‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologieChapitre 205 sur 299 · ARTICLE IV. - POUMONS · texte numérisé non relu

ARTICLE IV. - POUMONS

Les poumons, au nombre de deux, sont situés dans les parties latérales de la cavité thoracique ; une membrane séreuse, la plèvre, enveloppe chaque poumon, à l'exception du hile, et facilite son glissement contre la paroi thoracique correspondante.

Le volume des poumons, variable pour chaque individu suivant le moment de la respiration, est lié à la quantité d'air qu'ils contiennent. La quantité d'air contenue dans les poumons peut être évaluée à environ 4400 centimètres cubes [capacité absolue des poumons). Il ne faut pas confondre cette capacité absolue avec la capacité vitale, qui s'évalue par la quantité d'air introduite dans les poumons par l'inspiration la plus profonde possible ; celle-ci est de 3200 centimètres cubes en moyenne.

Le poumon droit est un peu plus volumineux que le poumon gauche (dans le rapport de 11 à 10). poids des poumons chez l'adulte est de 1200 grammes en moyenne chez l'homme, de 950 grammes chez la femme, heuv poids spécifique est de 0,. 3429, par conséquent inférieur à celui de l'eau; aussi surnagent-ils quand on les plonge dans ce liquide. Au contraire s'ils sont privés d'air (poumons qui n'ont pas respiré, hépatisalion de la pneumonie), ils tombent au fond de l'eau.

Le tissu des poumons est mou, spongieux, et cède sous la pression du doigt en donnant une sensation spéciale de crépitation; puis, la pression disparue, il revient par son élasticité à sa forme primitive. L'élasticité des poumons est très grande et leur permet de suivre les mouvements d'expansion et de resserrement de la cage thoracique dans la respiration, mais leur limite d'élasticité n'est pas atteinte aussi vite que celle du thorax ; aussi voit-on, lorsqu'on ouvre le thorax et que la pression de l'air extérieur vient équilibrer la pression de l'air intrapulmonaire, le poumon se rétracter et s'écarter des parois de la cavité thoracique pour atteindre sa limite d'élasticité. La ténacité du tissu pulmonaire est assez considérable; aussi l'insufflation pulmonaire n'amène-t-elle que difficilement des déchirures.

La surface des poumons est lisse et humide et présente des divisions ou lobules de 0'^,005 à 0™,01, limités chez l'adulte par des stries vasculaires ou pigmentaires, mais peu isolables les uns des autres. Leur couleur, variable comme intensité suivant la quantité de sang qu'ils renferment, est rosée jusqu'à l'adolescence, et devient gris rosé chez l'adulte ; puis à mesure qu'on avance en âge, elle offre des stries ou des taches pigmentaires , situées ordinairement dans les interstices des lobules, et plus prononcées dans les endroits du poumon qui correspondent aux côtes.

ORGANES DE LA RESPIRATION 805

Forme et rapports. — Les poumons ont une forme conique, et possèdent une base, un sommet, deux faces et deux bords. Une scissure profonde, scissurd interlobairc, dirigée de haut en bas et d'arrière en avant, occupe'leur face externe.

Fig. 393. — Coupa de la poitriiw, d'aprùs Benjamin Angei- (*).

dette scissure, simple pour le poumon gauche qui se compose de deux lobes (lig. 393, B), se bifurque en avant pour le poumon droit, qui se divise en trois lobes (fig. 393, A). Le nombre des lobes pulmonaires peut varier en plus ou en moins ; on rencontre aussi quelquefois des lobules accessoires tenant aux bron-

(*) La coupe du thorax passe au-dessous du cartilage de la troisième côte. La coupe des poumons forme un plan oblique en bas et en arrière. — A. Poumon droit. — B. Poumon gauche. — C. Cavité du ventricule gauche. — D. Cavité du ventricule droit. — K. Cloison intervcntrieulaire. — 0. Bord droit du cœur. — I. Oreillette droite. — H. Œsophage. — E. Aorte. — G. Canal thoracique. — F. Veine azygos. — R. Coupe du sternum. — M. Tissu cellulaire du médiastin antérieur. — S L. Artères mammaires internes. — XX. Coupe du grand dorsal. — a, a, a, a) Artères intercostales. — 1,2) Coupes des grands pectoraux droit et gauche. — 3, i) Coupe des grands dentelés droit et gauche. Les côtes du côté gauche portent leur numéro d'ordre depuis la troisième jusqu'à la douzième.

