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II. — Muqueuse linguale

Sur la face inférieure de la langue, la muqueuse ne présente pas de caractères particuliers; il n'en est pas de même sur la face dorsale: là toute la partie antérieure au V lingual est couverte de papilles particulières ; le V lingual lui-même en est formé. Ces papilles sont de trois espèces : les unes, très petites, papilles filiformes, les plus nombreuses, sont éparses sur toute la surface de la muqueuse et lui donnent un aspect velouté; les secondes, de grandeur moyenne, papi7/es fungiformes, sont parsemées au milieu des précédentes en nombre variable ; les dernières et les plus volumineuses, papilles caliciformes, constituent par leur réunion le V lingual. On a décrit encore (Albinus, quelques auteurs modernes) une quatrième espèce de papilles, papilles foliiformes, situées sur les côtés de la langue, en avant de l'origine des piliers antérieurs du voile du palais.

Structure des papilles linguales. — 1° Papilles filiformes (fig. 361, A). — Elles ont la forme de cylindres huit à dix fois plus hauts que larges (leur hauteur varie entre Om,004 et Oi-iOOlG) et dont la pointe est dirigée en avant. Elles se composent d'un axe solide continu au derme de la muqueuse et supportant des papilles secondaires, et d'un revêtement ôpithélial donnant naissance à des prolongements filiformes plus ou moins longs ; habituellement, même en état de santé, on trouve mêlés, à la couche épithéliale, des champignons microscopiques [Leptothrix buccalis de Ch. Robin, fig. 352). Cette couche est souvent le siège d'une hypertrophie considérable, et ce sont ces variations d'épaisseur qui déterminent les variétés de coloration jaunâtre, blanchâtre ou rosée de la langue.

2° Papilles fungiformes (fig. 361, B).— Ce sont de petites saillies arrondies en forme de massue. Elles sont constituées par un renflement du derme portant de petites papilles secondaires et revêtues par une couche épithéliale mince et lisse à sa surface. Leur couleur rouge tranche sur la couleur blanchâtre des papilles filiformes qu'elles dépassent

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ou au milieu desquelles elles sont enfouies, suivant la longueur de ces dernières. On les rencontre surtout aux environs des papilles caliciformes, sur les bords à la pointe de la langue.

30 Papilles calicifonnes (fig. 3.51, G). — Elles sont au nombre de seize à vingt. La plus volumineuse, située à la pointe duV lingual, occupe le foramen csecum. Elles sont analogues comme forme aux papilles fungiformes, mais plus développées, et, au lieu de faire saillie sur la muqueuse, elles sont enfouies dans une dépression de cette dernière, de façon que leur base est entourée d'une rigole circulaire.

Entre ces trois espèces de papilles on trouve des formes de transition. Toutes, sans exception, contiennent au moins une anse vasculaire ; elles possèdent en outre des filets nerveux nombreux et superficiels qui, d'après les recherches de Michael, formeraient des plexus pourvus de cellules ganglionnaires et présenterai ent à leurs extrémités des rentlements terminaux spéciaux.

Au point de vue de leurs fonctions, les papilles calicifonnes paraissent affectées au

Fig. 331. — Papilles linijuales {'}. Fig. 352. — Leptothrix buccalis.

sens du goût, les fungiformes au sens du tact; quant aux filiformes, leur rôle paraît être plutôt un rôle mécanique de division et de mélange des parcelles alimentaires ramollies par les liquides buccaux.

Glandes linguales. — Ce sont des glandes en grappe. Elles existent à la base et sur les bords de la langue. Sur la base de la langue elles forment une couche épaisse de 0",006 sous la muqueuse en arrière du V lingual. Sur les bords elles constituent une traînée allant de la base à la pointe et s'agglomérant surtout en deux endroits : en avant, c'est la glande de Biandin ou de Nuhn, située vers la pointe, sur les côtés de la ligne médiane €t s'ouvrant par quatre ou cinq conduits excréteurs sur la face inférieure de la langue; en arrière, ce sont les glandes de Weber, placées sur les bords au niveau des extrémités antérieures du V lingual et s'ouvrant par plusieurs orifices sur le bord de la langue. A la base de la langue, en arrière du V lingual, se trouvent des follicules clos (glandes solitaires).

