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ARTICLE IX. - NEUVIÈME PAIRE. - NERF GLOSSO-PHARYNGIEN

Préparation. — Pour étudier les branches que fournit le glosso-pharyngien au-dcssoUs du ganglion d'Andersch, voyez la préparation indiquée pour la portion cervicale du pneumogastrique. La même pièce pourra servir pour ces deux nerfs, pour le grand hypoglosse et le ganglion cervical supérieur. — Il est nécessaire, au contraire, pour étudier le ganglion d'Andersch et les branches qui en partent, de faire une préparation spéciale. Pour cela, on commencera par pratiquer la coupe connue, dans les amphithéâtres, sous le nom de coupe du pharynx (elle sera indiquée au chapitre qui traitera de ce conduit). On usera de ménagements au niveau du trou déchiré postérieur, de manière à laisser intacte la veine jugulaire, qu'on décollera avec précaution, et au-devant de laquelle on recherchera l'anastomose du facial avec le glosso-pharyngien. On isolera le ganglion d'Andersch et on trouvera l'origine du rameau de Jacobson. Tl faudra alors, à l'aide de la gouge et du maillet, attaquer le rocher et enlevant sa paroi externe et en mettant à nu le promontoire, sur lequel on pourra suivre les branches du rameau de Jacobson ; pour bien voir les anastomoses des pétreux profonds avec les pétreux superficiels, il faudra encore enlever la paroi supérieure de l'oreille moyenne. — ■ L'exécution de cette préparation est très délicate, elle demande de grands soins et une grande habitude de la gouge et du maillet. Pour la faciliter, nous croyons devoir recommander de petites gouges très fines, qui ont l'avantage de ne pas faire d'éclats, mais qui ont l'inconvénient de rendre la préparation plus longue. — On peut encore, comme pour la portion intrarocheuse du facial, faire tremper pendant quelques jours le temporal dans l'acide chlorhydrique, ce qui permet alors d'attaquer l'os avec le scalpel.

Le glosso-pharyngien émane du bulbe au niveau du sillon latéral, qui prolonge ■en haut le sillon collatéral postérieur de la moelle. Ce nerf est situé, à son origine apparente, entre l'auditif et le pneumogastrique. De même que le pneumogastrique et le spinal, le glosso-pharyngien est en réalité un nerf mixte ; il a par conséquent deux noyaux (fig. 310, 12, 14), l'un, moteur, plus petit, qui se trouve dans les parties antéro-latérales du bulbe, et qui appartient à la continuation de la tête de la corne antérieure de la moelle ; le second, noyau sensitif, est situé sur les côtés du plancher du quatrième ventricule, dans l'aile grise, continuation de la base des cornes postérieures. A ces origines viennent se joindre des filets sympathiques qui, issus de la corne latérale, remontent par le tractus intermédio-latéral ou par les cordons antérieurs. Ce faisceau, nous allons le retrouver dans les noyaux d'origine du pneumogastrique et du spinal ; on lui a donné le nom de faisceau solitaire. Ses fibres les plus supérieures vont avec des fibres émanées du noyau sensitif constituer l'intermédiaire de Wrisberg, partie irradiée delà neuvième paire.

Aussitôt après son origine apparente, le glosso-pharyngien se porte en avant et en dehors pour gagner le trou déchiré postérieur. Il est entouré par une gaine arachnoïdienne, qui lui est commune avec le pneumogastrique et le spinal. Il

NERFS ENCÉPHALIQUES OU CRANIENS

soi t du rràne par la pai lie la plus interne du trou déchiré postérieur, en passant l)ar un petit conduit spécial osléo-fibreux, en avant du pneumogastrique et du spinal. A ce niveau le glosso-pharyngien se coude à angle droit et se renfle en un ganglion, ganglion d'Andersch (lig. 306, 0). 11 descend alors en bas et en avant, passe avec le spinal et l'hypoglosse entre la carotide interne, qui est en dedans, et la jugulaire interne, qui est en dehors, contourne la carotide interne, lui devient antérieur (tig. 313, 3), passe entre les muscles stylo-pharyngien et styloglosse, s apj)li(pH' sur les côtés du constricteur supérieur du pharynx, sur la face externe de 1 amygdale et gagne, en remontant, la muqueuse du tiers postérieur de la langue, dans laquelle il se termine (fig. 313, 3). Dans ce trajet, le glossopharyngien décrit une courbe à concavité antérieure.

