ORGANES
c'est la membrane propre des glandes. Cette inembrane propre peut se présenter sous deux formes différentes, auxquelles correspondent deux classes de glandes :
1° Elle peut former une vésicule close, arrondie, tapissée à sa surface interne' d'épithélium glandulaire (vésicule glandulaire de la thyroïde, follicule de De Graaf de l'ovaire). Dans ce cas. le produit de la sécrétion ne peut sortir que de deux façons : ou pardéhiscence, c'est-à-dire par la rupture de la vésicule glandulaire (follicule de De Graaf), ou par résorption, les principes de sécrétion une fuis produits étant rejiris au fur et à mesure par le sang : ' ■ •
2° Elle peut foi'uier un cul-de-sac ouvert du 'CÔté de la surface épiihéliale, cul-de-sac qui tantôt est arrondi et volumineux à son fond, rétréci en goulot prés de son ouverture d/lande en grappe], et qui tantôt présente le même caKbrè dans toute son étendue (glande en tube). Dans ce cas (sécrétions ordinaires), le produit de sécrétion s'épanche par l'ouverture du cal-de-sac glandulaire, soit directement à l'extérieur sur une surface épithéliale, soit dans un conduit dit canal excréteur, s'ouvrant lui-même au dehors et commun à plusieurs culs-de-sac glandulaires.
Les tissus mixtes, dans lesquels aucun élément anatomique n'est fondamental par rapport ■ à des éléments accessoires comme les tissus des artères, des veines, des lymphatiques et le tissu érectile, seront décrits à propos de l'angéiologie ou de la splanchnologie.
Organes. — Les tissus, par leur agglomération, constituent ce qu'on appelle les organes ou des masses ayant une forme et une fonction déterminée. On peut diviser les organes en deux grands groupes : les uns, massifs, pleins, -sont situés profondément et représentent la masse principale du corps, comme les os, les muscles, les centres nerveux: les autres, superficiels ou du moins limilants, sont formés par des membranes revêtues d'épithélium et tantôt étalées à la surface du corps et des cavités intérieures (memhranes tégumentaires), tantôt enroulées en canaux [membranes vasculaires), tantôt repliées sur elles-mêmes en masses compactes et profondes {membranes gl'tndulaires) .
1. Organes PHOFONDs ou massifs. — Nous y trouvons d'abord tout un groupe d'organes appartenant aux tissus connectifs, les organes fibreux (ligaments, membranes fibreuses, etc.), les cartilages et les fibro-cartilages, les os et peut-être aussi les organes lymphoïdes (glandes vasculaires sanguines et lymphatiques) ; puis viennent les muscles et enfin les organes nerveux.
A. Organes connectifs.
a. Organes fibreux. — Ils constituent tantôt des cordons (ligaments ou tendons), reliant les os entre eux ou les os aux muscles, tantôt les membranes enveloppant les muscles ou les masses musculaires (fascias), ou rattachant lès muscles aux os (aponévroses d'insertion), ou entourant différents organes (périoste, dure-mère, etc.). Tous ces organes sont formés de tissu fibreux presque pur, dans lequel le tissu jaune élastique fait défaut ou se trouve en plus ou moins grande quantité. Leur couleur est blanc mat, nacrée, quelquefois jaunâtre si le tissu élastique y entre en proportion notable. A quelques exceptions près (périoste), leur vitalité est peu énergique, tant à cause du petit nombre de leurs éléments cellulaires que de leur pauvreté en nerfs et en vaisseaux; leur sensibilité est presque nulle. Ils agissent surtout par leur résistance à la distension, soit comme agents de traction sur les os (tendons et ligaments), soit comme agents de compression (aponévroses de contention des muscles).
b. Cartilages et fibro-cartilages. — - On les rencontre partout où il y a nécessité d'une élasticité assez grande unie à une résistance notable. C'est ainsi qu'on les trouve autour des cavités qu'ils maintiennent béantes ou qu'ils ramènent à leur forme naturelle (larynx, nez, etc.), sur les surfaces articulaires des os, où ils luttent contre la pression réciproque qui amènerait l'usure de ces surfaces. Dans le cartilage vrai (cartilage hyalin), c'est la résistance qui domine; dans le cartilage réticulé, c'est l'élasticité ; le fibrocartilage est intermédiaire entre le tissu fibreux et le cartilage vrai.
