ARTICLE VII. - SEPTIÈME PAIRE. - NERF FACIAL
Préparation. — La portion iiitra-osseuse du nerf facial doit être étudiée sur des rochers que l'on a fait tremper dans l'acide chlorhydrique jusqu'à ce qu'on puisse attaquer les os au scalpel. Si l'on procédait sur des pièces fraîches, il faudrait agir avec la gouge et le maillet en usant de précautions extrêmes.
Pour la partie de ce nerf qui peut être appelée superficielle, on peut se servir d'une moitié de tête dont on a respecté la calotte crânienne. On enlève, avec le plus grand ménagement, la peau, au-dessous de laquelle on trouve les filets du facial. Le moyen le plus sûr de ne pas s'égarer consiste à faire une section des parties molles, verticale et passant au-devant du conduit auditif externe. On enlève avec précaution le tissu de la parotide, et l'on poursuit les branches nerveuses. La branche auriculaire, les filets terminaux et les anastomoses avec le frontal, le sous-orbitaire, le buccal, le mentonnier, le temporal superficiel, le plexus cervical, etc., présentent quelques difficultés et demandent plus de soins et d'attention.
Le facial a son origine apparente dans la fossette sus-olivaire du bulbe. Si on le poursuit dans l'intérieur du bulbe, on voit le faisceau constitué par ses fibres se diriger en bas, en dedans et en arrière (fig. 310, 8). Comme tous les nerfs moteurs partis de ce centre, le facial doit trouver son noyau près du raphé sur le plancher du quatrième ventricule, ainsi que nous l'avons expliqué plus haut en nous occupant de la structure du bulbe. 11 existe deux noyaux d'origine du facial : le premier, prolongation de la base des cornes antérieures de la moelle qui lui est commun avec l'oculo-moteur externe, et que nous avons décrit plus haut, prend aussi
NERFS ENCÉPHALIQUES OU CRANIENS
le nom de noyau supérieur. Il ne donne en vérité que peu de fibres au facial. Les racines du facial contournent ce noyau, reçoivent les fibres qui en émanent, se recourbent ensuite, sont d'abord parallèles à l'axe du bulbe et se coudent brusquement, pour se diriger en avant et en dehors, et gagner le noyau inférieur du facial ; il prolonge la tète des cornes antérieures. C'est le noyau propre du facial. Le faisceau de libres qui longeant le côté latéral duraphé vont du noyau inférieur au noyau supérieur, constituent le fasciculus teres qui fait une légère saillie sur le plancher du quatrième ventricule (fig. 311). Ainsi que nous l'avons dit plus haut, il se trouve dans l'aile grise du plancher du quatrième ventricule, continuation de la tète des cornes antérieures de la moelle.
Des expériences physiologiques les plus récentes il semble résulter que les fibres qui du noyau de l'oculo-moteur externe vont s'adjoindre à celles du facial président aux mouvements des paupières et des muscles les plus supérieurs de
Fig. 310. — Coupe du bulbe. — Origine du facial (*).
Fig. 311. — Coupe verticale du bulbe et de la protubérance pour faire voir les noyaux d'origine des principaux nerfs bulbaires (*').
la face, tandis que celles émanées du noyau inférieur vont à tous les autres muscles de la mimique.
Dans son trajet intrabulbaire, le facial est en connexion avec les noyaux ou les fibres du trijumeau et de l'auditif.
Immédiatement au-dessous du point d'émergence du facial, entre son origine apparente et celle de l'auditif, se voit un petit cordon nerveux, qui naît par deux petites racines très grêlés, c'est le nerf intermédiaire de Wrisberg.
Cusco avait rattaché le nerf de Wrisberg aux nerfs sensitifs. Claude Bernard le considérait comme une racine sympatliique émanée du bulbe. Les rechierches de Mathias Duval font aujourd'hui considérer le noyau de ce nerf comme un noyau accessoire du glossopharyngien. Des cas de section de la corde dans l'oreille moyenne, ou d'altération par suite de carie de la caisse, prouvent en elîet qu'il préside à des sensations gustatives
(*) i) Sillon de la face antérieure du pont de Varole. — 2) Sillon du quatrième ventricule. — 3) Pyramides. — • 4) Fibres superficielles transversales de la protubérance. — 5) Fibres transversales profondes de la protubérance. — 6) Noyau du facial. — 7) Nerf oculo-moteur externe. — 8) Nerf facial. — 9) Nerf acoustique. — 10) Cellules appartenant au noyau inférieur du trijumeau (portion sensitive). (D'après StiUing.)
