez
HO
Fig. iG9. — Schéma d'une coupe des pédoncules Fig. 270. — Coupe schématique du pédoncule
cérébraux (*). cérébral ('*).
large dans sa partie médiane et interne, effilée en dehors et en bas, qui les sépare. Cette masse forme le locus niger de Sœmmering, des cellules duquel partent des fibres nombreuses qui renforcent en haut le nombre des fibres du pédoncule cérébral, et vont également aboutir aux ganglions du cerveau. En bas, ces cellules se continuent avec celles de la substance grise de la protubérance et vont en avant jusqu'aux tubercules mamillaires. Nous ignorons complètement leur rôle et leurs usages.
§ II. — Cervelet.
Le cervelet, formé dans la partie antérieure de la paroi supérieure du cerveau postérieur primitif (voir : Embryologie) est situé entre l'occipital et la tente du cervelet, ([ui le sépare de la face inférieure du lobe postérieur du cerveau. II est uni : 1° au cerveau par deux prolongements blancs qui forment les pédoncules cérébel-
(*) P. p. Etage inférieur, pied du pL'doncule. — N. N {locus niger). — OS. Noyaux de Stilling situés au milieu de l'étage supérieur, calotte. — MO, MO. Nerf moteur oculaire commun. — C'A'. Noyau commun du moteur oculaire et du pathétique, — P. Nerf pathétique. — GG. Aqueduc de Sylvius (Mathias Duval).
(**' 1) Tubercules quadrijumeaux. — i) Aqueduc de Sylvius. — 3) Substance grise qui l'entoure. — 4) Locus niger (toute la partie située au-dessus constitue la calotte, celle qui se trouve au-dessous forme le pied du pédoncule cérébral). — 5) Noyau de Stilling. — 6) Pédoncule cérébelleux supérieur. — 7) Faisceau sensitif de la base. — 8) Faisceau moteur de la base. — ■ 9) Faisceau géniculé, venu du genou do la capsule interne. — 10) Faisceau dit psychique venu de la branche antérieure de la capsule et par suite du lobe frontal. — 1 1 ) Couche des fibres du ruban de Reil. Cette couche appartient à la calotte.
NÉVROLOGIE
leux supérieurs; 2° au bulbe par les pédoncules cérébelleux inférieurs; 3" à la protubérance par les pédoncules cérébelleux moyens. Le poids du cervelet est à celui du cerveau :: 1 : 8. Le poids relatif du cervelet paraît être plus considérable chez la femme que chez l'homme.
L Conformation extérieure. — Face supérieure (fig. 271). — Cette face est convexe dans sa partie médiane, plane et inclinée de haut en bas et de dedans en dehors dans ses parties latérales.
La partie médiane saillante surfout en avant a pris le nom de vermis supérieur. Elle est recouverte par la tente du cervelet. Elle présente un renflement auquel on a donné le nom de monticule, dont la partie antérieure plus saillante constitue le culmen, la partie postérieure, au contraire, le déclive. L'extrémité antérieure du
Fig. 27i. — Cervelet, face supérieure (*).
monticule se continue avec un lobule, lobule central, au-devant duquel se trouvent quelques lamelles transversales de substance céi^ébelleuse qui constituent la couche grise de la valvule de Vieussens. Ces lamelles sont étendues entre les i)édoncules cérébelleux supérieurs. Cette partie, la plus antérieure du vermis, prend le nom de lingula, tandis que son extrémité postérieure, située tout à fait en arrière, a été décrite sous le nom fort impropre de bourgeon terminal. Tous ces lobules se prolongent latéralement avec les lobes de la face supérieure du cervelet, de telle sorte qu'en avant nous avons le lobule de la lingula, puis ,1e lobule central prolongé par une aile de chaque côté, en arrière de celui-ci le lobe quadrilatère et entin le lobe semi-lunaire supérieur, que le grand sillon circonférentiel sépare du lobe semi-lunaire inférieur. Toutes ces divisoins n'ont qu'une valeur des-
(*) Le lobe du côté gauche est sectionné par une coupe passant à travers la grande scissure circunilobaire. — 1) Coupe de la protubérance. — 2) Aqueduc de Sylvius. — 3) Coupe du lobule du pneumogastrique. — 4) Coupe du pédoncule cérébelleux moyen. — 5) Coupe de l'olive cérébelleuse. — 6) Sillon circunilobaire. — 7, 7) Coupe de quelques lobules montrant une partie de l'arbre de vie. — 8) Vermis supérieur. — 9) Lobes et lames du cervelet. — iO) Trijumeau.
CENTRES NERVEUX
criptive, car nous ignorons complètement les fonctions spéciales de ces difTérentes parties.
Fack inférieure (fig. 272). — Elle répond par ses côtés latéraux aux fosses occipitales inférieures, et par sa partie moyenne au bulbe, ([u'elle recouvre. Cette face présente sur la ligne médiane une scissure profonde, scissure médiane du cervelet, qui permet de distinguer deux hémisphères cérébelleux. Dans le fond de ce sillon, on aperçoit une saillie analogue à celle que nous avons trouvée sur la face supérieure, mais plus prononcée, c'est le vermis inférieur (fig. 265, 7), qui se continue en arrière avec rextrémité postérieure du vermis supérieur et forme ainsi le lobe médian du cervelet.
Le vermis supérieur est uni latéralement et en arrière à deux branches latérales,
Fig. 272. — Cervelet, /aci." inférieure (*).
formées comme lui de substance nerveuse grise ; la saillie cruciale qui en résulte a pris le nom de pyramide de Malacarne. En avant, le vermis présente une extrémité libre et arrondie, qui flotte dans le quatrième ventricule, comme la luette dans la bouche, d'où lui est venu le nom de luette du cervelet, uvula, dont l'extrémité tout à fait antérieure qui prend le nom de nodule se continue latéralement avec le lobule du pneumogastrique. Elle se relie latéralement à deux replis membraneux d'un blanc grisâtre, formés de substance nerveuse, valvules de Tarin, qui sont minces, adhérentes par leur bord postérieur convexe à la paroi supérieure du quatrième ventricule, libres et concaves par leur bord antérieur. Leur extrémité externe se continue avec le lobuk du pneumogastrique, et leur extrémité interne
(*) Le bulbe est renversé en liaut et les amygdales sectionnées pour mettre à découvert les valvules de Tarin.
— 1) Bulbe renversé en avant. — 2) Extrémité inférieure du quatrième ventricule. — 3) Barbes du calamus. — 4) Valvule de Tarin. — 5) Lobule du pneumogastrique. — 6) Section de l'amygdale. — 7) Vermis inférieur.
— 8) Cavité du quatrième ventricule.
NÉVROLOGIE
adhère à la luette et au nodule (fîg. 265, 4). Entre la valvule de Tarin et la paroi supérieure du quatrième ventricule existe une petite cavité, que Reil a comparée à un nid d'hirondelle.
Circonférence du cervelet. ■ — Elle a la forme d'un ovale, dont le grand axe serait transversal et le petit axe antéro-postérieur. Ce petit axe est échancré en avant et en arrière sur la ligne médiane. L'échancrure antérieure loge la protubérance annulaire et embrasse latéralement les tubercules quadrijumeaux ; l'échancrure postérieure, moins profonde, est occupée par la tubérosité occipitale interne et la faux du cervelet.
Comme dans le cerveau, la substance grise ou cellulaire occupe la péi'iphérie et la substance blanche, le centre du cervelet. Cette partie de l'encéphale ne présente pas de circonvolutions, mais se décompose en lames séparées par des sillons plus ou moins profonds et appliquées l'une contre l'autre. Ces lames se décomposent elles-mêmes en lamelles. Dans certains points, comme sur les vermis et encore sur la face inférieure, le cervelet présente des saillies qui ont pris le nom de lobules. Les lames qui se trouvent sur les lobules et sur les vermis se continuent latéralement avec celles des hémisphères cérébelleux.
Les sillons ont été divisés en deux ordres, suivant leur profondeur. Ceux du premier ordre sontplusprofonds et sont au nombre de 10 à 12. 11 en est un parmi eux, grand sillon circonférenciel de Vicqd- Azijr, sillon circumlobaire, qui entoure la circonférence du cervelet et le partage en deux moitiés, l'une supérieure, l'autre inférieure (fîg. 271, 6). Les sillons du second ordre sont très nombreux et ont été évalués au chiffre de 7 à 800. Les sillons et par conséquent les lames et les lamelles (}u'ils circonscrivent, sont curvilignes; sur la face supérieure leur concavité regarde en avant et en dedans; il en est de même sur la partie postérieure de la face inférieure ; mais sur la partie antérieui'e de cette face leur concavité est tout à fait dirigée en dedans.
Sur la face inférieure du cervelet, de chaque côté du vermis inférieur et de I'mvula, se trouve un lobule saillant, auquel on a donné le nom de lonsille ou da/e. Ces lobules cachent complètement les valvules de Tarin; aussi faut-il les enlever pour voir ces dernières. Leur face inférieure répond au pourtour du trou occipital et au corps restiforme ; leur extrémité antérieure fait saillie à côté de la luette dans le quatrième ventricule. Plus en avant et en dehors, immédiatement au-dessous du bord inférieur du pédoncule cérébelleux moyen, en avant du nerf vague, se voit un lobule assez petit auquel aboutit la valvule de Tarin correspondante ; on lui donne le nom de lobule du -pneumogastrique, lobule du nodule. Viennent ensuite, d'avant en arrière le lobule grêle et le lobule digastrique, et enfin le lobule semi-lunaire inférieur séparé par le sillon circonférenciel du lobule semilunaire supérieur.
IL Conformation intérieure. — Des cellules de l'écorce du cervelet partent des fibres nerveuses, qui se réunissent pour former l'axe de chaque lamelle ; ces fibres s'associent successivement à celles venues des lamelles voisines et constituent la partie centrale d'une lame; celles des lames forment, en s'unissani, celles des lobules, et toutes ensemble produisent, parleur réunion, une masse centrale blanche, plus considérable dans les hémisphères que dans les vermis, représentant environ le tiers de la masse totale du cervelet. L'aspect arborescent de ces différents prolongements blancs a fait donner à cette disposition le nom d'arbre dévie (fîg. 271, 1). De cette masse blanche partent de chaque côté trois prolongements : le premier, -pédoncule cérébelleux supérieur, se porte en haut et en
CENTRES NERVEUX
avant et passe sous les tubercules quadrijumeaux ; il unit le cervelet au cerveau. Le second se dirige en avant et en dedans, pédoncule cérébelleux moyen ; il fait communiquer le cervelet avec la protubérance, ou plutôt il forme une commissure entre les deux hémisphères de l'organe. Le troisième, pédoncM?e cérébelleux inférieur, corps restifonue, unit le cervelet au bulbe et se porte en bas et en dedans. Le point de départ de ces pédoncules répond aux angles latéraux du quatrième ventricule ; c'est à ce niveau que l'on trouve dans l'intérieur de la masse blanche du cervelet un noyau ovoïde limité par une ligne jaunâtre, en zigzags, plissée sur elle-même et affectant la forme d'une bourse dirigée en avant, en haut et en dedans dont l'ouverture serait en avant. Ce noyau, analogue à l'olive bulbaire, prend le nom de corps rhomboïdal, olive cérébelleuse, noyau dentelé.
Dans la partie interne de la substance blanche, près du vermis, on trouve un noyau accessoire de l'olive, noyau de Voit; entre ce dernier noyau et le corps dentelé se trouvent encore d'autres noyaux jaunâtres, isolés, dontl'un porte le nom de noyau sphérique. Un autre, extérieur au précédent, s'appelle embolus ou bouchon. Toutes ces lames de substance grise, jaunâtre, sont des dépendances de l'olive cérébelleuse ; nous ignorons absolument leurs usages.
La partie périptiérique du cervelet, substance grise de l'organe, est formée par trois couches différentes assez mal limitées. La couche interne, couche rouillce, se compose de cellules assez petites pour que beaucoup d'entre elles aient pu être considérées comme de simples noyaux, d'où le nom de couche des grains qu'on lui adonné. La couche moyenne est constituée par des cellules très volumineuses, arrondies, cellules de Purkinje, et par d'autres plus petites, mais dont la dimension l'emporte toujours sur celles des petites cellules de la couche interne. Ces cellules n'ont d'ordinaire qu'un prolongement dirigé vers la couche des grains, tandis que vers la couche périphérique elle en envoie de plus nombreux qui se ramifient. La couche externe périphérique du cervelet est fort remarquable, au point de vue histologique, par la très grande quantité de capillaires sanguins qu'elle contient. Elle est formée par de la névroglie, par quelques rares cellules nerveuses, par des grains analogues à ceux de la couche profonde, mais beaucoup plus disséminés, et par les ramifications des cellules de Purkinje.
La lame jaune, plissée, qui forme l'enveloppe du corps rhomboïdal, est formée par un très grand nombre de cellules nerveuses anastomosées et reliées d'une part à des fibres venues de la périphérie des hémisphères cérébelleux, et d'autre part à des fibres des pédoncules.
Par les corps restiformes arrivent à la substance blanche du cervelet les fibres du faisceau cérébelleux du cordon latéral ; ainsi que nous l'avons dit, ces fibres vont s'entre-croiser dans le vermis, puis elles s'irradient dans la masse centrale blanche du cervelet. Les fibres du pédoncule cérébelleux moyen s'irradient aussi dans cette masse blanche et semblent gagner enfin les cellules de la couche superficielle grise. Les fibres du pédoncule supérieur viennent se grouper au niveau de l'ouverture du corps dentelé, et se mettent probablement en rapport avec les cellules de ce noyau, et plus loin encore avec celles de la superficie par l'intermédiaire d'un lacis fibrillaire qui sous le nom de toison du corps dentelé enveloppe ce noyau ; le lacis fibrillaire parait être en rapport d'une part avec les cellules du corps dentelé et d'autre part avec celles des cellules de la périphérie.
§ III. — Cerveau
Nous avons jusqu'ici suivi l'ordre embryologique pour la description des centres nerveux. Nous avons étudié tout ce qui se développe aux dépens du cerveau postérieur et du cerveau moyen. Pour être logique, nous devrions décrire maintenant en première ligne les couches optiques et le troisième ventricule, mais il
NÉVROLOGIE
nous semble plus avantageux pour le lecteur de décrire à la lois les parties formées par le cerveau antérieur qui s'enchevêtrent avec les autres.
Le cerveau est cette partie des centres nerveux qui coui'onne comme un dôme l'axe cérébro-spinal. Il se trouve en avant et au-dessus du cervelet, dont il est séparé par la lame de la dure-mère, appelée tente du cervelet, et se relie à l'isthme de l'encéphale par les pédoncules cérébraux.
Sa fome est celle d'un segment d'ovoïde à grand axe antéro-postérieuretà grosse extrémité située en arrière.
Son poids moyen chez l'homme est, d'après Cruveilhier, de 1250 grammes, et dépasse de beaucoup celui du cerveau des plus grands mammifères. Le cerveau du dauphin, de la baleine et de l'éléphant l'emportent cependant en poids absolu sur celui de l'espèce humaine. Mais, ainsi qu'on l'a fait remarquer, la différence entre ces chiffres est très faible, et si l'on tient compte du poids du corps de ces animaux comparé à celui de l'homme, on voit que la proportion qui existe entre le cerveau et la masse du corps est inliniment supérieure chez ce dernier. D'autre part, un nouvel élément dont on n'a jusqu'à présent tenu aucun compte dans ces évaluations, c'est la présence de la névroglie dans la structure de ce centre. II faudrait donc, pour avoir des données certaines, connaître la quantité relative de ce tissu dans le cerveau de ces vertébrés et la comparer à celle du cerveau humain. Pour se rendre compte du rapport qui existe entre le poids du cerveau et l'intelligence, il faudrait également pouvoir apprécier ce nouvel élément, ce qui ne saurait encore être fait.
La densité du cerveau paraît être en moyenne de 1030, celle de l'eau étant 1000. Elle doit varier, suivant la proportion d'éléments névrogliques et connectifs qui se trouvent dans son tissu, ou encore suivant la quantité de graisse qui peut infiltrer ses cellules nerveuses.
Conformation extérieure. — Le cerveau se compose de deux hémisphères symétriques, reliés entre eux par des parties médianes. Il est bien constaté aujourd'hui que l'asymétrie des deux hémisphères n'est pas une cause absolue de trouble intellectuel, comme le pensait Bichat, et tout le monde sait que ce grand homme fournit lui-même, après sa mort, le plus éclatant démenti à cette opinion ; les hémisphères de son cerveau étaient en effet asymétriques.