Vaisseaux et nerfs de la langue. — Les artères viennent de la linguale. La muqueuse linguale est très vasculaire et ses capillaires ne communiquent pas sur la ligne médiane, de façon qu'une injection par une des artères linguales s'arrête sur le milieu du dos de la langue. Les reines vont aux veines linguales. Les lymphatiques, très nombreux dans la muqueuse et le tissu sous-muqueux, se rendent aux ganglions profonds de la région sous-hyoïdienne. Les nerfs sensitifs proviennent du lingual (partie antérieure au V lingual), du glosso-pharyngien (V lingual et partie postérieure) et d'un filet du laryngé supérieur. Le lingual et le glosso-pharyngien présentent sur le trajet de leurs

(*) A. Papilles filiformes. — B. Papilles fungiformes. — C. Papilles caliciformes. (D'après Todd et Bowmann.)

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ramifications de petits ganglions microscopiques. Des rameaux sympathiques accom pagnent les artères. Les nerfs moteurs ont été mentionnés à propos des muscles.

La terminaison des nerfs gustatifs se fait de la façon suivante. Les parties latérales de la rigole circulaire des papilles caliciformes contiennent des corpuscules particuliers, corpuscules gustatifs. Ces corpuscules, en forme de bouteille à ventre renflé, sont enfouis dans les couches profondes de l'épithélium des papilles et s'ouvrent par un orifice étroit, pore fjustatif, dans la cavité de la rigole circulaire. Ces corpuscules sont constitués par deux espèces de cellules ; les unes, plus extérieures, cellules de recouvrement, ne sont que des cellules épithéliales plus ou moins modifiées; elles sont fusiformes à noyau ovale et s'accolent un peu à la facondes côtes de melon, mais en constituant plusieurs couches ; les autres, cellules r/iistalives, sont situées dans l'axe du corpuscule : leur corps est formé par un noyau volumineux et présente un prolongement périphérique plus large dirigé vers le pore gustatif, et un prolongement central très lin et probablement en rapport avec les fibres nerveuses terminales. Ces corpuscules gustatifs se rencontrent aussi sur les papilles fungiformes, mais en bien plus faible quantité.

§ II. — Pharynx

Préparation. — Coupe du ipharynx. Diviser transversalement les parties molles du cou au-dessus du sternum jusqu'à la colonne vertébrale ; détacher les parties molles des muscles prévertébraux et séparer de bas en haut la face du crâne par un trait de scie transversal passant en arrière des apophyses styloïdesl Par ce procédé on est exposé <à léser des organes importants; aussi vaut-il mieux enlever le rachis en désarticulant dans l'articulation occipitoatloïdienne. Pour étudier le pharynx par ses parties latérales, on enlèvera d'un côté la branche montante du maxillaire inférieur (voy. fig. 354).

Le pharynx est un conduit musculo-membraneux étendu de l'apophyse basilaire à la cinquième vertèbre cervicale, entre le rachis en arrière et les fosses nasales, la houche et le larynx en avant. Sa longueur, sujette à des variations considérables (0"',07 à 0™,17), est en moyenne de 0",13. Sa largeur, de 0™,04 en haut, diminue peu à peu, sauf un élargissement au niveau de l'os hyoïde. Sa profondeur, d'alîord de 0'",02, se réduit graduellement de haut en bas et arrive à 0 au niveau du cartilage cricoïde, où ses deux parois s'accolent.

I. Conformation extérieure (fig. 353 et 334). — Primastique et triangulaire en haut, le pharynx s'aplatit en bas d'arrière en avant. En haut et en avant, il ne se laisse pas isoler des parties voisines et, par suite, il ne présente comme faces libres qu'une face postérieure et deux faces latérales. Sa face postérieure, à peu près plane, est séparée des muscles pré vertébraux par un tissu cellulaire lamelleux, qui contient, surtout au niveau de la deuxième vertèbre cervicale, quelques ganglions lymphatiques. Ses faces latérales sont séparées du ptérygoïdien interne par un espace triangulaire, dans lequel on trouve les artères carotides interne et externe; la veine jugulaire interne, les nerfs glosso-pharyngien, neumo-gastrique, spinal, grand hypoglosse, grand sympathique; les muscles, styliens et un prolongement de la parotide s'accolent à cette face. Le bord antérieur des faces latérales répond de haut en bas à l'aile interne de l'apophyse ptérygoïde et au péristaphylin interne, au bord postérieur du buccinateur, à la racine de la langue, à la grande corne de l'os hyoïde, aux cartilages thyroïde et cricoïde.

