IV. — Paroi inférieure du plancher de la cavité buccale
Cette paroi peut se diviser en deux étages :
Fig. 347. — Muicles profonds du voile du palais (*).
lo Un étage inférieur, constitué par un plan musculaire tendu de la ligne inylo-hyoïdienne du maxillaire inférieur à Fos hyoïde (mylo-hyoïdien et génio-
(*) t) Sinus sphénoïdal. — 2) Artère carotide interne. — 3) Trompe d'Euslache. — 4) Trompe d'Eustache du côté droit, ouverte. — 5) Partie osseuse de la trompe débouchant dans la 6) Caisse du tympan. — 7) Membrane du tympan. — S) Conduit auditif externe ouvert. — 9) Crocliet de l'aile interne de l'apophyse ptérygo'i'de. — 10) Partie verticale du péristaphylin externe. — 11) Sa portion réfléchie. — 12) Aponévrose du voile du palais. — 13) Ptérygoïdien interne. — 14) Ptérygo'idien externe. — IH) Os hyoïde. — 16) Stylohyoïdien. — 17) Digastrique. — 18) Mylo-hyoi'dien. — 19) Génio-hyoi'dien. {Nota. La coupe du côté droit est sur un plan antérieur à celle du côté gauche.)
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hyoïdien), plan doublé ù l'exlérieur par le ventre antérieur du digastrique, l'aponévrose cervicale et la peau;
2" Un étage supérieur formé par la langue.
Langue
Préparation. — Pour éludior la muqueuse, extraire la langue avec l'os hyoïde, le larynx et la partie médiane du maxillaire inférieur. Pour les nuiscles, enlever tout un côté du maxillaire inférieur, en respe 'tant les insertions du génio-glosse, et isoler chaque muselé jusqu'à son entrée dans la langue. La dissection des fdjres musculaires dans l'inlérieur de la langue est très difficile et ne peut être faite que sur des langues durcies par la coclion, l'alcool, etc. Des coupes en divers sens sont très utiles pour étudier la direction des fibres musculaires.
La langue est un organe à la fois de molilité (articulation des sons), de mastication, etc., et de sensibilité soit générale (tactile), soit spéciale (gustative). Fixée par sa base à l'os hyoïde et au maxillaire inférieur, elle est libre dans la cavité buccale par sa face supérieure, ses bords et son extrémité antérieure.
Conformation extérieure. — La langue a deux faces, deux bords, une base et un sotiunel ou poiiile.
1° Face supérieure ou dorsale. — Elle est horizontale dans sa moitié antérieure ; dans sa moitié postérieure elle descend pres(|uo verticalement (lig. .348) pour rejoindre le coips de l'os hyoïde et l'épiglotte, à latpiellc elle est rattachée par trois replis glosso-épiijlotliques, un médian et deux latéraux interceptant deux petites fossettes. Dans le rapprochement des mâchoires, cette face est en contact avec la voûte palatine et le voile du palais, et la cavité buccale est à peu près réduite à 0. Elle est divisée en deux portions par deux rangées de saillies formant par leur réunion un V ouvert en avant; c'est le V lingual; la 2)oiiite du V située à la réunion du quart postérieur et des trois quarts antérieurs de la langue correspond à un cul-de-sac assez large, foramen cxcum ou de Morgagni; la partie postérieure du V lingual est inégale et présente des saillies aplaties et volumineuses pourvues d'un orifice; la partie antérieure au V a un aspect villeux dii à des papilles nombreuses, qui seront décrites plus loin; un sillon médian la divise en deux moitiés.
2° Face inférieure. — Elle n'est libre que dans son tiers antérieur; un sillon médian continu à celui de la face dorsale la divise et se prolonge en arrière dans un repli mufjueux, frein ou filet; de chaque côté du fdet se trouve une saillie mamelonnée, sur laquelle s'ouvre le canal de Wharton et plus en dehors la saillie bleuâtre des veines ranines.
3» Les bords de la langue s'amincissent d'arrière en avant.