Les hémisphères cérébraux présentent un grand nombre de circonvolutions, disposition qui permet de loger une bien plus grande quantité de substance nerveuse dans un espace donné. Les lobes, plis et circonvolutions sont dus, d'après Duret, non à des territoires vasculaires, mais bien à des influences physiques, et le plissement du cerveau serait déterminé par la résistance du crâne et le mode de rayonnement des fibres de l'expansion pédonculaire. Je me rattache d'une manière absolue à cette opinion. — Les circonvolutions sont formées d'une substance grise extérieure et d'une masse blanche intérieure, entourée par la précédente. Nous reviendrons sur la question de structure des circonvolutions en étudiant la structure du cerveau en général. Les deux hémisphères sont parfaitement séparés dans leur tiers antérieur et postérieur, mais, dans leur tiers moyen, ils sont unis par deux lames, l'une supérieure, blanche, épaisse, corps calleux, l'autre, inférieure, grise et mince, qui fait partie de la base du cerveau.
La surface extérieure du cerveau se divise en surface supérieure ou convexe et surface inférieure ou base du cerveau.
Surface supérieuri;. — Elle répond aux parois antérieures, latérales et postérieures de la voûte crânienne, depuis la région orbitaire jusqu'à la protubérance
CENTRES NERVEUX
occipitale interne. Sur la ligne médiane antéro-postérieure, elle est divisée en deux moitiés symétriques, par une fente profonde qui répond à la faux du cerveau. Cette scisswe inter hémisphérique comprend en avant et en arrière toute la hauteur du cerveau, mais dans sa partie moyenne elle est occupée dans sa profondeur par le corps calleux, qui réunit les deux hémisphères. La faux du cerveau occupe toute la hauteur de cette scissure, sauf en avant et en bas, où les deux hémisphères peuvent se mettre en contact l'un avec l'autre. Chaque hémisphère doit donc présenter une surface externe convexe, se reliant, par sa circonférence, à la base du cerveau, une surface interne, verticale, et une surface inférieure, qui fait partie de la base du cerveau. Les circonvolutions cérébrales ainsi que les différentes scissures ou sillons qui
l'A H FA
TaT.Tt S F
Fig. 273. — Cerneau humain, face latérale droite (*).
les séparent ont été très étudiées, depuis une vingtaine d'années, depuis la découverte des centres moteurs et sensitifs dans les circonvolutions rolandiques, et dans celles du lobe temporo-occipital.
1» Circonvolutions de la face externe des hémisphères (fig. 273 et 274). — Au début, chez le fœtus, le cerveau est lisse, et ne présente aucune circonvolution. On n'y voit qu'une profonde vallée, fosse de Sylvius, légèrement oblique en haut et en arrière, dont les parties latérales, frontales en avant, pariétales en haut, temporo-occipitales en arrière, se développant, amènent cette vallée profonde à n'être
(*) R. Sillon de Rolando. — Fo. Sillon occipital (ou perpendiculaire externe). — S. Scissure de Sylvius.
Fl' f^2i ^3- J^6S trois circonvolutions frontales. — FA. Circonvolution frontale ascendante. — Pj, P2^ Pg, Les trois circonvolutions pariétales. — 0]. O2, O3. Les trois circonvolutions occipitales. — Tj, T2, T3. Les trois
circonvolutions temporales. — x. Point où la seconde pariùtale prend naissance sur la première pariétale.
a. Branche antérieure, et s. Branche postérieure de la scissure de Sylvius. Les circonvolutions frontales, en vert clair; la frontale ascendante en vert foncé, la pariétale ascendante en orangé, les pariétales en rou^e, le lobe occipital en bleu, le lobe temporo-sphénoïdal en brun (Huguenin, Anatomie des centres nerveux).
NÉVROLOGIE
plus qu'une scissure, scisswe de Srjlvius (fig. 273, S). La formation de la fosse de Sylvius est due à la présence des apophyses d'Ingrassias, qui séparent, comme nous l'avons dit, sur la face inférieure du crâne, l'étage antérieur d'avec l'étage moyen. La masse cérébrale en se développant se moule dans ces fosses osseuses (lue divisent les petites ailes du sphénoïde.
Sur la surface externe du cerveau, on trouve : i» La scissure de Sylvius, qui prend naissance à la face inférieure du cerveau où elle sépare le lobe frontal d'avec le lobe postérieur, gagne la face externe et, après un court trajet, se divise en deux branches : l'une, antérieure, courte ; l'autre, postérieure, oblique en haut et en arrière, très longue. Leur angle de séparation embrasse la partie inférieure et réunit les deux circonvolutions qui bordent la scissure de Rolande, partie inférieure à laquelle on donne le nom (Vopercule. En écartant les deux bords de la scissure et en relevant l'opercule, on trouve dans la profondeur les circonvolutions digitées de Vinsula de Reil, lobe central, lobule de Vinsula. La branche antérieure courte de la scissure de Sylvius se divise elle-même en deux branches divergentes qui entourent en bas l'extrémité inférieure, le crochet de la troisième circonvolution frontale (de Broca); la branche postérieure longue remonte obliquement en dehors et en arrière sur la face externe de l'hémisphère, en séparant le lobe pariétal du lobe sphénoïdal ; elle embrasse à son extrémité le bord inférieur du pli courbe. 2° La scissure de Rolando (fig. 273, R), qui, chez l'homme, est obliquement dirigée de haut en bas et d'arrière en avant, n'atteint pas tout à fait en haut le bord de la scissure inter-hémisphérique et n'atteint pas non plus en bas la scissure de Sylvius ; elle sépare donc deux circonvolutions, dirigées de bas en haut et d'avant en arrière, qui se réunissent en haut et en bas en décrivant ainsi une ellipse très allongée, qui embrasse la scissure de Rolando. Ce sont : en avant, la circonvolution frontale ascendante (fig. 273, FA), et en arrière, la circonvolution pariétale ascendante (fig. 273, P A). La scissure de Rolando est verticale chez les animaux. Chez les singes anthropoïdes, elle s'incline déjà. Chez le fœtus aussi, elle est verticale, c'est par suite du développement du lobe frontal qu'elle s'incline de plus en plus en arrière. Dans les races humaines inférieures, cette inclinaison est moindre que dans les races supérieures. Chez le fœtus, l'obliquité se développe de plus en plus, à mesure que les circonvolutions frontales, première et deuxième, s'exagèrent aux dépens des autres et les rejettent en arrière. On peut donc admettre que le degré d'obliquité de ce sillon indique la mesure du développement des facultés psychiques, intellectuelles de l'individu. 3° Scissure inter pariétale. Entre le sillon de Rolando et l'extrémité postérosupérieure de la branche postérieure de la scissure de Sylvius, on voit une nouvelle scissure curviligne à concavité antéro-inférieure. On lui donne le nom de scissure interpariétale, puisqu'elle sépare les circonvolutions pariétales entre elles. Dans sa courbure, entre sa concavité et l'extrémité supérieure de la longue branche de la scissure de Sylvius, se trouve le pli courbe. 4° Scissure perpendiculaire externe, sillon occipital, sillon pariéto-occipital. Très petite chez l'homme, beaucoup plus allongée chez les singes, elle sépare en arrière le lobe occipital d'avec le lobe pariétal; sur la surface externe du cerveau humain, elle est à peine constituée par un sillon qui ne mériterait aucune mention s'il ne présentait une grande importance en anatomie comparée ; nous allons le retrouver sur la face interne, où il estbeaucoup plus développé. 5° Scissure parallèle. Étendue parallèlement au-dessous de la partie postérieure de la scissure de Sylvius, elle n'atteint pas en avant le bord antérieur du lobe temporal, et est séparée en arrière de la scissure interpariétale par un repli cérébral d'où dépend le pli courbe ; elle
CENTRES NERVEUX
sépare deux circonvolutions temporales. Enfin, en avant, sur le lobe frontal, on trouve deux scissures incomplètes antéro-postérieures, séparant les circonvolutions frontales, et, en arrière et en bas, une autre scissure qui sépare la deuxième circonvolution temporale d'avec la troisième. — Les sillons et scissures peuvent, suivant les individus, varier dans leur étendue et leur division. Nécessairement elles font varier aussi les circonvolutions qu'elles séparent. Entre ces circonvolutions peuvent exister des sortes de ponts transversaux, replis que l'on désigne
F3 F. F, F, F;i Kj
FO O2SH Oi FO SR
Fig. 274. — Hémisphère de V encéphale de l'homme, face supérieure (*).
sous le nom de plis de passage, mais en réalité le type général se retrouve toujours.
Circonvolutions du lobule de Vinsula. — Nous avons vu plus haut qu'en écartant les lèvres de la scissure de Sylvius et en repoussant légèrement en haut l'opercule, on trouve au-dessous un lobule, insula, formé par des circonvolutions digitées
(*) SR. Sillon de Rolande. — FO. Sillon occipital. — S'H. Sillon de l'Iiippocanipe. — Les autres lettres comme dans la figure 273 (Huguenin). Les circonvolutions frontales, en vert clair; la frontale ascendante, en vert foncé; la pariétale ascendante, en orangé; Iç lobe pariétal, en rouge; le lobe occipital, en bleu.
NÉVROLOGIE
qui vont en s'écartant en haut et se réunissent en bas sur un sommet assez large, que limitent en avant la troisième frontale et en arrière la première temporale. Ces dernières circonvolutions sont séparées de la plus antérieure et de la plus postérieure de Tinsula par des sillons nets et assez jjrolonds ; il en est de même de l'extrémité supérieure de l'insula, qu'un sillon supérieur sépare de l'opercule. La circonvolution la plus postérieure de l'insula est plus volumineuse que les autres, et est inclinée de haut en bas et d'arrière en avant. La substance blanche de ces circonvolulions insulaires forme une lame qui les sépare en dedans de Vavant-miir, lequel présente lui-même à sa face externe des saillies et des dépressions en rapport avec celles formées par les circonvolutions digitées de l'insula. En haut cette substance blanche se continue avec celle des circonvolutions rolandiques, en avant avec celle de la troisième frontale et en arrière avec celle de la première temporale.
Sur la surface externe de l'hémisphère, on trouve d'abord deux circonvolutions limites de la scissure de Rolandi) : celle qui est située en avant est la circonvolution frontale ascendante; celle ([ui est en arrière, la circonvolution pariétale ascendante. La première est limitée en avant par une scissure qu'interrompent trois plis de passage; l'un, le plus supérieur, se continue avec la circonvolution frontale supérieure, qui longe en haut la scissure interhémisphérique; le second se continue avec la circonvolution frontale moyenne, et le troisième, avec la circonvolution frontale inférieure, en contournant l'extrémité de la branche antérieure de la scissure de Sylvius, et en formant ainsi le pli sourciiier. Cette troisième circonvolution frontale a son extrémité inférieure, son crochet, son cap, embrassé par les deux divisions de la branche antérieure de la scissure de Sylvius. Elle se relie à la frontale ascendante par son pied, dans lequel, depuis les travaux de Broca, on localise le centre fonctionnel psycho-moteur du langage articulé; aussi donne-t-on à cette circonvolution le nom de circonvolution de Broca. Toutes les trois circonvolutions frontales se relient par un pied sur la frontale ascendante. Ce pied peut être divisé; au lieu de trois il peut y en avoir quatre ainsi que nous le verrons. La circonvolution pariétale ascendante se continue en haut et en arrière, le long de la scissure interhémisphérique, par la circonvolution pariétale supérieure, séparée de la circonvolution pariétale intérieure par la scissure interpariétale ; la première se continue en bas et en arrière, en contournant la scissure perpendiculaire externe, avec la première circonvolution occipitale. Quant à la circonvolution pariétale inférieure, elle contourne d'abord l'extrémité supérieure de la scissure de Sylvius, puis la même extrémité de la scissure parallèle, en constituant un repli dit pli courbe. Les sinuosités ciu'elle forme ont pris le nom de lobule du pli courbe.
Au-dessous de la scissure de Sylvius se trouve le lobe temporal, formé par trois circonvolutions parallèles, dites première, deuxième, troisième temporale. Les deux premières sont séparées l'une de l'autre par la scissure parallèle; enfin, le lobe occipital, très petit sur la surface externe du cerveau, est limité en haut par la scissure perpendiculaire externe, et se compose aussi de trois circonvolutions, dont l'une, Voccipitale supérieure, se continue avec la première pariétale ; dont la seconde se continue avec le pli courbe de la deuxième pariétale, et dont la troisième se continue avec les deuxième et troisième temporales.
2" Circonvolutions de la face interne de l'hémisphère (fig. 27b). — Immédiatement au-dessus du corps calleux, se voit une circonvolution fort large, qui borde ce corps, dont elle est séparée par un pli, sinus du corps calleux. Son bord supé-
CENTRES NERVEUX
rieur est nettement limité par un sillon dit sillon calloso-marginal, qui dans son tiers postérieur se recourbe à angle presque droit pour remonter jusque sur la face externe, où il se termine par une branche plus ou moins allongée. Entre cette partie ascendante du sillon calloso-marginal et le sillon perpendiculaire interne qui lui est sensiblement parallèle se trouve le prsecuneus. Cette circonvolution est dite circonvolution du corps calleux, circonvolution de l'ourlet, gyrus fornicatus, cingidum; son extrémité antérieure se prolonge au-dessous du bec du corps calleux, et son extrémité postérieure se continue au-dessous du bourrelet de ce corps, pour aboutir à la circonvolution de l'hippocampe, en décrivant ainsi une grande ellipse à grand axe anléro-postérieur, dont les deux extrémités ne sont séparées que par le passage des pédoncules cérébraux, qu'elles embrassent
Fig. 275. — Hémisphère de l'homme, face interne (*).
pour ainsi dire. Au-dessus des deux tiers antérieurs du sillon calloso-marginal. Ton trouve une grande circonvolution, qui est la face interne de la première ciiTonvolution frontale. Elle se termine en haut et en arrière au niveau du point correspondant à la terminaison supérieure des circonvolutions frontale et pariétale ascendantes. A quelque distance et en arrière de ce point, se voit un sillon assez court, branche du sillon calloso-marginal, qui vient aboutir à la scissure interhémisphérique. Les replis situés sur la face interne et compris entre ce sillon et la terminaison postérieure de la première circonvolution frontale forment le
(*) c. Couche optique. — d. Coupe du pédoncule cérébral. — Scm. Sillon calloso-marginal. — For. Gyrus fornicatus (circonvolution du corps calleux). — Fo. Sillon occipital (perpendiculaire interne''. — C. Le coin (cuneus). — S'H. Sillon de Thippocanipe. — D. Gyrus descendens. — L. Lobulus linyualis. — H. Circonvolution de l'hippocampe; a. Point où cette circonvolution se continue avec le gyrus fornicatus. — Fus. Gyrus fusiformis. — Pc. L'avant-coin (prœcuneus) (Huguenin). Le lobe frontal en vert, le lobule paracentral en vert foncé, le lobule quadrilatère, en jaune; le cunéus, en bleu; les circonvolutions temporo-sphéno'idales, en brun; la circonvolution de l'ourlet en rouge.
NÉVROLOGIE
lobule par acentr al. En arrière de ce lobule, le sillon calloso-marginal, replié angulairement vers le bord de la scissure interhémisphériqne, ainsi que nous venons de le dire, limite en avant un lobule dit lobule quadrilatère, ou pj^seciineus, limité luimême en bas par la continuation du sillon perpendiculaire externe qui, sur la face interne, prend, on ne sait pourquoi, le nom de scissure perpendiculaire interne, et est dirigé obliquement de haut en bas et d'arrière en avant. Cette scissure perpendiculaire interne, sillon paiiéto- occipital, se réunit angulairement à une dernière scissure dirigée presque horizontalement, scissure des hippocampes, scissure c.alcarine. Ces deux scissures, perpendiculaire interne et des hippocampes, limitent un lobule dit lobe cunéiforme, cunéus, lobe triangulaire ou lobe occipital interne. Les circonvolutions qui sont situées au-dessous de ce lobule sont dites circonvolutions temporo-occipitales. C'est au niveau du sommet du cuneus, c'est-à-dire au point angulaire où les deux scissures perpendiculaire interne (pariéto-occipitale) et calcarine (scissure des hippocampes), se réunissent, que la circonvolution de l'ourlet se continue aYecla. circonvolution de Vhippocampe, subiculum, circonvolution retournée, comme nous le verrons plus loin, qui constitue le pied hippocampique ou corne d'Ammon. Elle-même se termine en avant (voir plus loin), par un repli en crochet, gyrus uncinatus.
