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NERFS ENCÉPHALIQUES OU CRÂNIENS

2" Nerf petit pétreux superficiel. — Ce petit filet nerveux part de l'angle antérieur du ganglion géniculé (fig. 312, 4), sort de l'aqueduc par un petit orifice spécial situé au-dessous de l'hiatus de Fallope, chemine dans une gouttière qui se trouve au-dessous de celle du nerf grand pétreux, se réunit au nerf petit pétreux profond du rameau de Jacobson (fig. 314, 11), passe à travers un pertuis situé entre les trous ovale et petit rond et aboutit au ganglion otique(fig. 312, b).

3° Nerf du muscle de l'étrier. — Petit filet extrêmement grêle, qui part du facial dans la portion verticale de l'afjueduc de Fallope, se dirige en haut et en avant, pénètre dans la pyramide par un pertuis particulier et se termine dans le muscle de l'étrier.

4° Corde du tympan. — Le nerf qui porte ce nom nait du facial à quelques millimètres au-dessus du trou stylo-mastoïdien, se porte en haut et en avant (Hg. 312, 7), à travers un petit conduit osseux spécial, qui s'ouvre dans l'oreille moyenne, en dedans de la membrane du tympan et sur le bord postérieur de

Fig. 31 i. — Facial iJans l'aqueduc (*).

cette membrane et décrit une courbe à concavité inférieure en passant entre le manche du marteau et la longue branche de l'enclume. La corde du tympan sort de Toreille moyenne par un petit conduit oblique en bas et en avant, signalé par Huguier, s'ouvrant au-dessus de la scissure de Glaser, reçoit souvent une petite branche du ganglion otique et se termine à angle aigu dans le lingual au niveau du bord postérieur du muscle ptérygoïdien interne (fig. 308, 7). Mais là n'est pas sa terminaison ; ainsi que l'avait déjà dit Longet et que l'ont démontré les expériences de Cl. Bernard, la corde du tympan reste accolée au lingual jusqu'à quelque distance au-dessus du ganglion sous-maxillaire et se divise en deux parties. L'une accompagne ce nerf jusqu'à sa terminaison, l'autre aboutit au ganglion sous-maxillaire. Le rôle physiologique delà corde du tympan permet d'admettre, avec Cl. Bernard, que ce nerf provient non pas du facial, mais du ganglion géniculé et par suite du nerf de "Wrisberg.

5° Rameau anastomotique entre le facial et le pneumogastrique. — Ce

rameau provient du facial au même niveau que la corde du tympan, mais sur un point diamétralement opposé, arrive par un conduit osseux dans la fosse de la

(*) 1) Ganglion de Gasser. — 2) Premier coude du facial et ganglion géniculé. — 3) Nerf grand pétreux superficiel. — 4) Nerf petit pétreux superficiel allant se jeter dans : S) le ganglion d'Arnold ou otique. — 6) Nerf du muscle du marteau, dont on voit le tendon qui s'insère à cet osselet. — 7 Corde du tympan. D'après Arnold.)

NÉVROLOGIE

veine jugulaire, longe la paroi antérieure de cette fosse et aboutit au ganglion jugulaire du pneumogastrique. A ce rameau est accolé un autre lilet nerveux, qui marche en sens opposé et qui se porte du nerf vague au facial en suivant le même trajet ; nous y reviendrons en décrivant le pneumogastrique. La réunion de ces deux filets a été décrite sous le nom de rameau de la fosse jugulaire. C'est aux filets que le facial reçoit du pneumogastrique qu'il doit sa sensibilité récurrente dans le canal spiroïde du roclier.

6° Anastomose avec le glosso-pharyngien. — Le filet nerveux qui forme cette anastomose passe par un iielil conduit osseux particulier, se dirige de dehors en dedans, longe la fosse jugulaire et aboutit au nerf glosso-pharyngien, immédiatement au-dessous du ganglion d'Andersch.