Le ganglion d'AnderscIt (fig. 306, 6) est un petit renflement grisâtre, ovoïde, de 0'",002 à 0'",003 de longueur. 11 est situé dans une petite dépression que l'on trouve sur la face inférieure du rochei' entre l'origine du canal carotidien et le golfe de la veine jugulaire.

De ce ganglion nait le rameau de Jacobson. Ce petit nerf très grêle part de la

Fig. 314. — Hameau de Jacobson (d'après Arnold) (*).

partie antérieure du ganglion, gagne aussitôt un petit canal osseux, qui se dirige en haut et en dehors pour s'ouvrir dans la caisse du tympan. Le rameau de Jacobson se place alors dans une gouttière que lui présente le promontoire, se dirige en haut et se divise en six branches. Les deux premières se portent en arrière et vont, l'une à la muqueuse du pourtour de la fenêtre ronde, l'autre à celle du pourtour de la fenêtre ovale (fig. 3f4, 6 et 7). Les deux branches suivantes sont Ascendantes et forment l'une, l'interne, le grand nerf pélreux profond, qui passe par un petit orifice situé sur la face supérieure du rocher près de l'hiatus de Fallope, pour s'unir au grand nerf pétreux superficiel (flg. 314, 10) ; la seconde, V&\terne, le peîti vîe?/péireua; pro/'ond, passe également; par un orifice osseux situé non loin du précédent et s'unit au petit pétreux superficiel à peu de distance de la naissance de celui-ci (fig. 314, 11). Les filets terminaux du rameau de Jacobson, filets antérieurs, vont l'un en haut et en avant à la muqueuse de la trompe d'Eusfache (fig. 314, 8), l'autre presque directement en avant, à travers la paroi du

(") 1) Tronc du facial. — 2) Grand nerf pélreux superficiel. — 3) Petit nerf pétreux superficiel. — 4) Tronc du glosso-pharyngien. — 51 Rameau de Jacobson. — 6) Branche de la fenêtre ovale. — 7) Branche de la fenêtre ronde. — 8) Branche de la trompe d'Euslache. — 9) Branche anastoniotique avec le grand syinpatliiçiue. — 10) Grand nerf pétrenx profond. — 11) Petit nerf pétreux profond. .

NÉVROLOGIE

canal carotidien, aux branches du ganglion cervical supérieur qui accompagnent la carotide (fig. 314, 9).

Le rameau de Jacobson fournit donc trois branches destinées à des anastomoses et trois branches qui vont à des muqueuses.

Au-dessous du trou déchiré postérieur, le glosso-pharyngien reçoit un rameau anastomotique du pneumogastrique; ce filet est très grêle et dirigé de haut en bas et d'arrière en avant.

De la partie inférieure du ganglion d'Andersch part un filet qui se dirige en bas vers le rameau carotidien du ganglion cervical supérieur; il forme souvent un petit tronc commun avec un rameau semblable venu du pneumogastrique.

Nous avons décrit plus haut (voy. Facial) un rameau du facial qui se porte en dedans en contournant la paroi antérieure de la veine jugulaire interne, et qui établit une anastomose avec le glosso-pharyngien. Ce rameau aboutit à ce nerf immédiatement au-dessous du ganglion d'Andersch.