3° Circonvolutions de la face inférieure de 1 hémisphère (fig. 276). — Sur sa face inférieure, l'hémisphère cérébral est séparé en deux parties inégales par la scissure de Sylvius : la partie antérieure est dite lobe frontal; elle se compose d'abord de deux circonvolutions rectilignes étendues d'arrière en avant et séparées'par un sillon longitudinal, dit sillon olfactif, occupé par la bandelette olfactive (voir : Origine réelle du nerf olfactif). La circonvolution la plus interne est dite gyrus rectus; elle se continue en avant avec la circonvolution frontale supérieure, tandis qu'en arrière, elle se continue avec l'extrémité antérieure de la circonvolution du corps calleux. La circonvolution qui longe en dehors la gouttière olfactive est la deuxième frontale ; celle qui forme le bord externe du lobe orbitaire est la troisième circonvolution frontale. Entre les deux dernières circonvolutions frontales existe un grand nombre de plis de passage qui les réunissent l'une à l'autre et qui, au centre du lobe orbitaire, sont d'ordinaire séparées les unes des autres par une sorte de sillon en forme de H, plus ou moins régulier, sillon cruciforme. Les anatomistes allemands donnent le nom de première frontale à celle que nous appelons troisième et celui de troisième à notre première. — Sur la face inférieure de l'hémisphère, on ne trouve en arrière que trois grandes circonvolutions limitées par des sillons ; la première se voit plutôt sur la face externe de la région postérieure, c'est la circonvolution temporale supérieure ou première circonvolution temporale; la scissure qui la sépare de la deuxième est constante ; il n'en est pas ainsi de celle qui sépare les deuxième et troisième circonvolutions temporales. A la face inférieure du cerveau l'on trouve en outre un sillon, sillon occipito-temporal, qui se porte horizontalement en avant, entre le lobe temporal et le lobe occipital, et qui limite en dedans une quatrième circonvolution temporooccipitale, circonvolution de l'hippocampe, reliée en arrière à un groupe de circonvolutions occipitales (fig. 276 et 277).
De toutes les scissures qui par leur présence déterminent la disposition des circonvolutions, celle qui, indépendamment de la scissure de Sylvius, apparaît la première, c'est le sillon calloso-marginal ; après lui, apparait la scissure de Rolando, puis la perpendiculaire externe et interne, l'interpariétale et l'occipitotemporale. Ce sont là les sillons primaires auxquels viennent s'ajouter successi-
CENTRES NERVEUX
vement les sillons secondaires frontaux, pariétaux, temporaux et occipitaux.
Surface inférieure ou base du cerveau. — Supposons le cerveau isolé et séparé du 'cervelet et de risthme de l'encéphale par une section des pédoncules cérébraux. La base du cerveau nous apparaît alors sous une forme assez irrégulière; elle est plane en avant, fortement convexe sur les parties latérales de la région
SH l'o (■.'
Fig. 276. — Hémisphères cérébraux de l'homme, face inférieure (*).
moyenne, et enfin concave en arrière. La scissure interhémisphérique existe dans les tiers antérieur et postérieur, mais fait défaut dans le tiers moyen. Latéralement, à l'union do la partie antérieure plane avec la partie moyenne convexe, se
(*) Spa. Espace perforé antérieur. — p. Limite de l'écorce grise cérébrale en avant de cet espace. — s, Scissure de Sylvius. — GR. Gyrus reclus. — H. CirconvoUilion de l'iiippocampe. — T-'. Troisième circonvolution temporale. — TOI. ['lemii're circonvolution occipito-tcmporale [gyrus fusiformis). — T02. Seconde circonvolution occipito-teniporale [lobuliis lingiialis) . — Pc'. Sillon occipital (scissure perpendiculaire interne). — ■ C. Le coin {cu7ieus). — SH. Sillon de l'iiippocampe. — Se. Sillon crucilorme de la face orbitaire du lobe frontal (Hugucni:i). Les circonvolutions frontales sont en vert, l'occipito-temporalc en brun, la troisième temporale en jaune, le cunéus en bleu.
Beao.nis et Bouchard.
NÉVROLOGIE
trouve un sillon très prononcé, dirigé de dedans en dehors el de bas en haut, c'est la sr-issure de Sylrius. Elle sépare le lobe antérieur ou frontal de riiémisphère de son lobe |)ostérieur. La saillie ronvexe en l'orme de mamelon, qui constitue la partie antérieure du lobe postérieur, peut être désignée sous le nom de lobe moyen ou lobe spliénoïdal, c[uoiqu'elle ne soit pas délimitée d une manière précise d'avec la partie concave, qui formerait alors à elle seule le lobe postérieur ou occipital. Le lobe antérieur l'epose sui' la face supérieure de la voûte orbitaire; le lobe moyen répond à la fosse sphénoïdale, et le lobe postérieur correspond à la face supérieure de la tente du cervelet. La scissure de Sylvius, qui loge dans sa profondeur l'artère cérébrale moyenne, artère sylvienne et ses branches, décrit une courbe à concavité supérieure et se bifurque. L'une de ses branches est assez longue et se perd, ainsi que nous l'avons dit, parmi les circonvolutions de la face externe ; l'autre est plus courte et se dirige en se bifurquant en haut et un peu en avant.
Si nous t'tLidions, au contraire, les organes nerveux encéphaliques dans leur ensemble tels qu'on les extrait du crâne, les deux lobes antérieur et moyen nous apparaissent ainsi que nous venons de les décrire, mais le lobe postérieur est caché par le cervelet.
Nous avons vu qu'à la face supérieure le fond de la scissure interhémisphérique est occupé, dans sa partie moyenne, par une lame de substance blanche, le Corps calleuT, qui unit les deux moitiés du cerveau. A la face inférieure, il en est de même ; cependant la commissure qui les unit n'est plus formée uniquement par de la substance blanche, mais par un mélange de celle-ci avec la substance grise. On trouve dans cette partie moyenne, en allant d'avant en arrière: 1" en écartant légèrement les deux lobes antérieurs, ïextrémité du corps calleux, genou du corps calleux, avec ses pédoncules; 2° ïespace perforé antérieur ; 3° le chiasma des nerfs optiques et la racine grise de ces nerfs; 4° le tuber cinereum; b° la tige pituitaire et la glande du même nom; G° les tubercules mamillaires ; 1° l'espace interpëdonculuire ; 8° les pédoncules cérébraux; 9° la protubérance annulaire ; 10° le bulbe.
Le bulbe, la protubérance, de même que les pédoncules cérébraux, nous sont déjà connus et nous allons décrire successivement toutes les autres parties de la base du cerveau :
1° L'extrémité antérieure du corps calleux, genou du corps calleux, se replie d'avant en arrière et de haut en bas, pour se continuer avec les parties qui forment la base du cerveau. Arrivée à l'extrémité postérieure de la scissure qui sépare les deux lobes antérieurs du cerveau, on la voit se diviser en deux lamelles blanches qui s'écartent angulairement et se dirigent de dedans en dehors et un peu d'avant en arrière, vers l'extrémité antérieure du lobe temporal où elles se perdent: ce sont les pédoncules du corps calleux; ils longent les bandelettes optiques et arrivent jusqu'au voisinage de la scissure de Sylvius. Dans leur angle de séparation se trouve une lamelle grise qui constitue la racine grise des nerfs optiques, lame sus-optique. Les lamelles sus-optiques des deux côtés sont reliées entre elles par une petite partie grise très mince, qui se déchire sous le moindre effort et qui ferme en avant le ventricule moyen.
2° L'espace perforé antérieur est situé sur les deux côtés de la ligne médiane, immédiatement en dehors du point oii les deux pédoncules du corps calleux se séparent pour se diriger en dehors et en arrière. Sa forme est celle d'un quadrilatère allongé, dont les deux bords les plus longs sont situés en avant et en arrière. 11 est limité en avant par la racine blanche externe du nerf olfactif ; en
?ig. 277. — Base du cerveau et origine apparente des nerfs crâniens (*).
(*) 1) Lobe frontal. — 2) Lobe sphénoïdal. — 3) Corps et tige piluitairos. — 4) Espace perforé antérieur. — 5) Tuber cinereum. — 6) Tubercules mamillaires. — 7) Espace iuterpédoiiculaire. — 8) Pédoncule cérébral.
— 9) Protubérance annulaire. — 10) Pyramide antérieure. — 11) Olive. — 12) Entre-croisement des pyramides.
— 13) Face inférieure d'un liéniisplière du cervelet. — 14) Coupe du bulbe. — 15) Extrémité postérieure du verrais inferior. — 16) Extrémité postérieure du lobe occipital du cerveau. — 17) Chiasma des nerfs optiques.
I. Nerf olfactif. — II. Nerf optique. — III. Nerf oculo-moteur commun. — IV. Nerf pathétique. — V. Nerf trijumeau. — VI. Nerf oculo-moteur externe. — VII. Nerf facial. — VIII. Nerf auditif (entre le facial et l'auditif on voit le nerf de Wrisberg). — IX. Nerf glosso-pharyngien. — X. Nerf pneumogastrique. — XI. Nerf spinal. — XII. Nerf grand hypoglosse.
NÉVROLOGIE
arrière parle jjédoncule du corps calleux et la bandelelte optique: en dedans par la racine grise des nerfs de la vision ; en dehors il se perd dans le prolongement sphénoïdal du lobe moyen du cerveau. Cet espace est constitué par une lamelle grise perforée dans sa partie la plus interne par un nombre assez considérable de petits trous vasculaires disposés en séries régulières. Elle représente la lame inférieure, la base de la vésicule cérébrale antérieure primitive.
3° Le chiasma des nerfs optiques {iig. 277) est formé par l'adossement des deux bandelettes optiques qu'il reçoit par ses angles postérieurs, tandis que par ses angles antéi'ieurs il émet les nerfs optiques. Sa forme est celle d'un petit carré allongé transversalement. 11 est constitué par des fibres blanches, disposées de telle manière qu'une partie de celles de chaque bandelette se rendent dans le nerf du côté opposé, faisceau interne, croisé ou nasal, tandis que les autres, faisceau externe, temporal ou direct, vont dans le nerf du même côté. En arrière de cet entre-croisement se trouvent, en outre, des fibres commissurales allant directement d'une bandelette à celle dti côté opposé. Ces fibres commissurales paraissent former des anses destinées à unir, par l'intermédiaire du chiasma, les tubercules quadrijumeaux des deux côtés. Nous reviendrons sur cette question en étudiant le nerf optique.
Les bandelettes optiques sont des cordons de substance blanche, qui naissent des corps genouillés (dépendances des tubercules quadrijumeaux), se portent en avant, contournent les pédoncules cérébraux et arrivent au chiasma après avoir longé les côtés du tuber cinereum. Elles sont d'abord aplaties, mais s'arrondissent avant de pénétrer dans le chiasma.
Au-dessous de la bandelette optique, au point où elle contourne le pédoncule et recouverte par elle, l'on trouve une nouvelle bandelette blanche qui à son tour contourne le pédoncule. Gratiolet lui a donné le nom d'anse pédonculaire à laquelle Meynert a décrit quatre couches qui proviennent des différentes régions de l'écorce, contournent le bord inférieur du noyau lenticulaire et vont se perdre les unes dans la calotte, d'autres dans le pied du pédoncule, et dont la plus grande partie vont aux noyaux de la couche optique.
En soulevani le chiasma et en le portant un peu en arrière, on découvre une lamelle grise, triangulaire, située entre les pédoncules du corps calleux. Elle se porte de haut en bas et un peu d'avant en arrière pour atteindre le bord inférieur du chiasma, c'est la racine grise des nerfs optiques, lame sus-optique que nous venons de décrire.
4" Le tuber cinereum (fig. 277, 5) est une lame grise, triangulaire, limitée en avant par le bord postérieur du chiasma, en arrière par les tubercules mamillaires, et latéralement par les bandelettes optiques. Il forme la partie la plus déclive du plancher du ventricule moyen. Sur la partie médiane du tuber cinereum se voit un appendice en forme de tige, un peu évasé à son point d'insertion : c'est la tige pituitaii^e.
5" La tige pituitaire est un petit prolongement mesurant à peu près 0",005 de longueur, dirigé de haut en bas et d'arrière en avant. Elle a la forme d'un cône très allongé, dont la base, élargie en entonnoir, est insérée sur le tuber cinereum, et dont le sommet aboutit au corps pituitaire. Elle parait formée d'une lame de tissu connectif dépendant de la pie-mère, enveloppant une légère couche de substance nerveuse grise, doublée par l'épendyme.
6" Le corps pituitaire ou hypophyse (fig. 277, 3) est un petit organe, appendu à la tige pituitaire, et logé dans la selle turcique, dans laquelle il se trouve fixé
CENTRES NERVEUX 581
par une lame de la dure-inère; cette laine fibreuse est percée d'une ouvertuie pour livrer passage à la tige pituitaire. L'hypophyse est ovale, allongée transversalement, arrondie par sa face inférieure et plane ou légèrement convexe par sa face supérieure.
Le corps pituitaire est formé de deux lobes séparés par une cloison connective médiane. Le lobe antérieur est plus considérable, d'une couleur jaune rougeâtre et parait présenter les caractères d'une glande vasculaire sanguine. Le lobe postérieur est petit et grisâtre : il contient des éléments nerveux, c'est avec lui seul que la tige pituitaire est en rapport ; il se développe aux dépens de la lame inférieure du cerveau intermédiaire et du plancher du troisième ventricule par conséquent. Le lobe antérieur se développe avec l'aditus antérieur du pharynx primitif.
1" Les tubercules mamillaires (fig. 277, 6) sont situés en arrière du tuber cinereuw, en avant de l'espace interpédonculaire et sur le côté interne des pédoncules cérébraux. Ces tubercules sont au nombre de deux et adossés par leur côté interne. Leur nom indique leur forme, lis sont blancs à l'extérieur et formés de substance grise dans leur intérieur. Cette substance centrale se continue avec celle des amas qui se trouvent sur les côtés du troisième ventricule. La substance blanche extérieure est due aux piliers antérieurs du trigone, qui embrassent ces tubercules en décrivant une anse, /"aîscedu de Vicq-d'Azyr: je rappelle ici aux lecteurs, que nous avons décrit plus haut un faisceau blanc du ruban de Reil qui paraît se rendre aux tubercules mamillaires.
8° L'espace interpédonculaire (fig. 277, 7) a la forme d'un petit triangle à base antérieure, et est limité en avant par les tubercules mamillaires, en arrière par le bord antérieur de la protubérance annulaire, et latéralement par les pédoncules cérébraux. II est formé par une lame de substance grise, criblée d'un grand nombre de petits trous vasculaires, d'oii lui est venu le nom d'espace perforé postérieur. Sur sa partie moyenne se voient des petits tractus blancs, qui sont les fibres d'origine des nerfs oculo-moteurs communs.
Les pédoncules cérébraux (fig. 277, 8), que nous avons déjà décrits, sont deux faisceaux blancs qui sortent de dessous la 'protubérance comme de dessous un pont (voir plus haut).
Si, par une coupe verticale, l'on vient à retrancher le cervelet et l'isthme d'avec les pédoncules cérébraux, ou que simplement on soulève le cervelet, et avec lui le bulbe et la protubérance, on aperçoit sur la ligne médiane l'extrémité postérieure du corps calleux et la partie postérieure de la grande scissure interhémisphérique.
Vextrémité postérieure du corps calleux ou bourrelet du corps calleux n'est pas une lame infléchie en bas comme l'extrémité antérieure de ce corps ; elle forme un bourrelet assez épais, qui se perd latéralement dans les lobes postérieurs du cerveau. Elle est plus large que le genou du corps calleux, et la distance qui la sépare de l'extrémité postérieure des hémisphères est à peu près double de celle qui sépare celui-ci de leur extrémité antérieure.
La partie postérieure de la grande scissure interhémisphérique mesure à peu près le double de sa partie antérieure et est occupée dans toute son étendue par la grande faux du cerveau.
La face inférieure du bourrelet du corps calleux est donc libre ; en se continuant latéralement avec le bord interne de la face inférieure des lobes postérieurs du cerveau, elle constitue la lèvre supérieure de la grande fente de Btchat (fig. 280 et 281). Cette fente décrit une courbure en forme de fer à cheval, à concavité di-
NÉVROLOGIE
rigée en avant, qui embrasse latéralement les pédoncules cérébraux. Le bord antérieur du cervelet forme la lèvre inférieure de cette fente, par laquelle les ventricules latéraux et moyen communiquent avec la surface extérieure du cerveau. C'est par cette ouverture que la pie-mère pénètre dans les ventricules pour y former les plexus cboroïdes et la toile cboroïdienne.
Toutes les parties que nous venons d'étudier, depuis le genou du corps calleux jusqu'à l'espace interpédonculaire, forment la lame inférieure du cerveau qui réunit les deux hémisphères l'un à l'autre, de même que le corps calleux en
Fig. 278. — Covpe de Vieussens, montrant le centre ovale et la partie médiane de la face supérieure du
corps calleux (*).
forme la lame commissurale supérieure. Mais ces deux lames ne sont pas appliquées l'une sur l'autre et limitent entre elles, sur la ligne médiane, un espace libre, dont les parois latérales sont formées par des masses ganglionnaires appartenant à la couche optique. Cet espace est le troisième ventricule, ventricule moyen.