SPLANCHNOLOGIE

ches et tout, à l'ail distincts du reste des poumons. Le plus important est celui qui existe dans certains cas à la hase du poumon droit et qui est l'analogue du lobe impair des mammifères (Pozzi).

Le sommet des poumons est arrondi. Sur une coupe transversale sa forme est ovalaire. Son point culminant dépasse de 0™,0I à 0",015 la partie moyenne de la première côte. Il est embrassé par la concavité de l'artère sous-clavière, qui trace un sillon sur sa face externe.

La base ou face inférieure, concave, répond au diaphragme et représente un plan incliné qui regarde en avant et en has ; elle a la forme d'un fer à cheval, dont le bord interne, concave, s'enfonce dans l'angle rentrant qui résulte de la réunion du péricarde au diaphragme, dont le bord externe, convexe, mince, se place entre le diaphragme et la paroi costale et descend plus bas en arrière qu'en avant. Dans l'expiration ou sur les cadavres, il suit la direction d'une ligne qui, partant du milieu de l'appendice xiphoïde, irait, en contournant le thorax, aboutir à la dixième côte. Dans l'inspiration, le bord externe descend plus ou moins sans jamais atteindre le sinus costo-diaphragmatique (tig. 368).

La face externe convexe répond à la face interne des côtes et des espaces intercostaux, et en arrière aux parties latérales du rachis (').

La face interne ou cardiaque est divisée en deux portions par le hile de l'organe ; ce hile, haut de 0™,08 sur 0™,05b de largeur, est plus rapproché du bord postérieur et du sommet du poumon; il constitue la racine et la partie la plus fixe de l'organe. La région postérieure au hile, très étroite, offre une gouttière verticale pour l'aorte à gauche, la veine azygos à droite ; la région antérieure, plus large, est creusée d'une excavation, plus profonde sur le poumon gauche, pour loger le cœur.

Le bord antérieur, mince et tranchant, présente à gauche une échancrure semilunaire, qui i^épond à la pointe du cœur, incisure cardiaque , et au-dessous de laquelle le poumon envoie souvent un prolongement en languette, contournant la pointe du cœur. Ce bord antérieur a des rapports différents à droite et à gauche avec la paroi thoracique antérieure.

Pendant l'expiration. A droite, il suit une ligne (tig. 368, 32) qui, partant de l'échancrure claviculaire droite, croise obliquement le manche du sternum, puis descend verticalement derrière cet os en se rapprochant plus ou moins de la ligne médiane et, arrivé à la base de l'appendice xiphoïde, se continue avec la circonférence externe de la base du poumon; à gauche (29), il part de l'échancrure claviculaire gauche, descend en longeant le bord gauche du sternum jusqu'au quatrième cartilage costal, se porte alors en dehors et en bas, en laissant une partie du cœur à nu, et, arrivé au-dessous du cartilage de la sixième côte, se continue, après avoir détaché la languette cardiaque, avec la circonférence externe de la base du poumon gauche. Dans l'inspiration profonde, les bords des poumons peuvent atteindre les sinus de la plèvre.

Le bord postérieur forme une petite crête plus ou moins saillante, située à peu de distance du hile. En haut, elle se continue en arrière du sillon de l'artère sousclavière; en bas, elle se perd insensiblement avant d'atteindre la base du poumon.

Conformation intérieure. — Incisé, le poumon laisse écouler un liquide rouge, spumeux (sang mélangé d'air) ; la coupe a un aspect spongieux et présente

(') La portion du poumon logée dans les gouttières latérales du thorax de chaque côté du rachis, est souvent désignée sous le nom de bord postérieur.

ORGANES DE LA RESPIRATION

(;à et là les ouvertures circulaires béantes et plus ou moins larges des canaux bronchiques. Si on suit par la dissection ces divisions bronchiques depuis le hile jusqu'à la périphérie, ou voit qu'elles se terminent aux lobules visibles sur la face externe de l'organe. Avec les bronches pénètrent par le hile dans l'intérieur du poumon des artères (branches de l'artère pulmonaire et artères bronchiques), accompagnées par des filets nerveux; il en sort aussi des veines (veines pulmonaires el bronchiques).