Les cartilages vrais (avec substance intercellulaire amorphe, homogène, donnant de la colle par l'ébullition) sont formés d'une substance d'un blanc nacré, dure, élastique, Beau.nis et Bouchard. 2
INTRODUCTION
repoussant le scalpel, tout à fait dépourvue de vaisseaux et de nerfs, et n'ayant par suite qu'une vitalité peu active et une sensibilité nulle. Ces cartilages peuvent n'être que temporaires et précéder chez le fœtus le squelette osseux; les cartilages temporaires constituent le squelette cartilagineux primitif. Dans le cas contraire, on les appelle cartilages permanents. Ces derniers peuvent se diviser en deux classes, suivant qu'ils sont ou non entourés d'une membrane fibreuse ou périchondre (nspi, autour ; yôvSpo;, cartilage). Les cartilages périchondriques (ex. cartilages costaux, cartilages du larynx), étant enveloppés d'une membrane fibreuse plus ou moins vasculaire, qui les isole jusqu'à un certain point des tissus ambiants, ont une vitalité plus active et plus indépendante, ils se vascularisent et s'enflamment plus facilement ; les cartilages sans périchondre au contraire (ex. cartilages articulaires), sortes de parasites greffés sur les organes ambiants, n'ont pas de vie individuelle et indépendante, mais n'ont qu'une vitalité d'emprunt et toujours rudimentaire ; ils ont peu de tendance à la vascularité et à l'inflammation, et leurs maladies sont presque toujours consécutives à celles des tissus voisins.
Les fibro-cartilages sont constitués par des cellules cartilagineuses éparses dans une substance fondamentale fibreuse. Leurs caractères physiques les rapprochent à la fois du cartilage vrai et des ligaments. On les trouve surtout dans les articulations, à propos desquelles ils •seront étudiés.
Les cartilages réticulés, dans lesquels la substance fondamentale est élastique, sont toujours enveloppés d'un périchondre ; aussi les réflexions faites à propos des cartilages vrais périchondriques leur sont-elles applicables; ce qui les en distingue, c'est leur couleur mate, un peu jaunâtre, et la souplesse et la flexibilité qu'ils doivent à la présence du tissu jaune élastique.
c. Os. — Dans les os, et plus encore dans les dents, qu'on peut en rapprocher, bien cjue leur développement soit tout différent, la substance connective, grâce au dépôt de sels calcaires, atteint sa plus grande consistance et acquiert une dureté et une résistance qui rendent ces organes propres à servir de charpente aux parties molles et à supporter les pressions les plus considérables. Les os sont des organes déjà beaucoup plus complexes que ceux que nous avons vus jusqu'ici; ainsi, outre le tissu osseux proprement dit, ayant acquis une forme déterminée et spéciale pour chaque os, nous trouvons dans ses lacunes ou cavités médullaires, le tissu médullaire ou moelle osseuse, et à sa surface une membrane fibro-vasculaire, le périoste (Ttepi, autour; oariov, os) l'enveloppant de toutes parts, sauf sur les endroits revêtus de cartilage articulaire; enfin il est pénétré par des vaisseau.x nombreux et par des nerfs ; aussi la vitalité des os est -elle supérieure à celle des organes précédents.
d. Organes lymphoïdes. — Ces organes, bien étudiés seulement dans ces derniers temps, et dont la connaissance est encore incomplète sous bien des rapports, se présentent en général sous la forme d'amas d'aspect glandulaire, constitués par du tissu connectif réticulaire contenant dans ses mailles, comme élément fondamental, des globules blancs. C'est dans cette catégorie d'organes que doivent être rangés provisoirement tous les organes incertœ naturœ désignés sous le nom de glandes Igmphaliques et de glandes vasculaires sanguines.
B. Organes musculaires ou muscles. — Les muscles sont des organes élastiques et contractiles formés par un tissu fondamental, le tissu musculaire, et par des tissus ou des organes accessoires, tendons ou aponévroses d'insertion rattachant les muscles aux os qu'ils doivent mouvoir, vaisseaux, nerfs, tissu connectif, etc ; ils seront décrits au début de la Myologie.
C. Organes nerveux. — Ces organes sont: 1° des masses nerveuses centrales; les unes, très volumineuses, forment un tout continu sous le nom de centre nerveux encéphalorachidien (encéphale et moelle); les autres, multiples et disséminées sur des points divers de l'organisme, constituent de petits renflements appelés ganglions ; '2° des cordons nerveux conducteurs, nerfs, ayant leur point de départ ou d'arrivée dans le centre encéphalo-rachidien ou dans les ganglions.