Les pédoncules cérébraux se portent en dehors et en avant, en s'écartantangulairement pour gagner les masses grises qui forment les ganglions du cerveau.
(') )) Centre ovale de Vieussens. — 2) Tractus longitudinaux (nerfs de Lancisi). — 3) Genou du corps calleux. — 4) Bourrelet du corps calleux. — 5) Sillon médian du corps calleux. — 6) Tactus rtransversaux.
CENTRES NERVEUX
(k's niasses {couche optique et corps strié) ne sont pas non plus accolées au corps calleux, qui les recouvre sans y adhérer. En raison de cette disposition, chaque hémisphère présente une nouvelle cavité, ventricule latéral.
Ces trois ventricules, le moyen et les deux latéraux, ne formeraient qu'une seule et même cavité, s'ils n'étaient cloisonnés et séparés les uns des autres par de nouvelles parties. Le ventricule moyen ne s'étend pas aussi loin en avant que les deux ventricules latéraux : sa limite antérieure est formée par les piliers antérieurs du Irigone. Les deux ventricules latéraux seraient donc réunis à leur partie antérieure, s'il ne s'y trouvait une lame intermédiaire destinée à les séparer; cette lame, c'est la cloison transparente.
La partie centrale de chaque moitié du cerveau peut être envisagée comme formée d'un noyau volumineux (les couches optiquesqui appartiennent au cerveau intermédiaire et les corps striés qui se développent avec le cerveau antérieur), auquel aboutissent, d'une part, les libres des pédoncules cérébraux, et, d'autre part, les fibres émanées des circonvolutions de l'hémisphère.
.\ous avons déjà dit plus haut que les circonvolutions cérébrales sont formées d'une lame do substance grise, entourant une partie blanche continue avec le centre de chaque hémisphère. Si l'on pratique des sections horizontales à partir de la surface convexe du cerveau, l'on voit que chaque hémisphère présente une surface ovale, blanche, limitée par une circonférence très sinueuse de couleur grise. Cette surface blanche prend le nom de centre ovale de Vicq-d'Azyr. Si la coupe vient à porter au niveau du corps calleux, l'on obtient une surface identique à la précédente pour chaque hémisphère, mais réunie transversalement à celle du côté opposé par le corps calleux: c'est le centre ovale de Vieussens (lig. 278) formé par les deux centres semi-ovales, un dans chaque hémisphère, dont les fibres blanches se relient d'une part au corps calleux et d'autre part à la capsule interne et à la capsule externe.
1" Corps calleux
La circonvolution de l'ourlet ou du corps calleux, qui longe la face supérieure de ce corps, laisse entre elle et cette commissure un petit espace, qui a été désigné sous le nom de sinus du corps calleux (fig. 279). En introduisant le couteau à ce niveau, et en faisant une coupe oblique dirigée depuis le genou du corps calleux jusqu'à l'extrémité antérieure du lobe frontal, et en répétant cette coupe en arriére, depuis le bourrelet de ce corps jusqu'à l'extrémité postérieure du lobe occipital, ou peut, après avoir promené le doigt trois ou quatre fois d'avant eu arrière, détacher en partie l'hémisphère correspondant et le renverser en dehors. (Test la coupe de Foville, qui réussit surtout sur des cerveaux durcis dans l'alcool. Le corps calleux, dont la coupe de Vieussens ne montre que la partie médiane, se présente alors sous l'aspect d'une voûte recouvrant les ventricules et présentant de chaque côté des prolongements en rapport avec les prolongements des ventricules latéraux.
La face supérieure du corps calleux est convexe d'arrière en avant et présente sur la ligne médiane un petit sillon étendu dans toute sa longueur qui porte très improprement le nom de raphé (fig. 278, b) ; l'on trouve, sur les côtés de ce sillon, deux petits tractus blancs, dont les fibres sont antéro-postérieures. Leur direction n'est pas rectiligne, mais présente toujours de légères inflexions. (]e sont les tractus longitudinaux ou uerfs de Lancisi (tig. 278, 2).
Sur les côtés latéraux et recouverts par la circonvolution de l'ourlet l'on trouve en écartant cette dernière d'autres fibres longitudinales, tractus recouverts, taenia;
JNÉVROLOGIE
tectse, qui partent en arrière du corps godronné, remontent sur la face supérieure du corps calleux et viennent, en s amincissant progressivement, se jeter dans la face inférieure de la circonvolution de l'ourlet.
Sur les côtés des tractus longitudinaux l'on voit les fibres du corps calleux marcher transversalement et se diriger d'un hémisphère à l'autre, en passant audessous des nerfs de Lancisi. C'est à l'ensemble de ces fibres transversales qu'a été donné le nom de tractus transversaux.
Enfin, tout à fait en dehors, la coupe de Foville fait voir de chaque côté que les fibres transversales se coudent toutes au même niveau en se réfléchissant en bas et en dehors pour se perdre dans la substance blanche des hémisphères. De la succession de ces coudes résulte une saillie ou bourrelet latéral, dont la direction est antéro-postérieure et qui constitue le bord correspondant du corps cal-
Fig. 279. — Schéma de la disposition de l'écorce cérébrale par rapport au corps calleux et à la couronne
rayonnante (*).
leux. Les fibres du corps calleux proviennent des hémisphères, dont elles forment la commissure.
h'eœtrémité antérieure du corps calleux forme sur la ligne médiane le genou de ce corps, sur lequel nous ne reviendrons pas. Des angles latéraux partent deux prolongements, cornes frontales du corps calleux, qui vont se perdre dans les lobes correspondants en formant une courbe qui embrasse l'extrémité antérieure des corps striés.
V extrémité postérieure, plus large que la précédente, nous offre à considérer dans sa partie moyenne le bourrelet du corps calleux, qui constitue la lèvre supérieure de la fente de Bichat et latéralement, de chaque côté, en forme de corne, le prolongement occipital (forceps major), qui recouvre le prolongement correspondant du ventricule latéral. En incisant le corps calleux suivant une ligne antéropostérieure passant par ses bourrelets latéraux, on voit que les cornes postérieures
C) a, a) Les ganglions de la base de l'encéphale (masse des couclies optiques, corps strié, etc.). — b, b] Système de projection de second ordre. — c, c) Système de projection de premier ordre. — g) Corps calleux (Huguenin).
CENTRES NERVEUX
se divisent en denx parties, l'une, le l'orceps major, que nous venons de décrire, l'autre, qui constitue un prolongement destiné à recouvrir l'anfractuosité sphénoïdale du ventricule latéral, (le prolongement inférieur du coi ps calleux prend le nom de corne sphé no idale ou tapetum.
Quant à la face inférieure du corps calleux, elle forme la voûte supérieure des ventricules latéraux et moyen. Elle est lisse, légèrement convexe dans son milieu et se continue par sa partie postérieure avec la base du trigone qui s'y accole. En avant, elle donne insertion, sur la ligne médiane, à la cloison transparente, dont la partie antérieure est entourée par la portion réfléchie du corps calleux qui recouvre latéralement les corps striés en fermant ainsi en avant les ventricules latéraux (fig. 289, 1, 2, 3).
Les fibres commissurales de la voûte unissant les différentes parties de l'écorce d'un côté à celles correspondantes du côté opposé, ne doivent donc pas suivre un même trajet: les moyennes sont à peu près transversales; les antérieures, qui viennent de la corne frontale et passent parle genou du corps calleux avant de passer dans le côté opposé, suivent donc une direction curviligne à concavité antérieure, tandis que celles qui viennent de la corne postérieure et qui passent par le bourrelet décrivent une courbure à concavité postérieure, (les trois espèces de fibres unissant des centres corticaux de significations différentes, psychiques en avant, lobe frontal; psycho-motrices au milieu, région rolandique ; psycho-sensitives ou sensorielles en arrière, lobe occipito-temporal, doivent donc, par leurs lésions, correspondre à des symptômes fonctionnels différant les uns des autres et corrélatifs au centre cortical qu'elles unissent. C'est ce qu'a bien démontré A. Pitres.
2° Trigone cérébral. Voûte à trois piliers
Au-dessous du corps calleux se trouve une lame de substance blanche, à fibres antéro-postérieures sur ses bords et transversales dans son milieu. Au premier aspect, cette lame se présente sous la forme d'un triangle isocèle, dont la base est en rapport avec la partie postérieure de la face inférieure du corps calleux, à laquelle elle adhère, tandis que la moitié antérieure du triangle se sépare de cette couche, et par une courbe brusque se porte de haut en bas et un peu d'arrière en avant (fig. 289, 3), pour former l'extrémité antérieure du troisième ventricule. La partie postérieure du trigone, celle qui adhère à la face inférieure du corps calleux, est remarquable par la direction des fibres qui la constituent : celles qui en forment les bords sont antéro-postérieures, piliers postérieurs, bandelettes latérales du trigone; celles, au contraire, qui forment faire de cette partie du triangle sont transversales ; d'où résulte une disposition qui a été comparée à une lyre, psalterium; corpus psalloides; elles forment une véritable commissure entre les deux côtés de la voûte et par suite entre les cornes d'Ammon droite et gauche (fîg. 280 et 281, 5) ; c'est l'opinion que j'ai toujours émise.
La face supérieure du trigone, dans sa moitié postérieure, adhère, comme nous venons de le voir, à la face inférieure du corps calleux ; dans sa moitié antérieure elle donne insertion, sur la ligne médiane, à la cloison transparente, qui s'insinue entre cette partie du trigone et la partie antérieure du corps calleux, à partir du point où le premier se sépare du second, en se portant en bas et en avant (iig. 289, 2 et 3j.
La face inférieure est libre et forme la voûte du troisième ventricule, dont elle n'est séparée que par la toile choroïdienne. Latéralement et par ses bords,
NÉVROLOGIE
elle recouvre la face supérieure des couches optiques et fait ainsi partie de la voûte des ventricules latéraux.
Les deux angles postérieurs du 1rigone,pi7iers postérieurs de la voûte, se portent en dehors et en arrière, et se continuent, d'une part, avec l'écorce blanche de la corne d'Ammon, et, d'autre part, avec le corps bordé ou bordant qui longe le côté interne de cette corne (fig. 280, 3).
L'angle antérieur est constitué par l'adossement des deux bandelettes latérales
Fig. 280. — Coupe du cerveau; le cervelet et l'isthme sont détachés par une section des pédoncules
cérébraux (*).
du trigone, qui bientôt se séparent de nouveau et forment les piliers antérieurs de la voûte.
Ils se portent en bas et un peu en arrière, en embrassant, dans une anse, le tubercule mamillaire correspondant, dont ils forment l'écorce blanche ; puis leurs fibres se dirigent en arrière et en haut, dans l'épaisseur de la couche optique et se perdent dans les cellules nerveuses de ce ganglion cérébral. Ces bandelettes laté-
(') Au moyen d'une coupe Uonzonlale, la face inférieure de la voûte est mise à nu. — 1) Pédoncule cérébra sectionné. — 2) Face inférieure du trigone. — 3) Continuation de son pilier postérieur gauclie avec : 4) Le corps bordant. — 5) Écartement des piliers antérieurs. — 6) Commissure blanclie antérieure. — 7) Bandelette optique. — 8) Cavité du ventricule latéral droit. — 9) Section du pilier postérieur droit de la voûte. — 10) Section du bourrelet du corps calleux au moment où il fournit le forceps major.
CENTRES NERVEUX
raies unissent donc par leurs fibres le système de la circonvolution de la corne d'Animon aux noyaux centraux du cerveau.
Le bord postérieur de la voûte à piliers, unie à la face inférieure du bourrelet du corps calleux, prend donc part' à la formation de la lèvre supérieure de latente de Bichat.
Immédiatement au-dessous du point où les piliers antérieurs s'écartent l'un de l'autre, on voit au-devant d'eux un cordon blanc transversal, qui constitue la commissure blanche antérieure. Cette bandelette formée par des fibres nerveuses a en réalité la forme d'un grand fer à cheval à convexité antérieure qui traverse la partie antérieure du noyau caudé, contourne la face inférieure du noyau lenticulaire en laissant entres ses libres et ce noyau un espace virtuel, sorte de canal dans lequel cheminent les artérioles du noyau central. Sur des cerveaux durcis par mon procédé on peut facilement faire jaillir le noyau lenticulaire hors de cette sorte de cavité que lui forment les fibres de la commissure blanche antérieure. Enfin, ces libres viennent aboutir en s'éventaillant dans le centre blanc des circonvolutions temporales, en constituant ainsi une sorte de corps calleux accessoire entre les circonvolutions temporales des deux côtés. Meynert y rattache des libres venues, d'après lui, du lobe olfactif, qu'elles feraient communiquer ainsi avec les circonvolutions temporales (voir plus loin : iVer/' olfactif).
3° Cloison transparente. Septum lucidum
La cloison transparente ou septum lucidum est une lame verticale qui sépare l'extrémité antérieure des deux ventricules latéraux, ainsi que nous l'avons expliqué plus haut. Elle a la forme d'un triangle curviligne et présente deux faces : deux bords, une base et un sommet.
Le sommet est insinué entre le corps calleux et le trigone au point où ces deux lames se séparent l'une de l'autre.
La base, curviligne, s'appuie en avant sur la portion réfléchie du corps calleux.
Les bords sont: l'un, supérieur, convexe, adhérant à la face inférieure du corps calleux; l'autre, inférieur, concave, fixé sur la face supérieure de la partie antérieure du trigone.
Les deux faces forment la paroi interne de la partie antérieure des ventricules latéraux (fig. 289, 2).
La cloison transparente est constituée par deux lames juxtaposées, mais non adhérentes l'une à l'autre. Elles circonscrivent donc un petit espace libre, plus large en avant qu'en arrière, dans lequel on trouve toujours un peu de sérosité. On lui a donné le nom de ventricule de la cloison (fig. 281, 2).
On a cru longtemps que ce ventricule de la cloison était en communication avec les autres ventricules cérébraux; on sait aujourd'hui, grâce à l'embryologie, qu'il n'en est rien et que le ventricule de la cloison ne se développe pas comme les autres ventricules aux dépens du canal central, mais bien aux dépens de la scissure interhémisphérique, séparée en deux parties distinctes par une lame cérébrale interposée par refoulement.
La cloison transparente est grisâtre et doit sa couleur aux cellules nerveuses qui entrent dans sa structure conjointement avec des fibres blanches qui paraissent dépendre du trigone.
NÉVROLOGIE
4o Toile choroïdienne
Cette toile cellulo-vasculaire, formée par la pie-nière, est étendue horizontalement au-dessus du ventricule moyen, au-dessous de la face inférieure du trigone. Comme ce /dernier, elle a une forme triangulaire et est disposée en voûte. La face supérieure est recouverte par le trigone, mais sans y adhérer. La face inférieure est libre dans la partie médiane et recouvre latéralement les couches optiques. La base , située en arrière, au-dessous du bourrelet du corps calleux, répond à la
Fig. 281. — Toile choroïdienne (*).
partie moyenne de la fente de Bichat. Celte toile se compose de deux feuillets : l'un, supérieur, qui tapisse la face inférieure du trigone ; l'autre, inférieur, au-dessous duquel se trouve la glande pinéale, est immédiatement en rapport avec la face supérieure du troisième ventricule. C'est dans l'espace virtuel compris entre ces deux feuillets que cheminent les vaisseaux et surtout la veine de Galien. Son sommet ou extrémité antérieure se bifurque et se continue de chaque côté, en dehors et en arrière, avec les plexus choroïdes des ventricules latéraux à tra-
(*) 1) Corps strié. — 2) Cavité du ventricule de la cloison. — 3) Piliers anttfrieurs de la voûte sectionnés. — 4) Trigone rejeté en haut et en arrière. —5) Corpus psalloïdes. — 6) Plexus choroïdes. — 7) Toile choroïdienne. — 8) Veines de Galien. — 9) Veine du corps strié.
CENTRES NERVEUX
vers le trou de Monro. Les bords sont situés sur les couches optiques, qu'ils recouvrent, et sont unis latéralement aux plexus choroïdes des ventricules latéraux.
En examinant la face inférieure de la toile choroïdienne, surtout sous Teau comme le conseille Sappey, on voit qu'elle est parcourue d'arrière en avant par deux rangées de granulations rougeàtres, formées par des capillaires pelotonnés. Ce sont les plexus choroïdes du troisième ventricule; ils adhèrent en arrière au pourtour de la glande pinéale et s'adossent en avant pour ne plus constituer qu'un seul cordon médian, qui se divise au niveau de l'extrémité antérieure du troisième ventricule, et se continue avec les plexus choroïdes des ventricules latéraux à travers les trous de Monro.