Le glosso-pharyngien fournit ensuite successivement :

1° Immédiatement au-dessous du trou déchiré et du ganglion, le rameau des muscles digastrique et stijlo-hyoidien. Ce petit nerf se dirige en bas et en avant, fournit quelques filets non constants au stylo-pharyngien, en arrière duquel il passe, et se termine dans le stylo-hyoïdien et le ventre postérieur du digastrique, en s'anastomosant avec les filets que le facial envoie à ces muscles ;

2° Le filet du muscle stylo- glosse, qui nait au niveau du point où le glosso-pharyngien passe entre les muscles styliens. Il traverse le stylo-pharyngien sans lui abandonner de rameau et s'unit au filet lingual du facial pour gagner avec lui les muscles stylo-glosse et glosso-staphylin et se terminer sur le dos de la base de la langue en s'anastomosant avec les ramifications terminales du glosso-pharyngien;

3° Les rameaux carotidiens. — Ces rameaux sont au nombre de deux ou de trois ; ils naissent à des hauteurs différentes et se dirigent en bas vers la bifurcation de la carotide primitive (fig. 315, 8). Ils s'anastomosent avec des filets analogues venus du pneumogastrique et du ganglion cervical supérieur, forment un plexus dit intercarotidien, au milieu duquel on trouve un ganglion, ganglion intercarotidien (voy. Grand Sympathique) ;

4° Les rameaux pharyngiens. — De nombre et d'origine variables, ces rameaux se portent en bas et en dedans vers les côtés du pharynx (fig. 315, 12, et 316, 18), s'unissent à des filets semblables venus du pneumogastrique, du spinal et du grand sympathique et constituent le plexus pharyngien (voyez Pneumogastrique) ;

5° Les rameaux tonsillaires. — Ils naissent au moment où le glosso-pharyngien contourne la face externe de l'amygdale, sont assez nombreux, s'anastomosent entre eux en formant un petit p/eajus tonsillaire et se perdent enfin dans la muqueuse des amygdales, des piliers et de la face inférieure du voile du palais.

A la base de la langue, le glosso-pharyngien se place à égale distance de la partie moyenne et du bord de l'organe, se divise en plusieurs branches, qui se subdivisent à leur tour et fournissent des rameaux nombreux, anastomosés entre eux de manière à constituer le plexus lingual, dont les filets terminaux sont destinés à la muqueuse du tiers postérieur de la langue. Autour du foramen cœcum, on voit les filets d'un côté s'unir à ceux du côté opposé, en formant le plexus circulaire du trou borgne signalé par Huguier et par Valentin.

Usages. — Le glosso-pharyngien est un nerf mixte, chargé de transmettre deux espèces de sensations : l'une sensorielle et gustative, l'autre de sensibilité géné-

Fig. 315. — Nerfs lingual, glosso-pharynginn, grand hypoglosse, plexus et ganglion inlercarotidiens (,).

' (') Le ganglion sous-maxillaire a été enlevé avec la glande de ce nom pour montrer les anastomoses^ en arcade des branches du lingual avec celles de l'hypoglosse. — 1) Nerf lingual. — 2) Nerf temporal superficiel sectionné. — 3) Nerf glosso -pharyngien. — 4) Nerf grand hypoglosse, dont une portion a été excisée. — 5) Ganglion cervical supérieur, dont on ne voit que l'extrémité inférieure. — 6) Nerf pneumogastrique sectionné. — 7) Nerf laryngé supérieur. — 8) Rameaux iutercarotidiens du glosso-pharyngien. — 0) Hameaux intercarotidiens du pneumogastri(|ue. — 10) Rameaux intercarotidiens du grand sympathique. — 11) Ganglion interearotidien. — 12) Rameaux pharyngiens du glosso-pharyngien. — 13) Rameaux pharyngiens du pneumogastrique. — 14) Branche du muscle thyro-hyoïdien. — 15) Nerf laryngé externe.

NÉVROLOGIE

raie ; par ses filets moteurs il détermine des contractions dans les muscles constricteurs du pharynx et stylo-pharyngien. Après sa section, l'irritation de son bout central détermine des contractions par mouvements réflexes.

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