4» La base est rattachée à l'épiglotte par les rei)lis glosso-épiglottiques, et au voile du palais par les piliers antérieurs.
5" La pointe, partie la plus mince de la langue, offre, par la réunion des deux sillons supérieur et inférieur, un vestige de bitîdilé.
Conformation intérieure. — La langue se compose d'une charpente musculaire et d'un revêtement muqueux, auxquels s'adjoignent des vaisseaux et des nerfs.
L — Muscles de l\ langue
Ces muscles s'attachent en partie aux os (os hyoïde, maxillaire inférieur, apophyse styloïde), en partie aux organes ambiants (voile du palais, pharynx); Beaunis et Bouchard. 47
Fig. 348. — Coupe médiane antéro postérieure di- la face (•).
tiioi! du canTnasaf "'".'^^-'^ ^"'Z' " ' '^'Snc ponctuée indiquant la situa-
.«asales - t ô^ vL" " S^"'' ^"'■^iq''^- - ') Saillie limitant en arrière les fosses
ce or ificT - rorrn';^, e' ' '™."^'^«/J^"f-<=l'°- - 9) Dépression de la muqueuse du pharynx au-dessus de 13J Coupe de l'o 1 vo?d ^ 'T " ^"^^Sà^'^^' ~ ^ ^oupe du „,axilliire inférieur.
'■iv Épi.lott:'-!^nîfic7du■;e';rut^LS^;r- "^^^ - «^p^-^-^--^- -
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de là ils se rendent à la face profonde de la muqueuse; enfin, quelques-uns s'attachent uniquement à la muqueuse. Dans l'épaisseur de la langue se trouve une cloison fibreuse médiane, scptuin lingual (fig. 348, 16, et 330, 9), cjui donne insertion à des fibres musculaires; ce septum, haut de 0™,0H, aune forme semi-lunaire; son bord inférieur concave répond à l'entre-croisemeot des génioglosses, son bord inférieur convexe est parallèle au dos de la langue ; sa base s'attache à l'os hyoïde, sa pointe se perd dans le tissu même de la langue. Tous les muscles de la langue, sauf le lingual vertical, sont pairs.
1° Stylo-glosse (fig. 349, 2). — Ce muscle, grêle, fusiforme, s'attache en haut à la 6(îse et à la partie antérieure de Vapophyse slyldide, et descend d'abord verticalement, puis un peu en dedans en se tordant sur lui-même de façon que sa face antérieure devient externe. Il atteint la langue en arrière du pilier antérieur et se divise en deux faisceaux, l'un, inférieur, qui longe le bord de la langue-
et va jusqu'à la pointe se continuer avec celui du côté opposé, après avoir abandonné quelques fibres au génio-glosse , l'autre, supérieur, plus faible, qui va. s'unir aux fibres de l'hyo-glosse et aux fibres transversales de la langue.
Nerfs. — Il est innervé par le rameau lingual du facial.
Action. — Ils portent la langue en haut et en arrière, élargissent sa base et la pressent contre le voile du palais dans la déglutition.
2° Hyo-glosse (fig. 349, 7). — Ce muscle aplati, quadrilatère, s'attache au bord supérieur de la grande corde de Vos hyoïde [cérato-glosse) et à la partie voisine du corps de l'os (hasio-glosse) ; il est enveloppé à ses insertions, en avant par le génio-hyoïdien, en arrière par le constricteur moyen. De là ses fibres antérieures pénètrent dans la langue entre le stylo-glosse et le lingual inférieur pour devenir antéro-postérieures sur le dos de la langue, tandis que les fibres postérieures,.
(*) i) Apophyse st\Ioïde. — 2) Stylo-glosse. — 3) Glosso-staphylin. — 4) Lingual inférieur. — 5) Génioglosse. — 6) Os hyoïJc. — 7) Hyo-glosse. — 8) Génio-hyoïdien. — 9) l'iiaryngo-glosse. — 10 Constricteurmoyen du pharynx.
Fig. 349. — iJuscles de la langue (').