Le lacis vasculaire de la toile choroïdienne est formé par des artérioles très grêles venues des cérébelleuses supérieures et des cérébrales postérieures. Duret a fait remarquer que les artères de la toile choroïdienne ne se comportent pas comme celles des plexus choroïdes : elles ne sont pas, en efîet, limitées à cette toile. Elles se continuent par des capillaires longs et flexueux sans mailles transversales. Les rameaux veineux de la toile choroïdienne sont très remarquables et viennent tous aboutir aux veines de Galien, ce sont : 1° des veinules, qui proviennent de la partie réfléchie du corps calleux et de la cloison transparente ; elles aboutissent à l'origine de la veine de Galien ; 9.o la veine du corps strié, qui se dirige d'arrière en avant et de dehors en dedans, dans le sillon qui sépare ce corps d'avec la couche optique. Elle se termine, au niveau du trou de Monro, en se joignant aux précédentes, pour former la veine de Galien ; 3" la veine du plexus choroïde du ventricule latéral. Sa direction et sa terminaison sont analogues à celles de la précédente; 4" la veine du trigone et de la couche optique, qui se dirige de dehors en dedans, à peu près transversalement dans la toile choroïdienne, et vient se jeter dans la veine de Galien; 5° une veinule de la corne d'Ammon; et 6" un rameau venu de l'ergot de Morand, qui chemine dans la toile choroïdienne, très près de sa base.
La veine de Galien^ déjà été décrite dans la section de VAngéiologie ; nous ferons seulement remarquer ici que, de même que tous les vaisseaux qui vont du cerveau à 1 dure-mère, elle est entourée par une gaine arachnoïdienne. Nous avons parlé plus haut du prétendu canal arachnoïdien de Bichat, nous n'y reviendrons donc pas.
5° Glande pinéale
On donne le nom de glande pinéale ou de conarium à un petit organe d'une couleur grisâtre qui se trouve situé immédiatement au-dessous du feuillet inférieur de la toile choroïdienne qui l'enveloppe en grande partie. Sa forme est celle d'un cône, ou mieux d'une pomme de pin dont la grosse extrémité serait en avant. Sa direction est oblique de bas en haut et d'arrière en avant. Sa face inférieure est appliquée sur l'intervalle qui sépare les tubercules quadrijumeaux antérieurs (fig. 282, 11). Sa face supérieure répond au bourrelet du corps calleux et à la veine de Galien, ses bords latéraux sont unis au plexus choroïde du troisième ventricule par des vaisseaux et des fibres connectives. Sa base ou extrémité antérieure se compose d'une partie blanche, de laquelle partent trois prolongements appelés pé(ioncM/es de la glande pinéale. L'un se dirige en avant, l'autre en bas, le troisième transversalement.
Le pédoncule supérieur ou antérieur, rênes de la glande pinéale, habense, se porte d'abord un peu en dehors, vient s'appliquer le long de la partie supérieure et interne de la couche optique, se prolonge en avant, et arrive en s'effilant jusqu'au niveau du trou de Monro (fig. 289,18). Ses fibres nerveuses paraissent se joindre aux piliers antérieurs du trigone. Par leur réunion, les deux pédoncules supérieurs de la glande pinéale forment une courl)ure à concavité dirigée en avant.
NÉVROLOGIE
Le pédoncîile inférieur descend en bas et en dehors au-devant de la conniiissure blanche postérieure, pour se perdre dans la couche optique (fig. 289, 17).
Le pédoncule moyen ou transver&al est situé immédiatement au-dessus de la commissure blanche postérieure et va traiisversalemeni à la couche optique de chaque côté.
La glande pinéale ne paraît pas contenir d'éléments de substance nerveuse, elle est formée par un grand nombre de capillaires et beaucoup de tissu connectif. Ce dernier se prolonge dans l'intérieur du conarium et forme, par ses entre-croisements, des mailles irrégulières, dans lesquelles sont déposées des concrétions calcaires, que l'on trouve déjà chez l'enfant. On voit quelquefois ces aréoles réunies en une seule cavité renfermant une seule concrétion grisâtre. Dans ces derniers temps on a considéré la glande
Fig. 282. — Coupe verticale transversale du cerveau et du bulbe (').
pinéale comme étant le rudiment d'un œil avorté qui représenterait chez l'homme l'œil latéral des reptiles. Cette opinion me parait à l'heure actuelle encore très contestable.
6° Couche optique ou thalamus
Les pédoncules cérébraux formés aux dépens du cerveau intermédiaire, ainsi que nous l'avons dit plus haut, se portent en dehors et en avant ; ils rencontrent chacun sur leur trajet une masse ganglionnaire, qui répond à leur côté supérieur et interne. Cette masse porte le nom de couche optique [thalamus opticiiti). En rai-
(*) I^a coupe du bulbe est faite au niveau des olives, la coupe du cerveau au-devant des tubercules quadrijumeaux. — l) Coupe du bulbe. — 2) Coupe des olives. — 3) Partie antérieure du quatrième ventricule. — ■il Valvule de Vieussens. — 5) Pédoncule cérébelleux supérieur. — C) Tubercule quadrijumcau postérieur. — 7) Tubercule quadrijumeiu antérieur. — 8) Ruban de Reil. — y) Extrémité postérieure des corps genouillés. — 10) Coupe de la couche optique. — 11) Glande pinéale. — 12) Coupe de la voûte et du corps calleux réunis. — 13) Coupe de la circonvolution du corps calleux et sinus du corps calleux situé entre elle et ce corps. — 14) Coupe des hémisphères.
CENTRES NERVEUX
son de son adhérence avec le pédoncule en bas et en dehors et avec le corps strié en avant, il est assez difficile de lui assigner une forme bien définie ; elle est irrégulièrement ovoïde et répond : en avant et en dehors, à l'extrémité postérieure du corps strié ; en arrière et en dedans, aux tubercules quadrijumeaux.
L'on oïde que reiti'ésente ce renflement ganglionnaire est dirigé un peu obliquement d'arrière en avant et de dehors en dedans, de telle sorte que les deux couches optiques sont écartées en arrière et plus rapprochées en avant. En arrière, dans leur écartement, se trouvent situés les tubercules quadrijumeaux ; en avant, elles ne sont sé[)arées que par les piliers antérieurs de la voûte. On peut considérer à chaque couche optique quatre faces et deux extrémités.
La fiice supérieure est convexe et fait partie du plancher du ventricule latéral ; elle répond en haut, dans sa moitié postérieure et interne, au trigoneet à la toile choroïdienne. Cette face présente en avant une saillie, un mamelon plus convexe, dirigé d'avant en arrière, tubercule antérieur: en arrière, se trouve une saillie vo-
Fig. 283. — Coupe du corps strie et canal circumpedunculaire du ventricule latéral (*).
lumineuse, pulvinar, qui se continue avec la face inférieure de la couche optique; ce tubercule postérieur recouvre le corps genouillé interne. En dehors cette face supérieure de la couche optique est séparée du corps strié par une bandelette ])lanche, bandelette semi-circulaire, tœnia semi-circularis.
La. face inférieure réi)ond, ainsi que nous l'avons dit, dans sa partie antérieure au pédoncule cérébral sur lequel elle repose; sa partie postérieure est libre.
La face interne est tapissée parune couche de substance grise. Sa partie antérieure est libre et forme la paroi latérale du troisième ventricule. Une lame grise réunit transversalement la substance grise de la face interne de la couche optique d'un côté à celle du côté opposé. C'est la commissure grise, commissure molle.
La face externe delà couche optique est adossée à la face interne du corps strié.
L'extrémité antérieure et amincie de l'ovoïde est contournée par le pilier antérieur de la voûte qui ne lui est pas tout à fait adossé. De l'écartement de ces
(*) 1) Noyau intravcnlriculaire du corps slrif. — 2) Son no; au cxtravciili-iculaire. — 3) Commissure blanclic antérieure sectionnée. — 1, 4) Canal circumiiOdonculaire du ventricule latéral. — 5) Caiité ancvroïde.
NÉVROLOGIE
deux parties résulte une ouverture arrondie, qui fait communiquer le ventricule latéral avec le ventricule moyen. Cette ouverture porte le nom de trou de Monro (fig. 289, 21).
L'extrémité 2^osténevrc efit Sissez volumineuse et forme une saillie arrondie, le ■puMnar, qui est contournée par le pilier postérieur de la voûte et leplexus choroïde correspondant.
La couche optique est formée cie substance grise (cellules nerveuses), entremêlée à de la substance blanche (fibres nerveuses). Les parties cellulaires y forment de petits noyaux ou centres, et, de plus, une lame de même nature, qui tapisse la face interne de ce ganglion. Cette lame est la continuation de celle qui tapisse l'aqueduc de Sylvius, c'est elle qui à la base du cerveau se continue avec la substance grise du tuber cinereum et de l'espace interpédonculaire. Les centres gris de la couche optique sont au nombre de trois : l'un, le moins volumineux, encastré comme un coin entre les deux suivants, occupe le tubercule antérieur de la couche optique ; le second, interne, est en rapport avec les cellules de la lame grise interne; le troisième, externe, plus volumineux, s'étend en arrière jusque dans le pulvinar, dont il forme la masse centrale. Ces noyaux gris sont traversés par de minces faisceaux blancs, d'où résulte en dehors une formniion réticulée; ces faisceaux blancs forment à la surface de la couche optique une couche de fibres blanches, stmtum zonale. Ces fibres blanches proviennent de la calotte du pédoncule cérébral, il en est qui passent de la couche optique dans le noyau gris du corps genouillé externe pour gagner la bandelette optique correspondante
Entre les noyaux de la couche optique et les séparant, l'on voit une mince couche blanche, c'est la lame médullaire interne, tandis qu'on a donné le nom de lame méilullaiie ex/eî'/îe à la formation réticulée qui limite en dehors la couche optique et dont les fibres transversales blanches vont s'adjoindre à la capsule interne qui à ce niveau passe entre la couche optique et le noyau lenticulaire.
Au-dessous de la couche optique se trouve la région subthalamique à laquelle aboutissent des fibres pédonculaires entremêlées de cellules irradiées du locus niger. Plus haut l'on peut apercevoir la prolongation des cellules du noyau rouge de Stilling, et entre ces deux traînées grises un nouveau centre gris intermédiaire : c'est le noyau, ou corps de Luys, formé de cellules très chargées de pigment.
Tous ces centres gris de la couche optique émettent des fibres qui entrent dans la texture de la zone réticulée de cette couche, nous venons de la décrire ; les unes vont se joindre à la capsule interne et gagnent ainsi l'éccrce cérébrale, d'autres vont au corps strié (noyau lenticulaire) ; d'autres encore, comme déjà nous l'avons dit, vont au corps genouillé interne et à la bandelette optique. Il en est en outre qui paraissent venir des centres gris de la couche optique, et aller par trajet rétrograde à travers le pédoncul cérébral jusque dans la protubérance, peut-être aux noyaux moteurs de l'œil.
Luys a cru pouvoir diviser les centres de la couche optique en : un noyau antérieur, olfactif, un noyau moyen optique et un noyau postérieur auditif. Jusqu'ici ce ne sont là que des vues hypothétiques sur la valeur desquelles les recherches ultérieures prononceront.
7° Corps striés
Cette masse nerveuse est située en avant et un peu en dehors de la couche optique, dont elle est séparée en arrière et en dedans par une dépression, sur laquelle se trouvent la veine du corps strié et la bandelette semi-circulaire. Ces parties, sur lesquelles nous allons revenir dans un instant, marquent la séparation de ces deux ganglions cérébraux. Nous avons dit que la couche optique fail partie du cerveau intermédiaire ; le corps strié, au contraire, est constitué par le noyau gris interne du cerveau antérieur; dans les premiers temps de la vie fœtale, il fait saillie dans la cavité de la vésicule cérébrale qui deviendra le ventricule latéral. Par sa face supérieure et interne et par ses extrémités, le
CENTRES NERVEUX
corps strié fait partie du ventricule latéral. Par sa face inférieure, au contraire, il est en rapport médiat avec un Ilot de circonvolutions situées profondément entre la scissure de Sylvius, lobule du corps strié ou insula de Beil.
La face supérieure du corps strié est bombée, allongée en arrière et en dehors, et fait partie du plancher du prolongement frontal, corne antérieure, corne frontale du ventricule latéral (fig. 281, 1).
Les faces inférieure et externe sont en relation, la première avec la capsule externe, la seconde avec la capsule interne.
L'extrémité postérieure, queue du noyau caudé, va en s'effilant jusque dans la corne postérieure du ventricule latéral, elle longe le bord externe de la couche optique et se recourbe au niveau du pulvinar.
Vextrémité antérieure du corps strié, volumineuse,^ <tUe du noyau caudé, est séparée de celle du côté opposé par le septum lucidum, et est embrassée par la ^)artie réfléchie du corps calleux.
En incisant le corps strié, on voit qu'il est formé de deux noyaux de substance grise, séparés par une lame de substance blanche, mais réunis en avant et en bas l'un à l'autre par une sorte de crochet de substance grise. L'un de ces noyaux est supérieur et fail donc partie du plancher du ventricule latéral ; aussi lui a-t-on donné le nom de noyau intra-ventriculaire, noyau caudé. Il est épais en avant, effilé en arrière, où il se perd dans la voûte de la corne postérieure. Le second noyau, noyau inférieur, extra-ventriculaire, noyau lenticulaire, est moins allongé f[ue le précédent et a une forme ovoïde, ou mieux une forme de coin à base tournée vers l'extérieur, à sommet aminci dirigé en bas et en dedans; il est biconvexe. Sa face interne est séparée de la couche optique et du noyau caudé par la capsule interne, sa face externe est séparée de l'avant-mur et de l'insula par la capsule externe. Le sommet du coin formé par une saillie conique que présente la face interne du noyau lenticulaire est en rapport avec la substance perforée antérieure ; il forme en quelque sorte la partie centrale du corps strié.
Le noyau lenticulaire est donc compris entre des faisceaux blancs qui l'entourent comme une capsule, que, suivant sa position par rapport à ce noyau gris, on a divisée en capsule interne plus épaisse et en capsule externe. Dirigée depuis la
{*) 1) Ventricule moyen. — 2) Ventricule latéral. — 3) Prolongement sphénoïdal du ventricule latéral. — 4) Couche optique avec ses trois parties. — 5) Extrémité antérieure du noyau caudé. — 6) Extrémité postérieure du noyau caudé. — 7) Noyau lenticulaire avec ses trois zones. — 8) Avant-mur. — y) iVoyau rouge de la calotte ou de Stilling. — 10) Noyau de Luys. — 11) Locus niger. — 12) Corps genouillé et bandelette optique. — 13) Pied du pédoncule. — 14) Capsule interne. — 15) Son genou. — Iti) Région sous-thalamique séparée ^en deux lames par une mince couche qui se rattache au noyau rouge.
Beauinis et Bouchard. 38
Fig. 28i. — Demi-schéma représentant la capsule interne avec ses diverses fibres et les noyaux de la région sousthalamique (*).
NÉVROLOGIE
base du pédoncule dont les fibres la constituent en grande partie, jusqu'à la face supérieure du noyau lenticulaire et séparant dans ce trajet la couche optique d'avec ce noyau, elle rencontre alors le renflement antérieur, la tête du noyau caudé, au-dessous duquel elle passe en le séparant du noyau lenticulaire ; elle s'est donc coudée à ce xiiveau en formant le genou de la capsule interne. Toutes les fibres qui constituent la capsule interne vont à l'écorce cérébrale (fig. 284 et 28b, L).
Après avoir dépassé l'extrémité supérieure de la face interne du noyau lenticulaire, la capsule interne se continue avec la capsule externe située entre la face externe convexe du noyau lenticulaire, et une lame grise, verticale, avanlmur, claustrum; cette lame, recourbée légèrement vers le dehors à son extrémité
VL T ce F p T VL P
PE a p eu t:) T2
Fig. 285. — Schéma d'une coupe transversale du cerveau, au niveau de la partie moyenne du troisième
ventricule (*)
supérieure, se continue transversalement par son extrémité inférieure avec la couche grise de la substance perforée antérieure ; elle présente sur sa face externe légèrement convexe des petites saillies et des enfoncements en relation avec les circonvolutions de l'insula. Entre l'avant-mur et la substance grise des circonvolutions de l'insula se voit la substance blanche de celles-ci.
