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TISSUS

épithéliale, sauf les formes lamelleuse et vibratile, et peut être polyédrique ou cylindrique. Le contenu des cellules glandulaires est tantôt constitué uniquement par des principes analogues à ceux qui se trouvent dans le sang et les liquides baignant les tissus ; tantôt, au contraire, on y trouve en outre des principes nouveaux créés par Tactivité spéciale de la cellule. Ce contenu peut s'échapper au dehors pour constituer la sécrétion, soit par transsudation, et la cellule agit alors comme un filtre laissant passer certaines substances et en arrêtant d'autres, soit par liquéfaction, c'est-à-dire rupture et disparition de la membrane d'enveloppe et expulsion du contenu.

Tissus. — Les tissus sont formés par la juxtaposition des éléments anatomiques, cellules ou dérivés de cellules, que ces éléments anatomiques soient de même nature ou de nature dillérente. Cette juxtaposition peut se faire de deux façons : ou bien les éléments anatomiques sont situés les uns à côté des autres sans qu'il y ait entre eux d'intervalle appréciable et par suite de substance intercellulaire ; dans ce cas, les éléments sont soudés les uns aux autres par une substance unissante de composition encore peu connue, mais dont on a pu étudier certains caractères à l'aide des réactifs chimiques (les tissus épithéliaux) ; ou bien ces éléments sont isolés les uns des autres, soit par une substance dite intercellulaire, soit par l'interposition d'éléments de nature dillérente (capillaires, tubes nerveux, etc.). A ces deux modes de disposition correspondent deux groupes de tissus : tissus avec substance intercellulaire et possibilité d'interposition d'éléments différents, et tissus sans substance intercellulaire, ou tissus épithéliaux.

I. Tissus avec substance intercellulaire et possibilité d'interposition d'éléments différents. — La substance intercellulaire ou fondamentale qui, dans la plupart de ces tissus, sépare les uns des autres les éléments anatomiques, n'est qu'un produit de sécrétion des cellules ; cette substance peut être interposée en plus ou moins grande quantité entre les éléments cellulaires et présenter tous les degrés de consistance depuis l'état liquide, comme dans le sang, jusqu'à une dureté excessive, comme dans l'ivoire des dents ; habituellement homogène, elle peut, dans certains cas, prendre l'apparence granuleuse, striée, fibrillaire, lamelleuse, et se creuser de lacunes et de cavités; de nature protéique, elle peut subir des transformations chimiques, dont la plus importante est la transformation graisseuse; d'une activité vitale secondaire, elle n'a guère que des fonctions mécaniques de remplissage ou de support pour les éléments anatomiques et n'agit que par ses propriétés physiques de consistance, d'élasticité, de transparence, etc. ; aussi l'activité vitale d'un tissu est-elle en raison directe de la quantité de ses éléments cellulaires et en raison inverse de la quantité de substance fondamentale. Lasubstancefondamentale peutmanquerdans certains tissus sans que pour cela les éléments des tissus soient intimement accolés comme dans les tissus épithéliaux ; c'est ce qui arrive, par exemple, pour les fibres musculaires; mais, dans ce cas, les vaisseaux, nerfs, etc., jouent le rôle de substance intercellulaire. Les éléments cellulaires prédominants d'un tissu, et auxquels ce tissu doit ses propriétés physiologiques sont dits éléments fondamentaux, et on appelle éléments accessoires les éléments interposés entre les éléments fondamentaux et servant à favoriser les fonctions de ces derniers (capillaires, tubes nerveux, fibres connectives et élastiques, cellules connectives, etc.). Enfin, il est des tissus dans lesquels il n'y a pas en réalité d'élément anatomique fondamental, comme masse et comme fonctions, mais une pure agglomération d'éléments anatomiques ayant à peu près la même valeur. On peut, à ce point de vue, diviser les tissus en trois groupes :

1» Les tissus simples, dans lesquels une seule espèce d'élément anatomique est réunie par une substance intercellulaire (ex. : le tissu csrtilagineux) ; 2° les tissus composes, dans lesquels on trouve un élément anatomique fondamental et des éléments accessoires (ex. : le tissu musculaire) ; 3» les tissus mixtes, dans lesquels toute division en élément fondamental et éléments accessoires est impossible (ex. : le tissu artériel).

Nous allons passer rapidement en revue les principaux tissus.

1. Sang et lymphe. — Ils peuvent être considérés comme de véritables tissus dans lesquels la substance intercellulaire est restée liquide.