(**) 1) Plancher du ventricule. — 2) Bulbe. — 3) Protubérance. — A) Olive. — 5) Noyau de l'oculo-moteur commun, — 6) Noyau du nerf masticateur (portion motrice du trijumeau). — ■ 77') Long noyau sensitif d'où partent les fibres de la grosse portion du trijumeau. — 8) Noyau commun du facial et de l'oculo-moteur commun (ominentia teres). — 9) Noyau propre du facial. — 10) Coude intrabulbaire du facial. — 12) Noyau postérieur de l'auditif. — 13) Noyaux sensitifs des nerfs mixtes. — 14) Noyau de l'hypoglosse. — 15) Noyaux moteurs des nerfs mixtes.
NÉVROLOGIE
delà pointe de la langue. Il n'en est pas moins démontré que dans la corde se trouvent des fibres vaso-motrices pour les glandes. C'est donc un nerf complexe, sensoriel et sympathique (Voyez Origine du glosso-pharyngien).
Parti de la fossette sus-olivaire, le facial se porte en haut, en avant et en dehors pour gagner le conduit auditif interne. Il est accompagné par le nerf auditif, qui se trouve en arrière et au-dessous de lui, et qui présente une gouttière à concavité supérieure pour le recevoir. Entre ces deux troncs nerveux chemine le nerf de Wrisberg. Ces trois nerfs réunis arrivent au fond du conduit auditif interne et se séparent. Le facial et le nerf de Wrisberg se portent un peu en avant et pénètrent dans l'aqueduc de Fallope ; après un trajet de 4 à b millimètres perpendiculaire à l'axe du rocher, ils présentent un ganglion, ganglion géniculé, dans lequel se perd le nerf de Wrisberg (fig. 312, 2). Au delà du ganglion, le facial s'infléchit, devient parallèle à l'axe du rocher, et après un trajet de 0™,01 de longueur, se recourbe de nouveau, se dirige en bas presque verticalement, sort du crâne par le trou stylo-mastoïdien, s'infléchit encore une fois pour gagner obliquement en avant et en bas le bordparotidien de la mâchoire et se diviser en branche temporofaciale et branche cervico- faciale.
Dans ce trajet compliqué, le facial suit, comme on le voit, toutes les inflexions de l'aqueduc de Fallope, et répond, dans l'intérieur de ce canal, directement à la substance osseuse et à l'artère stylo-mastoïdienne. En dehors du crâne il est entouré, jusqu'auprès de sa division, par le tissu de la glande parotide.
Les deux racines du nerf de Wrisberg sont, jusque vers le miheu du conduit auditil interne, accolées l'une au bord inférieur du facial, l'autre au bord supérieur de l'auditif. Elles se joignent alors, et semblent au premier abord établir une anastomose entre les deux nerfs précédents, quoiqu'en réalité elles en soient indépendantes.
Le ganglion géniculé est un renflement de la forme d'une pyramide triangulaire, situé sur le sommet du premier coude du facial et accolé à ce nerf au niveau de l'hiatus de Fallope. 11 présente trois angles : l'un, qui constitue son sommet, émet \e nerf grand pétreux superficiel ; l'autre, postérieur, reçoit le nerf de Wrisberg, et le troisième, antérieur, fournit le nerf petit pétreux superficiel. Sa structure est celle de tous les ganglions nerveux ; il est composé de cellules et de fibres nerveuses.
1" Branches collatérales
Le facial émet des branches collatérales, qui naissent, les unes dans l'aqueduc de Fallope, les autres en dehors du trou stylo-mastoïdien.
1° Nerf grand pétreux superficiel (fig. 314 et 312, 3). — Né du sommet du ganglion géniculé, ce nerf se porte directement en dehors à travers l'hiatus de Fallope, se loge dans la gouttière qui se trouve sur la surface antérieure du rocher, gouttière qui fait suite à l'hiatus, reçoit le nerf grand pétreux profond, venu du rameau de Jacobson, branche du glosso-pharyngien (fig. 314, 10), glisse au-dessous du ganglion de Casser, traverse la substance fibro-cartilagineuse du trou déchiré antérieur, rencontre le filet carotidien destiné au ganglion de Meckel, se réunit à lui, traverse le canal vidien d'arrière en avant et aboutit au ganglion sphénopalatin. Le petit tronc formé par la réunion du nerf grand pétreux superficiel avec le filet sympathique du ganglion de Meckel porte le nom de nerf vidien (fig. 305,3). Pour Longet, le nerf grand pétreux superficiel traverserait seulement le ganglion et formerait le nerf palatin postérieur destiné aux muscles palato-staphylin et péristaphylin interne.