En étudiant le noyau lenticulaire, il est facile de voir qu'il est formé de trois parties de couleurs différentes (fig. 285, L) :
1° Une partie externe, plus foncée, dite segment externe ;
2° Un segment moyen;
(*) PE. Pédoncule cérébral, d'où nait la capsule inlorne placée à ce niveau entre la couclie optique (00) elle noyau extra-ventriculaire (L) du corps strié. — a] Cavité "du troisième ventricule. — CC) Corps calleux. — T. Le Irigone. — VL, VL. Les ventricules latéraux. — S) Scissure de Sjivius. — K) Ecorce grise du lobule de l'insula. — L) Noyau lenticulaire (extraventriculaire) du corps strié. — AM. Avant-mur placé dans la capsule externe. — CA. Noyau caudé ou intraventriculaire du corps strié (extrémité postérieure, effilée, de ce noyau). — PPP. Circonvolutions pariétales. — TTT. Circonvolutions temporales. — CH. Circonvolutions de l'hippocampe. — H. Coupe de l'hippocampe. — F. Circonvolutions frontales (Huguenin).
CENTRES NERVEUX
Fig. 286. — Schéma des rapports du corps strié (noyait intra- Fig. 287. — Entre-croisement des veiitriculiiire) et du noyau lenticulaire {noyau extraoentricu- fibres rac/ndiemies et bulbaires,
taire) (*). Effets des lésions de ces fibres {")
(') al Couche grise corticale des liémispliôres. — b) Faisceaux de la couronne rajonnanle du corps strié (noyau caudr ou intraventriculaire). — c) Corps strié. — (/) Faisceaux de la couronne rayonnante du noyau lenticulaire. — f) Le noyau lenticulaire. — g) La couche optique. — h) Système de projection du second ordre (pédoncules cérébrauv émanant du noyau lenticulaire et du corps sLrié). — i) Entre-croisement des pyramides. — k) Cordons antéro-latéraux de la moelle. — l) Substance grise de la moelle (cornes antérieures). — m) Nerfs moteurs périnliériques (racines spinales antérieures). — n) Fibres sensitives de la couronne rayonnante. — o) Entre-croisement su])érieur des pyramides (formé par les conducteurs sensitifs). — p) Cordons postérieurs de la moelle. — q) Substance grise de la moelle (cornes postérieures;. — r) Nerfs sensitifs périphériques (racines spinales postérieures) (Huguenin).
\"} Entre-croisement des hbres rachidiennes en bleu, celui des fibres émanées du noyau bulbaire (en vert) se fait plus haut. Les masses rouges représentent des altérations des fibres. On comprend dès lors que si elles se produisent en A, le faisceau bulbaire n'étant pas encore entre-croisé, tandis que le faisceau rachidien l'est déjà, la paralysie sera alterne, croisée pour les uns, directe pour les autres, tandis que si la lésion porte en B. la paralysie sera croisée tout aussi bien pour la face que pour le reste du corps.
NÉVROLOGIE
3° Un segment interne, le moins coloré des trois. En raison de la forme de coin qu'affecte l'ensemble du noyau lenticulaire, chacun de ses segments est une section de ce coin; le segment le plus externe est donc le plus volumineux, il est rougeàtre et en relation avec le noyau caudé par le crochet gris qui réunit en avant et en bas les deux noyaux caudé et lenticulaire l'un à l'autre. Ce segment externe porte le nom de putamen. L'ensemble du segment moyen et du segment interne porte le nom de globus pallidus. Entre ces #egments passent des Iractus de lîlires blanches qui viennent les unes de l'écorce, les autres des cellules des noyaux caudé et lenticulaire. Ces libres paraissent passer par la face inférieure du noyau lenticulaire, mais leur trajet ultérieur nous est inconnu (fig. 284).
Dans le sillon qui sépare le corps strié d'avec la couche optique, on trouve :
1° La lame cornée ([ui n'est qu'un épaississement de l'épendyme recouvrant quelques liln-es nerveuses irradiées de la bandelette semi-circulaire.
2" La veine du corps strié, située au-dessous de la bandelette semi-circulaire.
3° La bandelette semi-circulaire [Ixnia semicircularis). — Nous ne pouvons mieux la comparer qu'à un lien entourant l'espace circum-pédonculaire. L'origine et la terminaison du taîuia sont encore fort discutées. Quelques anatomistes le font provenir en avant et en haut des piliers antérieurs du trigone au niveau du trou de Monro, pour se terminer à l'extrémité antérieure de la corne d'Ammon dans le noyau amygdalien; d'autres, au contraire, le font provenir des couches optiques et lui assignent le même point de terminaison que les précédents; d'autres encore le font venir du noyau caudé.
Pour Luys, la bandelette semi-circulaire partirait en bas du noyau amygdalien qui, d'après lui, serait en relation avec le nerf olfactif; elle contournerait ensuite successivement les régions inférieure, postérieure et supérieure de la couche optique correspondante et irait se perdre en filaments divergents au milieu de l'amas de substance grise qui constitue le centre antérieur de la couche optique.
8° Ventricule moyen ou troisième ventricule
Ce ventricule est un reste de la cavité de la partie postérieure de la vésicule cérébrale antérieure; cette partie postérieure donne naissance au cerveau intermédiaire, et par conséquent, aux masses latéralement situées qui forment les couches optiques et cjui rétrécissent cette cavité. Situé entre les deux couches optiques, il a la forme d'une fente linéaire et a été comparé à un entonnoir aplati qui présenterait ainsi une base, un sommet, deux faces et deux bords.
La base est formée par la toile choroidienne et par la voûte qu'elle supporte ; latéralement elle est limitée par les pédoncules antérieurs de la glande pinéale.
Le sommet, infundibidum, répond à la tige pituitaire, et par elle au corps de ce nom.
Les parois latérales sont symétri(pies et triangulaires; elles présentent deux parties distinctes que sépare un sillon, sillon de Monro , aboutissant au trou de ce nom : la supérieure, formée par les couches optiques, nous est connue ; Yinféî'U-ure est constituée par une masse de substance grisé, substance gnse inlraventricutaire de Cruveilhier. Elle se continue avec la lame de même couleur du tuber cinereum et le noyau gris des tubercules mamillaires, et est en relation, en haut, avec les deux feuillets de la cloison transparente. Luys considère, à juste titre
CENTRES NERVEUX
d'après nous, cette traînée cellulaire comme la continuation supérieure de la substance grise de l'axe médullaire.
Vers le milieu du ventricule moyen, mais un peu plus près du bord antérieur que du bord postérieur, se trouve une lame grise, horizontale, quadrilatère, à bords libres, un peu courbes, qui relie les deux parois latérales du ventricule : c'est la commissure grise ou molle (fig. 289, 6).
Fig. 288. — Troisième ventricule, face supérieure (*).
Le bord supérieur est rectiligne et oblique d'arrière en avant et de haut en bas. On y trouve successivement de haut en bas : la glande pinéale et ses pédoncules transverses, la commissure blanche postérieure, dont les fibres paraissent venir de la couche optique, de la glande pinéale et de l'écorce des lobes frontal, temporal et de l'insula pour aller gagner la calotte du pédoncule et le noyau d'origine du moteur oculaire commun ; Vouverture antérieure de V aqueduc de Sylvius ou anus, orifice circulaire qui fait communiquer le ventricule moyen avec le quatrième, la lame interpédonculaire, la base des tubercules mamillaires, le tuber cinereum.
1) Corps strié. — 2) Couche optique. — 3) Lame cornée. — 4) Corpus subrotundum de la couche optique. — 5) Cavité du troisième ventricule. — 6) Ventricule de la cloison. — 7) Piliers antérieurs coupés. — 8) Commissure antérieure. — 9) Commissure grise. — 10) Glande pinéale. — H) Voûte sectionnée. — 12) Piliers postérieurs se continuant avec le corps bordant. — 13) Cavité ancyroïde. — 14) Ergot de Morand.
NÉVROLOGIE
Le bord antérieur est très irrégulier et se présente sous la forme d'une ligne deux fois brisée, ou mieux de trois lignes non comprises dans le même plan, quoique présentant une inclinaison semblable et dirigée de haut en bas et d'arrière en avant. La première de ces lignes, ou partie supérieure du bord antérieur, est formée par les piliers antérieurs de la voûte et la commissure blanche antérieure ; la seconde, ou partie moyenne, est formée par la lame grise qui constitue la
Fig. 289. — Encéphale, coupe médiane antéro-postérieure (*).
racine grise des nerfs optiques, et la troisième, ou inférieure, est représentée par le chiasma et le tuber cinereum.
Le trou de Monro, qui fait communiquer les ventricules latéraux et le ventricule moyen, se trouve au niveau du point de conjonction de la paroi latérale avec le bord antérieur du troisième ventricule.
{*) 1) Corps calleux. — 2) Cloison transparente. — 3) Trigone. — 4) Commissure blanclie antérieure. — S) Tubercule mamillaire avec l'anse du pilier antérieur qui le contourne. — 6) Commissure grise. — 7) Nerf optique. — 8) Corps piluitaire. — 9) Protubérance. — 10) Bulbe. — U) Arbre de vie du cervelet. — 12) Aqueduc de Sylvius. — 13) Valvule de Tarin. — 14) Valvule de Vieussens. — 15) Tente du cervelet. — 16) Glande pinéale. — 17) Son pédoncule inférieur. — 18) Son pédoncule supérieur. — 19) Face interne de la couche optique formant la paroi latérale du ventricule moyen. — 20) Toile clioroïdienne recouvrant la face supérieure de la couche optique. — 21) Trou de Monro. — 22) Tubercules quadrijumeauï. — 23) Partie moyenne de la grande fente de Bichat. — D'après Leuret et Gratiolet, Anatomie comparée du système nerveux, Paris, 1838-1857, et Ludovic Hirschfeld, Névrologie, Paris, 1853.
CENTRES NERVEUX
9° Ventricules latéraux
Les ventricules latéraux, restes de la cavité unique d'aliord de la vésicule cérébrale antérieure, vésicule qui s'est divisée en deux moitiés latérales pour les hémisphères, sont situés en dehors de la ligne médiane et peuvent être considérés comme un canal embrassant le pédoncule et les ganglions du cerveau qui leur font suite. Ce canal n'est interrompu qu'au niveau même du pédoncule; il prend son origine eri' avant dans le lobe frontal, s'incline d'abord en arrière et en dedans, se porte ensuite en bas et en dehors, et enfin en avant et en dedans.
11 nait au-dessus et au-devant de l'espace perforé et se termine en arrière du même espace après avoir entouré le corps strié, la couche optique et le pédoncule cérébral {fig. 283, 4, 4). Le ventricule latéral présente donc une partie antérieure et supérieure ou frontale, et une partie inférieure ou sphénoïdale.
Fig. 290. — Corne d' Artimon et corps bordant (*).
En arrière de la couche optique on voit naître un nouveau prolongement du ventricule, prolongement postérieur ou occipital, qui est horizontal et curviligne, à concavité dirigée en dedans.
Partie antérieure ou frontale. — Elle est sensiblement horizontale et antéropostérieure. Sa. paroi supérieure est formée par le corps calleux, dont le genou ferme le ventricule en avant, et qui, par son union avec la substance blanche de l'hémisphère, en constitue le bord externe. La paroi inférieure est formée par le corps strié, la couche optique et les bandelettes qui occupent le sillon de séparation de ces deux ganglions (fig. 281, 1). Le bord interne est dû en arrière au trigone, soudé au corps calleux, et en avant à la cloison transparente. Ce bord devient fa.ce interne dans cette dernière partie à cause de l'élargissement de cette cloison. L'extrémité postérieure se continue avec les deux autres prolongements du ventricule latéral.
(*) 1) Corne d'Ammon. — 2) Corps bordant. — 3) Corps godronné. — 4) Section du pilier de la voûte. — 5) Cavité digitale ou anoyroïde. — 6) Ventricule latéral.
NÉVROLOGIE
Prolongement inférieur, sphénoîdal ou réfléchi. — 11 est aplati de haut en bas, et dirigé d'arrière en avant. La paroi supérieure est formée par le prolongement sphénoîdal du corps calleux ou tapetum. La paroi inférieure présente d'abord sur son bord inférieur à l'extrémité antérieure de la circonvolution du pied d'hippocampe, une saillie grise, noyau amygdalien, renflement projeté en dedans de la substance grise de l'écorce du lobe temporal, puis une saillie blanche, ovoïde, semi-circulaire, convexe en dehors, un peu plus large en bas qu'en haut, qui n'est autre qu'une circonvolution dont la partie blanche fait saillie, tandis que la partie grise se trouve en dedans. Cette saillie porte le nom de corne d'Ammon ou pied d'hippocampe (fig. 290, 1) ; elle présente sur sa surface libre quelques digitations analogues à celles des circonvolutions cérébrales. La circonvolution de l'hippocampe, sur la partie blanche de laquelle repose la face inférieure de la corne d'Ammon, présente en avant un prolongement en crochet replié; entre lui et la circonvolution de l'hippocampe existe un sillon étroit, mais profond.
En dedans de la concavité de la corne d'Ammon se trouve une bandelette blanche, qui se continue en haut avec le pilier postérieur de la voûte : c'est le corps bordant ou corps bordé (fig. 290, 2).
En soulevant le corps bordé, on voit au-dessous et en arrière de lui dans la concavité de la corne d'Ammon, une nouvelle lamelle de couleur grise, garnie de douze à quatorze échancrures très petites qui lui donnent un aspect festonné ; on lui donne le nom de corps godronné, corps de Tarin, corps dentelé (3) ; son extrémité antérieure pénètre dans le sillon [du crochet de l'hippocampe, le contourne, et s'y perd. Elle est arrondie, assez volumineuse, et se confond avec le crochet de la circonvolution de l'hippocampe, de même au reste que toute l'extrémité antérieure du corps bordant.
Son extrémité postérieure, décrite par Giacomini sous le nom de fasciola cinerea, se continue d'après lui avec les tractus de Lancisi ; ses fibres nerveuses blanches se continuent avec la partie postéro-inférieure [du corps calleux, avec les piliers postérieurs de la voûte et avec le plancher du prolongement occipital.
Uextrémité antérieure ou inférieure de la partie réfléchie du ventricule latéral est très rapprochée de la scissure de Sylvius et répond à la partie antérieure de la fente de Bichat.
Son extrémité postérieure est formée par la réunion des trois prolongements du ventricule.
Le bord externe est dû à la réunion de la paroi inférieure avec la paroi supérieure.
Le bord interne constitue l'ouverture par laquelle la pie-mère passe de la fente de Bichat dans le ventricule latéral pour former le plexus choroïde de ces ventricules. Cette ouverture est limitée en haut et en dedans par la face inférieure de la couche optique et le pédoncule cérébral, en bas et en dehors par la corne d'Ammon, le corps bordé et le corps godronné.
Le corps godronné semble former une circonvolution rudimentaire, tout aussi bien que la circonvolution de l'hippocampe.
Prolongement postérieur ou occipital du ventricule latéral, cavité digitale, cavité ancyroide. — Ce prolongement se porte en arrière et en dedans, en décrivant une courbe à concavité interne et se termine en pointe (fig. 288, 13 ; 291, 8).
La cavité ancyroïde varie de longueur et de dimension suivant les sujets. Sa paroi supérieure est formée par le prolongement postérieur du corps calleux, forceps major. Sur sa paroi inférieure se trouve une saillie blanche, convexe, lisse, dont les dimensions sont très variables, c'est Vergot de Morand (fig. 288, 14). 11 est
CENTRES NERVEUX
formé, comme la corne d'Ammon, par une circonvolution retournée, et, à la surlace externe du cerveau, il correspond exactement avec la scissure des hippocampes, scissure calcarine.
10° Plexus choroides
La pie-mère s'introduit dans le prolongement sphénoïdal des ventricules latéraux par la grande fenle de Bichat, tapissée et fermée par une mince lamelle
Fig. 291. — Ventricule latéral, ouvert par sa face inférieure {').
épendymaire. La pie-mère comprise entre les feuillets épendymaires qui tapissent les lèvres inférieure et supérieure de cette fente, s'enroule sur elle-même et forme deux petits cordons rougeàtres, plexus choroïdes (iîg. 291, 14), qui passent dans le prolongement antérieur en longeant les bords latéraux du trigone, s unissent intimement avec les bords de la toile choroïdienne et communiquent par les trous de Monro avec les plexus choroïdes du troisième ventricule. — Ces
(*) 1) Coupe de la protubérance. — 2) Tubercules quadrijumeaux. — 3) Bandelette optique. — 4) Corps genouillé. — 5) Face inférieure du pilier et du corps calleux. — 6) Cavité du yentricule latéral. — 7) Son prolongement sphénoïdal s'infléchissant en bas. — 8) Cavité ancyroïde. — 9) Aqueduc de Sylvius. — 10) Tige pituitaire. — H) Nerf optique. — 12) Nerf olfactif, — 13) Bourrelet du corps calleux. — 14) Plexus choroïde. — 15) Espace perforé antérieur. — 16) Genou du corps calleux. — 17) Couche optique.