II. Conformation intérieure (fig. 346 et 348). — La cavité du pharynx a une voûte et quatre parois, dont l'antérieure surtout est très importante à cause des ouvertures qui la font communiquer avec les cavités nasale, buccale et laryngienne. Ces ouvertures occupant presque toute cette paroi antérieure, on a pu

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comparer le pharynx à une goullière à concavité antérieure, aussi bien qu'à un canal complet.

La voûte offre des saillies et des dépressions qui lui donnent l'aspect d'un tissu à mailles réticulées rappelant l'amygdale. Une de ces dépressions forme souvent au centre de cette voûte un cul-de-sac profond.

La paroi postérieure est plane et lisse.

Les parois latéralcft présentent en haut l'orifice évasé de la trompe cVEiistache (fig. 348, 8) ; cet orifice est situé à la hauteur de l'extrémité postérieure du cornet inférieur, en arrière de l'ouverture postérieure des fosses nasales, à 0 ,055 environ de l'extrémité postérieure de l'ouverture nasale antérieure ; il en part une gouttière qui se porte en has, en avant et en dedans à la partie supérieure du bord adhérent du voile du palais ; entre l'extrémité de la trompe et la paroi du pharynx est une excavation assez profonde dans laquelle on risque de s'égarer en pratiquant le cathétérisme de la trompe. En descendant sur la face latérale, on trouve l'excavation amygdalienne avec l'amygdale et le pilier postérieur du voile du palais, et i)lus bas encore le repli phdnjmjo-épigloltiqite dirigé en bas et en arrière des bords de l'épiglolte aux parties latérales du pharynx.

La face antérieure (fig. 34G) présente de haut en bas trois ouveilures : 1° Vuiiverture postérieure des fosses nasales, séparée en deux ouvertures quadrilatères par la cloison médiane; au-dessous d'elle est la face postérieure du voile du palais; 2° Visthme du gosier, circonscrit par le voile du palais, les piliers antérieurs et la base de la langue rattachée à l'épiglotte par les replis glosso-épiglottiques; 3° Vouverture supérieure du larynx (fig. 381), ovalaire, à plan oblique en bas et en arrière, et circonscrite en avant par l'épiglotte, sur les côtés, par les replis aryténoépiglolliques, en arrière par les sommets des cartilages aryténoïdes, que sépare une petite échancrure ; sur les côtés de cet orifice, se voient deux gouttières triangulaires, larges en haut, étroites en bas, comprises entre les muscles thyroaryténoïdiens et crico-aryténoïdiens latéraux en dedans et la face interne du cartilage thyroïde en dehors; elles sont quelquefois traversées obliquement par im ])li dû au soulèvement de la muqueuse par le nerf laryngé supérieur; ces gouttières et la saillie médiane qui les sépare, saillie due aux cartilages cricoïde et aryténoïde, représentent seules la paroi antérieure du pharynx.

La cavité pharyngienne peut être divisée, eu égard à ses connexions et à ses fonctions, en trois parties : fia première, partie nasale ou arriére-cavité des fosses nasales, est à peu près invariable comme forme et comme dimension et sert au passage de l'air; 2" la deuxième, partie buccale ou gutturale, est susceptible des plus grandes variations de forme, de dimensions et de situation; elle représente une sorte de carrefour commun au tube laryngo-nasal ou aérien d'une part, et au tube bucco-œsophagien ou alimentaire de l'autre ; cette cavité centrale communique avec l'arri ère-cavité des fosses nasales par l'isthme pharyngo-nasal, avec le larynx par l'ouverture supérieure du larynx, avec la bouche par l'isthme du gosier, et chacun de ces orifices peut se fermer ou s'ouvrir pour laisser passer l'air ou les substances alimentaires; 3° la troisième, ou portion œsophagienne, est située au-dessous de l'orifice supérieur du larynx; elle ne peut subir que des variations de calibre ou des déplacements de totalité dus au déplacement même du larynx et sert exclusivement au passage des substances alimentaires.

m. Structure. — Le pharynx comprend une charpente musculaire, une muqueuse, des vaisseaux et des nerfs.

SPLÂNCHNOLOGIE

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