7° Rameau du muscle digastrique. • — 11 naît du facial immédiatement audessous du trou stylo-mastoïdien (lig. 308, 8), se réunit à un rameau semblable du glosso-pharyngien, en décrivant une arcade de laquelle partent des filets qui se rendent aux muscles digastrique (ventre postérieur), stylo-iiyoïdien et stylopharyngien.

8° Rameau du muscle stylo-hyoïdien. — Il se détache du facial au même niveau que le précédent et très souvent par un tronc qui lui est commun avec ce dernier (fig. 308, 8), se porte en bas, en dedans et en avant et aboutit au muscle stylo-hyoïdien.

9° Rameau auriculaire postérieur. — Ce nerf prend naissance au niveau du Irou stylo-mastoïdien (fig. 31 3, 4), se réfléchit sur la face externe de l'apophyse mastoïde en se portant en haut et en arrière, reçoit les filets du plexus cervical et se divise en rameau inférieur ou horizontal, qui se perd dans le muscle occipital, et en filets supérieurs ou ascendants, destinés aux muscles auriculaires postérieur et supérieur.

10° Rameau des muscles stylo-glosse et glosso-staphylin ou rameau lingual de Hirschfeld. — Son origine a lieu soit au niveau du trou stylo-mastoïdien, soit un peu au-dessus de cet orifice ('). Il se dirige vers le côté externe du muscle stylo-pharyngien, reçoit du glosso-pharyngien des filets qui traversent le muscle précédent, se loge entre l'amygdale et le pilier antérieur du voile du palais, gagne la base de la langue en passant en dedans du nerf lingual, s'anastomose avec des filets terminaux du glosso-pharyngien et se divise en rameaux qui se perdent dans les muscles stylo-glosse et glosso-staphylin. Les rameaux destinés à la muqueuse viennent jusqu'à la partie antérieure de la langue.

2° Branches terminales

Les branches terminales du facial sont : la branche temporo-faciale et la branche cervico- faciale.

1« Branche temporo-faciale. — Cette branche est plongée, à son origine, dans l'épaisseur de la parotide; elle se porte de bas en haut et d'arrière en avant, reçoit au niveau du col du condyle deux rameaux assez volumineux (fig. 313, 6) venus de l'auriculo-temporal et se divise en branches secondaires, qui s'anastomosent en arcades à convexité antérieure, dont l'assemblage porte le nom de plexus sous-parotidien. De ces arcades partent des filets nombreux et divergents, qui sont :

(1) Dans ce dernier cas, il sort souvent de l'aqueduc par un petit canal particulier dont l'ouverture extérieure se trouve immédiatement en dedans de i'apopliyse styloïde.

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a) Los rameaux temporaux. — Ils remontent à peu près verticalement vers la tempe, s'anastomosent avec des filets de rauriculo-temporal et aboutissent aux muscles auriculaires supérieur et antérieur;

Fig. 313. — Branches terminales du nerf facial (*).

b) Les rameaux frontaux. — Ils se dirigent vers l'apophyse orbitaire externe, «'anastomosant avec des filets du temporal profond antérieur et du frontal externe

{*) 1) Tronc du facial. — 2) Branche temporo-faciale. — 3) Brandie ccrvico-faeiale. — 4) Rameau auriculaire du facial. — 5) Nerf temporal. — 6) Anastomose de ce nerf avec le facial. — 7) Grand nerf sous-occipilal.

— 8) Anastomose de ce nerf avec le rameau auriculaire. — 9) Branche transverse cervicale (du plexus cervical). — 10) Son anaslomose avec le facial. — It) Nerf mentonnier. — 12j Son anastomose avec le facial.

— 13) Nerf buccal anastomosé avec le facial. — 14) Nerf sous-crbitaire anastomosé avec le facial. — 15) Nerfs frontaux. — 16) Anastomose du frontal externe avec le facial.