NÉVROLOGIE
plexus sont formés de capillaires artériels et veineux supportés par des trabécules de tissu connectif. La veine choroïdienne nous est connue. Les artérioles proviennent de l'artère choroïdienne, branche de la carotide interne et de la cérébrale postérieure.
Structure den circonvolutions et des parties centrales blanches des hémisphères. - - Dans le cerveau, comme dans la moelle et le bulbe, se trouve d'abord une couche fondamentale de névroglie, dont les parties élémentaires forment des trabécules d'une finesse extrême, limitant des mailles très étroites. Dans cette névroglie sont déposées les cellules et les fibres nerveuses.
Les parties blancbes des hémisphères, centre ovale de Vicq-d'Azyr, centre ovale de Vieussens, corps calleux, voûte, etc., sont formées uniquement de fibres nerveuses. Les parties grises contiennent à la fois des tubes réduits au cylindre-axe et des cellules rameuses. La périphérie des circonvolutions qui, au premier aspect, présente une couleur grise uniforme, est en réalité formée de cinq couches successives (en ne tenant pas compte d'une très mince lamelle tout à fait périphérique qui ne semble être due qu'à du tissu névroglique condensé). On trouve successivement de dehors en dedans : 1° une couche assez mince de cellules nerveuses de couleur grise, petites cellules pyramidales ; 2° une couche plus mince encore de fibres nerveuses de couleur blanche (Vicq-d'Azyr) ; 3" une couche rouge jaunâtre contenant des cellules plus rares que dans la couche grise, grandes cellules jjyramidales, enchevêtrées dans des fibres blanches ; i° ime nouvelle couche blanche analogue à la deuxième (Baillarger), et enfin S» une couche rouge jaunâtre où l'on trouve des cei/iito jOî/mmîcZa/e^, des cellules fusiformes en grand nombre et des cellules globuleuses.
Les prolongements de ces cellules forment les fibres nerveuses des parties blanches et constituent, en outre, les couches 2 et 4 que nous venons de décrire. Dans ces dernières parties, les fibres sont les unes ascendantes, les autres transversales et parallèles à la surface de la circonvolution. Ces dernières sont peut-être destinées à relier les différentes circonvolutions les unes aux autres. De toutes les fibres parties des cellules de la périphérie des hémisphères, les unes vont aux cellules des corps striés et des couches optiques, les autres vont former le corps calleux et les commissures du cerveau (excepté la commissure grise, qui contient des éléments cellulaires). Parmi ces dernières, il en est qui relient entre elles les cellules périphériques des deux hémisphères, et d'autres qui vont s'amortir dans les cellules des ganglions cérébraux, peut-être du côté opposé à leur origine.
On décrit, dans la substance des circonvolutions, des cellules nerveuses de deux formes : les unes, de beaucoup les plus nombreuses, sont dites cellides pyramidales, petites et grandes, qui varient considérablement de diamètre depuis 10 (x jusqu'à 120 (x, et présentent toutes des ramifications nombreuses, anastomosées entre elles, et, de plus, un prolongement de Deiters, qui part toujours de la base de la pyramide. Toutes ces cellules sont striées dans le sens de leur longueur. La deuxième espèce de cellules nerveuses des circonvolutions est formée par des cellules fusiformes, allongées, striées, émettant des prolongements par leurs extrémités. Robin leur a donné le nom de cellules volumineuses de la volition.
C'est là le type général de la structure des circonvolutions ; mais il en est, telles que celles du système hippocampique, du fond de la région sylvienne, de l'insula et du lobe postérieur, qui présentent des différences dans le volume et le groupement des cellules pyramidales. C'est là une question qui demande encore des recherches nombreuses.
11° Considérations générales sur la structure des centres encéphaliques et sur le trajet des fibres nerveuses dansées centres.
Nous avons vu dans la moelle, le bulbe et l'isthme des séries de noyaux cellulaires étagés les uns au-dessus des autres dans les difTérentes cornes du névraxe.
CENTRES NERVEUX
Des cellules de ces noyaux partent des fihres nerveuses blanches qui constituent des anastomoses entre des groupes ganglionnaires voisins ou plus éloignés, situés plus haut ou plus bas. Nous savons aussi que les noyaux d'un côté de l'axe
Fig. 292. — Centrer psycho-moleurs et psycho-sensoriels, face externe du cerveau (d'après A. Bouchard) (*).
s'anastomosent avec leurs homologues du côté opposé par des fibres entre-croisées dans le plan médian. A ces noyaux médullaires sont venus dans le bulbe se surajouter de nouveaux noyaux gris : noyaux des nerfs bulbaires, noyaux olivaires et
Fig. 293. — Centres psycho-sensoriels , face interne du cerveau (d'après A. Bouchard) (**).
juxta-olivaires, noyaux restiformes. L'ensemble de cette colonne grise forme, dans le bulbe, le plancher du quatrième ventricule et se relie par les noyaux restiformes aux noyaux cérébelleux. Nous avons, en outre, trouvé dans le cervelet
(*) 1) Centre des mouvements de la langue et des lèvres pour le langage articulé (circonvolution de Broca). — 2) De la face. — 3) Du membre supérieur. — 4) Du membre inférieur. — 5) Centre dont la lésion entraine la surdité verbale. — 6) La cécité verbale. — 7) L'hémianopsie.
(**) 1) Centre psycho-sensoriel de la vision. — 2) De l'audition. — 3) De la sensibilité générale probable mais dont la différenciation est loin d'être faite à l'heure présente.
NÉVROLOGIE
un noyau gris central, le noyau de l'olive cérébelleuse, relié au moins en partie par des fibres blanches aux cellules corticales des lames du cervelet.
Dans le bulbe et le cervelet, les fibres blanches émanées de ces noyaux vont, comme nous l'avons vu dans la moelle, aboutir en se groupant en cordons plus ou moins volumineux à des noyaux cellulaires situés au-dessus ou au-dessous d'eux et établir ainsi d'une part des communications nerveuses entre ceux-ci et les noyaux des pédoncules (locus niger, noyau rouge de Stilling, noyau de Luys), des tubercules quadrijumeaux, des ganghoiis centraux de l'encéphale, et enfin soit directement, soit indirectement avec les cellules de l'écorce cérébrale.
Les cellules de l'écorce cérébrale sont, elles aussi, groupées en noyaux que l'anatomie ne nous permet pas encore de dissocier, mais que la physiologie et la pathologie nous démontrent. Nous savons aujourd'hui que les noyaux de la substance corticale grise des deux premières circonvolutions frontales sont des noyaux de psychicité auxquels probablement vont, en fin de compte, aboutir toutes les fibres de sensorialisation,de sensibilité générale, après avoir passé, comme à travers un relai, dans les noyaux gris de l'écorce des lobes occipito-temporaux et sphénoïdaux, le cunéus pour la vision, le noyau amygdalien ou le centre olfactif que Luys place dans le tubercule antérieur de la couche optique pour l'olfaction, les noyaux des deux premières circonvolutions temporales pour l'audition. On a cherché à systématiser les localisations des centres de la sensibilité générale, mais les résultats acquis ne sont pas encore assez positifs pour que nous les indiquions; tout ce que nous pouvons dire, c'est qu'ils sont tous groupés dans le cerveau postérieur. Ce sont les noyaux psycho-sensitifs qui perçoivent la sensation, mais qui, par suite de la rupture de leur union avec les noyaux psychiques du lobe frontal, ne peuvent plus les analyser. C'est ce qui se produit dans la cécité verbale, où le malade voit nettement les caractères d'imprimerie, mais ne sait plus quelle est leur signification; c'est encore ce qui se passe dans la surdité verbale, où le malade entend tous les sons, toutes les paroles quon lui dit, niais ne saurait plus y rattacher une idée concrète.
Les lésions de la première circonvolution temporale déterminent la cécité verbale, celles de la deuxième temporale la surdité verbale, celle du pli courbe Vhémianopsie.
Les noyaux corticaux des circonvolutions frontales sont unis au groupe des circonvolutions rolandiques et pariétales où se trouvent groupés les centres psycho-moteurs, centres des mouvements voulus et raisonnés. Le centre des mouvements du langage se trouve dans le pied qui unit la troisième frontale à la frontale ascendante. Dans l'extrémité inférieure de la frontale ascendante se trouve le centre des mouvements de la face. Le centre des mouvements du membre supérieur existe dans la partie moyenne de la frontale ascendante et celui des mouvements du membre inféi'ieur dans la partie supérieure des deux circonvolutions ascendantes et dans le lobule paracentral (fig. 292 et 293).
Non seulement les circonvolutions cérébrales sont ainsi réunies les unes aux autres par des commissures dont les fibres font partie de la substance blanche des hémisphères, mais il en est de même des groupes de circonvolutions qui forment les lobes ; ce sont des faisceaux d'association qui les unissent. Il en est un premier qui constitue la circonvolution de Vourlet, le cingulum ; il part, comme nous l'avons vu, du genou du corps calleux pour se terminer dans l'hippocampe; un autre, faisceau arqué, unit la circonvolution qui recouvre la base de l'insula, Vopercule, au lobe temporal ; un troisième s'étend entre le lobe temporal et le lobe occipital, un quatrième va du lobe frontal au lobe temporal; il se trouve à l'ex-
CENTRES NERVEUX
trémité inférieure de la scissure de Sylvius et est désigné sous le nom de faisceau unci/onne. Les piliers du trigone sont eux-niènies des faisceaux d'association, car ils étal)lissent l'union entre le système de la circonvolution retournée de l'hippocam[)eetle cerveau antérieur sans que nous sachions bien exactement le point où ahoulisseiît ses libres qui vont à la couche optique après avoir contourné dans une anse les tubercules niainillaires.
Les centres corticaux sont également réunis à leurs homologues de l'iiémisphère du côté opposé par des commissures transversales. La plus considérable d'entre elles, c'est le corps calleux; ses faisceaux médians venus des régions correspondantes de l'écorce sont directement transversaux ; les antérieurs, qui se rendent aux lobes frontaux, constituent, par leur ensemble, une coin-be à concavité antérieure dont les extrémités sont dans les lobes frontaux droit et gauche; on a donné à leur ensemble, qui s'éventaille dans la corne frontale, le nom de forceps minor; celles qui se rendent au cerveau postérieur décrivent une courbe dirigée en sens inverse à concavité postérieure, c'est le furccps major. De l'extré mité du bourrelet du corps calleux partent des fibres, transversales d'abord, qui se portent en bas et en arrière dans le plancher du ventricule latéral et qui gagnent la partie inférieure du lobe occipital et le lobe temporal; on donne à leur ensemble le nom de tapetiim. Les noms de forceps minor, forceps major et tapelum désignent donc les prolongements antérieur, postérieur et inférieur du corps calleux et les faisceaux d'union entre les noyaux des circonvolutions d'un hémisphère avec ceux de l'hémisphère opposé.
La commissure blanche établit, nous l'avons vu, l'union entre les circonvolutions temporales d'un côté et celles du côté opposé. Les fibres transversales étendues entre les piliers postérieurs du trigone, fibres qui constituent la lyre, corpus psalloïdes, ne sont, elles aussi, que des fibres commissurales transversales, faisant communiquer les systèmes hippocampiques des deux côtés l'un avec l'autre. De même que des altérations des fibres conductrices qui relient les centres psychosensoriels, psycho-sensitifs et psycho-moteurs aux noyaux psychiques des circonvolutions frontales, produisent des accidents fonctionnels restésinexpliqués jusque dans ces derniers temps, de même aussi que les altérations des cellules de ces centres j)euvent les produire, de même encore les lésions desnoyaux frontaux de psychicité doivent en produire. Ces lésions nous sont encore inconnues, mais je ne crois pas qu'on puisse en nier les effets. Je vais, en peu de mots, résumer ce qu'une étude longue et attentive m'a fait entrevoir. Tous nous naissons, à moins de cas tératologi([ues absolus, avec les mêmes noyaux de psychicité, de psychosensorialité, de psycho-motricité, mais chez les uns le nombre des cellules d'un noyau déterminé peut être augmenté ou diminué, ou encore la polarisation des cellules d'un même groupe, d'un même centre, peut varier entre deux individus. Suivant que le centre en question sera plus ou moins développé, nous pourrons en perfectionner l'activité, mais une fois que le point limite de perfectibilité déterminé par le groupement ou la polarisation des cellules primitives chez un individu sera atteint, ni l'éducation, ni l'exercice ne le feront dépasser.
Dans le domaine psycho-moteur, un joueur de billard, un escrimeur, un pianiste, ne dépasseront jamais une certaine force, quel que soit le temps qu'ils mettront à se perfectionner. Dans le domaine sensoriel, jamais les centres psychosensoriels auditifs ou visuels ne parviendront, par l'éducation, à faire percevoir les nuances du son ou de la couleur que percevra celui dont les mêmes centres seront plus perfectionnés. Dans le domaine psychique pur, combien les facultés de mémoire sont-elles variables ! 11 en est qui ont la mémoire des sons, d'autres
NÉVROLOGIE
la mémoire des lieux, la mémoire des mots, la mémoire des idées, et jamais, quelle que soit Téducation donnée, un homme qui n'a pas la mémoire des mots ou des sons, ne parviendra à retenir par cœur une pièce de poésie ou un air de musique; j'en suis un exemple frappant, et cependant je possède une mémoire parfaite des idées.
Enfin pour ce que l'on estconvenu d'appelerle jHgemenf, c'est-à-dire la résultante à tirer delà comparaison d'un phénomène actuel avec un phénomène antérieur conservé par une de nos facultés de mémoire, combien en est-il parmi nous qui raisonnent toujours à faux, parce que leurs centres psychiques sont ou doivent être imparfaits ou imparfaitement polarisés ! C'est là, j'en ai l'intime croyance, que se trouve le pourquoi nous sommes les uns croyants, les autres athées ; les uns mathématiciens, les autres poètes, musiciens, sculpteurs, naturalistes, etc.
Mais si ces centres psychiques peuvent être diminués ou augmentés, il faut admettre qu'ils peuvent aussi être congénitalement altérés par suite de vices de développement et trop souvent par génération sous l'influence de l'alcoolisme actuel ou habituel du père. Ces altérations congénitales doivent entraîner après elles des modifications fonctionnelles de la psychicité, d'où les enfants arriérés ou dégénérés, ou encore à un degré plus avancé, des individus qui, sous l'influence d'une excitation, génésique le plus souvent, ou autre non satisfaite, deviennent des criminels.
A la suite des travaux de Benedickt, j'ai repris l'étude des cerveaux d'assassins que j'ai pu me pi'ocurer; sur tous j'ai trouvé un dédoublement d'une des premières circonvolutions frontales, dédoublement qui rapproche le cerveau des assassins (ne pas confondre avec les meurtriers) de celui des grands félins. On m'a objecté que ce dédoublement avait été trouvé sur beaucoup de cerveaux non criminels et qu'entre autres sur des sujets morts à Paris, à la prison du Dépôt, on l'avait constaté fréquemment; je réponds que toutes les objections n'infirment pas le fait de l'existence constante de ce dédoublement sur les cerveaux d'assassins que j'ai examinés et que, du reste, sans parler des criminels très nombreux, restés impunis, je ne sache pas qu'en général on enferme au Dépôt la fine fleur des honnêtes gens, et j'entends sous ce nom ceux dont les centres cérébraux sont bien constitués.
Laissons de côté cette question d'anthropologie criminelle, le temps et l'espace me manquent pour la traiter à fond.
Les cellules corticales de toutes les circonvolutions cérébrales sont encore unies par des fibres nerveuses aux centres situés plus bas dans l'axe cérébrospinal. Ce sont elles qui vont constituer la couronne rayonnante du tronc du cerveau.
On peut les décrire comme descendant des couches corticales (de haut en bas) ou y remontant (de bas en haut). Nous suivrons le premier ordre jusqu'au pédoncule cérébral où nous avons laissé les fibres venues de la moelle et du bulbe. La partie principale de ces fibres forme ce que nous avons décrit plus haut sous le nom de capsule inttrne. Il en est parmi elles qui vont à la formation réticulée de la couche optique. A ces fibres capsulo-optiques viennent s'en joindre d'autres qui proviennent du cunéus et qui aboutissent au tubercule quadrijumeau antérieur.
Au-dessous de ces fi])res se trouvent de gros faisceaux dont les éléments vont les uns à la calotte et les autres au pied du pédoncule; ces derniers forment le faisceau pcdonculaire.