INTRODUCTION

2. Tissus de substance connective. — Ils forment un groupe très naturel, comprenant toute une série de tissus que réunissent leur mode de développement, leur composition chimique, leurs fonctions, leurs connexions réciproques, leurs maladies. Nés tous du feuillet moyen du blastoderme et pouvant se transformer les uns dans les autres, ils ont une fonction de remplissage et de soutien et forment une sorte de masse dans l'épaisseur de laquelle sont enfouis les tissus musculaires et nerveux et dont les surfaces et les cavités sont limitées par les tissus épithéliaux. La substance fondamentale de presque tous ces tissus, sauf dans certains cas de transformation chimique (transformation élastique), donne de la colle par l'ébullilion. Ce groupe comprend les tissus muqueux, cartilagineux, connectif proprement dit et osseux :

A. Tissu muqueux ou gélatineux. — Il représente le tissu connectif embryonnaire, forme chez le fœtus la gélatine de Wharton du cordon ombilical, et chez l'adulte ne se rencontre que dans le corps vitré. 11 se compose de cellules arrondies ou à prolongements anastomosés, séparées par une substance intercellulaire diffluente.

B. Tissu cartilagineux. — La substance fondamentale qui emprisonne les cellules de cartilage, très rare dans les premiers temps du développement {corde doisale), devient par la suite très abondante. Elle est hyaline, transparente, amorphe, quelquefois finement granulée, d'autres fois fibreuse; enfin elle peut se transformer chimiquement en substance élastique. Sous ce rapport, le tissu cartilagineux se divise en trois espèces secondaires basées sur les différences que présente la substance fondamentale : 1° cartiltige vrai oa hyalin, dans lequel la substance fondamentale est hyaline et donne de la colle par l'ébuUition ; 2° cartilage réticulé, dans lequel elle est formée par de la substance élastique; 3" fibro-cartilage, dans lequel elle est formée par du tissu fibreux. Ces variations de la substance fondamentale sont en rapport avec des variations physiques de consistance et d'élasticité du cartilage. Le tissu cartilagineux précède presque partout, dans la formation du squelette, l'apparition du tissu osseux. Sa vitalité est en général très peu active, et ses fonctions se bornent à la mise en jeu de ses propriétés physiques d'élasticité et de résistance à la pression.

C. Tissu connectif proprement dit. — On trouve dans ce tissu des cellules, des éléments dérivés ou fibres et une substance intercellulaire. Celle-ci se présente sous des aspects très variables : tantôt homogène, tantôt fibrillaire, ou sous forme de membranes; elle peut offrir dans son intérieur des lacunes et des espaces interstitiels de grandeur et de configuration différentes qui constituent l'origine des radicules lymphatiques (sinus ou lacunes lymphatiques,] et dans lesquels on trouve des globules analogues aux globules blancs. Enfin, elle peut subir la transformation élastique et devenir insoluble dans feau bouillante et l'acide acétique. Ce tissu connei'tif, dont la vie physiologique chez l'adulte est à peu près nulle à l'état normal, peut, sous l'impulsion de causes morbides, reprendre une activité extrême de ses éléments cellulaires ; aussi est-il le tissu germinatif et le terrain par excellence de la plupart des productions pathologiques. Ce tissu se divise en trois espèces secondaires :

a. Tissu connectif ordinaire. — Sa substance fondamentale est parsemée de cellules plasmatiques plus ou moins nombreuses, formant ou non un réseau anastomotique. Tantôt il est compact, figuré comme dans les ligaments, et a pour usage principal la résistance à la distension (tissu fibreux ordinaire); tantôt il est lâche, sans forme, et, ses filaments entre-croisés circonscrivent des mailles qui contiennent des capillaires et des vésicules adipeuses; il permet le glissement des parties les unes sur les autres ou remplit leurs interstices (tissu cellulaire ordinaire, tissu cellulaire sous-cutané et interstitiel). C'est lui qui, avec les capillaires et les fibres nerveuses qu'il accompagne dans les organes, forme ce que Bichat appelait le parenchyme de nutrition. Le tissu médullaire, qui constitue la moelle des os, peut être considéré comme un tissu composé se rattachant au précédent, mais caractérisé par sa richesse en capillaires sanguins et surtout par la présence de cellules arrondies, cellules médullaires, analogues aux cellules embryonnaires et aux jeunes cellules connectives.

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