Beaunis et Bouchard. 41

NÉVROLOGIE

(fig. 313, 16), passent sous le muscle frontal et se terminent dans ce muscle et le sourciller ; ~

c) Les 7'ameaux palpébraux. — Ces rameaux gagnent l'angle externe des paupières, passent sous l'orbiculaire et vont les uns à la demi-circonférence supérieure, les autres à la demi-circonférence inférieure de ce muscle ;

d) Les rameaux sous-or bitaires. — Ils longent le bord supérieur du canal de Sténon et se divisent en filets destinés aux muscles zygomatiques, élévateurs propre et commun de la lèvre supérieure, transverse du nez, myrtiforme, canin et pyramidal. Ces rameaux répondent à la face postérieure des muscles et s'anastomosent, au-dessous des élévateurs de là lèvre, avec la division du nerf sous-orbitaire en constituant un jjlexus remarquable, plexus sous-orbitaire [Vig. 313, 14);

e) Les rameaux buccaux, — qui cheminent au-dessous du canal de Sténon, passent au-devant du masséter, s'anastomosent par quelques-unes de leurs branches avec le nerf buccal sur la face externe du buccinateur (fig. 313, 13), fournissent à ce muscle, à la moitié supérieure de l'orbiculaire des lèvres et au muscle triangulaire de la lèvre inférieure.

2° Branche cervico-faciale (fig. 313, 3). — Logée également à son origine dans la parotide, cette branche se porte en bas et en avant et reçoit du plexus cei'vical un ou plusieurs rameaux anastomotiques, qui se joignent à elle vers Fangle de la mâchoire. Elle se divise en :

a) Rameaux buccaux inférieurs. — Ils se dirigent en avant entre le masséter et la parotide; les uns vont au buccinateur et à la moitié inférieure de l'orbiculaire, tandis que les autres s'anastomosent avec les rameaux du nerf buccal (fig. 313, 13).

b) Rameaux mentonniers. — Ils longent le bord inférieur de la mâchoire, passent au-dessous du muscle triangulaire des lèvres, fournissent à ce muscle, au carré, à la houppe du menton, à la partie inférieure de l'orbiculaire et s'anastomosent avec les rameaux mentonniers du dentaire inférieur (fig. 313, 12).

c) Rameaux cervicaux. — Ils sont destinés au peaucier, à la face profonde duquel ils cheminent dans la région sus-hyoïdienne. Ces rameaux s'anastomosent avec le plexus cervical (fig. 313, 10).

Usages du facial. ■ — Le facial préside aux mouvements de la face ; son action dans l'espèce humaine peut être bilatérale ou unilatérale. C'est ainsi que dans les mouvements passionnels de la face, la colère par exemple, les deux côtés de la face se contractent simultanément ; d'autres fois, au contraire, la volonté nous permet de ne contracter que les muscles d'un seul côté. 11 en est de même pour les muscles orbiculaires des paupières : tantôt, ils se contractent simultanément, comme dans le clignotement; tarttôt, au contraire, grâce à la volition, nous pouvons ne fermer qu'un seul œil. Cette différence d'action est peut être en rapport avec la double origine du facial par deux noyaux. D'après Van der Kolk, si chez les animaux herbivores, surtout chez l'âne, le noyau inférieur d'origine du facial est si peu développé, c'est que chez ces quadrupèdes l'expression passionnelle de la face fait à peu près complètement défaut. Quant à l'action du nerf facial sur les organes des sens, elle est indirecte, et n'est due qu'à la paralysie des muscles qui les entourent. Chez les animaux qui ne respirent que par le nez, la section des deux nerfs de la septième paire entraîne la mort par asphyxie. Cette terminaison n'est due qu'à la paralysie des muscles dilatateurs des ailes du nez. Nous n'insistons pas davantage, et nous renvoyons à l'étude magistrale que Claude

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Bernard (i) a faite de ces questions.. Quant au nerf de Wrisberg, cet illustre professeur a démontré son insensibilité; il a prouvé que si le facial est sensible dans le canal spiroïde, c'est au filel du nerf vague (rameau de la fosse jugulaire) qu'il doit celle sensibililé, qui n'existe ])as au-dessus du point où se fait cette anastomose. En dehors du trou slylo-mastoïdien, le facial devient plus sensible encore, grâce à l'anastomose ([u'il reçoit du nerf auriculo-temporal.

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