740 SPLANCHNOLOGIE
après avoir passé entre le slylo-glosse et le génio-glosse, s'épanouissent en éventail avec une direction prédominante transversale.
Action. — Ils rapprochent la langue de Vos hyoïde et la compriment transversalement.
3° Glosso-staphylin. — Ce muscle a été décrit avec les muscles du voile du palais.
4" Lingual supérieur (fig, 330, 10). — Ce petit muscle, aplati, situé immédiatement sous la muqueuse du dos de la langue, naît de la base de la petite corne de ros hyoïde {chondro-glosse) et de la partie voisine du corps, et se porte en avant sur le dos de la langue. Un faisceau médian {muscle glosso-épiglottique) part du repli médian glosso-épiglottique.
Action. — Il raccourcit la face supérieure de la langue et porte sa pointe en haut.
Fig. 330. — Coupe de la base de la langue au niveau de l'isthme du gosier ^*).
gopharyngo-glosse (fig. 349, 9). — Ce muscle se compose de faisceaux minces provenant du constricteur supérieur du pharynx. Les supérieurs longent superficiellement les bords de la langue entre le stylo-glosse en bas et le glosso-staphylin en haut; les inférieurs passent sous l'hyo-glosse et se confondent avec le lingual inférieur et le génio-glosse.
6" Lingual inférieur (fig. 349, 4; fig. 330, H). — Ce muscle est situé à la face inférieure de la langue au-dessous du stylo-glosse, entre le génio-glosse et l'hyo-glosse. 11 s'insère en avant à la muqueuse de la pointe de la langue ; en arrière, ses fibres se perdent, en partie en s'entre-croisant avec celles du génioglosse, en partie en se continuant avec quelques fibres du stylo-glosse et du pharyngo-glosse.
Action. — Il rétracte la pointe de la langue et la porte en bas.
(*) 1) Face postérieure du voile du palais. — 2) Amygdale. — 3) Pilier antérieur. — 4) Pilier postérieur. — S) Muqueuse linguale. — 6) Stylo-glosse. — 7) Hyo-glosse. — 8) Génio-glosse. — 9) Seplum lingual. — 10) Coupe du lingual supérieur. — 11) Coupe du lingual inférieur, — 11) Pharyngo-glosse. — J3) Aniygdaloglosse. (D'après Bonamy et Beau.)
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7° Amygdalo-glosse (fig. 350, 13). — Ce petit muscle, très mince, situé sous la muqueuse entre le bord inférieur de l'amygdale et le bord de la langue, naît en haut de l'aponévrose pharyngienne, s'applique sur la face externe de l'amygdale, et, arrivé au bord de la langue, s'engage sous le lingual supérieur, et se porte transversalement vers la ligne médiane (Broca).
Action. — Il soulève la base de la langue et rétrécit la partie correspondante du pharynx.
8° Génio-glosse (fig. 349, 5). — Ce muscle, épais, triangulaire, rayonné, accolé à celui du côté opposé sur la ligne médiane, s'insère par un fort tendon à l'apophyse géni supérieure; de là il donne naissance à une série de feuillets divergents, dont les antérieurs, verticaux, s'attachent à la pointe de la langue, les postérieurs, horizontaux, à sa base et au corps de l'os hyoïde, de façon que le muscle dans sa totalité représente un triangle dont la pointe esta l'apophyse géni, et dont la base curviligne est mesurée par toute la longueur de la face dorsale de la langue (fig. 348, 14). Au-dessous du septum lingual les faisceaux internes du génio-glosse d'un côté s'entre-croisent avec ceux du muscle du côté opposé (fig. 330). Quel([ues fibres internes de ce muscle se rendent à l'épiglotte [levator epiglottidis). Le génio-glosse forme la masse charnue de la langue et est reçu, comme dans une coque musculaire, dans une gouttière ouverte en bas, constituée par la plupart des muscles précédents.
Action. — Les fibres hyoïdiennes tirent en avant l'os hyoïde: les fibres antérieures portent la langue en arriére et la font rentrer dans la cavité buccale. Si les deux muscles se contractent en totalité, la langue est abaissée et comprimée dans le sens vertical.