Le parenchyme pulmonaire se compose, outre les vaisseaux et les nerfs, de deux parties : les divisions bronchiques et les lobules pulmonaires.

1» Divisioxs BRONCHIQUES. — Vcrs le hile du poumon (fig. 380 et 381) on trouve: 1' siH- un plan ])ostérieur, les bronches, et au-dessus d'elles les veines pulmonaires postérieures droite et gauche; 2° sur lui plan antérieur, les deux branches de l'artère pulmonaire et au-dessous d'elles les deux veines pulmonaires antérieures. La division des bronches droite et gauche se fait en dehors du hile. La bronche droite donne deux rameaux inégaux ; le supérieur, presque horizontal, se recourbe au-dessus de la branche supérieure de l'artère pulmonaire droite et, après un très court trajet (0'",008) , se divise en deux canaux, l'un antérieur, l'autre postérieur, qui se rendent au lobe supérieur. La division inférieure, beaucoup plus volumineuse (0'°,0]8), se partage en plusieurs branches, dont l'une, antérieure, va au lobe moyen, et les autres au lobe inférieur. La bronche gauche se divise en deux branches à peu près égales; la supérieure se recourbe directement en avant au-dessous de la concavité de l'artère pulmonaire gauche et va au lobe supérieur; l'inférieure continue le trajet primitif de la bronche et passe entre les deux veines pulmonaires pour se rendre au lobe inférieur.

La division des bronches se fait ainsi successivement, d'abord àangle aigu, puis, en se rapprochant des lobules pulmonaires, à angle droit ; ces divisions se détachent du reste, tantôt en alternant, tantôt en suivant une ligne spirale ; elles diminuent graduellement de volume, de façon qu'en arrivant aux lobules elles ont moins deO™™,5. Jusqu'à 0™'°,4 de diamètre, les divisions bronchiques sont assez résistantes et facilement isolables, entourées qu'elles son par un tissu cellulaire lamelleux ; puis, en s'amincissant, elles deviennent de plus en plus adhérentes au tissu pulmonaire et leurs parois sont moins résistantes; enfin, quand elles ont atteint le diamètre de 0°',001, elles deviennent purement membraneuses. Les divisions bronchiques sont accompagnées par les branches de l'artère pulmonaire, les artères et les veines bronchiques, des nerfs et des lymphatiques ; les rameaux des veines pulmonaires présentent toujours une certaine indépendance.

2" Lobules pulmonaires. — Les lobules pulmonaires se dessinent à l'extérieur sous forme d'espaces losangiques ou polygones de 0'°,01 en moyenne ; isolés, ce qui présente une certaine difficulté chez l'adulte, à cause de leur adhérence réciproque, ils constituent une pyramide, dont la base répond au losange superficiel et le sommet à une division bronchique] terminale. Si on examine le losange superficiel qui en forme la base, on voit qu'il est divisé par des lignes très fines en losanges plus petits correspondant aux infundibula.

Structure. — 1» Bronches. — La structure des divisions bronchiques se modifie avec leur calibre. D'abord analogue à celle des grosses bronches, elle oiïre, dès qu'elles ont atteint 0™,004 de diamètre, des diflérences importantes. Les cartilages, au lieu d'être disposés régulièrement sous forme de cerceaux, sont disposés sans ordre et par fragments irréguliers dans la membrane fibreuse, et flnissent par disparaître quand la bronche atteint un calibre de 0™,001 ; la couche musculaire lisse devient continue et

lorine même un véritable sphincter à l'entrée des petites bronches dans les infundibula; l'épithélimu vibratile est simple au lieu de rester stratifié ; les glandes disparaissent ; enfin sur les bronches terminales (au-dessous de l'épithélium vibratile est rem-

placé par un épithélium pavimenteux, et on remarque sur leurs parois des dépressions en cul-de-sac (vésicules pariétales).

Ces différences de structure sont résumées dans le tableau suivant :

Cartilaycf!

Couche musculaire.

Epithélium , .

Glandi'S

BRONCHES

Page 1