Fibres allant à la calotte. — Ces fibres passent entre les segments du noyau
CENTRES NERVEUX
lenticulaire pour se réunir au-dessous de lui en un faisceau en anse, anse du noyau lenticulaire; il s'y des libres qui paraissent émaner des cellules de ce noyau. Cette anse se termine par quelques fibres dans le noyau rouge de la calotte, par d'autres dans la région sous-thalamique, noyau de Luys, et dans le ruban de Reil.
Les fibres capsulaires qui se rendent dans la base, dans le pied du pédoncule, forment le faisceau fédonculaire. Nous avons vu plus haut que la capsule interne, après avoir passé entre la face externe de la couche optique et la face interne obli([ue en bas et en dedans du noyau lenticulaire, renconliait la face
Fig. 293("). Fig. '294 (').
Fig. 294 ol 293. — Schémn de la conduction des fibres nerveuses dans le bulbe et l'encépliale.
externe de l'extrémité antérieure du noyau caudé, rencontre qui le forçait à se couder jusqu'à angle droit pour passer entre la face supérieure du noyau lenticulaire et la face inférieure de cette extrémité antérieure du noyau caudé; de là la
(*) 1. 1, Noyaux centraux du cerveau ; le noyau lenticulaire n'est pas inditiui^ pour laisser à découvert les fibres de la capsule interne. — 2, 2, Tubercules quadrijumeaux. — 3) Noyau rouge, noyau de Stilling de la calotte. — i] Noyau dentelé, olive cérébelleuse. — b) Olive bulbaire. — 6) Protubérance. — 7) Pédoncule cérébral. — S| Faisceau pyramidal du cordon latéral. — 9) Faisceau cérébelleux du cordon latéral. — 10) Cordon grêle de Goll, et son noyau. — 11) Cordon cunéiforme de Burdacli, et son noyau. - Les faisceaux moteurs sont en rouge, les seusilifs en blou, les fibres cortico-striées et cortico-opliques en jaune, le faisceau cérébelleux du cordon latéral en vert, les fibres en violet vont d'une circonvolution <à une autre voisine ou éloignée. Les points où les difl'érents faisceaux s'entre-croisent sont indiqués par des croix de même couleur que les faisceauv correspondants (d'après Gegenbauer).
(**) i) Troisième ventricule. — 2) Couche optique. — 3) Noyau lenticulaire. — 4) Noyau de Luys, noyau sousthalamique. — Les fibres en rouge sont des faisceaux du corps calleux. — Les fibres en jaune sont des faisceaux cortico-optiques. — Les fibres en bleu vont, les unes de l'écorce au corps de Luys en traversant le noyau lenticulaire, les autres vont de ce novau au corps de Luys. L'ensemble de ces fibres en bleu constitue l'anse du noyau lenticulaire. Les faisceaux jaunes et bleus font partie de la capsule interne (Gegenbauer).
NÉVROLOGIE
division de la capsule interne en branche antérieure et en branche postérieure, cette dernière passant entre la couche optique et le noyau lenticulaire, la première, l'antérieure, entre l'extrémité antérieure du noyau caudé et le noyau lenticulaire.
L'angle que forme ainsi la capsule interne porte le nom de genou.
Reprenons maintenant les fibres corticales des différentes régions des circonvolutions. Celles qui viennent du lobe frontal passent par la branche antérieure de la capsule ; on les a divisées en deux faisceaux, l'un, le plus antérieur, le plus externe, a été décrit sous le nom de faisceau psychique; il continue celui que nous avons trouvé dans le pédoncule cérébral et qui est désigné par le même nom.
On a décrit au côté interne du faisceau psychique un faisceau de Vaphasie, mais jamais jusqu'ici on n'a pu démontrer l'existence d'un trouble du langage par suite d'une lésion capsulaire (Pitres). Par le genou de la capsule passe un faisceau moteur, faisceau géniculé, qui n'est guère distinct et qui serait formé par les fibres venues des noyaux moteurs de la langue et de la face {d'' fi'ontale et extrémité inférieure de la frontale ascendante).
Dans la bi^anche postérieure delà capsule, immédiatement en arrière du genou, passent toutes les fibres nerveuses qui, des noyaux psycho-moteurs de l'écorce, vont au pédoncule cérébral par le faisceau pyramidal.
Plus en arrière encore passent les fibres sensitives qui vieiment des circonvolutions occipito-temporales; c'est le faisceau de Meynert, qui contient les fibres de la sensibilité générale et les fibres des noyaux psycho-sensoriels; celles qui appartiennent à la vision se séparent de la masse du faisceau de Meynert, de la capsule interne par conséquent, et vont aboutir au corps genouillé, en rapport, nous le verrons plus loin (Voir : Origines du nerf optique), avec les tubercules quadrijumeaux et la couche optique.
Mais il est des fibres nerveuses corticales qui s'arrêtent dans la couche optique ; de même aussi, il en est qui se joignent aux fibres de la capsule que nous venons de décrire, et qui augmentent le faisceau pédonculaire. Ces fibres naissent ^ dans le noyau caudé et dans le segment externe du noyau lenticulaire, le putamen. Il faudrait donc considérer ces noyaux comme des irradiations de l'écorce.
De la couche optique partent des fibres aboutissant au noyau rouge de la calotte, noyau qui lui-même donne naissance à des faisceaux qui, par le pédoncule cérébelleux supérieur, aboutissent, après s'être entre-croisés avec ceux du côté opposé, à l'olive cérébelleuse. 11 en est d'autres qui, émanées du noyau rouge, descendent dans le noyau du cordon cunéiforme de la moelle, et d'autres enfin, qui se rendent au ruban de Reil où aboutissent aussi des fibres venues des tubercules quadrijumeaux.
Des cellules corticales du cervelet part d'abord un faisceau de fibres qui entourent le noyau dentelé ou olivaire du cervelet pour aboutir à l'olive bulbaire. Il part, en outre, du vermis superior du cervelet un faisceau qui se continue en bas et qui va former le faisceau cérébelleux du cordon latéral de la moelle.
Au milieu de cette systématisation des fibres de l'encéphale, il ne faut pas perdre de vue que beaucoup de choses ne nous sont pas encore connues et qu'il serait prématuré d'en tenter une exposition plus complète. Ajoutons encore, en terminant, que toutes ces fibres corticales, commissurales, transversales, faisceaux d'association, s'entremêlent entre elles et s'entre-croisent sous des angles variés dans les centres de Vieussens.
CENTRES NERVEUX
§ IV. — Vaisseaux de l'encéphale
Cette étude a pris une très grande importance dans ces derniers temps. Les travaux de Duret tendent à prouver des localisations artérielles dans le cerveau. Il admet, en efi'et, que si, à la base du cerveau, les communications artérielles sont larges et nombreuses par l'heptagone de Willis, il n'en est pas de même dans l'intimité et à la périphérie de l'organe, où se trouvent, d'après lui, des territoires artériels presque indépendants. Un travail plus récent d'Heubner est venu, au moins en partie, à rencontre des résultats publiés par Duret ; d'après cet auteur, les artérioles de l'écorce cérébrale, loin d'avoir chacune son district spécial et indépendant, sont, au contraire, très largement anastomosées antre elles ; tandis que celles de la base répondraient plus exactement à la description qu'en a donnée Duret. Quoi qu'il en soit, et jusqu'à nouvel ordre, on peut diviser les artères du cerveau en artères de la base et des noyaux cérébraux, artères des ventricules cérébraux et artères corticales ou des circonvolutions.
Et d'abord, Duret établit que si, à la partie postérieure de l'heptagone de Willis, existent des anastomoses fréquentes et multiples entre les cérébrales postérieures (pédoncules cérébraux, toile choro'idienne, cervelet), il n'en est pas de même pour les artères de la moitié antérieure du polygone de Willis, ni sur le corps calleux ni sur les circonvolutions. J'ai fait remarquer en outre que si les deux cérébrales antérieures peuvent se suppléer par la communicante antérieure, il n'en est pas de même pour la sylvienne, qui n'a aucune communication transversale avec sa congénère du côté opposé.
Artères de la base et des noyaux cérébraux. —
Le chiasma reçoit, en avant des rameaux de la communi- ^ cante antérieure et de la cérébrale antérieure ; en dehors quelques petits rameaux de la carotide et de la communi- 3 cante postérieure. Le nerf optique, outre l'ophthalmique, en reçoit de la cérébrale antérieure ou de la carotide ; les bandelettes optiques, de la carotide, de la communicante postérieure et de l'artère des plexus choroïdiens ; les corps genouillés, de la cérébrale postérieure ; le tuber cinereum et l'appendice pituitaire, de la communicante postérieure, ainsi que les tubercules mamillaires. Les
artères des ganglions cérébraux, artères centrales, vont au corps strié et à la couche optique, elles se divisent en un groupe antérieur formé par des rameaux de la cérébrale antérieure et surtout par la sylvienne, ils traversent l'espace perforé antérieur. Les rameaux de la cérébrale moyenne gagnent la face inférieure du corps strié et se divisent en deux groupes : les artères striées externes et les artères striées internes. Les premières traversent la partie externe du noyau lenticulaire et passent par la capsule externe, les unes vont au noyau caudé, elles ont été décrites sous le nom de lenticulostriées ; c'est parmi elles que se trouve le rameau auquel Charcot a donné le nom d'artère de l'hémorrhagie cérébrale ; nous avons dit plus haut qu'elle passe par l'espace virtuel que laisse au-dessous d'elle la face inférieure du noyau lenticulaire. Les autres rameaux partis des striées externes vont à la partie antéro-externe de la couche optique, ce sont les lenliculo-optiques .
Les artères striées internes vont au noyau caudé après avoir traversé le noyau lenticulaire et la capsule interne.
Le groupe postérieur des artères centrales ne se divise pas comme le précédent, ses rameaux traversent la substance perforée postérieure et gagnent les unes la partie externe et postérieure de la couche optique, les autres la partie interne et postérieure de ce ganglion.
(*) 1) Extrémité antérieure du noyau caudt'. — 2) Couche optique. — 3) Noyau lenticulaire. 4) Avantmur. — 5) Extrémité postérieure du noyau caudé. — 0) Artère sylvienne donnant : — 7) L'artère de l'hémorriiagie cérébrale. — 8) Les brandies lenticulo-striées . — 9) Les branches lenticulo-optiques.
Beaunis et Bouchard. 39
NÉVROLOGIE
Les communicantes antérieures et postérieures envoient des rameaux qui vont aux deux extrémités correspondantes du ventricule moyen. La corne d'Ammon et l'ergot de Morand reçoivent chacun une artériole qui pour la première vient de la cérébrale postérieure et pour le second de l'occipitale.
Dans les ventricules les artérioles pénètrent par la pie-mère interne au nombre de trois, dites choroïdiennes : l'une antéro-inférieure, qui vient de l'origine de la sylvienne, passe dans la corne sphénoïdale, et gagne les plexus choroïdes et le crochet de l'hippocampe ; la seconde, postérieure et latérale, qui, venue de la cérébrale postérieure, chemine entre les deux lames de la toile choroïdienne et se termine dans celle-ci et latéralement dans les plexus choroïdes des ventricules latéraux.
La troisième, postérieure et moyenne, naît de la cérébrale postérieure, va à la toile choroïdienne, aux parois du troisième ventricule et aux plexus choroïdes du ventricule moyen.
Artères corticales ou des circonvolutions. — Elles viennent des trois cérébrales et se terminent en deux plans, l'un situé dans la pie-mère, l'autre dans la pulpe des circonvolutions.
X" Artères de lapie-rnere. — Ce sont toujours les mêmes branches qui vont à la surface de la même circonvolution. Contrairement à Heubner, Duret admet qu'il n'y a pas d'anastomoses entre les touffes vasculaires des diverses circonvolutions ; que, tout au plus.
il y en a quelques-unes entre les grands districts de distribution des trois cérébrales entre elles, et qu'il y a, par suite, une indépendance presque absolue entre la circulation des différentes circonvolutions. Il en résulte que chacune des artères cérébrales se rend à un territoire, à un département spécial, et qu'il en est de même pour chacune des branches qui en partent.
2° Artères de la pulpe des circonvolutions. — Elles viennent des rameaux de la piemère et peuvent se diviser en branches de la substance grise et branches de la substance blanche. Les premières, ou corticales, sont très fines et très nombreuses, elles forment un premier réseau presque superficiel ; puis, un peu plus profondément, au niveau de la couche des grandes cellules corticales, un réseau très serré, à mailles polygonales, et plus profondément encore, un nouveau réseau à mailles élargies. Les secondes, ou médullaires, traversent la substance grise et viennent dans la substance blanche former un réseau à mailles allongées dans le sens des fibres nerveuses.
La cérébrale antérieure va exclusivement aux deux premières circonvolutions frontales, quelques-uns de ses rameaux terminaux vont à la partie supérieure de la troisième frontale et à la zone la plus antérieure de l'écorce de la frontale ascendante. Les branches de la sylvienne atteignent le lobule paracentraL La cérébrale antérieure est l'artère du lobe psychique dont l'irrigation d'un côté du corps peut être suppléée par celle du côté opposé grâce à la communicante antérieure. La cérébrale moyenne, sylvienne, se distribue à toutes les circonvolutions où existent des centres psycho-moteurs; elle irrigue donc la troisième frontale, la frontale et la pariétale ascendantes, et se rend par
(*) Face externe. — Face interne. — Territoire de la sylvienne. — Territoire cérébra antérieur. — Territoire postérieur.
Fig. 297 (*).
DES NERFS EN GÉNÉRAL
une branche postérieure aux circonvolutions pariétales qui longent la division postérieure de la scissure de Sylvius. Elle arrive ainsi jusqu'au pli courbe qu'elle noun'it et à la première temporo-sphénoïdale. La cérébrale postérieure est destinée à la région du cerveau dans laquelle paraissent exister les centres sensitifs ou sensoriels, aux circonvolutions temporo-occipitales et occipitales.
Veines du cerveau. — Elles sont divisées en deux systèmes: 1° veines de la surface des hémisphères, 1° veines du système de Galien ou veines des ganglions centraux.
Les premières, venues de la surface des hémisphères, se jettent les unes dans les sinus de la voûte du crâne (sinus longitudinal supérieur, sinus latéral) par un grand nombre de troncs ; les autres dans les sinus de la base du crâne par un tronc volumineux situé superficiellement au niveau de la scissure de Sylvius (veine sylvienne). La plus volumineuse des veines qui se jettent dans le sinus longitudinal supérieur et que l'on peut appeler, en raison de sa situation, veine rolandique, s'abouche à son origine à plein canal avec la veine sylvienne ; c'est la grande veine de Trolard, qui fait ainsi communiquer les sinus de la base avec ceux de la voûte. Il est à remarquer que les veines cérébrales supérieures, celles qui viennent de la voûte, se jettent dans le sinus longitudinal supérieur d'arrière en avant par trajet rétrograde en sens inverse du cours du sang; c'est au fur et à mesure que les circonvolutions se développent, les frontales surtout, qu'elles sont refoulées en arrière par l'exagération même de leur accroissement ; leurs veines suivent ce mouvement et se déplacent ainsi d'avant en arrière jusqu'à effectuer un trajet rétrograde.
Le système de la veine de Galien comprend les veines ventriculaires que nous avons décrites plus haut (voir : Toile et plexus choroïdiens) et les veines basilaires qui ramènent le sang des formations médianes à la base du cerveau. Elles vont se jeter dans les veines de Galien en contournant les pédoncules cérébraux. Par leurs anastomoses elles constituent au niveau de l'heptagone de Willis le cercle veineux de Trolard. A leur origine ces veines reçoivent un groupe de veinules émanées des noyaux centraux, veines striées inférieures et veines lenticulo-slriées. Ces dernières veines s'anastomosent en pleine pulpe cérébrale avec les radicules ventriculaires de la veine du corps strié, tronc d'origine de la veiue de Galien. C'est Hédop qui le premier les a décrites dans sa thèse inaugurale faite dans mes laboratoires ; aussi les décrirai-je sous le nom de veines anastomotiques de Hédon. Existe-t-il des canaux dérivatifs de Sucquet dans le cerveau, en d'autres termes y trouve-t-on des artérioles qui avant de se réduire en capillaires vont directement s'aboucher dans les veines ? La question n'est pas résolue, dans tous les cas c'est possible, peut-être même probable.
Préparation. — Les nerfs ne sont difficiles à étudier sur le cadavre qu'alors qu'on s'adresse aux plus petits rameaux, dont la ténuité rend la dissection délicate. Pour la faciliter, on pourra faire macérer la pièce pendant quelques jours dans l'alcool ou dans l'acide azotique étendu. Ces deux liquides ont la propriétété de durcir les filets nerveux. Il faut s'habituer à bien net-
NERFS ENCÉPHALIQUES ET RACHIDIENS