9° Lingual transverse (fig. 330). — Ce sont des fibres transversales naissant des deux faces du septum lingual et se portant à la muqueuse des bords de la langue.
Action. — Il effile la langue, l'allonge et fait sortir sa pointe de la bouche.
10° Lingual vertical. — Ces fibres, qui n'existent guère que dans la pointe et vers les bords, vont de la face inférieure à la face supérieure de la langue.
Disposition des fibres musculaires dans l'intérieur de la langue. — Toutes ces fibres, une fois arrivées dansTintérieur de la langue, sont très difliciles à suivre à cause de leur intrication. On peut cependant distinguer trois directions principales : i° des fibres verticales, provenant du génio-glosse et du lingual vertical; 2" des fibres transversales, provenant superficiellement de l'hyo-glosse, du faisceau supérieur du stylo-glosse, du glosso-staphylin et de l'amygdalo-glosse, et profondément du transverse; 3° des fibres longitudinales, fournies par les linguaux supérieur et inférieur, le stylo-glosse, les faisceaux antérieurs de l'hyo-glosse, et à la pointe de la langue par les fibres antérieures du génio-glosse.
Les fibres musculaires de la langue sont des fibres striées, mais offrant des ramifications et des anastomoses et s'entre-croisant fréquemment les unes avec les autres. Elles se terminent à la face profonde de la muqueuse ou de la couche glandulaire sousmuqueuse, là où elle existe.
Nerfs. — Les muscles de la langue sont innervés par l'hypoglosse, à l'exception du stylo-glosse et du glosso-staphylin, innervés par le rameau lingual du facial, et du pharyngo-glosse, innervé lui-même par le plexus pharyngien. La langue reçoit, en outre, un rameau de la corde du tympan.
Mouvements de la langue. — La langue à l'état de repos est large, molle et remplit
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complètement la cavité buccale. Les mouvements qu'elle exécute sont de deux espèces : extrinsèques et intrinsèques.
\° Mouvements extrinsèques. — Ce sont des déplacements en totalité de l'organe, amenés en grande partie par des déplacements correspondants de l'os hyoïde. Ces mouvements, au nombre de quatre, sont accomplis par les muscles suivants : 1" élévation stylo-hyoïdien, digastrique, constricteur moyen, mylo-hyoïdien, hyo-glosse, glossostaphylin; 1° abaissement : muscles sous-hyoïdien et hyo-glosse; l'excursion du mouvement du haut en bas est de 0™,503 environ; 3" mouvement en avant : génio-hyoïdien, génio-glosse, mylo-hyoïdien, ventre antérieur du digastrique; 4° mouvement en arrière : constricteur moyen, omo-hyoïdien, ventre postérieur du digastrique et tous les muscles élévateurs, sauf le mylo-hyoïdien ; l'excursion du mouvement d'avant en arrière a un peu plus de 0=>,01.
2" Mouvements intrinsèques. — Ils consistent en des changements de forme et sont produits par les muscles suivants : l» allongement : lingual transverse; 2° raccourcissement : ûhr es longitudinales; Z° aplatissement et élargissement dans le sens transversal: fibres verticales ; 4° rétrécissement dans le sens transversal : fibres transverses ; 5° mouvements de latéralité : stylo-glosse et fibres longitudinales d'un seul côté ; 6" excavation de la face dorsale de la langue s' incurvant en gouttière : action combinée des fibres internes des génio-glosses qui fixent la partie médiane de la langue et des stylo-glosses, lingual supérieur et glosso-staphylin, qui relèvent ses bords. On pourrait multiplier presque à l'infini ces mouvements partiels, dont l'analyse est souvent très difficile et parfois impossible. Parmi ces mouvements intrinsèques, il en est dans lesquels la langue prend un ftoint fixe et s'arc-boute contre des parties solides de la cavité buccale (ex. : déglutition, production de consonnes explosives, etc.).